{"id":2312,"date":"2015-02-27T00:25:12","date_gmt":"2015-02-26T23:25:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2312"},"modified":"2021-07-09T00:33:41","modified_gmt":"2021-07-08T22:33:41","slug":"le-livre-les-empires-coloniaux-lecture-critique-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2015\/02\/27\/le-livre-les-empires-coloniaux-lecture-critique-2\/","title":{"rendered":"Le livre \u00ab\u00a0Les empires coloniaux\u00a0\u00bb &#8211; Lecture critique 2"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Le livre&nbsp; \u00ab&nbsp;Les empires coloniaux&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Sous la direction de Pierre Singarav\u00e9lou<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Lecture critique 2 (page 77 \u00e0 124)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous allons \u00e0 pr\u00e9sent examiner d\u2019un peu plus pr\u00e8s le contenu des chapitres de ce livre<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;Chapitre 1 \u00ab&nbsp;<em>Appropriations territoriales et r\u00e9sistances autochtones<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/strong>&nbsp;<em>Isabelle Surun<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Ce chapitre est un bon r\u00e9sum\u00e9 des analyses qui ont trait \u00e0 la p\u00e9riode des conqu\u00eates et des r\u00e9sistances<\/strong>&nbsp;souvent minimis\u00e9es par l\u2019histoire coloniale traditionnelle. Il aurait toutefois \u00e9t\u00e9 utile de tenter une typologie des op\u00e9rations de conqu\u00eate et des r\u00e9sistances et collaborations rencontr\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il aurait \u00e9t\u00e9 int\u00e9ressant, \u00e0 partir de quelques exemples tir\u00e9s de la m\u00eame p\u00e9riode, et sur des th\u00e9\u00e2tres d\u2019op\u00e9rations comparables, en milieu tropical ou temp\u00e9r\u00e9, en forces \u00e9gales ou in\u00e9gales, en affrontements directs ou indirects (gu\u00e9rilla), de&nbsp; comparer les r\u00e9cits qu\u2019en ont fait, soit les acteurs, c\u2019est-\u00e0-dire dans les deux camps, r\u00e9cits ou traditions orales, soit les chercheurs issus des deux camps du monde imp\u00e9rial.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il aurait \u00e9t\u00e9 tout aussi int\u00e9ressant de tenter de classer les types de r\u00e9sistances arm\u00e9es ou non, courtes ou longues, artisanales ou sophistiqu\u00e9es, de m\u00eame que les types de coop\u00e9ration possibles selon les organisations religieuses, ou politiques rencontr\u00e9es&nbsp;: quoi de commun par exemple entre les r\u00e9sistances rencontr\u00e9es et les truchements disponibles avant 1939, en Afrique de l\u2019ouest ou en Indochine, o\u00f9 il existait d\u00e9j\u00e0 une administration&nbsp; imp\u00e9riale ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Chapitre 2 &nbsp;\u00ab&nbsp;C<em>astes&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;races&nbsp;\u00bb, et<\/em><\/strong>&nbsp;<em>\u00ab<strong>&nbsp;classes<\/strong>&nbsp;\u00bb&nbsp; Armelle Enders<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Un chapitre qui m\u00e9rite \u00e0 lui seul un long commentaire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Il s\u2019agit d\u2019une synth\u00e8se comparative hardie et, ambitieuse, compte tenu de la multiplicit\u00e9 des contraintes historiques rencontr\u00e9es, dues tout \u00e0 la fois au sens des concepts analys\u00e9s \u00e0 la fois en Europe et dans les territoires des empires, selon les \u00e9poques et selon les territoires, \u00e0 leur relativit\u00e9, et au risque constant d\u2019interpr\u00e9tation id\u00e9ologique qui p\u00e8se sur ce champ historique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Je serais tent\u00e9 de dire que, par d\u00e9finition, il s\u2019agit d\u2019une entreprise historique impossible, sauf \u00e0 analyser, au cas par cas, et \u00e9poque par \u00e9poque, le contenu de ces mots et l\u2019existence m\u00eame des perceptions que les diff\u00e9rents peuples en avaient, si tant est que la chose soit possible.