{"id":2325,"date":"2015-10-07T02:19:51","date_gmt":"2015-10-07T00:19:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2325"},"modified":"2021-07-09T02:36:02","modified_gmt":"2021-07-09T00:36:02","slug":"francais-et-africains-frederick-cooper-lecture-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2015\/10\/07\/francais-et-africains-frederick-cooper-lecture-4\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Fran\u00e7ais et Africains ?\u00a0\u00bb Frederick Cooper Lecture 4"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>\u00ab\u00a0Fran\u00e7ais et Africains\u00a0?\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Frederick Cooper<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>&amp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>4<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Chapitre VI &#8211; Du territoire d\u2019outre-mer \u00e0 l\u2019Etat membre (page 295 \u00e0 340)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Constitution et conflit, 1958<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il parait difficile, pour ne pas dire exclu, d\u2019aborder un tel sujet sans tenir compte du contexte international et fran\u00e7ais, et en faisant l\u2019impasse sur la crise que traversait alors la France, crise institutionnelle et politique de la Quatri\u00e8me R\u00e9publique aux prises avec la guerre d\u2019Alg\u00e9rie, et les tensions, pour ne pas dire plus, avec les deux pays voisins, le Maroc et la Tunisie.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il me parait \u00e9galement exclu de ne pas faire le constat de la fiction d\u2019une Union Fran\u00e7aise&nbsp; quasiment inexistante, sauf dans son d\u00e9cor.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La loi-cadre de 1956 avait dot\u00e9 les anciennes colonies d\u2019AOF des outils d\u00e9mocratiques n\u00e9cessaires pour gouverner, assembl\u00e9es \u00e9lues au suffrage universel, coll\u00e8ge unique, conseils de gouvernement, des institutions encore en partie contr\u00f4l\u00e9es par la m\u00e9tropole (relations internationales, d\u00e9fense, monnaie) avec pour r\u00e9sultat l\u2019abandon de toutes les revendications d\u2019\u00e9galit\u00e9 sociale entre citoyens de m\u00e9tropole et d\u2019outre-mer qui avaient agit\u00e9 les anciennes n\u00e9gociations, sans r\u00e9sultat. Il \u00e9tait en effet exclu que la m\u00e9tropole voie ses citoyens devenir les vrais citoyens de second zone de l\u2019Union, compte tenu du poids insupportable qu\u2019auraient fait peser cette mesure sur les citoyens de m\u00e9tropole, avec une baisse importante de leur niveau de vie.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La crise alg\u00e9rienne et la venue au pouvoir du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle changea \u00e9videmment et compl\u00e8tement la donne, et le d\u00e9bat porta alors sur le type de lien f\u00e9d\u00e9ral ou conf\u00e9d\u00e9ral qui pouvait relier ensemble les nouveaux Etats avec la m\u00e9tropole, et entre eux, avec la crainte des Etats les plus pauvres de l\u2019AOF de voir leur d\u00e9veloppement gravement handicap\u00e9 par l\u2019absence d\u2019une \u00ab&nbsp;<strong><em>solidarit\u00e9 horizontale&nbsp;<\/em><\/strong>\u00bb, entre riches et pauvres, celle qu\u2019avait d\u00e9fendue&nbsp; obstin\u00e9ment Senghor.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1444212580269_22857\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Afin d\u2019\u00e9clairer ce d\u00e9bat tr\u00e8s technique, il n\u2019est pas inutile de rappeler bri\u00e8vement qu\u2019aussi bien Senghor (dans deux gouvernements, dont celui du g\u00e9n\u00e9ral, entre le 23\/07\/1959 et le 19\/05\/1961), qu\u2019Houphou\u00ebt-Boigny furent des ministres de la Quatri\u00e8me, puis de la Cinqui\u00e8me R\u00e9publique, (dans cinq gouvernements, dont, avec de Gaulle entre le 18\/05\/1958 et 19\/05\/1961),&nbsp; et qu\u2019une trentaine de d\u00e9put\u00e9s ou de conseillers ou s\u00e9nateurs repr\u00e9sentaient l\u2019outre-mer au Parlement.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La discussion tournait comme avant sur la nature du lien vertical m\u00e9tropole- outre-mer et horizontal entre territoires d\u2019outre-mer, et il est \u00e9vident que cette discussion passait largement au- dessus de la t\u00eate des citoyens fran\u00e7ais, et encore plus de celle des nouveaux citoyens de ladite Union.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des \u00e9quations insolubles, tant il fallait r\u00e9soudre la quadrature de plusieurs cercles&nbsp;: comment promouvoir une \u00e9galit\u00e9 politique entre la m\u00e9tropole et les territoires, en \u00e9chappant aux craintes formul\u00e9es par Herriot sur la colonie des colonies&nbsp;? Comment faire accepter par les territoires les plus riches, dont la C\u00f4te d\u2019Ivoire, les charges d\u2019une nouvelle f\u00e9d\u00e9ration d\u2019AOF&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour ne parler que de l\u2019AOF, le c\u0153ur de l\u2019analyse Cooper, sinon la totalit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La r\u00e9daction de la nouvelle constitution se fit en petit comit\u00e9 selon un processus tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9 par l\u2019auteur, avec les questions pertinentes pos\u00e9es par Tsiranana, le chef du gouvernement malgache&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>L\u2019ind\u00e9pendance des territoires est-elle reconnue par la Constitution&nbsp;?