{"id":2258,"date":"2013-05-15T02:50:59","date_gmt":"2013-05-15T00:50:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2258"},"modified":"2021-07-08T02:54:30","modified_gmt":"2021-07-08T00:54:30","slug":"reflexions-sur-les-societes-coloniales-conclusion-deuxieme-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2013\/05\/15\/reflexions-sur-les-societes-coloniales-conclusion-deuxieme-partie\/","title":{"rendered":"R\u00e9flexions sur les soci\u00e9t\u00e9s coloniales- Conclusion-Deuxi\u00e8me Partie"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>R\u00e9flexions sur les soci\u00e9t\u00e9s coloniales<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Conclusion sur la probl\u00e9matique des soci\u00e9t\u00e9s coloniales fran\u00e7aises<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Deuxi\u00e8me partie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:18px\"><strong>La premi\u00e8re partie a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e sur le blog du 10 mai 2013&nbsp; (d\u00e9finition du concept, les sc\u00e8nes, le sc\u00e9nario, la politique coloniale (d\u00e9but))<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les indications techniques du sc\u00e9nario<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le sc\u00e9nario reposait sur plusieurs indications techniques, une administration coloniale de type napol\u00e9onien dot\u00e9e de tous les pouvoirs, l\u2019obligation pour les nouvelles colonies de financer elles-m\u00eames leur d\u00e9veloppement, un statut des indig\u00e8nes standard afin de simplifier et de faciliter la gestion des nouveaux territoires, un r\u00e9gime douanier protectionniste<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Premi\u00e8re indication technique, une administration coloniale de type despotique<\/strong>&nbsp;: les gouverneurs g\u00e9n\u00e9raux disposaient quasiment de tous les pouvoirs, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il leur appartenait de faire application ou non, sur leur territoire, des lois ou d\u00e9crets applicables en m\u00e9tropole.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; La France avait cr\u00e9\u00e9 de toutes pi\u00e8ces une administration coloniale calqu\u00e9e sur l\u2019administration fran\u00e7aise avec un d\u00e9coupage en colonies et en cercles. Au fur et \u00e0 mesure des ann\u00e9es, l\u2019appareil administratif des f\u00e9d\u00e9rations et des colonies devint de plus en plus bureaucratique, alors que le maillage de l\u2019administration de brousse \u00e9tait assez l\u00e9ger.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A Paris, le minist\u00e8re des Colonies ne fut jamais un minist\u00e8re convoit\u00e9, et la mobilit\u00e9 ou l\u2019instabilit\u00e9 des gouvernements de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique, de l\u2019ordre de six mois en moyenne,&nbsp; laissait encore plus d\u2019initiative et de pouvoir aux gouverneurs,&nbsp;&nbsp; de v\u00e9ritables proconsuls de la R\u00e9publique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le pouvoir colonial<\/strong>&nbsp;: certains diraient, mais de fa\u00e7on un peu caricaturale, que l\u2019administration coloniale fonctionnait comme une administration de type dictatorial, au mieux despotique, mais selon les territoires, les \u00e9poques, et les hommes, la situation concr\u00e8te \u00e9tait bien diff\u00e9rente.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il serait possible d\u2019avancer avec la m\u00eame assurance que, dans beaucoup de cas de figure, l\u2019irruption de l\u2019administration coloniale n\u2019a pas chang\u00e9 grand-chose dans le fonctionnement de la plupart des soci\u00e9t\u00e9s locales.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La probl\u00e9matique du pouvoir a suivi plusieurs sortes de chemins, le premier, g\u00e9ographique, pour simplifier, de la c\u00f4te vers l\u2019hinterland,&nbsp; le deuxi\u00e8me chronologique, le choc de la colonisation diffusant ses effets en suivant la courbe de la chronologie, et le troisi\u00e8me, celui de l\u2019acculturation progressive et partielle de la population, tr\u00e8s majoritairement dans les nouvelles villes, posant un d\u00e9fi de plus en plus grand \u00e0 une soi-disant&nbsp; politique d\u2019assimilation qui ne trouvait pas son compte civique dans le Code de l\u2019Indig\u00e9nat.