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La contribution propos\u00e9e soul\u00e8ve un certain nombre d\u2019autres questions de ma part.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Est-ce qu\u2019il est possible d\u2019\u00e9crire \u00ab&nbsp;<strong><em>L\u2019esclavage, l\u2019institution structurante<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb (p,83)&nbsp;? O\u00f9 et pour qui&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; En France m\u00eame, alors que, hors une petite \u00e9lite politique de la Cour, seule la p\u00e9riph\u00e9rie atlantique des ports en a eu connaissance, sinon l\u2019exp\u00e9rience, et pendant une p\u00e9riode de temps limit\u00e9e&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>La France est rest\u00e9e tr\u00e8s longtemps un pays de villages.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le monde des \u00eeles Cara\u00efbes aurait \u00e9t\u00e9 \u00e0 ce point capable d\u2019irradier en France et en Europe&nbsp;? Une th\u00e8se qui parait donc frapp\u00e9e d\u2019un brin d\u2019exag\u00e9ration, pour ne pas dire plus.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>L\u2019esclavage n\u2019aurait-il pas \u00e9t\u00e9 plus structurant en Afrique noire, avec \u00e0 l\u2019ouest le double mouvement de l\u2019esclavage atlantique et de l\u2019esclavage domestique qui a dur\u00e9 longtemps<\/strong>, et qui dure encore en Mauritanie par exemple, et avec, \u00e0 l\u2019est, le double mouvement de l\u2019esclavage arabe et de l\u2019esclavage domestique qui a dur\u00e9 \u00e9galement longtemps, s\u2019il n\u2019existe pas encore.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>A Madagascar<\/strong>, o\u00f9 l\u2019esclavage a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9 \u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, n\u2019aurait-il pas eu une fonction beaucoup plus structurante qu\u2019en France, avec des effets qui se poursuivent encore de nos jours&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour ne pas \u00e9voquer les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s dans les peuples c\u00f4tiers par les n\u00e9griers de l\u2019Oc\u00e9an Indien&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>A la page&nbsp; 85, une des sources cit\u00e9es est celle d\u2019une publication de Frederick Cooper intitul\u00e9e&nbsp;<em>\u00ab&nbsp; Plantation Slavery on the East Coast of Africa&nbsp;\u00bb.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>L\u2019analyse de l\u2019esclavage que fait le m\u00eame auteur dans \u00ab&nbsp;<em>Le colonialisme en question&nbsp;<\/em>\u00bb m\u00e9rite d\u2019\u00eatre cit\u00e9e<em>&nbsp;:<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>C\u2019est ici que s\u2019interp\u00e9n\u00e8trent des histoires que l\u2019on ne peut simplement comparer. Aux XVII\u00b0 et XVIII\u00b0 si\u00e8cles, l\u2019\u00e9conomie britannique \u00e9tait pr\u00eate pour utiliser ses connexions ultramarines&nbsp; de mani\u00e8re plus dynamique que ne l\u2019avaient fait les imp\u00e9rialistes ib\u00e9riques \u00e0 une \u00e9poque ant\u00e9rieure. Les rois africains \u00e9taient vuln\u00e9rables chez eux et puisaient leur pouvoir dans leurs liens avec l\u2019ext\u00e9rieur.