&nbsp;\u00bb, puisqu\u2019on parle de f\u00e9d\u00e9ration, est-ce que celle-ci correspondra \u00e0 des Etats ou simplement \u00e0 des territoires&nbsp;? Le mot&nbsp;\u00ab&nbsp;territoire&nbsp;\u00bb commence \u00e0 mal sonner chez nous.&nbsp;\u00bb (p,310<\/em>)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le m\u00eame Tsiranana aida \u00e0 sortir les discussions de l\u2019orni\u00e8re en proposant une d\u00e9nomination nouvelle, suffisamment vague pour rassurer tout le monde<\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<strong><em>Au lieu de parler de f\u00e9d\u00e9ration ou de conf\u00e9d\u00e9ration, pourquoi demanda-t-il ne pas trouver un autre mot&nbsp;? Ce que nous cr\u00e9ons, dit-il, \u00e9tait la \u00ab&nbsp;Communaut\u00e9 franco-africaine.<\/em><\/strong><em>&nbsp;\u00bb (p,321<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019histoire montrera que cette communaut\u00e9 n\u2019eut pas un contenu tr\u00e8s diff\u00e9rent de celui de l\u2019ancienne Union fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur relate \u00ab&nbsp;<strong><em>l\u2019odyss\u00e9e africaine<\/em>&nbsp;\u00bb du g\u00e9n\u00e9ral<\/strong>, pour exposer son projet de nouvelle Constitution, adopt\u00e9e par r\u00e9f\u00e9rendum le 28 septembre 1958, et notamment l\u2019\u00e9pisode du vote non en Guin\u00e9e, sur la demande de S\u00e9kou Tour\u00e9. (p,327)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La description que fait l\u2019auteur des deux \u00ab&nbsp;adversaires&nbsp;\u00bb en surprendra plus d\u2019un, en \u00e9crivant&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Mais le grand drame se d\u00e9roula \u00e0 Conakry, le 25 ao\u00fbt, lorsque les deux grands visionnaires aux amours-propres non n\u00e9gligeables \u2013 Charles de Gaulle et S\u00e9kou Tour\u00e9 \u2013 s\u2019affront\u00e8rent sur le processus et la substance de la nouvelle structure propos\u00e9e.&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;(p,329<\/strong>)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et plus loin&nbsp;: \u00ab&nbsp;<strong><em>Choc de deux \u00e9gos, prompts \u00e0 s\u2018offusquer&nbsp;?<\/em><\/strong><em>&nbsp;Cette explication pourrait bien \u00eatre au c\u0153ur de l\u2019affaire. Mais il y a plus. De Gaulle avait d\u00e9j\u00e0 fait une concession majeure dans son discours de Brazzaville&nbsp;: le droit d\u2019un Etat membre \u00e0 r\u00e9clamer l\u2019ind\u00e9pendance, sans \u00eatre per\u00e7u comme s\u00e9cessionniste. Mais concernant la Constitution, de Gaulle avait invariablement affirm\u00e9 que voter non signifiait la s\u00e9cession, et la fin de toute aide fran\u00e7aise<\/em>.&nbsp;\u00bb (p,333)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On retrouvait donc toujours une question de gros sous, pour ne pas dire d\u2019int\u00e9r\u00eats mutuels bien compris.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019ajouterai qu\u2019il parait difficile de mettre sur le m\u00eame plan les deux hommes&nbsp;: est-ce que S\u00e9kou Tour\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas plus un apprenti dictateur qu\u2019un \u00ab&nbsp;visionnaire&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur fait \u00e9tat des man\u0153uvres de la France, en particulier au Niger, pour conserver le contr\u00f4le des op\u00e9rations du r\u00e9f\u00e9rendum, dans ce territoire o\u00f9 la France avait des int\u00e9r\u00eats dans l\u2019uranium, mais toute analyse du processus d\u00e9crit ne peut faire l\u2019impasse sur le contexte de la guerre froide<\/strong>, les nouvelles ambitions de l\u2019Union Sovi\u00e9tique en Afrique, et sur un des objectifs des gaullistes de pr\u00e9server le r\u00f4le international de la France, ou pour presque tous les gouvernements de la Quatri\u00e8me de pr\u00e9server la \u00ab&nbsp;<strong>grandeur<\/strong>&nbsp;\u00bb de la France\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Les r\u00e9sultats dans l\u2019AOF furent sans ambigu\u00eft\u00e9&nbsp;: le non recueillit 95 % des votes en Guin\u00e9e, le oui entre 94 et 99,98% (en C\u00f4te d\u2019Ivoire) partout ailleurs, sauf au Niger (78%). La R\u00e9publique de Guin\u00e9e fut proclam\u00e9e quelques jours plus tard.&nbsp;\u00bb (p,339)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le lecteur aurait tort de croire que les \u00e9lections se d\u00e9roulaient alors en Afrique noire comme dans les campagnes fran\u00e7aises, compte tenu du poids des \u00e9lecteurs illettr\u00e9s, qui n\u2019avaient pas toujours compris le sens de ce nouveau truc de blancs, et qui s\u2019en remettaient encore dans l\u2019hinterland \u00e0 la sagesse de leurs chefs, sages traditionnels, ou aux administrateurs encore en place .