{"id":2262,"date":"2014-02-10T03:01:32","date_gmt":"2014-02-10T02:01:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2262"},"modified":"2021-07-08T03:10:27","modified_gmt":"2021-07-08T01:10:27","slug":"empire-colonial-anglais-et-empire-colonial-francais-2eme-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2014\/02\/10\/empire-colonial-anglais-et-empire-colonial-francais-2eme-partie\/","title":{"rendered":"Empire colonial anglais et Empire colonial fran\u00e7ais: 2\u00e8me Partie"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\" id=\"yui_3_5_0_1_1451991776224_36255\" style=\"font-size:10px\">\u00a9 2014 J-P. RENAUD. Tous droits r\u00e9serv\u00e9s.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Empire colonial anglais et Empire colonial fran\u00e7ais (19 et 20<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;si\u00e8cles)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:18px\"><strong>La premi\u00e8re partie a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e le 21\/01\/2014<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Deuxi\u00e8me Partie&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>A Londres ou \u00e0 Paris, des strat\u00e9gies et des politiques imp\u00e9riales&nbsp;semblables ou diff\u00e9rentes ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1451991776224_36268\" style=\"font-size:18px\"><strong>A \u2013 Une esquisse de comparaison g\u00e9n\u00e9rale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A lire un petit livre publi\u00e9 en 1945, par\u00e9 de belles illustrations en couleur, d\u2019un auteur peu connu, Noel Sabine, intitul\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;<em>L\u2019Empire colonial<\/em><\/strong>&nbsp;<em><strong>britannique<\/strong><\/em>\u00bb, mais sans pr\u00e9tention historique, et \u00e0 confronter sa description rapide \u00e0 celle qu\u2019un historien confirm\u00e9, Kwasi Kwarteng, dans le livre&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;<strong>Ghosts of Empire<\/strong><\/em>\u00bb, livre qui a fait l\u2019objet d\u2019une lecture critique sur ce blog, et sur le contenu duquel nous nous appuierons pour \u00e9tayer certaines de nos r\u00e9flexions,&nbsp;<strong>l\u2019analyste pourrait facilement conclure que la constitution de l\u2019Empire britannique fut le fruit d\u2019un pur hasard, servie par une poign\u00e9e d\u2019hommes distribu\u00e9s sur la plan\u00e8te, et concourant chacun, de leur c\u00f4t\u00e9,&nbsp; \u00e0 l\u2019\u00e9dification d\u2019un empire, presque sans le savoir.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un \u00ab&nbsp;hasard&nbsp;\u00bb qui se serait tout de m\u00eame \u00e9tendu sur plus d\u2019un si\u00e8cle&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La cr\u00e9ation de cet empire plan\u00e9taire et puissant pourrait effectivement servir \u00e0 illustrer une des th\u00e9ories de strat\u00e9gie asiatique, connue sous le nom du tao\u00efsme, avec le&nbsp;<em>cours des choses.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Le cours des choses<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Toute strat\u00e9gie doit donc pouvoir discerner le vrai cours des choses et s\u2019y adapter pour contr\u00f4ler si possible la marche des \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Personnellement, je pense que ce type d\u2019analyse strat\u00e9gique rend assez bien compte de la marche pass\u00e9e du monde et des s\u00e9quences de dominations historiques qui l\u2019ont marqu\u00e9, soit parce qu\u2019une doctrine religieuse s\u2019imposait, ou une civilisation sup\u00e9rieure, ou encore, une puissance militaire dot\u00e9e d\u2019armes nouvelles ou disposant de chefs de guerre exceptionnels.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans le cas pr\u00e9sent, ma faveur va \u00e0 l\u2019explication analys\u00e9e par l\u2019historien Headrick dans son livre \u00ab&nbsp;<strong><em>The tools of Empire<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb, car c\u2019est l\u2019explosion des technologies nouvelles, quinine, vapeur, c\u00e2ble, t\u00e9l\u00e9graphe, armes \u00e0 tir rapide\u2026qui a donn\u00e9 aux puissances europ\u00e9ennes les outils, c\u2019est-\u00e0-dire les armes de la puissance coloniale, d\u2019une puissance coloniale qui n\u2019a pas exerc\u00e9 tr\u00e8s longtemps son pouvoir, ce qu\u2019on feint d\u2019ignorer, dans le cas g\u00e9n\u00e9ral, entre soixante et quatre- vingt ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une sorte de cours des choses&nbsp;<em>technologique<\/em>&nbsp;que le g\u00e9nie britannique, la&nbsp;<em>disposition anglaise<\/em>&nbsp;pour \u00ab&nbsp;the money&nbsp;\u00bb, le business, toujours le business, a su canaliser, tirer profit, inscrire dans un code de nouvelle puissance coloniale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En comparaison, la cr\u00e9ation de l\u2019Empire fran\u00e7ais serait la reproduction imparfaite d\u2019un mod\u00e8le politique et administratif de type centralis\u00e9, d\u2019une philosophie abstraite de r\u00eave \u00e9galitaire, d\u2019un cours des choses standardis\u00e9<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous verrons donc que l\u2019Empire britannique n\u2019est pas uniquement le fruit du hasard, m\u00eame si un auteur comme Noel Sabine en dresse ce portrait.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;&nbsp;<em>C\u2019est l\u2019aboutissement, non pas de projets longuement m\u00fbris, mais d\u2019une \u00e9volution progressive et presque fortuite.&nbsp;\u00bb (p,7)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En ce qui concerne les habitants du Royaume Uni&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Il est curieux qu\u2019\u00e0 aucune \u00e9poque on ne constate chez eux une impulsion dynamique gagnant les couches profondes de la nation et les poussent \u00e0 fonder un empire&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;(p,7)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>De m\u00eame que la cr\u00e9ation de l\u2019empire britannique &#8211;&nbsp; si toutefois il est permis d\u2019appeler cr\u00e9ation un processus qui s\u2019est accompli au petit bonheur &#8211; est l\u2019\u0153uvre d\u2019hommes relativement peu nombreux, de m\u00eame les probl\u00e8mes qui en d\u00e9coulent n\u2019ont jamais int\u00e9ress\u00e9 qu\u2019un petit nombre de personnes, laissant indiff\u00e9rente la masse de la population des Iles Britanniques.