{"id":2145,"date":"2010-12-11T01:59:44","date_gmt":"2010-12-11T00:59:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2145"},"modified":"2021-07-07T02:05:36","modified_gmt":"2021-07-07T00:05:36","slug":"le-colonialisme-en-question-frederick-cooper-syndicats-politique-et-fin-de-lempire-en-afrique-francaise-lecture-7","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2010\/12\/11\/le-colonialisme-en-question-frederick-cooper-syndicats-politique-et-fin-de-lempire-en-afrique-francaise-lecture-7\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Le colonialisme en question\u00a0\u00bb Frederick Cooper, Syndicats, politique et fin de l&#8217;empire en Afrique fran\u00e7aise- Lecture 7"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>\u00ab&nbsp;Le colonialisme en question&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Frederick Cooper<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>\u00ab&nbsp;Syndicats, politique et fin de l\u2019empire en Afrique fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb (page 274 \u00e0 311)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Lecture 7<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le discours<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;Apr\u00e8s avoir consacr\u00e9 la majeure partie de ce livre \u00e0 des conceptions intellectuelles et \u00e0 des arguments historiques d\u2019une port\u00e9e consid\u00e9rable dans l\u2019espace et dans le temps, je vais maintenant examiner une s\u00e9rie d\u2019\u00e9v\u00e9nements particuliers. Ils ne constituent qu\u2019une petite partie d\u2019une plus grande histoire, mais je vais les d\u00e9crire avec une densit\u00e9 suffisante pour d\u00e9montrer l\u2019importance que rev\u00eat la confrontation avec les sources originales sur la politique de d\u00e9colonisation et pour sugg\u00e9rer l\u2019int\u00e9r\u00eat que pr\u00e9sente l\u2019\u00e9tude des sujets connexes. Ces \u00e9v\u00e9nements ne sont toutefois pas pris au hasard.<\/strong>&nbsp;Le contexte de la Seconde Guerre mondiale \u2013 d\u2019un petit peu avant \u00e0 toute la d\u00e9cennie qui a suivi \u2013 amena un changement d\u00e9finitif des formes politiques disponibles aux b\u00e2tisseurs d\u2019empires. J\u2019ai dit plus haut que la fin des empires a r\u00e9sult\u00e9 non seulement de&nbsp;<strong>combats titanesques<\/strong>&nbsp;et violents entre un colonialisme implacable et des forces de lib\u00e9ration nationale, mais&nbsp;<strong>aussi d\u2019un processus interne au syst\u00e8me<\/strong>, \u00e0 savoir l\u2019apparition dans les structures imp\u00e9riales et les discours imp\u00e9riaux, de&nbsp;<strong>fissures<\/strong>&nbsp;que des mouvements politiques et sociaux op\u00e9rant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019empire purent \u00e9largir. Les r\u00e9cit que je propose va donc&nbsp;<strong>montrer comment les dirigeants syndicaux africains dans une relation de dialogue et de con<\/strong>testation avec les responsables europ\u00e9ens, ont conduit les deux camps situ\u00e9s de part et d\u2019autre du foss\u00e9 colonial dans une situation que ni l\u2019in ni l\u2019autre, au milieu des ann\u00e9es 1940, ne recherchaient.&nbsp;\u00bb (page 274)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;Ce chapitre va d\u00e9crire un exemple de contr\u00f4le imp\u00e9rial qui vola en \u00e9clats sur le territoire politique que le r\u00e9gime consid\u00e9rait comme le sien propre.