<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Puis-je citer une anecdote du Togo des ann\u00e9es 1950&nbsp;? Lors d\u2019une consultation \u00e9lectorale et dans le sud de ce territoire sous mandat, au moins un administrateur faisait ramasser les \u00e9lecteurs en camion et leur donnait l\u2019occasion d\u2019\u00e9tancher leur soif.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Houphou\u00ebt-Boigny<\/strong>&nbsp;avait expliqu\u00e9 clairement les enjeux du r\u00e9f\u00e9rendum&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Ce serait sortir de l\u2019Histoire, aller \u00e0 contre-courant, si, en Afrique, notamment, nous devions limiter notre \u00e9volution dans le cadre \u00e9troit d\u2019une nation\u2026. Il affirma que la qu\u00eate de la dignit\u00e9 \u00e9tait compatible avec l\u2019entr\u00e9e dans la Communaut\u00e9. La C\u00f4te d\u2019Ivoire, poursuivit-il, n\u2019avait pas les ressources financi\u00e8res n\u00e9cessaires \u00e0 sa propre d\u00e9fense&nbsp;; elle ne pouvait entretenir des ambassades dans 90 pays&nbsp;; seules des relations de coop\u00e9ration avec la France et ses partenaires europ\u00e9ens pourraient \u00ab&nbsp;f\u00e9conder nos richesses latentes&nbsp;\u00bb, et \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9chelon le plus \u00e9lev\u00e9&nbsp;\u00bb des tribunaux \u00e9tait le meilleur antidote contre une justice d\u00e9natur\u00e9e par des luttes internes (\u2026) le tribalisme.&nbsp;\u00bb\u2026&nbsp;<strong>Comment voulez-vous que l\u2019on puisse laisser \u00e0 un jeune Etat la facult\u00e9 d\u2019envoyer librement au poteau ses adversaires politiques&nbsp;?&nbsp;\u00bb (p,339)<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019annonce pr\u00e9monitoire de ce qu\u2019allait faire S\u00e9kou Tour\u00e9 en Guin\u00e9e&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>Chapitre VII &#8211; Unit\u00e9 et division en Afrique et en France (p,341)<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je vous avouerai, mais j\u2019aurais pu le faire presqu\u2019\u00e0 chaque page de ma lecture, que les concepts juridiques ou politiques abstraits que l\u2019auteur manie avec une grande dext\u00e9rit\u00e9, constituent \u00e0 mes yeux autant de challenges intellectuels, politiques, juridiques, et historiques \u00e0 soutenir.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comment ne pas \u00eatre admiratif \u00e0 l\u2019\u00e9gard des dirigeants fran\u00e7ais et africains de cette \u00e9poque qui les manipulaient avec autant de v\u00e9locit\u00e9&nbsp;que de dext\u00e9rit\u00e9?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au tout d\u00e9but de ce chapitre l\u2019auteur pose la bonne question, mais comment \u00e9tait-il possible d\u2019y r\u00e9pondre dans les soci\u00e9t\u00e9s encore coloniales de l\u2019\u00e9poque&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Mais o\u00f9 se situait la nation&nbsp;?<\/em><\/strong><strong>&nbsp;\u00bb (p,341)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Une communaut\u00e9 de r\u00e9publiques africaines&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La nouvelle communaut\u00e9 existait bien sur le papier, avec un Pr\u00e9sident, un Conseil ex\u00e9cutif, un S\u00e9nat, et une cour arbitrale, mais avec quels partenaires africains&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;<strong><em>La Communaut\u00e9 fran\u00e7aise ne pouvait continuer d\u2019exister<\/em><\/strong><em>&nbsp;<strong>sans l\u2019unit\u00e9 africaine.<\/strong>&nbsp;\u00bb (p,343)&nbsp;<\/em><strong>: pourquoi&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Plus loin, l\u2019auteur formule un ensemble d\u2019observations qui relativisent beaucoup le sens de ses analyses<\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<strong>Les nouveaux gouvernements n\u2019\u00e9taient pas uniquement confront\u00e9s \u00e0 la persistance de l\u2019administration fran\u00e7aise&nbsp;; ils avaient \u00e9galement \u00e0 gouverner un territoire de citoyens. Comment les ressortissants de l\u2019ex-AOF utilisaient-ils leur citoyennet\u00e9&nbsp;? Une r\u00e9ponse \u00e0 cette question n\u00e9cessiterait de savoir, comment les partis recrutaient leurs partisans, comment les organisations sociales et politiques formulaient leurs revendications et comment les gouvernements \u00e0 la fois d\u00e9terminaient et \u00e9taient influenc\u00e9s par les actes et les discours. Nous ne pouvons que sugg\u00e9rer que quelques pistes pour aborder ces questions dans le nouveau contexte.