&nbsp;\u00bb (p,8)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur d\u00e9crit bien la philosophie de cet imp\u00e9rialisme fond\u00e9 sur deux principes directeurs, en oubliant peut-\u00eatre le troisi\u00e8me, le principe capital sans doute, le \u00ab&nbsp;business&nbsp;\u00bb, les affaires, c\u2019est-\u00e0-dire \u00abmoney&nbsp;\u00bb, sur lequel nous reviendrons plus loin&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 1) laisser \u00e0 celui qui est sur place toute latitude pour mettre en \u0153uvre la politique dont&nbsp;<em>les grandes lignes<\/em>&nbsp;lui ont \u00e9t\u00e9 simplement indiqu\u00e9es,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2) \u00e9viter de substituer des institutions nouvelles aux anciennes, mais plut\u00f4t adapter celles qui existent&nbsp; aux besoins modernes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le m\u00eame auteur rel\u00e8ve qu\u2019il est&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;difficile de distinguer un fil conducteur suivant et d\u00e9finissant nettement ce qui constitue la politique coloniale&nbsp;\u2026 Il est peut-\u00eatre trompeur de parler de \u00ab&nbsp;politique coloniale&nbsp;\u00bb, comme s\u2019il \u00e9tait possible de suivre une seule et m\u00eame ligne de conduite \u00e0 l\u2019\u00e9gard de populations, de conditions et de probl\u00e8mes aussi vari\u00e9s que ceux de l\u2019empire colonial britannique&nbsp;; par politique coloniale, j\u2019entends plut\u00f4t des principes et une certaine mani\u00e8re de voir qui ont progressivement \u00e9volu\u00e9, et au moyen desquels le Gouvernement britannique s\u2019attaque aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019\u00e9tude des probl\u00e8mes coloniaux.&nbsp;\u00bb(p,28,29)\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A la diff\u00e9rence de Paris, Londres n\u2019a jamais cherch\u00e9 \u00e0 tout r\u00e9glementer, mais le gouvernement britannique eut tr\u00e8s t\u00f4t \u00e0 sa disposition un instrument gouvernemental capable de suivre les affaires coloniales, celles tout d\u2019abord des plantations, puis de l\u2019empire lui-m\u00eame, avec la cr\u00e9ation du Colonial Office, en 1835.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La France ne disposa d\u2019un instrument politique du m\u00eame genre, le minist\u00e8re des Colonies, qu\u2019en 1894, une administration qui eut d\u2019ailleurs beaucoup de mal \u00e0 exister politiquement, \u00e0 avoir du poids au sein des gouvernements.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusque-l\u00e0, et en ce qui concerne l\u2019Afrique et l\u2019Asie, le domaine colonial fut l\u2019affaire de la Marine et des amiraux.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tout au long de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, la Grande Bretagne mit en \u0153uvre une politique imp\u00e9riale fond\u00e9e tout d\u2019abord sur la lutte contre le trafic d\u2019esclaves et en faveur du&nbsp;<em>free trade<\/em>, et elle s\u2019appuyait au fur et \u00e0 mesure du temps, sur de nouvelles conqu\u00eates territoriales, en ne perdant jamais de vue&nbsp;<strong>le distinguo fondamental entre les colonies de peuplement blanc, devenues les dominions, et les autres colonies.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En ce qui concerne ces derni\u00e8res, Londres faisait toujours valoir deux pr\u00e9occupations, d\u2019abord le business, avec le moins d\u2019implication politique locale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quelques-unes des citations que nous avons reprises dans la lecture critique du livre de&nbsp;<strong>M.Kwasi Kwarteng&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>The Ghosts<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre rappel\u00e9es, car elles fixent clairement les objectifs de l\u2019imp\u00e9rialisme anglais.<\/p>\n\n\n\n<p>Sir Charles Napier, qui fut peu de temps Gouverneur G\u00e9n\u00e9ral des Indes, d\u00e9clarait dans les ann\u00e9es 1872&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>in conquering India, the object of all cruelties was money<\/em>&nbsp;\u00bb (The Ghosts, page 96)<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; M.Kwasi Karteng<\/em>&nbsp;notait \u00e0 ce sujet:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab This was cynical, but then was a large element of the truth in the claim<\/em>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le m\u00eame historien notait par ailleurs, en ce qui concerne l\u2019Afrique :<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u201c<em>The colonial mission in Africa according to the Prime Minister, was about of money and commerce<\/em>\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lord Salisbury, Premier Ministre d\u00e9clarait en effet, en 1897:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;The objects we have in our view are strictly business object&nbsp;\u00bb (The Ghosts, page 278)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans le livre \u00ab&nbsp;<em>Ghosts of Empire<\/em>&nbsp;\u00bb, l\u2019auteur,&nbsp;<em>Kwasi Kwarteng,<\/em>&nbsp;d\u00e9fend ce type d\u2019interpr\u00e9tation, comme nous l\u2019avons not\u00e9 dans l\u2019analyse de lecture que nous avons publi\u00e9e sur ce blog.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sa d\u00e9monstration est notamment fond\u00e9e sur les portraits tr\u00e8s fouill\u00e9s qu\u2019il a propos\u00e9s pour un certain nombre de grands acteurs de l\u2019Empire britannique, des acteurs recrut\u00e9s dans la m\u00eame classe sociale et fiers de leur mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9, qu\u2019ils estimaient sup\u00e9rieur \u00e0 tous les autres.<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;The individual temper, character and interests of the people in charge determined policy almost entirely throughout the British Empire. There simply no master plan. There were different moods, different styles of government. Individuals had different interest; even when powerful characters, sitting in White Hall, were trying to shape events of empire. More often than not, there was very little central direction from London. The nature of parliamentary government ensured that ministries came and went; policies shifted and changed, often thanks to the verdict of the ballot box, or even because of a minor Cabinet reshuffle.\u201d<\/em>&nbsp;<em>(Ghosts of Empire, p,160<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En examinant sur la longue dur\u00e9e historique, les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments de la politique imp\u00e9riale anglaise en action et en r\u00e9sultats, nous constatons qu\u2019il en existait tout de m\u00eame bien une, dont les traits \u00e9taient tr\u00e8s diff\u00e9rents de ceux de la fran\u00e7aise, pour autant qu\u2019il y en ait eu une.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour emprunter une expression d\u2019Adam Smith, le grand th\u00e9oricien du lib\u00e9ralisme, il serait tentant de dire que l\u2019empire britannique a \u00e9t\u00e9 le fruit d\u2019une \u00ab&nbsp;&nbsp;<strong><em>main invisible<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb,&nbsp; celle de l\u2019\u00e9conomiste Adam Smith, celle de la libert\u00e9 des \u00e9changes, mais au service d\u2019une puissance \u00e9conomique et militaire, et d\u2019une marine qui n\u2019avaient pas d\u2019\u00e9quivalent au monde tout au long du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, et donc du business, son objectif premier.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans un tel contexte, et avec cet \u00e9tat d\u2019esprit,&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;<em>nous sommes les meilleurs<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb, nul besoin de trop d\u00e9finir une politique coloniale, de vouloir promouvoir tel ou tel mod\u00e8le d\u2019administration coloniale,&nbsp;<strong>et la grande r\u00e9ussite de l\u2019empire anglais fut de le construire \u00e0 la fois syst\u00e9matiquement et au coup par coup.