&nbsp;\u00bb (page 276)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L\u2019auteur d\u00e9crit donc les premi\u00e8res gr\u00e8ves de Dakar et des chemins de fer d\u2019\u2019AOF qui se d\u00e9roul\u00e8rent successivement de d\u00e9cembre 1945 \u00e0 f\u00e9vrier 1946 et d\u2019octobre 1947 \u00e0 f\u00e9vrier 1948&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<strong>Premi\u00e8res gr\u00e8ves<\/strong>&nbsp;: en d\u00e9cembre, celle des 2&nbsp;800 dockers et ouvriers m\u00e9tallurgistes, qui dura une semaine, puis en janvier 1946, celle des employ\u00e9s de bureau, laquelle se transforma en gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale. \u00ab&nbsp;Elle toucha la majorit\u00e9 des classes laborieuses, \u00e0 l\u2019exception des cheminots et des enseignants&nbsp;\u00bb, et dura douze jours&nbsp;; d\u2019apr\u00e8s l\u2019auteur, elle toucha la majorit\u00e9 des 15&nbsp;000 salari\u00e9s de la ville de Dakar.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les revendications portaient sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 des r\u00e9mun\u00e9rations et des avantages sociaux, quelle que soit l\u2019origine des salari\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;<strong>C\u2019\u00e9tait une demande exigeante, non seulement parce qu\u2019elle \u00e9tait co\u00fbteuse, mais aussi parce qu\u2019elle constituait une perc\u00e9e conceptuelle<\/strong>&nbsp;: octroyer des allocations familiales \u00e0 un fonctionnaire \u2013 qui n\u2019\u00e9tait pas forc\u00e9ment un \u00e9volu\u00e9 \u2013 signifiait que les besoins d\u2019une famille africaine \u00e9taient semblables \u00e0 ceux d\u2019une famille europ\u00e9enne et que&nbsp;<strong>l\u2019Etat devait payer le co\u00fbt de reproduction de sa fonction publique africaine.&nbsp;\u00bb (page 282<\/strong>)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La gr\u00e8ve s\u2019arr\u00eata gr\u00e2ce \u00e0 un compromis salarial.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp; Ce r\u00e9cit de la gr\u00e8ve r\u00e9v\u00e8le avant tout le changement intervenu dans le conflit lui-m\u00eame. En f\u00e9vrier 1946<strong>, la pens\u00e9e coloniale fran\u00e7aise ne<\/strong>&nbsp;fut plus ce qu\u2019elle \u00e9tait en d\u00e9cembre 1945, et cette mutation fut la cons\u00e9quence de l\u2019obstination d\u2019un mouvement syndical.&nbsp;\u00bb (page 286)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L\u2019auteur \u00e9voque alors bri\u00e8vement les d\u00e9bats qui ont marqu\u00e9 l\u2019\u00e9laboration du projet de nouvelle constitution \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e Nationale, avec la participation des d\u00e9put\u00e9s africains \u00e9lus, dont Senghor et Houphou\u00ebt-Boigny, notamment quant \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9galit\u00e9 imp\u00e9riale&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>En finale, \u00ab&nbsp;le l\u00e9gislateur a voulu marquer par-l\u00e0 la parfaite \u00e9galit\u00e9 de tous dans la vie publique, mais non la parfaite identit\u00e9 des Fran\u00e7ais de la m\u00e9tropole et des Fran\u00e7ais d\u2019outre-mer.&nbsp;\u00bb (note 30)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Gr\u00e8ve de Dakar et d\u00e9bats constitutionnels ont donc pos\u00e9 le probl\u00e8me de fond, \u00e0 savoir \u00e9galit\u00e9 de tous, publique et priv\u00e9e, quels que soient la race, la religion, ou le statut civil.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Deuxi\u00e8me gr\u00e8ve&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et l\u2019auteur de d\u00e9crire la deuxi\u00e8me gr\u00e8ve, celle des chemins de fer de l\u2019AOF, qui d\u00e9buta en octobre 1947, dura un peu plus de cinq mois dans certains territoires, et mobilisa 20&nbsp;000 travailleurs et leurs familles.