{"id":2514,"date":"2017-01-26T14:22:04","date_gmt":"2017-01-26T13:22:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2514"},"modified":"2021-07-10T14:25:38","modified_gmt":"2021-07-10T12:25:38","slug":"la-fin-des-terroirs-eugen-weber-troisieme-partie-changement-et-assimilation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2017\/01\/26\/la-fin-des-terroirs-eugen-weber-troisieme-partie-changement-et-assimilation\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0La fin des terroirs\u00a0\u00bb Eugen Weber- Troisi\u00e8me partie \u00ab\u00a0Changement et assimilation\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>\u00ab La fin des terroirs \u00bb Eugen Weber<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>III<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Troisi\u00e8me partie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Changement et assimilation (p,447)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les lecteurs un peu familiaris\u00e9s avec les discours coloniaux anciens ou r\u00e9cents sur l\u2019assimilation des immigr\u00e9s, seront peut-\u00eatre surpris de voir qu\u2019Eugen Weber a choisi le m\u00eame terme pour caract\u00e9riser le processus de francisation de la France.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Qu\u2019est-ce \u00e0 dire ? La France coloniale de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique avait l\u2019ambition de porter la civilisation outre-mer, d\u2019assimiler les \u00ab indig\u00e8nes \u00bb, alors qu\u2019elle peinait \u00e0 assimiler ses propres \u00ab indig\u00e8nes \u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous&nbsp; nous proposons de consacrer quelques pages au rapprochement que sugg\u00e8re la comparaison entre la situation&nbsp;<em>coloniale de la France<\/em>&nbsp;et les&nbsp;<em>situations coloniales rencontr\u00e9es de l\u2019outre-mer.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<\/strong><strong><em>F\u00eates et coutumes<\/em><\/strong><strong>&nbsp;\u00bb (chapitre XXI, page 449)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Nous avons examin\u00e9 les agents du changement. Il est temps maintenant de voir quels sont les effets directs de leur conjonction. Et puisque nous venons de quitter le domaine de la religion, nous pouvons commencer avec un domaine qui lui est apparent\u00e9, celui des f\u00eates. \u00bb (p,449)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab L\u2019Empire disparut mais la m\u00e9fiance \u00e0 l\u2019\u00e9gard des manifestations populaires subsista \u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab A cette fin, les f\u00eates officielles se mirent \u00e0 rivaliser avec les f\u00eates traditionnelles, et aid\u00e8rent finalement \u00e0 les supprimer. \u00bb (p,461)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Mais les grands jours des c\u00e9r\u00e9monies civiques ne vinrent qu\u2019avec les ann\u00e9es 1880. L\u2019ann\u00e9e 1879 inaugura la R\u00e9publique des r\u00e9publicains. Jules Gr\u00e9vy devint pr\u00e9sident. Les pouvoirs publics quitt\u00e8rent Versailles pour Paris. \u00ab La Marseillaise \u00bb devint l\u2019hymne national. En 1880, le 14 juillet devint la f\u00eate nationale, bien qu\u2019il lui fall\u00fbt du temps pour \u00eatre accept\u00e9e. \u00bb(p,462)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il semble tr\u00e8s probable que malgr\u00e9 un si\u00e8cle d\u2019efforts, de nombreuses petites communes des ann\u00e9es 1880 (telle Orcines, dans le Puy de D\u00f4me) n\u2019avaient jamais connu avant cette date ces c\u00e9l\u00e9brations publiques\u2026 En 1889, quand la R\u00e9publique c\u00e9l\u00e9bra le centi\u00e8me anniversaire de la R\u00e9volution, les festivit\u00e9s officielles avaient progress\u00e9 \u00e0 la fois quantitativement et qualitativement.. Les banquets \u00e9taient devenus une partie essentielle des festivit\u00e9s, les illuminations n\u2019\u00e9taient plus une exception, mais la r\u00e8gle, et l\u2019initiative populaire pouvait aussi se manifester, par exemple en organisant des bals. \u00bb (p,463)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Mais si les grandes c\u00e9r\u00e9monies de l\u2019Eglise d\u00e9clin\u00e8rent, il en alla de m\u00eame avec des f\u00eates et des rites locaux plus humbles. Il est d\u00e9j\u00e0 question d\u2019un d\u00e9clin sous la Monarchie de juillet. .. Les causes du d\u00e9clin \u00e9taient nombreuses, le d\u00e9clin lui-m\u00eame semblait \u00e9vident. La croyance en la fonction b\u00e9n\u00e9fique des&nbsp; c\u00e9r\u00e9monies populaires s\u2019\u00e9vanouissait. \u00bb \u00bb(p464, 465)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Les f\u00eates communales et historiques finirent par dispara\u00eetre ; les c\u00e9l\u00e9brations