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; M\u00eame au cours de la p\u00e9riode de&nbsp; l\u2019imp\u00e9rialisme anglais la plus tonitruante, \u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, alors que l\u2019opinion publique semblait partager les ambitions coloniales de ses dirigeants, en rivalisant avec les autres puissances europ\u00e9ennes pour se partager l\u2019Afrique, Londres ne perdait pas le nord, ou plus exactement&nbsp;<strong>le sud<\/strong>, avec la poursuite de ses objectifs strat\u00e9giques de long terme<strong>, diff\u00e9rents selon qu\u2019il s\u2019agissait de colonies de peuplement ou de colonies d\u2019exploitation, ce que nous avons d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, et le contr\u00f4le de ses voies de communication sur toute la chaine strat\u00e9gique de Londres vers l\u2019Asie, par Gibraltar, Malte, Suez, Le Cap, Ceylan, Singapour et Hong Kong.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La conqu\u00eate des territoires d\u2019Afrique tropicale qui n\u2019\u00e9taient pas destin\u00e9s \u00e0 un peuplement d\u2019immigration a conduit la Grande Bretagne \u00e0 formaliser sa politique, notamment avec la doctrine de&nbsp;<strong><em>l\u2019indirect rule<\/em><\/strong>&nbsp;que Lugard mit en \u0153uvre au Nig\u00e9ria, mais cette doctrine n\u2019\u00e9tait pas nouvelle, car elle avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 largement mise en \u0153uvre dans l\u2019Empire des Indes.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Elle connut un certain succ\u00e8s vraisemblablement gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9cho m\u00e9diatique que l\u2019\u00e9pouse de Lugard, une femme de presse renomm\u00e9e, lui donna.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Que l\u2019on parle de \u00ab&nbsp;dual mandate&nbsp;\u00bb ou d\u2019\u00ab&nbsp;indirect rule&nbsp;\u00bb, la conception \u00e9tait la m\u00eame, sauf \u00e0 comprendre qu\u2019il y avait deux niveaux de commandement superpos\u00e9, l\u2019indig\u00e8ne, et l\u2019anglais, ce dernier \u00e9tant vou\u00e9 \u00e0 l\u2019accession du territoire administr\u00e9 \u00e0 la modernit\u00e9, aux \u00e9changes du commerce au moins autant qu\u2019\u00e0 la \u00ab&nbsp;civilisation&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une fois les deux empires coloniaux constitu\u00e9s, les deux m\u00e9tropoles pilot\u00e8rent deux syst\u00e8mes de gestion tr\u00e8s diff\u00e9rents, mais elles avaient fix\u00e9 la m\u00eame ligne rouge \u00e0 ne pas franchir, c\u2019est-\u00e0-dire le principe du&nbsp;<strong><em>\u00ab&nbsp;financial self-suffering<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb, pour les Anglais, et&nbsp;<strong>la loi du 3 avril 1900, pour les Fran\u00e7ais<\/strong>, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019autosuffisance financi\u00e8re impos\u00e9e aux nouveaux territoires sous domination.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Compte tenu de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 importante qui existait entre les ressources des territoires qui composaient les deux empires, et sur le fondement de ce principe, la France rencontra beaucoup plus de difficult\u00e9s pour d\u00e9velopper ses&nbsp; colonies que la Grande Bretagne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019empire anglais \u00e9tait constitu\u00e9 d\u2019un ensemble de solutions disparates allant de la colonie administr\u00e9e, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019exception, au territoire imp\u00e9rial que la m\u00e9tropole laissait g\u00e9rer par les autorit\u00e9s locales, l\u2019Inde repr\u00e9sentant la quintessence de la mosa\u00efque des solutions coloniales anglaises<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019historien Grimal le d\u00e9crivait de la sorte&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>La doctrine du gouvernement en cette mati\u00e8re, c\u2019\u00e9tait de ne pas en avoir et de proc\u00e9der empiriquement selon les lieux et les circonstances&nbsp;: de l\u00e0 l\u2019extr\u00eame vari\u00e9t\u00e9 des syst\u00e8mes administratifs utilis\u00e9s et les d\u00e9nominations multiples des territoires plac\u00e9s sous l\u2019autorit\u00e9 britannique. Cette disparit\u00e9 apparente comportait n\u00e9anmoins quelques principes communs&nbsp;: chaque territoire constituait une entit\u00e9, ayant sa personnalit\u00e9 propre et un gouvernement responsable de ses affaires et de son budget&nbsp;: l\u2019autorit\u00e9 appartenait \u00e0 un gouverneur, assist\u00e9 de Conseils consultatifs, form\u00e9s essentiellement de fonctionnaires<\/em>. \u00ab&nbsp; (page 212)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 A l\u2019inverse, l\u2019Empire fran\u00e7ais \u00e9tait organis\u00e9 sur le m\u00eame mod\u00e8le administratif\u00a0 de la tradition centralis\u00e9e de l\u2019Etat napol\u00e9onien, l\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u2019organisation de base \u00e9tant la colonie, avec un gouverneur, ou le groupement de colonies (AOF, AEF, Indochine), avec un gouverneur g\u00e9n\u00e9ral exer\u00e7ant tous les pouvoirs.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La forme institutionnelle du pouvoir que la France donna \u00e0 l\u2019Indochine et \u00e0 Madagascar est tout \u00e0 fait symbolique de la conception qui pr\u00e9sidait alors \u00e0 l\u2019organisation du pouvoir colonial.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En Indochine, la puissance coloniale avait la possibilit\u00e9 de mettre en pratique une sorte&nbsp;<em>d\u2019indirect rule<\/em>&nbsp;\u00e0 l\u2019anglaise, mais tr\u00e8s rapidement, les r\u00e9sidents et gouverneurs se substitu\u00e8rent aux repr\u00e9sentants de l\u2019Empereur d\u2019Annam, alors que leur administration mandarinale \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A Madagascar, Gallieni eut t\u00f4t fait de mettre au pas la monarchie hova et de d\u00e9cr\u00e9ter l\u2019instauration d\u2019un r\u00e9gime colonial de marque r\u00e9publicaine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il existait alors au moins un point commun entre les Anglais et les Fran\u00e7ais&nbsp;: les acteurs de terrain b\u00e9n\u00e9ficiaient d\u2019une tr\u00e8s large d\u00e9l\u00e9gation de pouvoirs, dans un cadre r\u00e9publicain apparent beaucoup plus que r\u00e9el pour les Fran\u00e7ais, et dans un cadre d\u2019esprit monarchique et lib\u00e9ral pour les Anglais.