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>La revendication portait&nbsp;&nbsp;sur la mise en place d\u2019un \u00ab&nbsp;cadre unique&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les politiques entr\u00e8rent dans le d\u00e9bat, notamment le RDA, le tout nouveau mouvement politique d\u2019AOF, et en C\u00f4te d\u2019Ivoire, c\u2019est sur l\u2019intervention d\u2019Houphou\u00ebt-Boigny que la gr\u00e8ve prit fin d\u00e9but janvier 1948.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;Epilogue&nbsp;: le rejet mutuel de la r\u00e9f\u00e9rence fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb (page&nbsp;&nbsp;302)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/strong>&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;La puissante dynamique d\u00e9crite dans les pages qui pr\u00e9c\u00e8dent a conduit le gouvernement fran\u00e7ais et le leadership syndical ouest-africain des ann\u00e9es 1950 en un endroit tr\u00e8s diff\u00e9rent de leur point de d\u00e9part\u2026 Au milieu des ann\u00e9es 1950, l\u2019Etat fran\u00e7ais se retrouva coinc\u00e9 entre la notion d\u2019\u00e9quivalence citoyenne et celle d\u2019indissolubilit\u00e9 de l\u2019empire. Ne pouvant payer l\u2019\u00e9quivalence, il devait repenser l\u2019empire.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Le leadership se retrouva lui<\/strong>&nbsp;<strong>aussi prisonnier de la logique de sa position<\/strong>. Les demandes faites au nom de l\u2019\u00e9quivalence ne cessaient de placer les&nbsp;<em>salari\u00e9s<\/em>&nbsp;africains et fran\u00e7ais dans la m\u00eame cat\u00e9gorie. Dans la mesure o\u00f9 ces demandes \u00e9taient satisfaites, le processus accroissait la distance sociale entre ces travailleurs et le reste de l\u2019Afrique, alors m\u00eame que le soutien de communaut\u00e9s plus larges avait \u00e9t\u00e9 essentiel au succ\u00e8s des gr\u00e8ves de 1946 et 1947-1948.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Contradictions donc dans les deux camps, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent \u00ab&nbsp;la liquidation du colonialisme devait \u00ab&nbsp;occuper la place d\u2019honneur avant la lutte des classes.&nbsp;\u00bb ( page 304)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>La solution fran\u00e7aise de ce probl\u00e8me fut la \u00ab&nbsp;territorialisation&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;Le nouvel Etat africain ne devait pas seulement se caract\u00e9riser par des fronti\u00e8res de territoires coloniaux et par une forme d\u2019autoritarisme crisp\u00e9 prenant le relais de l\u2019autorit\u00e9 coloniale. Il fut fa\u00e7onn\u00e9 par la mont\u00e9e et le d\u00e9clin d\u2019une politique alternative dans laquelle diff\u00e9rents mouvements politiques et sociaux, surtout syndicaux, ouvrirent un espace o\u00f9 purent \u00eatre soumises, \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 imp\u00e9riale des revendications qui se r\u00e9v\u00e9l\u00e8rent trop co\u00fbteuses pour \u00eatre accept\u00e9es par un Etat colonial et trop mena\u00e7antes pour que ses successeurs nationaux autorisent la perp\u00e9tuation de ces mouvements.&nbsp;<strong>C\u2019est le&nbsp;<em>processus<\/em>&nbsp;de d\u00e9colonisation et non simplement l\u2019h\u00e9ritage du colonialisme, qui fa\u00e7onna les formes prises par kes politiques postcoloniales\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu\u2019obtinrent les Africains, ce fut la souverainet\u00e9. Elle n\u2019\u00e9tait pas la seule demande qui \u00e9mergeait des mobilisations politiques des ann\u00e9es 1940 et 1950, mais elle fut celle, finalement que la France s\u2019empressa d\u2019accorder.