&nbsp;<strong>Le commerce des esclaves ne signifiait pas la m\u00eame chose pour les diff\u00e9rents partenaires<\/strong>&nbsp;: pour le roi africain, il signifiait l\u2019acquisition de ressources (de fusils, de m\u00e9taux, de v\u00eatements et autres produits ayant un potentiel redistributif)&nbsp;<strong>en s\u2019emparant des biens<\/strong>&nbsp;<strong>humains d\u2019autrui<\/strong>&nbsp;et en s\u2019\u00e9vitant ainsi de devoir subordonner sa propre population.&nbsp;<strong>Razzier un autre territoire et vendre \u00e0 un acheteur \u00e9tranger les esclaves r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s externalisaient non seulement le probl\u00e8me du recrutement mais aussi celui de la surveillance.<\/strong>&nbsp;Avec le temps, le march\u00e9 ext\u00e9rieur eut un impact croissant sur les politiques et les \u00e9conomies de certaines r\u00e9gions d\u2019Afrique occidentale et d\u2019Afrique centrale<strong>, impact que n\u2019avaient pas pr\u00e9vu les premiers rois africains qui se trouv\u00e8rent impliqu\u00e9s dans ce syst\u00e8me transatlantique.<\/strong>&nbsp;Il favorisa les Etats militaris\u00e9s et accrut l\u2019efficacit\u00e9 des m\u00e9canismes de la traite des Noirs. Du point de vue des participants africains \u00e0 ce processus,&nbsp;<strong>cette militarisation fut une cons\u00e9quence non voulue de cette fatale interp\u00e9n\u00e9tration<\/strong>&nbsp;: les d\u00e9bouch\u00e9s pour les captifs de guerre cr\u00e9\u00e8rent&nbsp;<strong>une logique nouvelle et insidieuse<\/strong>&nbsp;qui commen\u00e7a d\u2019alimenter tout le syst\u00e8me de la prise et du commerce d\u2019esclaves<\/em>.&nbsp;\u00bb (p,140,141)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>J\u2019ai surlign\u00e9 en gras les mots qui suffisaient \u00e0 mes yeux pour caract\u00e9riser une description historique tout \u00e0 fait \u00e9trange, sauf \u00e0 dire qu\u2019elle valait pour l\u2019Empire anglais, ce qui est loin d\u2019\u00eatre s\u00fbr.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>L\u2019auteur am\u00e9ricain de ce texte est celui du chapitre 9, intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Conflits, r\u00e9formes et d\u00e9colonisation&nbsp;\u00bb. (p,377)&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La traite des esclaves fut effectivement une institution de structuration ou de d\u00e9structuration en Afrique noire, compte tenu des d\u00e9g\u00e2ts en tout genre caus\u00e9s aux soci\u00e9t\u00e9s africaines par la traite des Noirs de l\u2019est ou de l\u2019ouest.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Le passage consacr\u00e9 aux \u00ab&nbsp;<em>savoirs coloniaux et \u00e0 l\u2019ing\u00e9nierie sociale<\/em>&nbsp;\u00bb soul\u00e8ve \u00e0 nouveau la question pol\u00e9mique du \u00ab&nbsp;pouvoir&nbsp;\u00bb qu\u2019auraient eu les colonisateurs de cr\u00e9er de toutes pi\u00e8ces les \u00ab&nbsp;ethnies&nbsp;\u00bb africaines, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019elles.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;Ing\u00e9nierie sociale&nbsp;\u00bb du colonisateur&nbsp;? N\u2019est-ce pas lui pr\u00eater beaucoup de savoir-faire&nbsp;? Ing\u00e9nierie sociale au service de l\u2019ethnie&nbsp;? (p,110, 111)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;J\u2019ai relu et analys\u00e9 les articles r\u00e9dig\u00e9s par MM Amselle, Dozon, et Bazin, parus dans le petit livre&nbsp;<strong><em>\u00ab&nbsp;Au c\u0153ur de l\u2019ethnie<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb, sur les B\u00e9t\u00e9 de C\u00f4te d\u2019Ivoire, et les Bambara du bassin du Niger, et les questions de fond que leurs th\u00e8ses posent sont celles de savoir&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<strong>&nbsp;&nbsp; &#8211; s\u2019ils