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur r\u00e9introduit le contexte des soci\u00e9t\u00e9s encore coloniales des ann\u00e9es 1950, dont la grande majorit\u00e9 des membres passaient compl\u00e8tement \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ces discussions savantes, en ajoutant qu\u2019en m\u00e9tropole l\u2019opinion publique, hors les guerres d\u2019Indochine et d\u2019Alg\u00e9rie, n\u2019\u00e9tait pas plus concern\u00e9e par ces discussions de sp\u00e9cialistes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Enfin, je n\u2019ai pas trouv\u00e9 dans ma lecture, trace des \u00ab&nbsp;<em>quelques pistes&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;annonc\u00e9es.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les nouveaux gouvernements africains eurent rapidement \u00e0 faire face aux revendications des syndicats sur lesquels ils s\u2019\u00e9taient largement appuy\u00e9s pour prendre le pouvoir, notamment au S\u00e9n\u00e9gal, ou au Soudan, objets d\u2019\u00e9tude privil\u00e9gi\u00e9s par l\u2019auteur.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les efforts entrepris pour mettre sur pied une nouvelle organisation africaine qui prenne la rel\u00e8ve de l\u2019AOF ne furent pas concluants avec une F\u00e9d\u00e9ration du Mali (S\u00e9n\u00e9gal, Mali, en janvier 1959) qui ne fit pas long feu, et sur l\u2019autre versant, un Conseil de l\u2019Entente (C\u00f4te d\u2019Ivoire, Niger, Haute Volta, Dahomey, en mai 1959) avec des liens institutionnels moins ambitieux, de type conf\u00e9d\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les dirigeants africains avaient autant de difficult\u00e9 \u00e0 mettre sur pied une nouvelle organisation que les dirigeants fran\u00e7ais, lesquels devaient r\u00e9soudre une autre quadrature du cercle, celle d\u2019une solution constitutionnelle qui ne pouvait \u00eatre standard, compte tenu de la diversit\u00e9 des composantes de l\u2019ancien empire colonial.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les syndicalistes se situaient \u00e0 des ann\u00e9es-lumi\u00e8re des soci\u00e9t\u00e9s dont ils faisaient partie, en leur qualit\u00e9 de fers de lance, et la citation que fait l\u2019auteur sur la position de l\u2019Union soudanaise RDA en est un bon exemple&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;&nbsp;<strong><em>Le journal de l\u2019Union&nbsp; soudanaise-RDA parla d\u2019une \u00ab&nbsp;nation ouest<\/em><\/strong><em>&#8211;<strong>africaine&nbsp;\u00bb en formation<\/strong>, soud\u00e9e par la g\u00e9ographie et l\u2019exp\u00e9rience commune, notamment celle de cinquante ans&nbsp; de colonisation. Le parti affirmait qu\u2019une f\u00e9d\u00e9ration africaine \u00e9tait le seul moyen de faire face \u00e0 \u00ab&nbsp;une Afrique encore morcel\u00e9e, sujette aux vieilles rivalit\u00e9s raciales, o\u00f9 la conscience nationale ne se manifeste que par une hostilit\u00e9 commune contre la pr\u00e9sence dominatrice des Blancs, o\u00f9 l\u2019\u00e9conomie est rudimentaire.&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;(p,347)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Es<em>t-<\/em>ce qu\u2019il existait en 1958, date de cet article, une<em>&nbsp;\u00ab&nbsp;nation ouest-africaine<\/em>&nbsp;\u00bb, m\u00eame&nbsp;\u00ab&nbsp;en formation ? Non, et le tirage de ce journal \u00e9tait tout \u00e0 fait limit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comme le relate l\u2019auteur, de fortes tensions se produisirent alors entre Etats voisins, avec des expulsions de fonctionnaires selon leur origine.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<strong><em>Vers l\u2019ind\u00e9pendance, mais non vers l\u2019Etat-nation<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb (p,355)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Est-ce qu\u2019une revendication d\u2019Etat-nation a jamais exist\u00e9 en AOF, sauf dans la t\u00eate et le discours d\u2019une petite minorit\u00e9 d\u2019\u00e9volu\u00e9s&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je r\u00e9p\u00e8te que l\u2019usage de l\u2019expression Etat-nation est alors tout \u00e0 fait ambigu dans le cas de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur \u00e9crit plus loin&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp; Mais en ao\u00fbt 1959, le Mali existait en tant que f\u00e9d\u00e9ration de deux Etats. Il n\u2019\u00e9tait pas encore reconnu en tant qu\u2019Etat en soi, et devait encore se transformer en nation.&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;(p,356)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quel est le sens donn\u00e9 par l\u2019auteur \u00e0 ce concept d\u2019Etat-nation&nbsp;?<\/strong>&nbsp;Un Etat reconnu sur le plan international&nbsp;? Mais si tel est le cas, il parait \u00e9vident que seule l\u2019ind\u00e9pendance, l\u2019issue qui faisait encore h\u00e9siter les dirigeants africains, \u00e9tait susceptible&nbsp; de r\u00e9pondre \u00e0 cette attente, le nouvel Etat ind\u00e9pendant se coulant dans ce qui ressemblait \u00e0 un morceau de l\u2019Etat colonial.