&nbsp;\u00bb (page 309)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Questions<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La lecture de ce chapitre a son importance, si le propos du d\u00e9but du chapitre a \u00e9t\u00e9 bien compris&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<strong>Apr\u00e8s avoir consacr\u00e9 la majeure partie de ce livre \u00e0 des questions conceptuelles et \u00e0 des arguments historiques d\u2019une port\u00e9e consid\u00e9rable, je vais maintenant examiner une s\u00e9rie d\u2019\u00e9v\u00e9nements particuliers politiques.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il s\u2019agit donc de la d\u00e9monstration suppos\u00e9e de la m\u00e9thode d\u2019analyse<\/strong>&nbsp;propos\u00e9e par l\u2019auteur, une d\u00e9monstration sur le terrain colonial de l\u2019AOF, qui aurait pour but de nous montrer comment a fonctionn\u00e9, dans le cas des gr\u00e8ves sociales d\u00e9crites, la relation&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;int\u00e9gration-diff\u00e9renciation<\/strong>&nbsp;\u00bb,&nbsp;&nbsp;quelles \u00ab&nbsp;<strong>limites&nbsp;\u00bb<\/strong>&nbsp;a rencontr\u00e9 le colonialisme, et dans quelles \u00ab&nbsp;<strong>fissures<\/strong>&nbsp;\u00bb du syst\u00e8me colonial, les oppositions ont pu \u00eatre efficaces.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;L\u2019auteur propose donc&nbsp;: \u00ab&nbsp;un exemple de contr\u00f4le colonial qui vola en \u00e9clats sur le territoire politique que le r\u00e9gime consid\u00e9rait comme le sien propre.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019auteur pr\u00e9cise&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est le&nbsp;<em>processus<\/em>&nbsp;de d\u00e9colonisation, et non simplement l\u2019h\u00e9ritage du colonialisme, qui fa\u00e7onna les formes prises par les politiques postcoloniales.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur fait donc implicitement r\u00e9f\u00e9rence aux dialectiques \u00ab&nbsp;int\u00e9gration \u2013diff\u00e9renciation&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;connexions-limitations&nbsp;\u00bb, qui anim\u00e8rent, d\u2019apr\u00e8s lui, le&nbsp;<em>processus<\/em>&nbsp;de d\u00e9colonisation, plus que l\u2019h\u00e9ritage du colonialisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Passons sur l\u2019utilisation de&nbsp;<strong>certains termes ou expressions plus ou moins appropri\u00e9s<\/strong>&nbsp;en ce qui concerne l\u2019AOF, des \u00ab&nbsp;combats titanesques&nbsp;\u00bb, un \u00ab&nbsp;colonialisme implacable&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;la pens\u00e9e coloniale&nbsp;\u00bb, ou encore l\u2019appr\u00e9ciation, \u00ab&nbsp;un exemple de contr\u00f4le colonial qui vola en \u00e9clats\u00a0\u00bb, et passons imm\u00e9diatement au fond des choses.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La question de fond que pose le choix de cet exemple est celle de sa valeur repr\u00e9sentative sur le plan historique, dans le cas de l\u2019AOF, et donc de sa valeur<\/strong>&nbsp;<strong>d\u00e9monstrative des analyses de l\u2019auteur, et \u00e0 la condition que le m\u00eame exemple rende compte des autres situations coloniales de la m\u00eame \u00e9poque, dans d\u2019autres territoires coloniaux.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce choix soul\u00e8ve un certain nombre de r\u00e9serves et de remarques&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La dialectique expos\u00e9e met en sc\u00e8ne deux sortes d\u2019interlocuteurs africains, situ\u00e9s les uns \u00e0 Dakar, les autres sur les lignes de chemin de fer.