n\u2019ont pas mis plus de contenu<\/strong>&nbsp; dans la description qu\u2019ils font du sujet que les premiers explorateurs ou administrateurs qui sont entr\u00e9s en contact avec ces populations dont les villages \u00e9taient dispers\u00e9s dans la for\u00eat ou dans le bassin du Niger, et dont le seul lien apparent le plus souvent \u00e9tait un langage commun, et que dans la discussion ouverte sur l\u2019ethnie,&nbsp;<strong>la cible vis\u00e9e n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t la race&nbsp;: pas d\u2019ethnie, donc pas de race&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>La pr\u00e9face de la deuxi\u00e8me \u00e9dition montre clairement que l\u2019objectif vis\u00e9 est la stigmatisation de tout recensement de type ethnique en m\u00e9tropole, de crainte d\u2019y r\u00e9veiller les \u00ab&nbsp;fant\u00f4mes&nbsp;\u00bb de la race et d\u2019y importer le mod\u00e8le qui aurait exist\u00e9 dans les colonies, pour autant que ces&nbsp;<em>fant\u00f4me<\/em>s aient exist\u00e9<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#8211;&nbsp;<strong>s\u2019ils n\u2019ont pas mis plus de contenus aussi que ceux de la tradition \u00e9crite quand elle existait, ou orale quand elle fut recueillie<\/strong>, c\u00e9dant \u00e0 la tentation du blanc qui, mieux que le noir, dit la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019ethnie d\u2019Afrique ou d\u2019ailleurs,&nbsp;<strong>le sachant blanc prenant la place du sachant noir.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#8211;&nbsp;<strong>&nbsp;si leur analyse est repr\u00e9sentative des r\u00e9alit\u00e9s ethniques du monde,<\/strong>&nbsp;car leur regard, \u00e0 part le cas du Rwanda, est principalement centr\u00e9 sur l\u2019Afrique de l\u2019ouest.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Afin de ne pas trop allonger mon commentaire, j\u2019envisage, si j\u2019en ai le courage, de publier&nbsp;&nbsp; ult\u00e9rieurement un plus long commentaire \u00e0 ce sujet sur mon blog, mais je vous avouerai que ce type de discussion frise \u00e0 mon avis avec celle du sexe des anges, compte tenu de toutes les ambigu\u00eft\u00e9s qui p\u00e8sent sur ce d\u00e9bat, alors que dans les m\u00e9dias, beaucoup de journalistes sans doute&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;racistes<\/em>&nbsp;\u00bb n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 emprunter de nos jours le mot \u00ab&nbsp;<em>ethnie&nbsp;<\/em>\u00bb pour d\u00e9crire les situations qu\u2019ils rencontrent sur le terrain et dans leur domaine.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et que penser des appellations de&nbsp;<strong><em>minorit\u00e9s ethniques<\/em><\/strong>&nbsp;qui sont celles de la Chine ou du Vietnam&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>J\u2019ai relu les r\u00e9cits de M.Nebout et de M.Thomann qui furent parmi les premiers administrateurs des premiers cercles cr\u00e9\u00e9s en C\u00f4te d\u2019ivoire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En 1894, \u00e0 Tiassal\u00e9, chez les Baoul\u00e9, Nebout&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>apprend<\/em>&nbsp;\u00bb, si je puis dire, cette Afrique de la for\u00eat des Baoul\u00e9 o\u00f9 il est charg\u00e9 de cr\u00e9er de toutes pi\u00e8ces une administration coloniale dans le cadre d\u2019un cercle de commandement d\u00e9coup\u00e9 \u00e0 l\u2019emporte- pi\u00e8ce dans un cadre g\u00e9ographique inconnu, au sein d\u2019une Afrique locale tropicale constitu\u00e9e avant tout de villages isol\u00e9s, tentant d\u2019interpr\u00e9ter, comme il le pouvait, les signes d\u2019un ensemble collectif vivant et pr\u00e9sent, le langage en \u00e9tant le plus \u00e9vident.