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Deuxi\u00e8me indication technique, celle d\u00e9j\u00e0 rappel\u00e9e du financement des colonies, avec la loi du 3 avril 1900, et un concours z\u00e9ro de la m\u00e9tropole, sauf \u00e0 garantir des emprunts.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Indiquons que sur ce plan, la France imitait ce que faisait la Grande Bretagne dans son empire, mais les ressources des colonies anglaises n\u2019avaient pas grand-chose \u00e0 voir avec les fran\u00e7aises.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Troisi\u00e8me indication technique, le Code de l\u2019Indig\u00e9nat<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; S\u2019il est vrai que le Code de l\u2019Indig\u00e9nat donnait \u00e0 l\u2019administration coloniale un outil de maintien de l\u2019ordre public facile, il n\u2019avait pas toujours une rudesse diff\u00e9rente de celle des m\u0153urs de certaines soci\u00e9t\u00e9s locales, et il n\u2019\u00e9tait pas l\u2019outil de travail pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de l\u2019administration coloniale, sauf dans certaines circonstances telles que le travail forc\u00e9 local pour de bonnes (corv\u00e9es) ou mauvaises raisons (portage, recrutement pour les plantations de C\u00f4te d\u2019Ivoire ou de Madagascar par exemple\u2026).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La d\u00e9finition qu\u2019en propose le&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Dictionnaire de la colonisation fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb (page 367)<\/em>&nbsp;a un c\u00f4t\u00e9 surr\u00e9aliste par rapport au \u00ab&nbsp;moment colonial&nbsp;\u00bb et \u00e0 la diversit\u00e9 des \u00ab&nbsp;situations&nbsp;\u00bb coloniales&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Connu sous le nom du Code de l\u2019Indig\u00e9nat, c\u2019est un ensemble juridique et r\u00e9glementaire r\u00e9pressif \u00e0 l\u2019encontre des seuls indig\u00e8nes appliqu\u00e9 par l\u2019administration en violation du principe fondamental de s\u00e9paration des pouvoirs. Il pr\u00e9voit des sanctions collectives, autre violation des principes du droit m\u00e9tropolitain. Il a symbolis\u00e9 l\u2019arbitraire le plus total&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le m\u00eame dictionnaire pr\u00e9cise qu\u2019en Indochine, il a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9 en 1903, et assoupli, en Afrique noire, en 1938.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En face du Code de l\u2019Indig\u00e9nat, l\u2019administration coloniale mettait en \u0153uvre, autant que possible, et pour autant qu\u2019elle les connaisse, les coutumes, c\u2019est-\u00e0-dire un droit coutumier qui variait selon les territoires et leurs peuples, qu\u2019elle s\u2019effor\u00e7ait de respecter, sorte de contrepoids, que beaucoup de chercheurs feignent d\u2019ignorer.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La pratique concr\u00e8te du pouvoir n\u2019avait donc pas toujours le caract\u00e8re \u00ab&nbsp;r\u00e9pressif&nbsp;\u00bb d\u00e9crit plus haut.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La r\u00e9f\u00e9rence au principe fondamental de la s\u00e9paration des pouvoirs m\u00e9riterait \u00e0 elle seule un commentaire, alors que dans la France d\u2019aujourd\u2019hui, il a encore bien de la peine \u00e0 \u00eatre garanti.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un premier exemple pour aider \u00e0 comprendre le type de probl\u00e9matique que rencontrait l\u2019administration coloniale&nbsp;: l\u2019ancien administrateur&nbsp; Delavignette racontait qu\u2019en Haute Volta (Burkina Fasso), il avait fait mettre en prison un homme qui avait tu\u00e9 sa femme. A sa lib\u00e9ration, et de retour dans son village, l\u2019int\u00e9ress\u00e9 revint remercier Delavignette en lui apportant un cadeau pour l\u2019avoir si bien trait\u00e9 pendant ses ann\u00e9es de prison.