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est difficile de ne pas voir&nbsp;<strong>en arri\u00e8re-plan historique<\/strong>, d\u2019une part la situation coloniale de Dakar, capitale et composante dominante des fameuses quatre communes du S\u00e9n\u00e9gal qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du statut&nbsp;&nbsp;des&nbsp;<strong>communes m\u00e9tropolitaines<\/strong>,&nbsp;<strong>en 1916<\/strong>, et d\u2019autre part la&nbsp;<strong>position sociale du personnel des chemins de fer<\/strong>&nbsp;qui furent parmi les premiers \u00e0 faire connaissance avec la \u00ab&nbsp;modernit\u00e9&nbsp;\u00bb r\u00e9elle ou suppos\u00e9e du chemin de fer, l\u2019avant-garde des \u00ab&nbsp;\u00e9volu\u00e9s&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Est-ce qu\u2019il ne s\u2019agit donc pas d\u2019un test historique qui souffre, d\u00e8s le d\u00e9part d\u2019un \u00ab&nbsp;biais&nbsp;\u00bb&nbsp;statistique et historique&nbsp;&nbsp;ou d\u2019un \u00ab&nbsp;bias&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019anglaise, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019un parti pris&nbsp;? Etant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019est pas raccord\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019AOF.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Deuxi\u00e8me r\u00e9serve m\u00e9thodologique, qui tiendrait pr\u00e9cis\u00e9ment au fait que ces salari\u00e9s constituaient la \u00ab&nbsp;pointe&nbsp;\u00bb chronologique (apr\u00e8s 1945)<\/strong>&nbsp;d\u2019une modernit\u00e9 si bien d\u00e9crite dans les \u0153uvres d\u2019Hamp\u00e2t\u00e9 B\u00e2, celle des \u00ab&nbsp;blancs-noirs&nbsp;\u00bb, les \u00ab&nbsp;\u00e9volu\u00e9s&nbsp;\u00bb, tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s, pour ne pas dire coup\u00e9s, avec l\u2019urbanisation, de leur milieu paysan traditionnel, encore dominant \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Et qu\u2019il conviendrait alors de revenir au&nbsp;<strong>pass\u00e9 des \u00e9volu\u00e9s<\/strong>, les \u00ab&nbsp;blancs-noirs&nbsp;\u00bb, \u00e0 leur \u00e9mergence dans les soci\u00e9t\u00e9s de l\u2019Afrique de l\u2019ouest, \u00e0 leur r\u00f4le, et donc \u00e0 la place qu\u2019ils occupaient,&nbsp;<strong>d\u00e8s l\u2019origine dans la situation coloniale qui \u00e9tait la leur, en position de collaboration, de contestation, et aussi de pouvoir&nbsp;: il s\u2019agirait donc beaucoup plus d\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;h\u00e9ritage colonial&nbsp;\u00bb que de \u00ab&nbsp;processus de la d\u00e9colonisation&nbsp;\u00bb.<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le r\u00e9cit d\u2019Hamp\u00e2t\u00e9 B\u00e2 sur les aventures de l\u2019interpr\u00e8te Wangrin d\u00e9crit assez bien les relations de pouvoir entre colonisateur et colonis\u00e9, qui ont exist\u00e9 tout au long de la p\u00e9riode coloniale, et sur les \u00ab&nbsp;limites de pouvoir&nbsp;\u00bb auxquelles s\u2019attache l\u2019auteur.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019administration coloniale<\/strong>&nbsp;a toujours eu \u00e0 faire face, soit \u00e0 de l\u2019opposition (r\u00e9volte contre la conscription en Haute Volta en 1916, fuite des travailleurs de la m\u00eame colonie vers la Gold-Coast en r\u00e9ponse au travail forc\u00e9\u2026), soit \u00e0 de la coop\u00e9ration, mais elle&nbsp;<strong>n\u2019a jamais pu se passer des \u00ab&nbsp;truchements&nbsp;\u00bb africains, chefs, marabouts, ou interpr\u00e8tes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et la situation d\u00e9crite par l\u2019auteur s\u2019inscrit dans un d\u00e9roulement historique identifiable, le contexte de l\u2019apr\u00e8s-guerre 1945 favorisant, l\u2019expression presque normale, de nouvelles revendications.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Troisi\u00e8me remarque&nbsp;: comment ne pas noter en effet qu\u2019en 1945, tout avait chang\u00e9 en France et dans les colonies avec la d\u00e9faite de la France, le r\u00f4le des colonies dans la r\u00e9sistance fran\u00e7aise, la conf\u00e9rence de Brazzaville,&nbsp;&nbsp;l\u2019interventionnisme am\u00e9ricain, puis rapidement la guerre froide.