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mod\u00e8le soi-disant \u00e9galitaire de l\u2019administration coloniale fran\u00e7aise contre mod\u00e8le des classes aristocratiques sup\u00e9rieures, celui qu\u2019incarnaient les administrateurs coloniaux britanniques, mais comme le remarquait M.M\u2019Bokolo dans son livre \u00ab&nbsp;L\u2019Afrique au XX\u00e8me si\u00e8cle&nbsp;\u00bb, sur le terrain concret les diff\u00e9rences entre les deux styles d\u2019administration coloniale \u00e9taient beaucoup moins marqu\u00e9es&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<\/strong><em>Ainsi sont devenues classiques les distinctions entre l\u2019assimilation et l\u2019administration directe sous la version fran\u00e7aise ou portugaise et l\u2019administration indirecte (indirect rule) ch\u00e8re aux Britanniques. En fait, compte tenu de l\u2019immensit\u00e9 et de la diversit\u00e9 des empires coloniaux, les puissances de tutelle se trouv\u00e8rent en face de situations identiques et adopt\u00e8rent des solutions pratiques tr\u00e8s proches&nbsp;: d\u00e9mant\u00e8lement des monarchies et des grandes chefferies, sauf l\u00e0 o\u00f9, comme au Maroc, en Tunisie, au Bouganda, en Ashanti (Gold Coast), \u00e0 Zanzibar, etc\u2026, des accords de protectorat avaient \u00e9t\u00e9 conclus, maintien, voire cr\u00e9ation, de petites chefferies, utiles courroies de transmission dans des territoires o\u00f9 le personnel europ\u00e9en \u00e9tait souvent peu nombreux&nbsp;; s\u00e9gr\u00e9gation de fait entre les communaut\u00e9s indig\u00e8nes et les Europ\u00e9ens. Partout, pr\u00e9dominaient des m\u00e9thodes autoritaires, teint\u00e9es ici et l\u00e0 de paternalisme. En dehors des lointains minist\u00e8res, souvent peu au courant des r\u00e9alit\u00e9s locales, et de la bureaucratie centrale des gouvernements g\u00e9n\u00e9raux, le pouvoir sur le terrain appartenait \u00e0 l\u2019administrateur europ\u00e9en, v\u00e9ritable \u00ab&nbsp;roi de la brousse&nbsp;\u00bb, ayant son mot \u00e0 dire sur tout et un pouvoir de d\u00e9cision dans les questions administratives, mais aussi en mati\u00e8re de justice, de police, et sur des probl\u00e8mes plus techniques, touchant par exemple \u00e0 la voirie, l\u2019instruction et \u00e0 la sant\u00e9\u2026) (page 42)&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La diff\u00e9rence capitale se situait dans la conception m\u00eame du r\u00f4le de la puissance coloniale, l\u2019anglaise n\u2019ayant jamais envisag\u00e9 une \u00e9volution politique et citoyenne au sein du Royaume Uni, la fran\u00e7aise promettant, compl\u00e8tement coup\u00e9e des r\u00e9alit\u00e9s coloniales, de conduire les indig\u00e8nes \u00e0 une \u00e9galit\u00e9 des droits au sein des institutions fran\u00e7aises.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong>B &#8211;<\/strong>&nbsp;<strong>Les diff\u00e9rences imp\u00e9riales les plus marquantes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019analyse qui pr\u00e9c\u00e8de montre d\u00e9j\u00e0, qu\u2019au-del\u00e0 de la dichotomie qui existait dans l\u2019empire britannique entre les colonies de peuplement et les colonies d\u2019exploitation, les deux empires ne partageaient pas les m\u00eames caract\u00e9ristiques, historiques, g\u00e9ographiques, ou \u00e9conomiques.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La Grande Bretagne s\u2019\u00e9tait taill\u00e9 la part du lion dans les possessions dont les atouts \u00e9conomiques \u00e9taient les plus grands, et d\u00e9j\u00e0 notoires, avec la place capitale de l\u2019Inde dans le dispositif colonial, et le contr\u00f4le strat\u00e9gique des voies de communication vers l\u2019Asie qu\u2019elle s\u2019\u00e9tait assur\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ces deux seuls \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019Empire britannique, l\u2019Empire des Indes et la voie imp\u00e9riale vers l\u2019Asie, suffiraient \u00e0 eux seuls \u00e0 exclure toute comparaison pertinente entre les deux Empires.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les \u00e9l\u00e9ments les moins dissemblables des deux empires \u00e9taient situ\u00e9s en Afrique tropicale, mais comme le soulignait l\u2019historien Grimal, en d\u00e9pit de la r\u00e9serve que la puissance gouvernementale anglaise s\u2019\u00e9tait fix\u00e9&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Celle-ci fut progressivement contrainte \u00e0 d\u00e9passer&nbsp;la limite qu\u2019elle s\u2019\u00e9tait fix\u00e9e&nbsp;: le refus de toute implication politique&nbsp;\u00bb (page 128)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une certaine confusion existait dans les buts poursuivis par les deux puissances, mais il a toujours \u00e9t\u00e9 clair que la politique anglaise poursuivait inlassablement son ambition du tout pour le business, alors que dans les motivations fran\u00e7aises, les pr\u00e9occupations de conqu\u00eate des march\u00e9s avaient beaucoup de mal \u00e0 s\u2019imposer face \u00e0 celles de la puissance, ou du rayonnement suppos\u00e9 de sa civilisation qu\u2019elle estimait \u00eatre la meilleure, pour ne pas dire sup\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je dirais volontiers que la France avait l\u2019ambition de projeter son mod\u00e8le de civilisation suppos\u00e9e sur le terrain, ses \u00ab&nbsp;valeurs&nbsp;\u00bb qu\u2019elle estimait universelles, tir\u00e9es de la D\u00e9claration des Droits de l\u2019Homme, alors que la Grande Bretagne, s\u00fbre qu\u2019elle incarnait un mod\u00e8le de civilisation sup\u00e9rieure, ne faisait qu\u2019escompter qu\u2019on l\u2019imiterait, le transposerait.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; D\u2019une autre fa\u00e7on, la distinction entre les deux types d\u2019institutions coloniales&nbsp; recouvrait celle plus banale entre l\u2019esprit \u00ab&nbsp;juridique&nbsp;\u00bb fran\u00e7ais, et l\u2019esprit \u00ab&nbsp;pragmatique&nbsp;\u00bb anglais.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les deux puissances avaient pris au moins la m\u00eame pr\u00e9caution, celle de ne pas prendre en compte sur les budgets des m\u00e9tropoles le financement du d\u00e9veloppement de leurs colonies, principe du \u00ab&nbsp;financial self suffering&nbsp;\u00bb chez les Anglais et loi du 3 avril 1900, chez les Fran\u00e7ais.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La profusion des taches de couleur coloniale anglaise ou fran\u00e7aise sur la planisph\u00e8re pouvait faire illusion, mais elles ne couvraient pas le m\u00eame type de \u00ab&nbsp;marchandise&nbsp;\u00bb coloniale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019empire anglais \u00e9tait un v\u00e9ritable patchwork institutionnel, un ensemble inextricable de solutions adapt\u00e9es \u00e0 chaque \u00ab&nbsp;situation&nbsp;coloniale&nbsp;\u00bb, une architecture du cas par cas, une gestion directe \u00e0 titre exceptionnel telle qu\u2019en Birmanie ou \u00e0 Hong Kong, mais le plus souvent une gestion indirecte laissant exercer le pouvoir par autant de sortes d\u2019\u2019institutions de pouvoir local qui pouvaient exister dans l\u2019empire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans l\u2019Empire des Indes, la puissance coloniale s\u2019\u00e9tait r\u00e9serv\u00e9e la charge de l\u2019ordre public et des relations internationales, mais laissait tel rajah ou tel maradjah gouverner son royaume \u00e0 sa guise, sauf quand il mettait en danger la paix britannique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Londres y pratiquait ce que l\u2019historien appelait \u00ab&nbsp;<em>le despotisme bienveillant de l\u2019Inde&nbsp;\u00bb (p,220)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Donc rien \u00e0 voir avec le mod\u00e8le des institutions coloniales fran\u00e7aises o\u00f9, comme au temps de Napol\u00e9on, les gouverneurs devaient marcher du m\u00eame pas et mettre en \u0153uvre le m\u00eame mod\u00e8le applicable \u00e0 toutes les \u00ab&nbsp;situations&nbsp;coloniales&nbsp;\u00bb, quelles qu\u2019elles soient, alors qu\u2019elles \u00e9taient \u00e9videmment tr\u00e8s diff\u00e9rentes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Patchwork des institutions coloniales anglaises, certainement, mais dans&nbsp; la deuxi\u00e8me&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;main invisible<\/em>&nbsp;\u00bb anglaise, celle des hommes qui administraient les colonies, et le livre de M.Kwasi Karteng en confirme le r\u00f4le et l\u2019importance<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une main invisible<\/em><\/strong>&nbsp;<strong>qui mettait en musique celle du fondateur de l\u2019\u00e9cole lib\u00e9rale, Adam Smith<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; R\u00e9sidents ou administrateurs, tous issus de la m\u00eame classe sociale, c\u2019est \u00e0 dire sur le m\u00eame moule, ils incarnaient le respect de la monarchie, et par-dessus tout, ils estimaient qu\u2019en toute circonstance&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp; &nbsp; 1) ils \u00e9taient les meilleurs,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2) et que leur mod\u00e8le \u00e9conomique et social \u00e9tait \u00e9galement le meilleur.