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De fa\u00e7on plus subtile, le maintien du Code de l\u2019Indig\u00e9nat \u00e9tait non seulement un \u00e9l\u00e9ment de l\u2019ordre public, mais avant tout de l\u2019ordre social, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019une s\u00e9gr\u00e9gation des droits qui existait entre les indig\u00e8nes et les Fran\u00e7ais, notamment dans les villes qui comptaient le plus d\u2019accultur\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il symbolisait l\u2019\u00e9chec d\u2019une politique coloniale incapable d\u2019ouvrir la voie de la citoyennet\u00e9 aux nouveaux \u00ab&nbsp;lettr\u00e9s&nbsp;\u00bb, et c\u2019est sur ce terrain que la l\u00e9gitimit\u00e9 ou non de ce code est la plus critiquable, car elle m\u00e9connaissait les promesses d\u00e9magogiques de la France, en m\u00eame temps qu\u2019elle rendait de plus en plus difficile l\u2019association des nouveaux lettr\u00e9s \u00e0 la gestion&nbsp; de leur pays,&nbsp;<strong>et c\u2019est toute la question du truchement colonial dont l\u2019importance a trop souvent \u00e9t\u00e9 ignor\u00e9e<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Omnipotence du pouvoir colonial mais tr\u00e8s souvent contrebalanc\u00e9e par celui du truchement indig\u00e8ne, du r\u00f4le des \u00ab&nbsp;lettr\u00e9s&nbsp;\u00bb dans le fonctionnement concret du pouvoir colonial.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>II &#8211; Les autres acteurs de la sc\u00e8ne coloniale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Henri Brunschwig observait la mont\u00e9e inexorable des lettr\u00e9s en Afrique noire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous avons \u00e9voqu\u00e9 cet aspect important des institutions coloniales, en posant entre autres la question&nbsp;: qui manipule qui dans la soci\u00e9t\u00e9 coloniale&nbsp;? Des types de manipulation qui \u00e9voluaient en fonction des chronologies diverses de l\u2019acculturation des territoires.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quels \u00e9taient les v\u00e9ritables acteurs du th\u00e9\u00e2tre colonial, la soci\u00e9t\u00e9 indig\u00e8ne ou la soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 not\u00e9, l\u2019administration coloniale fut pendant longtemps un acteur cl\u00e9 de la sc\u00e8ne coloniale, disputant ou partageant ses pouvoirs avec les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques locaux, lorsqu\u2019ils commenc\u00e8rent \u00e0 exister dans les colonies qui disposaient d\u2019atouts \u00e9conomiques et d\u2019acc\u00e8s g\u00e9ographique facile.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les soci\u00e9t\u00e9s coloniales d\u2019origine europ\u00e9enne furent peu nombreuses, hors Alg\u00e9rie, comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 dit, et elles \u00e9taient avant tout urbaines, et tr\u00e8s \u00ab&nbsp;<strong>passantes&nbsp;<\/strong>\u00bb, fondamentalement diff\u00e9rentes de la soci\u00e9t\u00e9 m\u00e9tropolitaine, m\u00eame si elles ressemblaient souvent \u00e9trangement dans la construction de leurs lieux de vie, et dans la vie quotidienne elle-m\u00eame, \u00e0 celle de nos villes de province, \u00e0 la diff\u00e9rence pr\u00e8s, capitale pour beaucoup de ses membres, souvent des \u00ab&nbsp;petits blancs&nbsp;\u00bb, celle d\u2019une sorte de conscience de nouvelle classe sociale sup\u00e9rieure \u00e0 celle des indig\u00e8nes que contribuait \u00e0 favoriser effectivement le statut juridique auquel ils \u00e9taient soumis.