{"id":2246,"date":"2013-07-12T02:10:51","date_gmt":"2013-07-12T00:10:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2246"},"modified":"2021-07-08T02:14:40","modified_gmt":"2021-07-08T00:14:40","slug":"gallieni-et-lyautey-ces-inconnus-morceaux-choisis-a-madagascar-les-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2013\/07\/12\/gallieni-et-lyautey-ces-inconnus-morceaux-choisis-a-madagascar-les-femmes\/","title":{"rendered":"Gallieni et Lyautey, ces inconnus. Morceaux choisis \u00e0 Madagascar &#8211; Les femmes"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Gallieni et Lyautey, ces inconnus&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Eclats de vie coloniale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Morceaux choisis<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Madagascar<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>19<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Les femmes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Je vous propose enfin de consacrer quelques lignes \u00e0 un sujet que la plupart des r\u00e9cits coloniaux n\u2019abordent pas, ou refusent d\u2019aborder, donc un sujet tabou, alors que dans la premi\u00e8re phase de la conqu\u00eate coloniale, il \u00e9tait in\u00e9vitable que ce qu\u2019on appelait alors les&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;mariages \u00e0 la mode du pays<\/em>&nbsp;\u00bb se multiplient.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le colonel Charbonnel dont le r\u00e9cit est notre source principale l\u2019explique fort bien plus loin.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il fallut attendre que la paix civile soit d\u00e9finitivement \u00e9tablie, que les conditions de vie sanitaire s\u2019y pr\u00eatent, pour que les premi\u00e8res fran\u00e7aises viennent s\u2019installer dans les colonies.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quelques femmes aventuri\u00e8res, telles que&nbsp;<strong><em>madame Bonnetain<\/em><\/strong>, \u00e9pouse du journaliste du m\u00eame nom, journaliste, qui s\u00e9journa au S\u00e9n\u00e9gal, \u00e0 Kayes, \u00e0 l\u2019\u00e9poque du commandement d\u2019Archinard, dans les ann\u00e9es 1890, furent des exceptions.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans son livre&nbsp;<strong><em>\u00ab&nbsp;Essai sur la colonisation positive<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb&nbsp;<strong><em>l\u2019historien Marc Michel<\/em><\/strong>&nbsp;aborde bri\u00e8vement le sujet dans son livre, et nous en avons rendu compte&nbsp; sur le blog du 22 mai 2010.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong><em>Landeroin,<\/em><\/strong>&nbsp;membre de la mission Fachoda, en 1898, abordait le sujet dans ses carnets intimes, non publi\u00e9s, et&nbsp;<strong><em>Binger<\/em><\/strong>, l\u2019officier et explorateur, puis gouverneur d\u2019une C\u00f4te d\u2019Ivoire dont il fut un des cr\u00e9ateurs, \u00e9voque aussi le sujet en rendant compte de son passage \u00e0 \u00ab&nbsp;Waghadougou&nbsp;\u00bb, en1888. Le Chef proposa de lui donner trois femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En ce qui concerne Madagascar, et ainsi que nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 indiqu\u00e9 plus haut, notre source sera celle du colonel Charbonnel qui d\u00e9crit dans son livre \u00ab&nbsp;<strong><em>De Madagascar \u00e0<\/em><\/strong>&nbsp;<strong><em>Verdun \u2013Vingt ans \u00e0 l\u2019ombre de Gallieni<\/em><\/strong><em>&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;quelques-unes des&nbsp; situations qu\u2019il connut \u00e0 l\u2019occasion de son s\u00e9jour dans la grande \u00eele.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tout d\u2019abord \u00e0 Tananarive en 1896&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp; Nous menions \u00e0 Soanerane une vie calme. Nos amourettes malgaches y tenaient une large place. Le commandant Henry occupait une belle villa appartenant au Ministre Rasange. Ce Houve intelligent s\u2019\u00e9tait ralli\u00e9, par int\u00e9r\u00eat plus que par sympathie. Il avait laiss\u00e9 dans sa villa, comme par oubli, une de ses filles fort jolie, que le commandant appr\u00e9ciait \u00e0 sa juste valeur.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les m\u0153urs malgaches \u00e9taient alors extr\u00eamement libres. Les filles y jouissaient de la m\u00eame libert\u00e9 sentimentale que chez nous les gar\u00e7ons. Elles prenaient m\u00eame souvent des initiatives qui, \u00e0 cette \u00e9poque lointaine, \u00e9taient r\u00e9serv\u00e9s au sexe fort. Les parents n\u2019y trouvaient pas \u00e0 redire. Peut-\u00eatre jugeaient-ils qu\u2019un pseudo-gendre fran\u00e7ais offrait une sorte de garantie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Borel, qui devait avoir une fille pr\u00e9nomm\u00e9e Suzy, aujourd\u2019hui madame Georges Bidault&nbsp; (voir les pr\u00e9cisions plus loin dans le commentaire), ne songeait pas encore au mariage. Il \u00e9tait nanti d\u2019une petite ramatou aux yeux rieurs dans un visage rond, nomm\u00e9e Romaine. Elle devait bien avoir treize ans et atteignait \u00e0 peine \u00e0 la poitrine de son seigneur. Le m\u00e9nage Borel-Romaine d\u00e9cida que je ne pouvais rester c\u00e9libataire. Il invita un soir Florentine, la s\u0153ur ain\u00e9e de Romaine. Elle \u00e9tait plus \u00e9panouie que sa cadette et devait avoir atteint sa seizi\u00e8me ann\u00e9e. Dans un pays o\u00f9 l\u2019on rencontre des grand\u2019m\u00e8res de 22 ans, ce n\u2019est plus la prime jeunesse. Le lendemain, Borel et moi \u00e9tions beaux-fr\u00e8res \u00e0 la mode malgache.