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Houphou\u00ebt-Boigny avait une vue plus r\u00e9aliste de la situation que ses confr\u00e8res et la phrase&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Houphou\u00ebt-Boigny n\u2019a pas cherch\u00e9 \u00e0 convaincre le peuple fran\u00e7ais d\u2019entrer dans une f\u00e9d\u00e9ration d\u2019\u00e9gaux avec ceux des Etats africains<\/em>\u2026&nbsp;<em>Tous deux, (avec Senghor) pensaient en termes de connexions, et non en&nbsp; termes d\u2019unit\u00e9s nationales d\u00e9limit\u00e9es.&nbsp;\u00bb (<\/em><\/strong><em>p,358)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur fait appel au terme de \u00ab&nbsp;<em>connexions&nbsp;\u00bb<\/em>, un concept qu\u2019il aime bien et qui pourrait \u00eatre novateur, \u00e0 condition de l\u2019illustrer historiquement&nbsp;: qu\u2019est-ce \u00e0 dire&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En tout \u00e9tat de cause, et compte tenu des situations postcoloniales en construction, les nouveaux Etats ne pouvaient d\u00e9couler que des anciens Etats coloniaux dans les limites g\u00e9ographiques des territoires qui avaient \u00e9t\u00e9 dessin\u00e9es arbitrairement par l\u2019ancien pouvoir colonial, qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 anglais, fran\u00e7ais, allemand, espagnol ou portugais.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur cite d\u2019ailleurs la position sans ambigu\u00eft\u00e9 du syndicat l\u2019Union soudanaise, toujours dans le journal d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Cinquante ans ou plus de suj\u00e9tion commune ont cr\u00e9\u00e9 en Afrique occidentale sous domination fran\u00e7aise les conditions n\u00e9cessaires et suffisantes \u00e0 la stabilit\u00e9 de la nation africaine et \u00e0 son d\u00e9veloppement.&nbsp;\u00bb (p,365)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur d\u2019ajouter&nbsp;: \u00ab&nbsp;&nbsp;<strong><em>L\u2019AOF satisfaisait les crit\u00e8res de constitution d\u2019une nation&nbsp;: cinquante ans de stabilit\u00e9, une langue commune, le fran\u00e7ais, la contigu\u00eft\u00e9 g\u00e9ographique, la communaut\u00e9 \u00e9conomique et une \u00ab&nbsp;communaut\u00e9 culturelle&nbsp;\u00bb sur une base n\u00e9gro-africaine.&nbsp;Tout cela formait le soubassement de la construction d\u2019une nation mais tout le monde ne voyait pas la situation en ces termes<\/em><\/strong>.\u00bb (p,366)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des crit\u00e8res de constitution d\u2019une nation d\u00e9finis par quel l\u00e9giste&nbsp;ou historien?<\/strong>&nbsp;<strong>Une&nbsp;<\/strong>\u00ab&nbsp;<strong><em>communaut\u00e9 culturelle<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/strong>&nbsp;Qu\u2019\u00e9tait-ce \u00e0 dire dans le patchwork des langues et des cultures de l\u2019ouest africain, pour ne pas parler des religions qui constitu\u00e8rent souvent les vraies connexions dans ces territoires.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les nouvelles citoyennet\u00e9s, pour autant qu\u2019elles soient red\u00e9finies ou d\u00e9finies, ne pouvaient d\u00e9couler que des formes coloniales de l\u2019AOF, r\u00e9cemment affect\u00e9es par une dose de d\u00e9mocratie \u00e0 l\u2019occidentale.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; D\u2019ailleurs, l\u2019auteur l\u2019exprime clairement&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Le nouvel&nbsp; Etat f\u00e9d\u00e9ral exprimerait et construirait la nation africaine. Il ferait cela \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la Communaut\u00e9. La nation ne pouvait \u00eatre s\u00e9n\u00e9galaise ou soudanaise, et Senghor esp\u00e9rait que la F\u00e9d\u00e9ration du Mali serait la premi\u00e8re \u00e9tape vers la cr\u00e9ation de la nation africaine. La patrie que Senghor voulait pr\u00e9server en 1955 \u00e9tait devenue en 1959 un bloc constitutif de quelque chose de plus grand, de plus inclusif, de plus solide. Et Senghor, l\u00e9gislateur autant que po\u00e8te, consid\u00e9rait que la nation ne se construirait pas simplement d\u2019elle-m\u00eame.&nbsp;\u00bb (p,365)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019ajouterai plus po\u00e8te que l\u00e9gislateur, et Senghor n\u2019avait pas fait Normal \u2019Sup pour rien.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le Conseil ex\u00e9cutif de la Communaut\u00e9 se r\u00e9unissait, mais il ressemblait de plus en plus \u00e0 un club de type anglais, car la Communaut\u00e9, comme cela avait \u00e9t\u00e9 le cas avant pour l\u2019Union, \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 mort-n\u00e9e.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En d\u00e9finitive, il n\u2019y avait pas plus de Communaut\u00e9 qui ressemble \u00e0 un Etat reconnu sur le plan international, le crit\u00e8re premier de l\u2019existence d\u2019un Etat, avec ses fronti\u00e8res et son gouvernement souverain, encore moins reposant sur une assiette nationale, qu\u2019il existait au plan africain un Etat-nation, partie d\u2019un autre Etat de type f\u00e9d\u00e9ral ou conf\u00e9d\u00e9ral.