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est une des raisons qui expliquait pourquoi un indig\u00e8ne, soldat ou \u00e9tudiant, venu en France, n\u2019y ressentait pas le rapport de s\u00e9gr\u00e9gation qu\u2019il connaissait en C\u00f4te d\u2019Ivoire, au Soudan, \u00e0 Madagascar, ou en Indochine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les soci\u00e9t\u00e9s coloniales d\u2019origine europ\u00e9enne constituaient souvent des sortes de kystes sociaux en bordure des soci\u00e9t\u00e9s indig\u00e8nes d\u00e9mographiquement dominantes, et les soci\u00e9t\u00e9s coloniales d\u2019origine europ\u00e9enne de la brousse \u00e9taient souvent r\u00e9duites \u00e0 leur plus simple expression&nbsp;: l\u2019administrateur colonial, avec ou sans \u00e9pouse, le m\u00e9decin militaire avec ou sans \u00e9pouse, le gendarme, le garagiste quand il y en avait un, \u00e9ventuellement un commer\u00e7ant d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le dernier roman de Paule Constant, \u00ab&nbsp;<em>C\u2019est fort la France&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb, dont l\u2019histoire se d\u00e9roule apr\u00e8s la deuxi\u00e8me guerre mondiale dans le cercle de Batouri, au Cameroun, donne une assez bonne image de ce type de soci\u00e9t\u00e9 coloniale de brousse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sc\u00e8nes vari\u00e9es \u00e0 l\u2019infini, avec des soci\u00e9t\u00e9s d\u2019origine europ\u00e9enne souffrant en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale de deux faiblesses initiales, mais durables, l\u2019hostilit\u00e9 des climats et l\u2019absence de communications.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La brousse fut longtemps un monde hostile aux blancs, et ce n\u2019est pas par hasard que les europ\u00e9ens s\u2019install\u00e8rent et s\u2019agglutin\u00e8rent sur les c\u00f4tes et dans les nouvelles villes que la colonisation&nbsp; y fit na\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1914, les grandes villes de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest que nous connaissons, Dakar, Conakry, Abidjan, ou Lom\u00e9 \u00e9taient \u00e0 peine sorties de terre, pour ne pas citer des villes de l\u2019hinterland qui ressemblaient \u00e0 peine aux bourgs de nos campagnes les plus d\u00e9laiss\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1930, et \u00e0 Madagascar, il n\u2019\u00e9tait possible de rejoindre l\u2019\u00eele que par bateau, et apr\u00e8s un voyage de l\u2019ordre de trente jours. Les europ\u00e9ens, mais surtout les femmes europ\u00e9ennes y vivaient avec la conscience d\u2019\u00eatre coup\u00e9es du monde, dans une sorte de vase clos.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au cours de la premi\u00e8re phase, les officiers et les aventuriers ont jou\u00e9 le premier r\u00f4le, mais rien n\u2019aurait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 possible sans le concours des tirailleurs, des interpr\u00e8tes, de certains chefs de village ou de rois locaux, dans un climat d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 publique g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e qui favorisait l\u2019intrusion fran\u00e7aise dans ces nouveaux territoires.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Dans les phases suivantes, l\u2019administration coloniale \u00e9tendit son pouvoir dans tous les secteurs d\u2019activit\u00e9, mais en se gardant bien de toucher aux coutumes locales, lorsqu\u2019elles \u00e9taient compatibles avec la conception du droit fran\u00e7ais, notamment en mati\u00e8re de droit criminel.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le plus souvent, c\u2019est d\u2019ailleurs cette administration, coloniale qui dans beaucoup des colonies fut \u00e0 l\u2019origine de la cr\u00e9ation des premiers grands \u00e9quipements \u00e9conomiques, et ne trouva le concours d\u2019un capitalisme national ou international que dans les colonies qui disposaient d\u2019atouts \u00e9conomiques, comme ce fut le cas en Indochine, ou de possibilit\u00e9s de d\u00e9veloppement de cultures tropicales, en Guin\u00e9e, C\u00f4te d\u2019Ivoire, ou Madagascar.