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong>C- Ressemblances et dissemblances coloniales&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans le livre que j\u2019ai consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019analyse de ce que l\u2019on appelait \u00ab&nbsp;le fait accompli colonial&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019occasion des grandes conqu\u00eates coloniales de la France, en Afrique, au Tonkin et \u00e0 Madagascar&nbsp;<em>(\u00ab&nbsp;Le vent des mots, le vent des maux, le vent du large&nbsp;\u00bb,<\/em>&nbsp;et dans l\u2019introduction, figurait \u00e0 la page 12 la reproduction d\u2019une page de caricatures en couleur de la revue satirique allemande&nbsp;<em>Simplicissimus<\/em>&nbsp;de l\u2019ann\u00e9e 1904&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; en haut \u00ab&nbsp;<em>Comme \u00e7a, la colonisation allemande<\/em>&nbsp;\u00bb avec un alignement de girafes sous la menace d\u2019un crocodile tenu en laisse par un soldat allemand,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; au milieu \u00ab&nbsp;<em>Comme \u00e7a, la colonisation anglaise<\/em>&nbsp;\u00bb, un soldat anglais qui passe un noir sous le rouleau d\u2019une machine d\u2019imprimerie pour fabriquer de l\u2019argent,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; et en bas deux caricatures&nbsp;: \u00e0 gauche,&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Comme \u00e7a, la fran\u00e7aise<\/em>&nbsp;\u00bb avec un soldat qui tire le nez \u00e0 un noir, et en arri\u00e8re- plan, un soldat&nbsp; blanc et une noire qui se frottent le nez \u2013 \u00e0 droite \u00ab&nbsp;<em>Comme \u00e7a, la colonisation belge<\/em>&nbsp;\u00bb avec un soldat belge qui fait r\u00f4tir un noir \u00e0 la broche pour son diner.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><a href=\"http:\/\/idata.over-blog.com\/3\/75\/17\/98\/blog-ehtique-web.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/img.over-blog.com\/321x500\/3\/75\/17\/98\/blog-ehtique-web.png\" alt=\"blog-ehtique-web.png\" width=\"442\" height=\"687\"\/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\" id=\"yui_3_5_0_1_1451991776224_36279\">\u00a0 Une contribution allemande \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture de l&rsquo;histoire coloniale: Simplicissimus 1904 ( \u00a9 2014 J-P. RENAUD. Tous droits r\u00e9serv\u00e9s.)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ces clich\u00e9s tr\u00e8s caricaturaux ont toutefois le m\u00e9rite de situer l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit g\u00e9n\u00e9ral des colonisateurs de l\u2019\u00e9poque de la conqu\u00eate, mais il est n\u00e9cessaire naturellement d\u2019approfondir la comparaison franco-britannique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; S\u2019il \u00e9tait possible de r\u00e9sumer l\u2019analyse qui pr\u00e9c\u00e8de, les traits les plus caract\u00e9ristiques pourraient en \u00eatre les suivants&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une histoire coloniale anglaise beaucoup mieux enracin\u00e9e en m\u00e9tropole et outre-mer que l\u2019histoire coloniale fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un empire anglais qui fut le fruit d\u2019un plus grand nombre d\u2019op\u00e9rations de conqu\u00eate militaire que l\u2019empire fran\u00e7ais, et beaucoup plus puissantes aussi.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un patchwork institutionnel chez les Anglais, cr\u00e9\u00e9 au coup par coup, face au syst\u00e8me uniforme des Fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une politique de gestion indirecte dans l\u2019empire britannique au lieu d\u2019une gestion politique en prise directe dans l\u2019empire fran\u00e7ais, mais avec beaucoup de nuances sur le terrain, compte tenu du rapport existant entre les superficies coloniales et l\u2019effectif des administrateurs coloniaux.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un empire fran\u00e7ais manquant de solidit\u00e9 face \u00e0 un empire britannique puissant au sein duquel pr\u00e9dominaient les Indes et la voie imp\u00e9riale vers l\u2019Asie.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un empire anglais \u00e0 double face, avec d\u2019un c\u00f4t\u00e9 les colonies de peuplement blanc dans les pays \u00e0 climat temp\u00e9r\u00e9, et de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, les colonies de peuplement de couleur dans les pays \u00e0 climat tropical,&nbsp; alors que l\u2019empire fran\u00e7ais, mis \u00e0 part le cas de l\u2019Alg\u00e9rie, \u00e9tait uniform\u00e9ment un empire de couleur et de climat tropical.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une d\u00e9colonisation anglaise au moins aussi difficile que la fran\u00e7aise, et beaucoup plus violente dans les anciennes colonies de peuplement, telles que l\u2019Afrique du Sud, le Kenya, ou la Rhod\u00e9sie. La seule comparaison, mais plus limit\u00e9e g\u00e9ographiquement, \u00e9tant celle de l\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La relative r\u00e9ussite d\u2019une communaut\u00e9 internationale n\u00e9e de l\u2019empire anglais, le Commonwealth, sans comparaison avec ce que fut la tentative d\u2019Union ou de Communaut\u00e9 fran\u00e7aise, mais qui b\u00e9n\u00e9ficia d\u00e8s le d\u00e9part d\u2019un atout cl\u00e9, celui de la communaut\u00e9 de langues et de m\u0153urs des anciennes colonies de peuplement blanc.<\/p>\n\n\n\n<p>Il nous faut \u00e0 pr\u00e9sent tenter de proc\u00e9der \u00e0 une comparaison des types de relations humaines, et c\u2019est naturellement une gageure, qui pouvaient exister entre les anglais ou les fran\u00e7ais et les indig\u00e8nes dans les deux empires, et des philosophies politiques qui inspiraient ou non l\u2019\u00e9volution de leurs politiques coloniales.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong>D &#8211; Racisme, discrimination,&nbsp; s\u00e9gr\u00e9gation, citoyennet\u00e9, d\u00e9mocratie&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans ce domaine des mots et de leurs sens, il n\u2019est pas inutile de rappeler que les mots \u00ab&nbsp;racisme&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;raciste&nbsp;\u00bb ont fait l\u2019objet de d\u00e9finitions diff\u00e9rentes et relatives au fur et \u00e0 mesure du temps.