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le d\u00e9bat sortait enfin du flou des discussions et l\u2019id\u00e9e d\u2019une Communaut\u00e9 multinationale&nbsp;<em>\u00ab&nbsp; Justice, droits et progr\u00e8s social dans une Communaut\u00e9 multinationale&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em>(p,379) ne correspondait pas aux situations postcoloniales des ann\u00e9es 1950, \u00e9tant donn\u00e9 que les nations constituantes, en Afrique noire, n\u2019\u00e9taient que r\u00eave et fiction.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A la page 384, l\u2019auteur r\u00e9sume bien les donn\u00e9es essentielles des probl\u00e8mes pos\u00e9s&nbsp;: \u00ab&nbsp;<strong><em>Mais si la question de co\u00fbt et b\u00e9n\u00e9fices associ\u00e9s aux territoires d\u2019outre-mer \u00e9tait pr\u00e9occupante \u2013 en particulier face aux revendications de l\u2019\u00e9galit\u00e9 sociale et \u00e9conomique li\u00e9e \u00e0 la citoyennet\u00e9 -, la plupart des dirigeants avaient n\u00e9anmoins le sentiment que la France devait sa stature \u00e0 sa pr\u00e9sidence sur un vaste ensemble. La France tentait&nbsp; elle aussi de gagner sur les deux tableaux, et de limiter&nbsp; ses responsabilit\u00e9s financi\u00e8res et autres tout en affirmant soutenir, pour reprendre la formule utilis\u00e9e par Pierre-Henri Teitgen en 1959, \u00ab&nbsp; la mont\u00e9e des peuples dans la communaut\u00e9 humaine<\/em>.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour r\u00e9sumer le dilemme, prestige contre gros sous&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>Chapitre VIII \u2013 Devenir national (p,387 \u00e0 442)<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Avant de commenter ce chapitre, pourquoi ne pas faire part de mon embarras devant un tel titre \u00ab&nbsp;<em>Devenir national<\/em>&nbsp;\u00bb, \u00e0 la fois constat et challenge, pour qui a eu une certaine connaissance de l\u2019histoire africaine de l\u2019ouest et de ses r\u00e9alit\u00e9s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et tout autant sur la signification du qualificatif national&nbsp;? Qu\u2019est- ce \u00e0 dire&nbsp;? Dans le sens du national \u00e9gale \u00e9tatique, \u00e9tant donn\u00e9 que les nouveaux Etats n\u2019avaient gu\u00e8re d\u2019existence que dans les fronti\u00e8res et le moule de l\u2019ancien Etat bureaucratique colonial&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Par ailleurs, cet ouvrage cite souvent les journaux, telle ou telle opinion, mais sans jamais nous donner l\u2019audience et le tirage de ces journaux, pas plus qu\u2019il ne nous donne les quelques sondages qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 effectu\u00e9s sur les th\u00e8mes historiques analys\u00e9s par l\u2019auteur.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur \u00e9crit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Malgr\u00e9 l\u2019\u00e9vident dynamisme politique de la fin de l\u2019ann\u00e9e 1959, il \u00e9tait clair qu\u2019aucun des principaux acteurs ne parviendrait \u00e0 obtenir ce qu\u2019il souhaitait le plus. De Gaulle voulait une f\u00e9d\u00e9ration avec un centre fort, une seule citoyennet\u00e9, une seule nationalit\u00e9, et l\u2019engagement de tous ceux qui acceptaient la nouvelle Constitution de rester dans la Communaut\u00e9 fran\u00e7aise. Il se retrouva avec une structure qui n\u2019\u00e9tait ni f\u00e9d\u00e9rale ni conf\u00e9d\u00e9rale, avec de multiples nationalit\u00e9s, avec \u00e9galement des territoires qui pouvaient exercer leur droit \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance quand ils l\u2019entendaient\u2026&nbsp;\u00bb (p387)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De Gaulle aveugle \u00e0 ce point, alors qu\u2019il avait d\u2019autres territoires sur les bras, notamment l\u2019Alg\u00e9rie&nbsp;? Une guerre d\u2019Alg\u00e9rie qui n\u2019en finissait pas et qui co\u00fbtait cher \u00e0 la France&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;La Constitution de 1958 avait plac\u00e9 les dirigeants politiques africains dans une position de force, mais aussi d\u00e9licate \u2013 un compromis insatisfaisant entre autonomie et subordination \u2013 avec toutefois une option de s\u00e9cession qui permettait aux Etats membres de poser de nouvelles demandes<\/em>.&nbsp;\u00bb (p,387)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans une analyse intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;<em>La F\u00e9d\u00e9ration du Mali et la Communaut\u00e9<\/em>&nbsp;<em>fran\u00e7aise&nbsp;: n\u00e9gocier l\u2019ind\u00e9pendance<\/em>&nbsp;\u00bb, l\u2019auteur \u00e9crit&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Le meilleur espoir de maintenir l\u2019unit\u00e9 de la Communaut\u00e9 fran\u00e7aise \u00e9tait \u2013 et&nbsp;<strong>certains sages \u00e0 Paris le savaient<\/strong>&nbsp;\u2013 la F\u00e9d\u00e9ration du Mali. Si le Mali r\u00e9ussissait, d\u2019autres territoires pourraient voir les avantages d\u2019appartenance \u00e0 un grand ensemble. Il y avait deux probl\u00e8mes imm\u00e9diats. L\u2019un \u00e9tait le Mali lui-m\u00eame&nbsp;: une f\u00e9d\u00e9ration de deux Etats \u2013 et de ces deux Etats en particulier- \u00e9tait-elle viable&nbsp;? Le second \u00e9tait Houphou\u00ebt-Boigny qui ne voulait pas que le Mali devienne l\u2019avant-garde de l\u2019Afrique. Si le Mali prenait l\u2019initiative de rechercher l\u2019ind\u00e9pendance, Houphou\u00ebt-Boigny et ses alli\u00e9s du Conseil de l\u2019Entente seraient oblig\u00e9s de le suivre.