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>On a beaucoup discut\u00e9 de ces liaisons franco-malgaches. Il leur a manqu\u00e9 un Loti pour les id\u00e9aliser. Certes la morale en \u00e9tait heurt\u00e9e&nbsp;; mais condamner \u00e0 la chastet\u00e9 tous ces jeunes gens, aurait \u00e9t\u00e9 exiger beaucoup d\u2019eux. La petite \u00e9pouse tenait le m\u00e9nage de son mari temporaire. Elle lui apprenait le malgache. Mon camarade Steiner, qui devait mourir peu apr\u00e8s, appelait sa ramatou&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mon dictionnaire reli\u00e9 en peau&nbsp;\u00bb. La fid\u00e9lit\u00e9 de ces petites \u00e9pouses n\u2019\u00e9tait pas exemplaire et la dur\u00e9e de leurs deuils n\u2019exc\u00e9dait pas une semaine. Mais bon gr\u00e9, mal gr\u00e9, leur sort \u00e9tait li\u00e9 au n\u00f4tre. Si l\u2019insurrection avait triomph\u00e9 \u2013 et en 1896 pareille \u00e9ventualit\u00e9 ne pouvait \u00eatre exclue &#8211; ces \u00ab&nbsp;collaboratrices&nbsp;\u00bb ne nous auraient pas surv\u00e9cu.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je peux citer deux cas o\u00f9 des officiers durent la vie \u00e0 leur ramatou. Le premier fut pr\u00e9venu juste \u00e0 temps d\u2019avoir \u00e0 changer son cuisinier qui devait l\u2019empoisonner au tanguin, ce poison national malgache. Contraint d\u2019absorber le plat pr\u00e9par\u00e9, le cuisinier en mourut. Le second fut avis\u00e9 d\u2019une tr\u00e8s prochaine attaque contre son poste. Il fit aussit\u00f4t occuper les positions de combat par ses S\u00e9n\u00e9galais qui repouss\u00e8rent l\u2019assaut de justesse.&nbsp;\u00bb (C\/p33)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Et en 1900, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une tourn\u00e9e de Gallieni dans le territoire du Sud de Madagascar, confi\u00e9 au colonel Lyautey, Charbonnel racontait&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Au d\u00e9jeuner qui nous r\u00e9unit, le colonel Lyautey engagea la conversation sur un sujet dangereux, du moins pour les officiers de son \u00e9tat-major. Quelques jours auparavant, alors qu\u2019il nous plaisantait sur nos pr\u00e9tendus succ\u00e8s f\u00e9minins, nous avions commis, Charley et moi l\u2019imprudence de lui dire&nbsp;: \u00ab&nbsp;c\u2019est une r\u00e8gle que les femmes soient attir\u00e9es par les \u00e9tats-majors. Sous l\u2019Empire, c\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9tat-major de<\/em>&nbsp;<em>Berthier qui avait le plus de succ\u00e8s aupr\u00e8s des dames de la cour et m\u00eame des s\u0153urs de l\u2019Empereur. A&nbsp;Madagascar, vous \u00eates Berthier, mon colonel, vos officiers en profitent.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette comparaison n\u2019\u00e9tait pas pour d\u00e9plaire \u00e0 Lyautey. Malheureusement, il ne l\u2019oublia pas. A table, comptant amuser Gallieni, il s\u2019\u00e9cria&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Mes officiers sont des \u00ab&nbsp;z\u00e8bres&nbsp;\u00bb, mon g\u00e9n\u00e9ral. Ils ont tous les succ\u00e8s. Ceux des officiers du mar\u00e9chal Berthier sont \u00e9clips\u00e9s. Si Pauline \u00e9tait ici\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;La s\u0153ur de l\u2019Empereur aurait aujourd\u2019hui cent trente ans&nbsp;\u00bb, coupa Gallieni.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un peu plus tard, il demanda \u00e0 Charley&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Comment s\u2019appelait ce capitaine qui \u00e9tait l\u2019amant de Pauline Borgh\u00e8se&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous l\u2019avions oubli\u00e9&nbsp;; le g\u00e9n\u00e9ral nous le dit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Et rappelez-vous, Charles-Roux, conclut-il, que l\u2019Empereur l\u2019a envoy\u00e9 se faire tuer en Espagne. A votre place je serais prudent.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les yeux de Gallieni p\u00e9tillaient de malice derri\u00e8re les verres de son lorgnon. Apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, il me dit&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>-\u00ab&nbsp;Je vous emm\u00e8ne Charbo. Nous allons marcher un peu&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il me parla des affaires du commandement sup\u00e9rieur et me fit part de sa satisfaction<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Votre colonel, me dit-il, m\u00e8ne grand train. Cela co\u00fbte cher. Essayez donc de r\u00e9duire le nombre des porteurs qu\u2019il emm\u00e8ne dans ses tourn\u00e9es.