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il convient d\u2019ailleurs de noter que M.Nebout \u00e9pousa officiellement une femme d\u2019origine Baoul\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;M.Thomann faisait le m\u00eame type d\u2019exp\u00e9rience, et tous les deux utilisaient beaucoup d\u2019appellations diff\u00e9rentes pour d\u00e9nommer les situations humaines qu\u2019ils d\u00e9couvraient, royaumes, pays, tribus, peuples, peuplades, villages\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les r\u00e9cits retiennent les vocables d\u2019indig\u00e8nes, de chefs de villages, de pays, mais pas d\u2019ethnie.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En 1894, il n\u2019y avait en C\u00f4te d\u2019Ivoire, colonie cr\u00e9\u00e9e de toutes pi\u00e8ces en 1893, que deux postes administratifs dans l\u2019int\u00e9rieur, Betti\u00e9 sur la Como\u00eb, et Tiassal\u00e9 sur la Bandama.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>L\u2019auteure du chapitre 2 \u00e9crit&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>En C\u00f4te d\u2019Ivoire, l\u2019ethnie des B\u00e9t\u00e9s, l\u2019un des groupes les plus embl\u00e9matiques de ce pays, ne correspond pas \u00e0 une entit\u00e9 pr\u00e9coloniale&nbsp;: elle s\u2019est constitu\u00e9e \u00e0 partir de la conqu\u00eate fran\u00e7aise<\/em>.&nbsp;\u00bb (p,111)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Outre le fait qu\u2019une telle assertion m\u00e9rite d\u2019\u00eatre discut\u00e9e, il est tout de m\u00eame difficile de partir de cet exemple historique pour en tirer une th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale sur le sens et le fondement des ethnies en Afrique ou ailleurs.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong><em>\u00ab&nbsp;Un des groupes les plus embl\u00e9matiques de ce pays&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><strong>&nbsp;? A quelle \u00e9poque&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il est \u00e9vident qu\u2019au fur et \u00e0 mesure de la colonisation et de la mise en place d\u2019une administration coloniale dispers\u00e9e et fragile, dans l\u2019ignorance g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de ces nouveaux territoires, les d\u00e9coupages du commandement ont opt\u00e9 le plus souvent pour la voie la plus simple, fut-elle arbitraire, ne serait-ce que g\u00e9ographique&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il n\u2019en reste pas moins que le concept d\u2019ethnies a bien eu un contenu variable en coh\u00e9rence et en force collective dans un certain nombre de cas, et&nbsp;<strong>l\u2019historien Ki<\/strong>&nbsp;<strong>Zerbo<\/strong>&nbsp;dans ses analyses approfondies de l\u2019histoire de l\u2019Afrique fait constamment appel \u00e0 ce terme, \u00e0 titre d\u2019exemple&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;<strong>un certain nombre d\u2019ethnies du Fouta et de S\u00e9n\u00e9gambie&nbsp;\u00bb (p,137)<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>La th\u00e8se d\u00e9fendue par M.Amselle n\u2019est d\u2019ailleurs pas d\u00e9nu\u00e9e d\u2019une certaine contradiction quand il \u00e9crit&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong><em>\u00ab&nbsp;La cause parait donc entendue&nbsp;: il n\u2019existait rien qui ressembl\u00e2t \u00e0 une ethnie pendant la p\u00e9riode pr\u00e9coloniale<\/em><\/strong><strong>. \u00ab&nbsp; (p,23)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Et plus loin&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong><em>\u00ab&nbsp;Dans certains cas, comme nous l\u2019avons