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les chercheurs sp\u00e9cialistes pourraient sans doute apporter toutes pr\u00e9cisions utiles sur les grandeurs \u00e9conomiques, notamment capitalistiques, qui ont sous-tendu aux diff\u00e9rentes \u00e9poques cit\u00e9es les fameuses soci\u00e9t\u00e9s coloniales, et \u00e9clairer&nbsp;<strong>le r\u00f4le des p\u00f4les de d\u00e9veloppement capitalistique chers \u00e0 Fran\u00e7ois Perroux, lorsqu\u2019ils ont exist\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019ouvrage collectif intitul\u00e9&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;<strong>L\u2019esprit \u00e9conomique imp\u00e9rial<\/strong><\/em>&nbsp;\u00bb n\u2019a pas apport\u00e9 la preuve que \u00ab&nbsp;l\u2019esprit \u00e9conomique imp\u00e9rial&nbsp;\u00bb des entreprises fran\u00e7aises ait beaucoup souffl\u00e9 dans la plupart des colonies, et se soit donc traduit en termes de r\u00e9sultats de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et d\u2019investissement.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comme je l\u2019ai indiqu\u00e9 dans un commentaire de lecture joint en annexe, les analyses qui y sont g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9sent\u00e9es souffrent le plus souvent d\u2019un manque d\u2019analyse macro\u00e9conomique dans un domaine qui appellerait effectivement des \u00e9valuations, des comparaisons entre grandeurs financi\u00e8res ou \u00e9conomiques, entre petits ou grands agr\u00e9gats.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; A lire ce pav\u00e9 r\u00e9dactionnel, on en tire la conclusion que l\u2019imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais n\u2019a g\u00e9n\u00e9ralement pas \u00e9t\u00e9 convaincant, sauf dans une colonie privil\u00e9gi\u00e9e, l\u2019Indochine, anglaise.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais serait donc \u00e0 ranger, pour ceux qui en d\u00e9fendraient l\u2019existence et l\u2019efficacit\u00e9 coloniale, au rang des mythes comme ceux que l\u2019\u00e9conomiste Bairoch a analys\u00e9s dans le livre&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;<strong>Mythes et paradigmes de l\u2019histoire \u00e9conomique<\/strong>&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Deux types de soci\u00e9t\u00e9s coloniales coexistaient, l\u2019europ\u00e9enne concentr\u00e9e dans les villes, et tr\u00e8s diffuse en brousse, avec le maillage toujours pr\u00e9sent d\u2019un commerce de traite, et les soci\u00e9t\u00e9s indig\u00e8nes elles-m\u00eames, la composante de plus en plus importante des lettr\u00e9s ou des \u00e9volu\u00e9s devenant au fur et \u00e0 mesure des ann\u00e9es, le v\u00e9ritable truchement de la colonisation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans l\u2019ensemble des colonies et sur toute la p\u00e9riode coloniale, il convient de consid\u00e9rer que les v\u00e9ritables acteurs de la sc\u00e8ne coloniale ont \u00e9t\u00e9 les \u00ab&nbsp;lettr\u00e9s&nbsp;\u00bb, les \u00ab&nbsp;\u00e9volu\u00e9s&nbsp;\u00bb, qu\u2019ils appartiennent \u00e0 l\u2019administration coloniale au sens le plus large, de l\u2019arm\u00e9e \u00e0 l\u2019enseignement ou \u00e0 la sant\u00e9, les membres des \u00e9glises, les anciens chefs ou nouveaux chefs&nbsp; des territoires coloniaux, et les employ\u00e9s des entreprises priv\u00e9es.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce sont ces \u00ab&nbsp;\u00e9volu\u00e9s&nbsp;\u00bb qui ont assum\u00e9 le changement colonial au fur et \u00e0 mesure de leur croissance dans les soci\u00e9t\u00e9s coloniales.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans le Togo des ann\u00e9es 1950, avant l\u2019ind\u00e9pendance, peuples du nord et peuples du sud faisaient le grand \u00e9cart.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au nord vivaient c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te des peuples nus, animistes, et des peuples habill\u00e9s, musulmans, les Tchokossis, qui se rencontraient par exemple \u00e0 l\u2019occasion du march\u00e9 de Sansann\u00e9-Mango, ce qui ne voulait pas dire que les Gam-Gam ou les Tamberna ne disposaient pas de leurs propres codes religieux et sociaux, en juxtaposition de l\u2019ordre public colonial et des codes religieux de l\u2019ethnie dominante, les Tchokossis.