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Pas commode mon g\u00e9n\u00e9ral&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Je sais. Essayez tout de m\u00eame. A propos de ces histoires sentimentales, l\u2019\u00e9cho m\u2019en est parvenu \u00e0 Tananarive&nbsp;; Je n\u2019aime pas beaucoup cela.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je racontai mes propos imprudents sur l\u2019\u00e9tat-major de Berthier, que le colonel aurait d\u00fb oublier. Je donnai l\u2019assurance au g\u00e9n\u00e9ral qu\u2019il y avait une grande part d\u2019exag\u00e9ration et que d\u2019ailleurs aucun incident ne s\u2019\u00e9tait produit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Aucun incident&nbsp;? Que voulez-vous dire&nbsp;? Les maris&nbsp;? Oh&nbsp;! les maris&nbsp;! Que diable&nbsp;! Les malgaches sont charmantes.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Mais mon g\u00e9n\u00e9ral, chacun de nos officiers a sa \u00ab&nbsp;ramatou&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Alors, dites-leur de s\u2019en contenter.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Bien, mon g\u00e9n\u00e9ral&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019\u00e9tait le seul reproche que Gallieni m\u2019adressa au cours d\u2019une collaboration de vingt ans.&nbsp;&nbsp; Il n\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s grave, ni tr\u00e8s m\u00e9rit\u00e9. \u00ab&nbsp;(C\/p,164)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Commentaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Un premier commentaire pour la petite ou la grande anecdote historique&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Suzy Borel devint effectivement l\u2019\u00e9pouse de George Bidault,&nbsp; l\u2019homme politique bien connu de la 4<sup>\u00e8me<\/sup>R\u00e9publique, grande figure de la R\u00e9sistance et du parti politique MRP, ministre \u00e0 maintes reprises, et Pr\u00e9sident du Conseil.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le blog publiera ult\u00e9rieurement une courte chronique sur le livre de souvenirs que Mme Bidault a publi\u00e9, concernant l\u2019Alg\u00e9rie et l\u2019outre-mer, une sorte d\u2019\u00e9tat des lieux de la \u00ab&nbsp;culture coloniale&nbsp;\u00bb de son \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le deuxi\u00e8me commentaire portera sur le sujet lui-m\u00eame. Beaucoup de commentateurs ont glos\u00e9 sur un th\u00e8me qui incitait au propos de gaudriole, mais \u00ab&nbsp;ces mariages \u00e0 la mode du pays&nbsp;\u00bb, selon leur appellation consacr\u00e9e, correspondaient \u00e0 la fois \u00e0 un \u00e9tat de fait difficilement \u00e9vitable, c\u2019est la justification propos\u00e9e par Charbonnel, \u00e0 une situation des m\u0153urs tr\u00e8s diff\u00e9rente de celles des pays europ\u00e9ens, mais tout autant, et pour la premi\u00e8re p\u00e9riode de l\u2019histoire coloniale, \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 des officiers ou des administrateurs coloniaux de trouver des \u00ab&nbsp;truchements&nbsp;\u00bb au sein d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui leur \u00e9tait compl\u00e8tement \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Aucune entreprise de colonisation n\u2019aurait eu de chances de durer, sans trouver au sein de la soci\u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;indig\u00e8ne&nbsp;\u00bb des interm\u00e9diaires, les \u00ab&nbsp;middlemen&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019anglaise, n\u00e9gociants, puis interpr\u00e8tes et lettr\u00e9s, et \u00e9videmment ces \u00e9pouses temporaires qui acqu\u00e9raient souvent un vrai pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>D\u2019une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, et sur le plan de l\u2019histoire coloniale fran\u00e7aise, je serais tent\u00e9 de dire que tr\u00e8s souvent, les chefs \u00ab&nbsp;apparents&nbsp;\u00bb n\u2019\u00e9taient pas ceux qui exer\u00e7aient \u00ab&nbsp;r\u00e9ellement&nbsp;\u00bb le pouvoir\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et que certaines de ces unions temporaires furent aussi de belles histoires d\u2019amour, telle que celle par exemple de Nebout, en C\u00f4te d\u2019Ivoire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Jean Pierre Renaud<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Post scriptum&nbsp;: Albert Londres, dans le livre \u00ab&nbsp;Terre d\u2019\u00e9b\u00e8ne&nbsp;\u00bb publi\u00e9 en 1929, a consacr\u00e9 un certain nombre de pages au m\u00eame sujet.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gallieni et Lyautey, ces inconnus&nbsp;! 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