vu, \u00ab&nbsp;l\u2019ethnie&nbsp;\u00bb est donc une cr\u00e9ation pr\u00e9coloniale, en ce sens qu\u2019elle est un mode de regroupement id\u00e9ologique d\u2019un certain nombre d\u2019agents et cela en parfaite continuit\u00e9 avec les unit\u00e9s sociales plus petites que sont les \u00ab&nbsp;clans&nbsp;\u00bb et les \u00ab&nbsp; lignages&nbsp;\u00bb. (p38)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Le m\u00eame anthropologue impute la responsabilit\u00e9 de la d\u00e9finition du terme \u00e0 l\u2019ethnocentrisme&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;<em>On voit combien la d\u00e9finition de ce terme est entach\u00e9e d\u2019ethnocentrisme et combien elle est tributaire de l\u2019Etat-nation, telle qu\u2019elle a pu \u00eatre \u00e9labor\u00e9e en Europe.&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp; (p,19)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Ne s\u2019agit-il pas plut\u00f4t du contraire&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>A lire la bibliographie de ce chapitre, il est l\u00e9gitime de se poser la question&nbsp;: regard \u00ab&nbsp;<em>ethnocentrique<\/em>&nbsp;\u00bb ou regard \u00ab&nbsp;<em>p\u00e9riph\u00e9rique&nbsp;<\/em>\u00bb de ceux qui ont t\u00e9moign\u00e9 dans chaque territoire sur le type de relations humaines y existant&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Le chiffre tr\u00e8s faible des travaux consacr\u00e9s par exemple par l\u2019Universit\u00e9 de Dakar \u00e0 l\u2019esclavage domestique ne serait-il pas une indication int\u00e9ressante sur la prudence que les historiens des \u00ab&nbsp;p\u00e9riph\u00e9ries&nbsp;\u00bb manifestent sur le m\u00eame type de sujet&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour citer \u00e0 nouveau le roman&nbsp;<strong><em>\u00ab&nbsp;Amkoullel, l\u2019enfant peul<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb, le titre m\u00eame plaide d\u00e9j\u00e0 pour l\u2019existence d\u2019un groupement humain de type peul, et tout au long des pages le lecteur d\u00e9couvre la vari\u00e9t\u00e9 des ethnies locales, peuls, bambaras, songha\u00ef, ou dogon, ainsi que l\u2019existence de castes de naissance, ainsi que de la persistance d\u2019un esclavage domestique, les captifs de case.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Et pourquoi ne pas ajouter que ces soci\u00e9t\u00e9s \u00ab&nbsp;indig\u00e8nes&nbsp;\u00bb n\u2019\u00e9taient pas exemptes de ce que l\u2019Europe moderne a qualifi\u00e9 de racisme&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les ethnies, quelles qu\u2019elles soient, avaient le plus souvent un nom qu\u2019elles se donnaient elles-m\u00eames ou que les autres lui donnaient, et ces appellations \u00e9taient changeantes selon les \u00e9poques et les lieux, plus changeantes dans les zones d\u2019\u00e9changes que dans les zones recul\u00e9es de l\u2019Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Pourquoi ne pas appeler en t\u00e9moins, dans chaque cas, les descendants vrais ou suppos\u00e9s de ces peuples qualifi\u00e9s d\u2019ethnies&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sauf \u00e0 d\u00e9nier le t\u00e9moignage d\u2019un grand t\u00e9moin de cette Afrique qui semble parfaitement s\u2019inscrire dans les revendications d\u2019une histoire postcoloniale qui d\u00e9couvrirait toute l\u2019importance des&nbsp;<em>histoires de la p\u00e9riph\u00e9rie ou d\u2019en-bas<\/em>, un terme bien malheureux, citons un passage du livre&nbsp; \u00ab&nbsp;<strong><em>OUI MON COMMANDANT&nbsp;\u00bb d\u2019Amadou Hamp\u00e2t\u00e9 B\u00e2&nbsp;:<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;<strong><em>Sous l\u2019effet de la colonisation, la population de l\u2019Afrique occidentale fran\u00e7aise s\u2018\u00e9tait divis\u00e9e automatiquement en deux grands groupes, eux-m\u00eames subdivis\u00e9s en six classes qui vinrent se superposer aux classes ethniques&nbsp; naturelles. Le premier \u00e9tait celui des citoyens de la R\u00e9publique Fran\u00e7aise, le second, celui des simples sujets.