<\/em>&nbsp;&nbsp;\u00bb (p,388)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Questions&nbsp;: de quels \u00ab&nbsp;<em>sages<\/em>&nbsp;\u00bb s\u2019agit-il<\/strong>&nbsp;? Est-ce que vraiment il \u00e9tait possible de croire \u00e0 la solidit\u00e9 de la dite f\u00e9d\u00e9ration, compte tenu de toutes les tensions existant d\u00e9j\u00e0 entre les dirigeants de deux entit\u00e9s qui n\u2019avaient pas le m\u00eame poids d\u00e9mographique, politique et \u00e9conomique&nbsp;? Est-ce que l\u2019ind\u00e9pendance de la Gold-Coast, ainsi que l\u2019autonomie du Togo, en voie vers l\u2019ind\u00e9pendance, ne constituaient pas des facteurs plus pertinents d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration du processus de d\u00e9colonisation, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019ind\u00e9pendance&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comment ne pas ajouter que le dossier alg\u00e9rien avait une autre importance que celui de l\u2019AOF, ou de l\u2019AEF, quasiment absent de ce type d\u2019analyse, avec, en 1959, la d\u00e9claration de Gaulle annon\u00e7ant l\u2019autod\u00e9termination de l\u2019Alg\u00e9rie&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comment ne pas ajouter une fois de plus que l\u2019URSS intervenait de plus en plus en Afrique, que l\u2019ONU et les Etats-Unis pressaient les nations coloniales de laisser les peuples coloniaux disposer d\u2019eux-m\u00eames, et que de nouveaux acteurs issus du Tiers Monde poussaient dans le m\u00eame sens&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le fait que Foccart ait repris ce dossier en mars 1960 (p,393) montre bien que la France \u00e9tait pass\u00e9 dans un autre monde, un monde \u00ab&nbsp;d\u2019ombres&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur d\u00e9crit les n\u00e9gociations engag\u00e9es avec la France, les p\u00e9rip\u00e9ties, les ambitions affich\u00e9es, mais il est \u00e9vident que le Mali ne pouvait n\u00e9gocier qu\u2019avec la R\u00e9publique fran\u00e7aise, et non avec Une Communaut\u00e9 mort-n\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les discussions tourn\u00e8rent rapidement autour des modalit\u00e9s de l\u2019ind\u00e9pendance, d\u2019autant plus que les \u00ab&nbsp;<strong><em>Tensions d\u2019ind\u00e9pendance<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb (p,404) entre le S\u00e9n\u00e9gal et le Mali, au sein d\u2019une f\u00e9d\u00e9ration qui ne fit pas long feu, avec le coup d\u2019Etat de Modibo Keita, dans la nuit du 19 au 20 ao\u00fbt 1960.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur en rend compte dans \u00ab&nbsp;<strong><em>La br\u00e8ve vie et la chute dramatique de la F\u00e9d\u00e9ration du Mali&nbsp;\u00bb (p,412).<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cet \u00e9pisode \u00e9tait l\u2019annonce des d\u00e9rives de type dictatorial qui caract\u00e9ris\u00e8rent l\u2019Afrique de l\u2019Ouest et qui d\u00e9montraient la fiction du concept \u00ab&nbsp;<strong><em>national&nbsp;<\/em><\/strong>\u00bb dont se targuaient, avec leur talent oratoire habituel, les dirigeants africains d\u2019alors.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une mention tout \u00e0 fait sp\u00e9ciale sur le passage o\u00f9 l\u2019auteur \u00e9voque la fa\u00e7on dont on \u00e9crit l\u2019histoire, et \u00e0 mes yeux, quel que soit l\u2019auteur ou la p\u00e9riode \u00e9voqu\u00e9e, dans le cas pr\u00e9sent cette phase de la d\u00e9colonisation<\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;&nbsp;<strong>Restait \u00e0 gagner le contr\u00f4le de l\u2019histoire de la nuit du 19 au 20 ao\u00fbt 1960.<\/strong>&nbsp;Les deux camps \u2013 depuis longtemps ardents partisans de la f\u00e9d\u00e9ration \u2013 avaient fait entorse aux principes fondamentaux du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral. Keita avait tent\u00e9&nbsp;&nbsp;<strong>un coup de palais<\/strong>, violant les normes de l\u2019\u00e9quilibre et de la consultation sur lesquelles reposait la f\u00e9d\u00e9ration&nbsp;: Dia et Senghor avaient fait s\u00e9cession de la F\u00e9d\u00e9ration. Keita fut confin\u00e9 quelques jours dans sa r\u00e9sidence puis rumina ses griefs contre la France qui n\u2019\u00e9tait pas intervenue pour pr\u00e9server la F\u00e9d\u00e9ration.