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette derni\u00e8re ethnie comptait d\u00e9j\u00e0 une petite minorit\u00e9 de lettr\u00e9s, mais il fallait aller sur la c\u00f4te pour y trouver la grande majorit\u00e9 d\u2019entre eux, mais \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, les uns et les autres ne vivaient pas dans le m\u00eame monde.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au fur et \u00e0 mesure des ann\u00e9es, et surtout \u00e0 partir des ann\u00e9es 1920, les effectifs de lettr\u00e9s grossirent, comme nous l\u2019avons vu dans le cas de Madagascar, mais l\u2019Indochine disposait incontestablement d\u2019une \u00e9lite autochtone qui ne trouva pas dans la politique fran\u00e7aise l\u2019issue politique \u00e0 laquelle elle avait droit, soit l\u2019assimilation, soit l\u2019association \u00e0 une gestion des affaires de la colonie, pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019autonomie et l\u2019ind\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Rappelons que dans les ann\u00e9es 1940,&nbsp; Madagascar comptait de l\u2019ordre de 300&nbsp;000 personnes accultur\u00e9es, avec environ et seulement 2&nbsp;000 malgaches ayant acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la citoyennet\u00e9 fran\u00e7aise<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Henri Brunschwig avait \u00e9crit qu\u2019il n\u2019y aurait jamais eu de colonies si le t\u00e9l\u00e9graphe n\u2019avait pas exist\u00e9, et pourquoi ne pas le paraphraser en \u00e9crivant qu\u2019il n\u2019y aurait jamais eu de colonisation sans le concours d\u2019un truchement autochtone.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>III \u2013 Echec ou succ\u00e8s pour la pi\u00e8ce coloniale&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; S\u2019il s\u2019agissait de projeter dans les colonies un mod\u00e8le de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise dans les colonies, l\u2019\u00e9chec fut patent, tant pour les soci\u00e9t\u00e9s coloniales d\u2019origine europ\u00e9enne le plus souvent r\u00e9duites \u00e0 singer celles de m\u00e9tropole, dans ses personnages les plus balzaciens, que pour les soci\u00e9t\u00e9s autochtones, dans leurs \u00e9l\u00e9ments \u00ab&nbsp;\u00e9volu\u00e9s&nbsp;\u00bb de plus en plus nombreux, que le pouvoir colonial refusait d\u2019associer \u00e0 la gestion de leurs territoires sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les soci\u00e9t\u00e9s coloniales d\u2019origine europ\u00e9enne, dans leur composition et leur mode de vie, n\u2019\u00e9taient pas de nature \u00e0 diffuser en dehors des centres urbains o\u00f9 elle \u00e9tait concentr\u00e9e la modernit\u00e9 qu\u2019elle croyait et disait repr\u00e9senter ou incarner.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A la r\u00e9serve pr\u00e8s de la sorte de mod\u00e8le urbain qu\u2019elles avaient contribu\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er et qui pouvait \u00eatre regard\u00e9 comme l\u2019exemple de ce qu\u2019il \u00e9tait possible de g\u00e9n\u00e9raliser ailleurs, avec sa palette d\u2019\u00e9quipements de voirie, de sant\u00e9, d\u2019\u00e9coles, et de distribution d\u2019eau et d\u2019\u00e9lectricit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9volu\u00e9s de plus en plus nombreux venaient en effet s\u2019agglutiner dans les villes nouvellement cr\u00e9\u00e9es, et occuper les emplois tr\u00e8s divers que la colonisation politique ou \u00e9conomique avait suscit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est peut-\u00eatre ce mouvement d\u2019urbanisation qui a \u00e9t\u00e9 un des facteurs les plus importants du changement colonial.