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Le premier groupe \u00e9tait divis\u00e9 en trois classes<\/em><\/strong><em>&nbsp;: les citoyens fran\u00e7ais pur-sang, n\u00e9s en France ou Europ\u00e9ens naturalis\u00e9s fran\u00e7ais&nbsp;; les citoyens des \u00ab&nbsp;quatre communes de plein exercice&nbsp;\u00bb du S\u00e9n\u00e9gal (Gor\u00e9e, Saint louis, Dakar et Rufisque)&nbsp;; enfin les Africains naturalis\u00e9s citoyens fran\u00e7ais. Tous jouissaient des m\u00eames droits (en principe) et relevaient des tribunaux fran\u00e7ais.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong><em>Le second groupe, celui des sujets<\/em><\/strong><em>,&nbsp;<strong>comprenait \u00e0 son tour trois classes&nbsp;: au sommet de la hi\u00e9rarchie venait les sujets fran\u00e7ais du S\u00e9n\u00e9gal, qui jouissaient d\u2019une situation privil\u00e9gi\u00e9es par rapport \u00e0 ceux des autres pays et auxquels on \u00e9vitait de se frotter, par peur des r\u00e9percussions judiciaires ou politiques<\/strong>&nbsp;; puis venaient, dans les autres territoires, les sujets fran\u00e7ais \u00ab&nbsp;lettr\u00e9s&nbsp;\u00bb (c\u2019est-\u00e0-dire scolaris\u00e9s ou connaissant le fran\u00e7ais) et les sujets fran\u00e7ais \u00ab&nbsp;illettr\u00e9s&nbsp;\u00bb uniquement du point de vue fran\u00e7ais, cela va de soi.)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong><em>A c\u00f4t\u00e9 de cette division officielle de la soci\u00e9t\u00e9, l\u2019humour populaire en avait cr\u00e9\u00e9 une autre, qui se r\u00e9duisait \u00e0 quatre classes<\/em><\/strong><em>&nbsp;: celle des blancs-blancs (ou toubabs) qui comprenait tous les Europ\u00e9ens d\u2019origine&nbsp;; celle des blancs-noirs qui comprenait tous les indig\u00e8nes petits fonctionnaires et agents de commerce lettr\u00e9s en fran\u00e7ais, travaillant dans les bureaux et les factoreries des blancs-blancs qu\u2019ils avaient d\u2019ailleurs tendance \u00e0 imiter&nbsp;; celle des n\u00e8gres des blancs qui comprenait tous les indig\u00e8nes illettr\u00e9s mais employ\u00e9s \u00e0 un titre quelconque par les blancs-blancs ou les blancs-noirs (domestiques, boys, cuisiniers, etc\u2026)&nbsp;; enfin, celle des noirs-noirs, c\u2019est-\u00e0-dire les Africains rest\u00e9s pleinement eux-m\u00eames et constituant la majorit\u00e9 de la population. C\u2019\u00e9tait le groupe supportant patiemment le joug du colonisateur, partout o\u00f9 il y avait joug \u00e0 porter.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>Du point de vue de la division \u00ab&nbsp;officielle&nbsp;\u00bb des classes, j\u2019\u00e9tais un sujet fran\u00e7ais lettr\u00e9, n\u00e9 au Soudan, donc juste au- dessus de la derni\u00e8re cat\u00e9gorie. Mais selon la hi\u00e9rarchie indig\u00e8ne, j\u2019\u00e9tais incontestablement un blanc-noir, ce qui, on l\u2019a vu, nous valait quelques privil\u00e8ges \u2013 \u00e0 cette r\u00e9serve pr\u00e8s qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque le dernier des Blancs venait toujours avant le premier des Noirs.&nbsp;\u00bb (pages 186,187, Acte Sud)&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;A la lecture de l\u2019analyse du livre de Frederick Cooper, intitul\u00e9&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;<em>Fran\u00e7ais et<\/em><\/strong>&nbsp;<strong><em>Africains&nbsp;?