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Senghor avait une bonne histoire \u00e0 raconter<\/em><\/strong><em>, et il la raconta bien. D\u00e8s le 23, il donna une conf\u00e9rence de presse dont le texte fut rapidement imprim\u00e9 et distribu\u00e9 par le gouvernement du S\u00e9n\u00e9gal. Il y affirmait que la diff\u00e9rence entre les deux pays \u00e9tait moins d\u2019id\u00e9ologie que de \u00ab&nbsp;m\u00e9thode&nbsp;\u00bb. Les m\u00e9thodes soudanaises \u00e9taient \u00ab&nbsp;plus totalitaires&nbsp;\u00bb. Les Soudanais voulaient un \u00ab&nbsp;un Etat unitaire&nbsp;\u00bb. Le S\u00e9n\u00e9gal voulait un&nbsp; r\u00e9gime d\u00e9mocratique, le Soudan, non\u2026.. Le pire \u00e9tait \u00ab&nbsp;l\u2019intrusion&nbsp;\u00bb de Modibo Keita dans les affaires int\u00e9rieures de la R\u00e9publique du S\u00e9n\u00e9gal<\/em>&nbsp;\u00bb (p,420)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<strong><em>Coup de palais<\/em>&nbsp;\u00bb ou coup d\u2019Etat&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le S\u00e9n\u00e9gal ne mit pas beaucoup de temps pour suivre le chemin politique du Mali.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il convient de noter, comme le souligne l\u2019auteur, que les circonvolutions politiques et juridiques qui affect\u00e8rent les relations entre la France et les nouveaux Etats ne firent pas l\u2019objet d\u2019un processus constitutionnel, comme&nbsp; cela aurait pu et d\u00fb \u00eatre le cas, mais d\u2019un processus l\u00e9gislatif.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur d\u00e9crit les causes d\u2019un \u00e9chec qui \u00e9taient largement inscrites dans l\u2019histoire de ces pays et dans la complexit\u00e9 des revendications africaines portant sur des sujets aussi vari\u00e9s que la souverainet\u00e9, la nation (\u00ab&nbsp;<em>o\u00f9 se situaient la nation et la souverainet\u00e9&nbsp;\u00bb (p,426),&nbsp;<\/em>le lien f\u00e9d\u00e9ral ou conf\u00e9d\u00e9ral, la citoyennet\u00e9, avec le surgissement, presque \u00e0 chaque phase du d\u00e9bat, de l\u2019absence de l\u2019\u00e9tat civil, de la place des statuts personnels auxquels m\u00eame Dia, \u00e9tait attach\u00e9, de la polygamie, et cerise sur la g\u00e2teau, l\u2019accusation d\u2019une \u00ab&nbsp;<em>s\u00e9n\u00e9galit\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb dominante dans tous ces dossiers.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A titre d\u2019exemple&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp; La loi sur la nationalit\u00e9 supposait ce dont Senghor et Dia avaient longtemps dit qu\u2019ils n\u2019en voulaient pas&nbsp;: la \u00ab&nbsp;s\u00e9n\u00e9galit\u00e9&nbsp;\u00bb. Le gouvernement s\u2019arrogeait le droit de d\u00e9cider qui, en corps et en esprit, \u00e9tait r\u00e9ellement s\u00e9n\u00e9galais. La s\u00e9n\u00e9galit\u00e9 fut accessible, du moins pour un temps, aux habitants des pays limitrophes. En raison des insuffisances de l\u2019\u00e9tat civil\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette m\u00e9connaissance du S\u00e9n\u00e9gal \u00e0 l\u2019\u00e9gard des personnes vivant sur son territoire en 1961 n\u2019est pas sans rappeler l\u2019incapacit\u00e9 dans laquelle le gouvernement fran\u00e7ais pour mettre en place un \u00e9tat civil efficace. L\u2019Etat s\u00e9n\u00e9galais pourrait-il faire mieux&nbsp;? Il essaya.&nbsp;\u00bb&nbsp;(p,430)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A la diff\u00e9rence pr\u00e8s que le gouvernement fran\u00e7ais avait but\u00e9 sur l\u2019obstacle infranchissable des statuts personnels&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jean Pierre Renaud &#8211; Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Fran\u00e7ais et Africains\u00a0?\u00a0\u00bb Frederick Cooper &amp; 4 Chapitre VI &#8211; Du territoire d\u2019outre-mer \u00e0 l\u2019Etat membre (page 295 \u00e0 340) Constitution et conflit, 1958 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il parait difficile, pour ne pas dire exclu, d\u2019aborder un tel sujet sans tenir compte du contexte international et fran\u00e7ais, et en faisant l\u2019impasse sur la crise que traversait alors &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2015\/10\/07\/francais-et-africains-frederick-cooper-lecture-4\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;\u00ab\u00a0Fran\u00e7ais et Africains ?\u00a0\u00bb Frederick Cooper Lecture 4&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[249,906,273,270,2054,2435,1031],"class_list":["post-2325","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire","tag-afrique","tag-aof","tag-colonies","tag-france","tag-frederick-cooper","tag-houphouet-boigny","tag-outre-mer"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2325","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2325"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2325\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2326,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2325\/revisions\/2326"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2325"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2325"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2325"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}