autrefois publiques devinrent de plus en plus priv\u00e9es. No\u00ebl, le Nouvel An, la Veill\u00e9e des Rois, tout cela devint du ressort des familles \u00bb (p,471))<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Charivaris \u00bb<\/em><\/strong><strong><em>&nbsp;(chapitre XXII, page 472)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Beaucoup de gens peuvent regretter la disparition de c\u00e9l\u00e9brations traditionnelles comme le carnaval. Mais peu d\u2019entre nous, et sans doute peu de gens de l\u2019\u00e9poque voudraient verser une larme sur un aspect plus sombre de ce dernier, que nous n\u2019avons fait qu\u2019effleurer jusqu\u2019ici : la ridiculisation et la punition de ceux qui avaient contrevenu aux r\u00e8gles de la soci\u00e9t\u00e9 villageoise. Ce type de censure sociale \u00e9tait bien diff\u00e9rent de celui que la soci\u00e9t\u00e9 pouvait ou voulait dispenser. L\u2019Etat avait ses lois, ses gendarmes, ses magistrats. Il n\u2019y avait pas de place pour la justice non officielle dont le courroux s\u2019abattait sur ceux qui avaient \u00ab p\u00each\u00e9 \u00bb contre la soci\u00e9t\u00e9. Et pourtant cette forme de justice grossi\u00e8re dura jusqu\u2019au XX\u00b0 si\u00e8cle.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Celui qui transgressait les normes \u00e9tait encore jug\u00e9 et br\u00fbl\u00e9 en effigie pendant le carnaval dans les petits bourgs des&nbsp; Charentes peu avant 1914, ou promen\u00e9 sur un \u00e2ne, la t\u00eate vers sa queue, comme cela se produisait apparemment encore en Champagne ou dans les Ardennes au tournant du si\u00e8cle. \u00bb (p,473)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur cite \u00e9galement le cas de nombreux charivaris qui avaient pour objet de tourner en ridicule cur\u00e9s ou \u00e9lus.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Foires et march\u00e9s<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/strong><strong>(chapitre XXIII, page 483)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>L\u2019\u00e9volution de la sociabilit\u00e9 dans les campagnes peut \u00eatre \u00e9tudi\u00e9e (et elle devrait \u00eatre \u00e9tudi\u00e9e, mais nous ne pouvons lui accorder ici qu\u2019une attention partielle) dans deux autres domaines : celui de la place publique du march\u00e9 et celui, semi-priv\u00e9 mais tr\u00e8s collectif de la veill\u00e9es.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les march\u00e9s et les foires constituaient des rouages essentiels de l\u2019ancien appareil \u00e9conomique : plaques tournantes des principaux \u00e9changes, ils se d\u00e9roulent le plus souvent dans un contexte local d\u00e9termin\u00e9<\/em><\/strong><strong>.&nbsp;<em>Les march\u00e9s \u00e9taient fr\u00e9quents, au moins hebdomadaires ; on y vendait et achetait des produits d\u2019usage courant, mais surtout de la nourriture. Les foires \u00e9taient p\u00e9riodiques et proposaient un un plus grand choix de produits, v\u00eatements, b\u00e9tail, outils et ustensiles m\u00e9nagers, ainsi que des distractions. Dans toutes les soci\u00e9t\u00e9s rurales, un nombre relativement important de paysans sans terre, une quantit\u00e9 variable d\u2019artisans ou de forestiers, parfois les deux, devaient acheter tout ou partie de leur nourriture bien qu\u2019elle vint de chez leurs voisins.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comme les traditionnelles migrations saisonni\u00e8res, les march\u00e9s jouaient leur r\u00f4le dans le maintien des institutions archa\u00efques en permettant \u00e0 leur client\u00e8le de joindre les deux bouts. Les pauvres gens achetaient et vendaient en petite quantit\u00e9, aussi devaient-ils se rendre souvent au march\u00e9. Dans l\u2019ancienne soci\u00e9t\u00e9 le march\u00e9 tient lieu de commerces, qui n\u2019existent pas encore\u2026La fr\u00e9quence des march\u00e9s s\u2019intensifia lorsque les bourgeois dont la nombre et le niveau de vie s\u2019\u00e9taient accrut apr\u00e8s les ann\u00e9es 1830\u2026 \u00bb (p,483)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Chaque petite ville, consciente de l\u2019activit\u00e9 et des gains qu\u2019une foire pouvait lui procurer, en voulait une pour elle seule. Les d\u00e9crets imp\u00e9riaux de 18542 et 1864 simplifi\u00e8rent les d\u00e9marches qui permettaient d\u2019obtenir l\u2019autorisation d\u2019en cr\u00e9er ou d\u2019en rajouter\u2026. En 1903, sur les 172 foires annuelles du Puy de D\u00f4me, on disait que 21 avaient \u00e9t\u00e9 institu\u00e9es depuis des temps imm\u00e9moriaux, que 21 avaient \u00e9t\u00e9 institu\u00e9es apr\u00e8s 1850, 14, entre 1851 et 1870. On cr\u00e9a ensuite quantit\u00e9 de nouvelles foires : 39 entre 1871 et 1880, 21&nbsp; de plus entre 1881 et 1890 et 33 autres entre 1891 