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quatri\u00e8me remarque&nbsp;: les gr\u00e8ves d\u00e9crites marquent une forme de r\u00e9ussite du colonialisme, et non un \u00e9chec, \u00e9tant donn\u00e9 que les nouveaux \u00ab&nbsp;lettr\u00e9s&nbsp;\u00bb, les blancs-noirs, aspiraient \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 r\u00e9publicaine, et que la 4<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;R\u00e9publique ne se crut pas en mesure de tenir les promesses verbales imprudentes de la 3<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;R\u00e9publique, alors&nbsp;<\/strong><strong>&nbsp;qu\u2019elle avait fix\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9part la limite de ses engagements coloniaux.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>En votant la loi du 13 octobre 1900<\/strong>, la Chambre des D\u00e9put\u00e9s avait pos\u00e9 un principe parfaitement clair, qui n\u2019allait pas du tout dans le sens de l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre sujets et citoyens&nbsp;<strong>: \u00ab&nbsp;les colonies doivent pourvoir sur leurs propres ressources \u00e0 la totalit\u00e9 de leurs d\u00e9penses de fonctionnement et de d\u00e9veloppement.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce principe fut \u00e0 peu pr\u00e8s respect\u00e9 jusqu\u2019en 1939, et c\u2019est dans le tout nouveau contexte international \u00e9voqu\u00e9 que le Fides, fonds d\u2019investissement et de d\u00e9veloppement de l\u2019outre-mer, fut cr\u00e9\u00e9 en 1945, marquant la volont\u00e9 de la France d\u2019aider au d\u00e9veloppement des colonies fondues alors dans la nouvelle Union Fran\u00e7aise. Jusqu\u2019en 1939, la R\u00e9publique n\u2019intervenait qu\u2019en accordant sa garantie aux emprunts contract\u00e9s par les colonies.<\/p>\n\n\n\n<p>Le colonialisme a eu \u00e9galement pour r\u00e9sultat une certaine unification institutionnelle de l\u2019Afrique de l\u2019ouest caract\u00e9ris\u00e9e pr\u00e9cis\u00e9ment par ces gr\u00e8ves syndicales et l\u2019apparition de partis politiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La crise de citoyennet\u00e9, de revendication d\u2019\u00e9galit\u00e9 ou d\u2019\u00e9quivalence, en AOF, marquait tout simplement la fin d\u2019un r\u00eave colonial, d\u2019une hypocrisie r\u00e9publicaine qui avait dur\u00e9 trop longtemps. Certains y trouvaient naturellement leur avantage mat\u00e9riel.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Citoyennet\u00e9 et droit civil&nbsp;? Quid de la place de l\u2019islam dans la soci\u00e9t\u00e9 coloniale&nbsp;? Comment marier droit civil fran\u00e7ais et statuts familiaux africains&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Egalit\u00e9 entre Etats, sur le mode des d\u00e9clarations am\u00e9ricaines, ou \u00e9galit\u00e9 entre citoyens telle que revendiqu\u00e9e d\u2019abord par les \u00e9lites africaines&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019administration coloniale s\u2019\u00e9tait d\u2019ailleurs fait fort de respecter les \u00ab&nbsp;coutumes&nbsp;\u00bb, et la<\/strong>&nbsp;<strong>France avait donc accept\u00e9 un statu quo ambigu<\/strong>, la coexistence entre droit civil fran\u00e7ais et coutumes, mais il est \u00e9vident que le probl\u00e8me n\u2019\u00e9tait pas r\u00e9gl\u00e9, et de nos jours, certains observateurs diraient sans doute qu\u2019avec&nbsp;<strong>l\u2019immigration africaine, ce probl\u00e8me n\u2019est toujours pas r\u00e9gl\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment ne pas noter