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1932, ann\u00e9e on ne peut plus coloniale aux dires de certains chercheurs, voir \u00ab&nbsp;&nbsp;<em>la grande Exposition Coloniale de 1931<\/em>&nbsp;\u00bb, Le Larousse en six volumes ne proposait pas de d\u00e9finition du mot racisme et renvoyait \u00e0 ce sujet au mot raciste dans les termes ci-apr\u00e8s :<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Raciste, nom donn\u00e9 aux nationaux socialistes allemands qui pr\u00e9tendent repr\u00e9senter&nbsp; la pure race allemande, en excluant les juifs, etc\u2026<\/em><strong>&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De nos jours, le Petit Robert (\u00e9dition 1973) est plus prolixe&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Racisme&nbsp;: \u00ab&nbsp;Th\u00e9orie de la hi\u00e9rarchie des races qui conclut \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9server la race dite sup\u00e9rieure de tout croisement, et \u00e0 son droit de dominer les autres&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Raciste&nbsp;: \u00ab&nbsp;Personne qui soutient le racisme, dont la conduite est impr\u00e9gn\u00e9e de racisme.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Incontestablement, la colonisation a longtemps exprim\u00e9 une forme de racisme, mais pas toujours dans le sens moderne que l\u2019on donne au mot, mais qui trouvait en partie son origine, et \u00e0 cette \u00e9poque, dans une th\u00e9orie soi-disant scientifique qui classait les suppos\u00e9es cinq races du monde en classes sup\u00e9rieures et en classes inf\u00e9rieures.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les propos de Jules Ferry, Pr\u00e9sident du Conseil, distinguant les races sup\u00e9rieures et les races inf\u00e9rieures auxquelles il convenait d\u2019apporter la civilisation, propos d\u00e9nonc\u00e9s par Clemenceau, citant entre autres les civilisations d\u2019Asie, t\u00e9moignent bien de l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit qui impr\u00e9gnait alors une partie de l\u2019\u00e9lite politique fran\u00e7aise, mais il serait possible de rappeler, en ce qui concerne Clemenceau, que les Chinois qualifiaient de leurs c\u00f4t\u00e9s les nez longs de \u00ab&nbsp;<strong><em>barbares<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb, et que dans beaucoup de r\u00e9gions du globe le m\u00eame type de discrimination raciale existait aussi.<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;V\u00e9rit\u00e9 en de\u00e7\u00e0 des Pyr\u00e9n\u00e9es, erreur au-del\u00e0 \u00bb<\/em>&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et pourquoi ne pas mettre l\u2019h\u00e9ritage du Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res dans l\u2019acte d\u2019accusation&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il s\u2019agit donc d\u2019un sujet qu\u2019il nous faut aborder avec beaucoup de pr\u00e9cautions afin de tenter de situer les diff\u00e9rences d\u2019appr\u00e9ciation et de comportement entre Anglais et Fran\u00e7ais<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Rappelons tout d\u2019abord qu\u2019\u00e0 l\u2019occasion des premiers contacts, les premiers \u00e9changes entre peuples diff\u00e9rents faisaient appara\u00eetre un tel \u00e9cart entre modes de vie, coutumes, et croyances,&nbsp; entre les soci\u00e9t\u00e9s ayant d\u00e9j\u00e0 acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la modernit\u00e9, celles du colonisateur, et celles l\u2019ignorant compl\u00e8tement, qu\u2019il \u00e9tait sans doute difficile pour un blanc de ne pas se consid\u00e9rer comme un \u00eatre sup\u00e9rieur, ou tout au moins comme membre d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 sup\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pr\u00e9caution et prudence parce que souvent cette appr\u00e9ciation de la relation avec l\u2019autre, une relation de type non \u00ab&nbsp;raciste&nbsp;\u00bb d\u00e9pendait tout autant de l\u2019explorateur, officier, ou administrateur blanc, qu\u2019il s\u2019agisse de Duveyrier chez les Touareg, ou de Philastre en Indochine, pour ne pas revenir sur les propos de Clemenceau \u00e0 la Chambre des D\u00e9put\u00e9s, en r\u00e9futation de ceux de Jules Ferry.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il convient toutefois de noter que dans l\u2019histoire des soci\u00e9t\u00e9s du monde et de la m\u00eame \u00e9poque, entr\u00e9es ou non dans la modernit\u00e9, ou en voie d\u2019y entrer, colonis\u00e9es ou non, il n\u2019\u00e9tait pas rare de voir des peuples se consid\u00e9rer&nbsp;<strong>aussi<\/strong>&nbsp;comme disposant d\u2019un statut social sup\u00e9rieur, en Europe, avec les Romains ou les Germains, en Asie, ou en Afrique, sur les rives du Gange, du Zamb\u00e8ze, du Niger, ou de la Betsiboka.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Toujours est-il que les coloniaux anglais ont toujours consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019ils faisaient partie d\u2019une \u00ab&nbsp;race&nbsp;\u00bb sup\u00e9rieure&nbsp;et qu\u2019ils se gard\u00e8rent bien de faire miroiter aux yeux de leurs administr\u00e9s la perspective d\u2019une \u00e9galit\u00e9 politique, comme l\u2019ont fait les coloniaux fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Chez les Britanniques, ce comportement des r\u00e9sidents coloniaux \u00e9tait d\u2019autant plus naturel qu\u2019ils \u00e9taient issus de l\u2019aristocratie anglaise.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019historien indien K.M.Panikkar le relevait dans son livre \u00ab&nbsp;Asia and Western Dominance&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;&nbsp;<em>La sup\u00e9riorit\u00e9 raciale fut un dogme officiel de la colonisation anglaise jusqu\u2019\u00e0 la premi\u00e8re guerre mondiale<\/em>&nbsp;\u00bb (page 143)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le m\u00eame historien retrouvait ce racisme chez les Fran\u00e7ais en Indochine qui, selon ses mots, auraient imit\u00e9 les Britanniques et caract\u00e9risait l\u2019attitude anglaise en citant une phrase de Kitchener&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;&nbsp;<em>Ce racisme lucide et d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 se retrouvait dans tous les domaines.&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Si le racisme a exist\u00e9 dans les colonies fran\u00e7aises, et il a effectivement exist\u00e9, les deux qualificatifs de \u00ab&nbsp;lucide&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;d\u00e9lib\u00e9r\u00e9&nbsp;\u00bb, seraient inappropri\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La devise anglaise aurait pu \u00eatre, chacun chez soi, et la paix civile sera toujours assur\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la bonne intelligence des autorit\u00e9s indig\u00e8nes locales, alors que la devise fran\u00e7aise \u00e9tait celle d\u2019une \u00e9galit\u00e9 annonc\u00e9e, mais fictive jusqu\u2019au milieu du vingti\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans l\u2019empire anglais, existait le syst\u00e8me du&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;&nbsp;<strong>colour bar<\/strong><\/em><strong>&nbsp;\u00bb<\/strong>&nbsp;pouss\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame en Afrique du Sud ou en Rhod\u00e9sie, les clubs r\u00e9serv\u00e9s aux anglais, un habitat colonial anglais soigneusement \u00e9tudi\u00e9 pour que chacune des communaut\u00e9s soit chez elle.