<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bbque je publierai sur ce blog, le lecteur se rappellera le contenu du paragraphe ci-dessus&nbsp; \u00ab&nbsp;<strong><em>le second groupe, celui des sujets<\/em><\/strong>\u2026&nbsp;\u00bb et la place qui occupaient&nbsp;<strong><em>les sujets fran\u00e7ais du S\u00e9n\u00e9gal<\/em><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les t\u00e9moignages de deux administrateurs coloniaux<strong><em>, Labouret et Delavignette,<\/em><\/strong>&nbsp; que certains classeraient volontiers dans la cat\u00e9gorie nouvelle des \u00ab&nbsp;colonialistes&nbsp;\u00bb en apprennent beaucoup plus sur le v\u00e9cu des paysans et des villages \u00e0 l\u2019\u00e9poque coloniale que certaines historiographies.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un seul \u00e9chantillon, pour conclure sur ce chapitre&nbsp;<strong>: Labouret<\/strong>,<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Avec les castes, les classes, les corporations de m\u00e9tier, nous avons consid\u00e9r\u00e9 un autre aspect de la vie paysanne, qui parait si simple \u00e0 l\u2019observateur superficiel et si complexe \u00e0 qui s\u2019inqui\u00e8te de sa complexit\u00e9. La soci\u00e9t\u00e9 rurale est avant tout hi\u00e9rarchis\u00e9e, avec ses nobles, ses hommes libres, ses esclaves, ses sp\u00e9cialistes, tous divis\u00e9s et subdivis\u00e9s en cat\u00e9gories superpos\u00e9es et antagonistes. L\u2019analyse qui pr\u00e9c\u00e8de, bien que tr\u00e8s incompl\u00e8te, nous permet cependant de comprendre comment fonctionne cette soci\u00e9t\u00e9 et d\u2019indiquer les types particuliers qui l\u2019animent.&nbsp;\u00bb (page 131,&nbsp;<strong>Paysans d\u2019Afrique Occidentale<\/strong>, Gallimard 1941)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Jean Pierre Renaud &#8211; Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le livre&nbsp; \u00ab&nbsp;Les empires coloniaux&nbsp;\u00bb Sous la direction de Pierre Singarav\u00e9lou Lecture critique 2 (page 77 \u00e0 124) &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous allons \u00e0 pr\u00e9sent examiner d\u2019un peu plus pr\u00e8s le contenu des chapitres de ce livre. &nbsp;Chapitre 1 \u00ab&nbsp;Appropriations territoriales et r\u00e9sistances autochtones&nbsp;\u00bb&nbsp;&nbsp;Isabelle Surun &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce chapitre est un bon r\u00e9sum\u00e9 des analyses qui ont trait \u00e0 &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2015\/02\/27\/le-livre-les-empires-coloniaux-lecture-critique-2\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Le livre \u00ab\u00a0Les empires coloniaux\u00a0\u00bb &#8211; Lecture critique 2&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1227,2437,273,697,351,270,2054,2093,2440,2441,313,2438,2433],"class_list":["post-2312","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire","tag-amselle","tag-armelle-enders","tag-colonies","tag-cote-ivoire","tag-empire","tag-france","tag-frederick-cooper","tag-hampate-ba","tag-ki-zerbo","tag-labouret","tag-madagascar","tag-nebout","tag-pierre-singaravelou"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2312","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2312"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2312\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2313,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2312\/revisions\/2313"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2312"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2312"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2312"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}