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans chaque \u00ab&nbsp;situation coloniale&nbsp;\u00bb, la France jouait une pi\u00e8ce diff\u00e9rente avec des acteurs diff\u00e9rents, mais avec toutefois quelques \u00e9l\u00e9ments communs, sorte de d\u00e9cor standard pour toutes les colonies&nbsp;: une s\u00e9gr\u00e9gation territoriale de fait dans les villes, des soci\u00e9t\u00e9s coloniales europ\u00e9ennes urbaines, sortes de kystes coloniaux, avec \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s, la ou les soci\u00e9t\u00e9s autochtones de la brousse, les v\u00e9ritables infrastructures coloniales, et au- dessus, la superstructure bureaucratique europ\u00e9enne qui donnait l\u2019illusion de la modernit\u00e9 coloniale.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les v\u00e9ritables sources de rupture des syst\u00e8mes des croyances et des pouvoirs autochtones, de leur ouverture aux &nbsp;\u00e9changes et \u00e0 la d\u00e9couverte du monde ext\u00e9rieur, repos\u00e8rent avant tout sur la cr\u00e9ation de voies de communications modernes qui n\u2019existaient dans aucune de ces colonies.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Autre source de rupture capitale, l\u2019\u00e9tablissement de la paix publique dans les colonies, une paix publique qui n\u2019existait pas dans la plupart de ces territoires&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En gros, le sc\u00e9nario de l\u2019ordre colonial, d\u2019une paix publique r\u00e9tablie dans l\u2019ensemble des territoires a en effet plut\u00f4t bien fonctionn\u00e9 en Afrique et \u00e0 Madagascar jusqu\u2019en 1939, un ordre colonial servi par la mise en place de superstructures bureaucratiques, des formes d\u2019Etats qui ne furent r\u00e9put\u00e9s nationaux qu\u2019apr\u00e8s les ind\u00e9pendances.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le sc\u00e9nario de l\u2019assimilation, de l\u2019accession des \u00e9volu\u00e9s \u00e0 la citoyennet\u00e9, fut d\u00e8s le d\u00e9part un \u00e9chec.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La colonisation mit en route un processus d\u2019acculturation et d\u2019ouverture au monde ext\u00e9rieur facilit\u00e9 par la r\u00e9alisation de grands \u00e9quipements de communication, par un ensemble d\u2019actions de sant\u00e9 publique, de scolarisation, de socialisation, de d\u00e9veloppement \u00e9conomique, mais ce furent les soci\u00e9t\u00e9s indig\u00e8nes qui accompagn\u00e8rent et soutinrent le mouvement, beaucoup plus que les soci\u00e9t\u00e9s d\u2019origine europ\u00e9enne.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jean Pierre Renaud &#8211;\u00a0Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9flexions sur les soci\u00e9t\u00e9s coloniales Conclusion sur la probl\u00e9matique des soci\u00e9t\u00e9s coloniales fran\u00e7aises Deuxi\u00e8me partie La premi\u00e8re partie a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e sur le blog du 10 mai 2013&nbsp; (d\u00e9finition du concept, les sc\u00e8nes, le sc\u00e9nario, la politique coloniale (d\u00e9but)) Les indications techniques du sc\u00e9nario &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le sc\u00e9nario reposait sur plusieurs indications techniques, une administration coloniale &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2013\/05\/15\/reflexions-sur-les-societes-coloniales-conclusion-deuxieme-partie\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;R\u00e9flexions sur les soci\u00e9t\u00e9s coloniales- Conclusion-Deuxi\u00e8me Partie&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[249,2079,2356,273,270,337,288],"class_list":["post-2258","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire","tag-afrique","tag-brunschwig","tag-code-indigenat","tag-colonies","tag-france","tag-pouvoir","tag-societe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2258","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2258"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2258\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2259,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2258\/revisions\/2259"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2258"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2258"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2258"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}