par ailleurs que ce chapitre ne fait aucunement r\u00e9f\u00e9rence au marxisme, \u00e0 des relations de \u00ab&nbsp;connexion&nbsp;\u00bb qui ont pu exister entre les mouvements syndicalistes et politiques marxistes de m\u00e9tropole et ceux d\u2019Afrique de l\u2019ouest, notamment la CGT&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais je voudrais faire un dernier commentaire sur la&nbsp;<strong>distinction que fait l\u2019auteur entre h\u00e9ritage du colonialisme et processus de d\u00e9colonisation<\/strong>, distinction \u00e0 laquelle il parait accorder une certaine importance.<\/p>\n\n\n\n<p>Processus ou \u00e9volution dans le temps des relations de dominant \u00e0 domin\u00e9, de centre \u00e0 p\u00e9riph\u00e9rie, ou inversement&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<strong>L\u2019analyse de cette \u00e9volution s\u2019inscrit \u00e0 mes yeux dans une autre dynamique, celle des \u00ab&nbsp;dispositions&nbsp;\u00bb et des \u00ab&nbsp;positions&nbsp;\u00bb de type strat\u00e9gique, avec une propension des nations, des arm\u00e9es, ou des hommes, \u00e0 entreprendre ou non, \u00e0 mener des actions, des op\u00e9rations ou pas, si bien d\u00e9crites par un sinologue tel que Fran\u00e7ois Jullien, ou par des strat\u00e8ges tels que Sun Tzu ou Clausewitz.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Bonnes ou mauvaises positions et dispositions qui permettent \u00e0 l\u2019eau, le cours des choses, cours national ou international, de couler ou de s\u2019arr\u00eater sur des obstacles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans son introduction, l\u2019auteur salue l\u2019importance du contenu d\u2019un article de Georges Balandier, intitul\u00e9&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;La situation coloniale&nbsp;\u00bb, paru en 1951.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Situation coloniale&nbsp;\u00bb, ou \u00ab&nbsp;disposition coloniale&nbsp;\u00bb, ou encore \u00ab&nbsp;position coloniale&nbsp;\u00bb, pour faire appel \u00e0 des concepts strat\u00e9giques&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A la fin du 19<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, il existait une propension des choses et des hommes \u00e0 la conqu\u00eate coloniale<\/strong>, mais les acteurs de cette conqu\u00eate prirent tr\u00e8s rapidement conscience des limites rencontr\u00e9es par cette propension, notamment en Afrique de l\u2019ouest, limites de toute nature, notamment g\u00e9ographique, un trop \u00ab&nbsp;plein de continentalit\u00e9,\u00a0\u00bb d\u2019autant plus grandes que la France s\u2019\u00e9tait interdite, comme nous l\u2019avons rappel\u00e9, d\u2019accorder toute aide financi\u00e8re \u00e0 la gestion et au d\u00e9veloppement de ces nouveaux territoires.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u00e8s l\u2019origine, il existait donc une propension \u00e0 la d\u00e9colonisation, et des administrateurs africanistes tels que Delafosse ne se faisaient d\u00e9j\u00e0 aucune illusion sur le destin de l\u2019Afrique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il notait dans son livre&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;Le Broussard<\/strong>&nbsp;\u00bb (1922), \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une conversation avec un interlocuteur qui \u00e9voquait&nbsp;<strong>l\u2019explosion d\u2019une bombe \u00e0 Hano\u00ef<\/strong>, que la m\u00eame chose pouvait se produire un jour en Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;&nbsp;Nous parlions d\u2019un \u00e9v\u00e9nement qui avait mis en \u00e9moi l\u2019Indochine&nbsp;: un Annamite quelque peu d\u00e9traqu\u00e9 avait lanc\u00e9 une bombe sur un groupe d\u2019Europ\u00e9ens assis \u00e0 la porte d\u2019un \u00e9tablissement public.