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans les quatre composantes coloniales de l\u2019Afrique du Sud, le syst\u00e8me du \u00ab&nbsp;Colour Bar&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire la discrimination des noirs et la s\u00e9paration stricte entre blancs et noirs, avait \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 en 1926, dans une Afrique du Sud \u00e0 laquelle le Royaume Uni avait accord\u00e9 un statut de dominion depuis 1910&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lors de son passage \u00e0 Johannesburg, en 1931, le g\u00e9ographe Weulersse relevait que dans les mines d\u2019or il y avait 21&nbsp;000 ouvriers blancs en regard de 200&nbsp;000 Noirs et qu\u2019<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Une telle masse de main d\u2019\u0153uvre \u00e0 vil prix \u00e9tait une menace constante pour les travailleurs blancs\u2026. On inventa la \u00ab&nbsp;Barri\u00e8re de couleur&nbsp;\u00bb, la \u00ab&nbsp;Colour bar&nbsp;\u00bb\u2026 en dessous du prol\u00e9tariat blanc, on cr\u00e9a une sorte de sous-prol\u00e9tariat pour ne pas utiliser un terme plus violent. Et pour le Colour Bar Act vot\u00e9 en 1926, cet ing\u00e9nieux syst\u00e8me est devenu la loi f\u00e9d\u00e9rale de l\u2019Union, applicable dans tous les Etats, et dans toutes les industries, fermant \u00e0 l\u2019ouvrier indig\u00e8ne toute possibilit\u00e9 de progr\u00e8s mais offrant \u00e0 la discr\u00e9tion de l\u2019employeur une admirable et docile masse de \u00ab&nbsp;cheap labour&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans un registre beaucoup moins s\u00e9v\u00e8re,&nbsp;et \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un retour d\u2019Asie, et s\u00e9journant en Inde, Albert Londres racontait qu\u2019il se faisait accompagner par son assistant indien dans les lieux publics anglais qu\u2019il fr\u00e9quentait, et qu\u2019il transgressait de la sorte les codes de vie sociale anglaise de la colonie.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le cas de Hong Kong pourrait \u00eatre cit\u00e9 comme le mod\u00e8le de ce type de s\u00e9gr\u00e9gation, \u00e9tant donn\u00e9 que jusqu\u2019\u00e0 la fin du vingti\u00e8me si\u00e8cle et \u00e0 son rattachement \u00e0 la Chine, anglais et chinois, quelle que soit leur classe sociale, cohabitaient mais ne se m\u00e9langeaient pas, m\u00eame dans les clubs les plus hupp\u00e9s de la colonie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Rien de semblable dans les colonies fran\u00e7aises, mais une s\u00e9gr\u00e9gation plus nuanc\u00e9e, qui ne disait pas son nom, \u00e0 la fois pour des raisons concr\u00e8tes de genre et de niveau de vie, et de gestion politique du syst\u00e8me.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le Code de l\u2019Indig\u00e9nat en vigueur pendant des dur\u00e9es variables selon les colonies instituait bien une forme de s\u00e9gr\u00e9gation raciale que n\u2019est jamais venu att\u00e9nuer un acc\u00e8s large \u00e0 la citoyennet\u00e9 fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Toutes les analyses montrent que la citoyennet\u00e9 fran\u00e7aise n\u2019a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e qu\u2019au compte-goutte, mais l\u2019empire britannique ne vit aucune de ses communaut\u00e9s b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019\u00e9galit\u00e9 citoyenne, comme ce fut le cas des quatre communes de plein exercice du S\u00e9n\u00e9gal, et aucun territoire anglais des Cara\u00efbes ne b\u00e9n\u00e9ficia, comme les Antilles fran\u00e7aises, d\u2019une amorce de repr\u00e9sentation politique au Parlement fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Si par indig\u00e9nat on entend le pouvoir qu\u2019avaient les administrateurs d\u2019infliger une peine de prison pouvant atteindre quinze jours et une amende pour des infractions diverses, c\u2019\u00e9tait selon Adu Boahen, un syst\u00e8me propre \u00e0 la colonisation fran\u00e7aise. (Histoire g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Afrique VII Unesco, page 244)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais si comme c\u2019est le plus souvent le cas, on faisait appel au mot \u00ab&nbsp;indig\u00e9nat&nbsp;\u00bb pour d\u00e9crire le fait que les colonis\u00e9s n\u2019avaient pas le m\u00eame traitement judiciaire que les colonisateurs, il s\u2019agissait d\u2019une pratique g\u00e9n\u00e9rale, anglaise ou fran\u00e7aise.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Simplement, les Fran\u00e7ais mettaient plus la main \u00e0 la p\u00e2te que les Anglais, qui s\u2019abritaient derri\u00e8re les autorit\u00e9s indig\u00e8nes qu\u2019ils contr\u00f4laient.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le Code de l\u2019Indig\u00e9nat avait le m\u00e9rite de la simplicit\u00e9, outre le fait que pendant toute la p\u00e9riode de pacification, sa rigueur apparente ou r\u00e9elle n\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e des m\u0153urs de beaucoup de peuples de l\u2019hinterland qui n\u2019avaient subi encore aucune acculturation europ\u00e9enne<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Avec quelques touches historiques qui ne sont bien s\u00fbr pas obligatoirement repr\u00e9sentatives, les relations humaines entre dominants et domin\u00e9s n\u2019\u00e9taient pas les m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A Madagascar, le 31 d\u00e9cembre 1900, \u00e0 Fianarantsoa, Lyautey organisa un bal qui r\u00e9unissait un petit nombre de femmes, 19 au total, dont deux femmes indig\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019historien Grimal d\u00e9crit bien le syst\u00e8me anglais&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp; Ainsi les agents de l\u2019autorit\u00e9 britannique ne venaient pas en Afrique pour y transporter leurs propres institutions d\u00e9mocratiques et parlementaires, mais pour y maintenir l\u2019ordre et assurer le&nbsp;<strong>statu quo<\/strong>. Ils \u00e9taient les pions dans une \u00e9cole. Si l\u2019un d\u2019eux faisait&nbsp; preuve d\u2019une int\u00e9grit\u00e9 particuli\u00e8re, d\u2019un int\u00e9r\u00eat passionn\u00e9 pour le \u00ab&nbsp;bon&nbsp;\u00bb gouvernement, c\u2019\u00e9tait tant mieux. Mais, en aucun cas, les indig\u00e8nes n\u2019avaient \u00e0 \u00eatre encourag\u00e9s \u00e0 adopter&nbsp;<strong>l\u2019English way of life<\/strong>, ni la culture, ni l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique, ni les institutions.&nbsp;\u00bb (page 214)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La comparaison entre les colonies tropicales anglaises d\u2019Afrique occidentale et celles d\u2019Afrique orientale montre bien que la politique coloniale anglaise \u00e9tait tout \u00e0 fait diff\u00e9rente, selon qu\u2019il s\u2019agissait de territoires favorables au peuplement blanc ou non. Dans ces derniers territoires, le Colonial Office eut beaucoup de mal \u00e0 assurer un arbitrage entre Blancs et Noirs, d\u2019autant plus que l\u2019immigration anglaise s\u2019\u00e9tait effectu\u00e9e en spoliant les terres appartenant aux communaut\u00e9s noires.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les Fran\u00e7ais se donnaient eux l\u2019illusion de vouloir assimiler des peuples indig\u00e8nes tr\u00e8s diff\u00e9rents de religion, de culture, et de niveau de vie, et les agents de l\u2019autorit\u00e9 fran\u00e7aise avaient la mission de promouvoir cette vision idyllique du monde. Autant dire que cette mission \u00e9tait impossible, et les r\u00e9formes mises en \u0153uvre apr\u00e8s la deuxi\u00e8me guerre mondiale, ouvrant la voie \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 politique entre citoyens de m\u00e9tropole et citoyens d\u2019outre-mer n\u2019\u00e9taient pas en mesure de soutenir une \u00e9galit\u00e9 en droits sociaux que la m\u00e9tropole \u00e9tait bien incapable de pouvoir financer<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s 1945, la cr\u00e9ation de l\u2019Union Fran\u00e7aise ne fut donc qu\u2019un feu de paille, et ne pouvait \u00eatre qu\u2019un feu de paille, un tr\u00e8s lointain reflet d\u2019un Commonwealth dont les racines \u00e9taient fondamentalement diff\u00e9rentes, la nature des partenaires, ainsi que le fonctionnement.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1945, la f\u00e9d\u00e9ration de l\u2019Afrique Occidentale Fran\u00e7aise comptait 13 d\u00e9put\u00e9s \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e Nationale, et 19 Conseillers au Conseil de la R\u00e9publique, alors qu\u2019aucun territoire colonial anglais n\u2019avait de repr\u00e9sentation au Parlement Britannique, mais cette repr\u00e9sentation ne r\u00e9sista pas au puissant mouvement de d\u00e9colonisation qui intervint dans les ann\u00e9es 1960.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En r\u00e9sum\u00e9, il est tr\u00e8s difficile de proposer une conclusion g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 une comparaison entre relations humaines et coloniales anglaise et fran\u00e7aise, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il conviendrait de proc\u00e9der \u00e0 des analyses qui tiennent&nbsp; compte une fois de plus des \u00ab&nbsp;situations coloniales&nbsp;\u00bb et du \u00ab&nbsp;moment colonial\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Qu\u2019il s\u2019agisse des Fran\u00e7ais ou des Anglais, les relations ont \u00e9volu\u00e9 selon les \u00e9poques (conqu\u00eate, premi\u00e8re guerre mondiale, entre-deux guerres, deuxi\u00e8me guerre mondiale, guerre froide entre Etats Unis et URSS, etc\u2026).<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Elles ont \u00e9volu\u00e9 aussi en fonction des participants (un rajah, un chef, un aristocrate, n\u2019est pas trait\u00e9 par les anglais comme un paysan de la brousse&nbsp;;&nbsp; un \u00ab&nbsp;petit blanc&nbsp;\u00bb dans une ville n\u2019a pas le m\u00eame comportement qu\u2019un administrateur charg\u00e9 d\u2019un cercle en Mauritanie, etc\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Toute conclusion g\u00e9n\u00e9rale ne peut donc avoir qu\u2019un caract\u00e8re arbitraire \u00e0 la fois en raison une fois de plus du \u00ab&nbsp;temps colonial&nbsp;\u00bb et de la \u00ab&nbsp;situation coloniale&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un des grands leaders de l\u2019ind\u00e9pendance africaine, celle du Ghana,&nbsp;<em>Kwame Nkrumah<\/em>, n\u2019\u00e9crivait-il pas dans&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Autobiography of Kwame Nkrumah (Panaf Edition 1973, first published 1957)<\/em>&nbsp;en rapportant des souvenirs de sa visite d\u2019un chantier d\u2019un grand barrage hydro-\u00e9lectrique proche de Douala au Cameroun&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;One thing I remember very vividly about the occasion \u2013 probably because it was the first time that i have ever it happen in any colony \u2013 was the way all the workers, both European and African, climbed into the waiting lorries when the lunch buzzer sounded. This complete disregard of colour on the part of european workers greatly impresses me.\u201d<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et pourquoi ne pas ajouter que, compar\u00e9 au syst\u00e8me du&nbsp; \u00ab&nbsp;Colour Bar&nbsp;\u00bb, le Code de l\u2019Indig\u00e9nat, n\u2019emp\u00eachait pas un type de rapports humains qui n\u2019avait pas un aspect aussi excessif, pour ne pas dire totalitaire.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Rappelons,&nbsp; pour conclure ce type de r\u00e9flexions, que jamais, tout au long de son histoire coloniale, le Parlement britannique n\u2019accueillit en son sein des d\u00e9put\u00e9s de couleur, comme ce fut le cas en France, pour ne citer que ces deux exemples, la pr\u00e9sence&nbsp; de Victor Mazuline, d\u2019un d\u00e9put\u00e9 de couleur, et fils d\u2019esclaves, venu de Martinique dans l\u2019Assembl\u00e9e Constituante de 1848, et celle du ministre s\u00e9n\u00e9galais Diagne qui entra \u00e0 la Chambre des D\u00e9put\u00e9s en 1914.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean Pierre Renaud<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a9 2014 J-P. RENAUD. Tous droits r\u00e9serv\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a9 2014 J-P. RENAUD. Tous droits r\u00e9serv\u00e9s.&nbsp;&nbsp; Empire colonial anglais et Empire colonial fran\u00e7ais (19 et 20\u00e8me&nbsp;si\u00e8cles) La premi\u00e8re partie a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e le 21\/01\/2014 Deuxi\u00e8me Partie&nbsp;: A Londres ou \u00e0 Paris, des strat\u00e9gies et des politiques imp\u00e9riales&nbsp;semblables ou diff\u00e9rentes ? A \u2013 Une esquisse de comparaison g\u00e9n\u00e9rale &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A lire un petit livre publi\u00e9 &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2014\/02\/10\/empire-colonial-anglais-et-empire-colonial-francais-2eme-partie\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Empire colonial anglais et Empire colonial fran\u00e7ais: 2\u00e8me Partie&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[2359,2366,249,1907,2099,2361,2363,273,797,1430,351,270,2360,1048,499,2365,2357,708,1697,2364,467,2337,280,1458,2362,2358,271],"class_list":["post-2262","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire","tag-adam-smith","tag-adu-boahen","tag-afrique","tag-angleterre","tag-asie","tag-bokolo","tag-citoyennete","tag-colonies","tag-democratie","tag-discrimination","tag-empire","tag-france","tag-grimal","tag-imperialisme","tag-jules-ferry","tag-kitchener","tag-kwasi-kwarteng","tag-larousse","tag-londres","tag-panikkar","tag-paris","tag-petit-robert","tag-politique","tag-racisme","tag-segregation","tag-sir-charles-napier","tag-strategie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2262","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2262"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2262\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2263,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2262\/revisions\/2263"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2262"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2262"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2262"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}