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce n\u2019est pas dans votre Afrique, dis-je \u00e0 mon ami Broussard, que de paisibles consommateurs, prenant le frais et l\u2019ap\u00e9ritif \u00e0 la terrasse d\u2019un caf\u00e9, auraient \u00e0 redouter l\u2019explosion d\u2019une bombe intempestive&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Assur\u00e9ment non, me r\u00e9pondit-il, ou du moins l\u2019instant ne semble pas encore venu d\u2019appr\u00e9hender de tels faits divers&nbsp;;&nbsp;<strong>mais ce n\u2019est qu\u2019une affaire de temps.&nbsp;\u00bb (page 12)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;<strong>A la Chambre des D\u00e9put\u00e9s, les conqu\u00eates ont soulev\u00e9 d\u00e8s l\u2019origine l\u2019opposition d\u2019une partie des d\u00e9put\u00e9s de la gauche radicale de Clemenceau et de la droite, fix\u00e9es sur la ligne bleue des Vosges.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour caract\u00e9riser la m\u00eame \u00e9volution dans le temps colonial, il serait possible de recourir aux images d\u2019un feu qui a couv\u00e9 lentement, qui a provoqu\u00e9 un grand incendie apr\u00e8s la deuxi\u00e8me guerre mondiale, mais un&nbsp;&nbsp;incendie assez facilement circonscrit en d\u00e9finitive, en AOF en tout cas.<\/p>\n\n\n\n<p>Certaines sources font \u00e9tat par ailleurs des discours, ou plut\u00f4t des&nbsp;<strong>chants des griots<\/strong>,&nbsp;<strong>les porteurs des traditions africaines<\/strong>, qui, d\u00e8s le d\u00e9but de la conqu\u00eate, ne manquaient pas de critiquer, de ridiculiser le \u00ab&nbsp;blanc&nbsp;\u00bb colonisateur, sans que ce dernier, le plus souvent ignorant des langues locales, ne puisse s\u2019en apercevoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Il serait int\u00e9ressant d\u2019avoir, de la part des historiens africains, le r\u00e9sultat des travaux qui ont sans doute \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s \u00e0 partir de ces sources orales, ce que certains chercheurs baptisent du nom&nbsp;<strong>d\u2019histoire \u00ab&nbsp;vue par le bas&nbsp;<\/strong>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il s\u2019est donc agi, beaucoup plus, d\u2019une \u00e9volution dans le temps colonial, de la gestion d\u2019un h\u00e9ritage effectivement colonial, que du r\u00e9sultat d\u2019un processus de d\u00e9colonisation, \u00e9tant donn\u00e9 que les fameuses \u00ab&nbsp;limites&nbsp;\u00bb de connexion ou de d\u00e9connexion \u00e9taient pos\u00e9es d\u00e8s l\u2019origine.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Indiquons enfin pour avoir une id\u00e9e des enjeux \u00e9conomiques et financiers coloniaux de l\u2019AOF, et \u00e9ventuellement du caract\u00e8re repr\u00e9sentatif du cas ci-dessus trait\u00e9, que son commerce ext\u00e9rieur avec la France ne repr\u00e9sentait gu\u00e8re plus de 3% en 1939.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les caract\u00e8res gras sont de ma responsabilit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La semaine prochaine, conclusions!<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Le colonialisme en question&nbsp;\u00bb Frederick Cooper \u00ab&nbsp;Syndicats, politique et fin de l\u2019empire en Afrique fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb (page 274 \u00e0 311) Lecture 7 Le discours &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;Apr\u00e8s avoir consacr\u00e9 la majeure partie de ce livre \u00e0 des conceptions intellectuelles et \u00e0 des arguments historiques d\u2019une port\u00e9e consid\u00e9rable dans l\u2019espace et dans le 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