et 1903 . \u00bb (p,485)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Mais l\u00e0, n\u2019\u00e9tait pas le plus important, car la fonction essentielle du march\u00e9 et de la foire \u00e9tait sociale\u2026 Dans ce cas, comme dans les autres, la foire cr\u00e9ait la seule et importante occasion de nouer des contacts avec le monde ext\u00e9rieur\u2026 (p,487)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est possible que les foires aient favoris\u00e9 l\u2019imitation des m\u0153urs citadines \u00e0 un moment o\u00f9 les paysans \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 les assimiler. Le contact avec les citadins impliquait une certaine m\u00e9fiance. Les \u00e9changes \u00e9taient limit\u00e9s au seul commerce et l\u2019homme de la ville \u00e9tait immanquablement consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00eatre mani\u00e9r\u00e9, rapace et inflexible. Nous savons maintenant qu\u2019il s\u2019y passait plus de choses. Ainsi le commentaire d\u2019un agronome estimait en 1884, que les paysans limougeauds apprenaient plus de fran\u00e7ais dans les foires qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9cole. \u00bb (p,488)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab La veill\u00e9e \u00bb (<\/em><\/strong><strong><em>chapitre XXIV, page 491)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab A travers presque toute la France rurale, les soir\u00e9es d\u2019hiver \u00e9taient longues, froides et solitaires. On devait \u00e9conomiser le&nbsp; feu ainsi que les bougies et les chandelles. Tout cela co\u00fbtait trop cher. Une chaleur et une lumi\u00e8re suffisantes \u00e9taient chose presque impensables. \u00bb (p,491)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; D\u2019o\u00f9 l\u2019importance des veill\u00e9es comme lieux de soci\u00e9t\u00e9 villageoise.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur cite des exemples de leur r\u00f4le, entre autres : \u00ab&nbsp;<em>Dans un autre village de la Loire, Saint Martin-d\u2019Estr\u00e9aux, pas loin de Lapalisse, en 1910, les quatre cinqui\u00e8mes des mariages \u00e9taient le fruit des veill\u00e9es.<\/em>&nbsp;\u00bb (p,493<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab La sagesse populaire<\/em><\/strong><strong><em>&nbsp;\u00bb Chapitre XXV, page 497<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Avec la fin des veill\u00e9es, c\u2019est une des principales institutions de la transmission du savoir oral qui disparaissait. Dans les veill\u00e9es, il se disait beaucoup de choses : r\u00e9cits de souvenirs personnels, de contes, de dictons, d\u2019adages pleins d\u2019esprit. \u00bb (p,497)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comme \u00e0 son habitude, et en ce qui concerne le r\u00f4le des proverbes, l\u2019\u2019auteur illustre son propos d\u2019une grande quantit\u00e9 d\u2019exemples,&nbsp; dont un que j\u2019ai retenu, pour des raisons qui me sont personnelles :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Le Franc-Comtois n\u2019appr\u00e9cie pas beaucoup non plus le vent du nord-ouest qui souffle au printemps et qu\u2019il appelle l\u2019air de pique-blanches car il annonce des gel\u00e9es tardives qui br\u00fblent la fleur de prunier avant que le fruit ne se forme. De l\u00e0, le vieux proverbe qui \u00e9voque Paris, ville situ\u00e9e dans cette direction :<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Jamais bon vent ni bonnes gens<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ne sont venus de ces parages (p,499)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Adieu chansons\u2026 Chapitre XXVI, page 509<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Lorsque les jours diminuaient, que les occasions de se distraire, les spectacles publics sur le parvis des \u00e9glises et les foires devenaient moins nombreux, la musique faite \u00e0 la maison et les danses jouaient un r\u00f4le crucial dans la vie du paysan. \u00ab (p,509)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp; \u00ab Le papier qui parle<\/em><\/strong><strong><em>&nbsp;\u00bb Chapitre XXVII, page 537<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Nous en arrivons maintenant \u00e0 une question ayant d\u2019\u00e9vidence trait \u00e0 la culture populaire, et l\u2019une des plus difficiles, malgr\u00e9 l\u2019attention dont elle a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 : quand et comment la lecture a-t-elle touch\u00e9 l\u2019homme du commun ? L\u2019imprimerie se tient \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du monde moderne comme les dragons qui gardent les portes du temple. Mais qui, dans la France du XIX\u00b0 si\u00e8cle, avait acc\u00e8s au temple de l\u2019imprimerie ? La r\u00e9ponse est surprenante : beaucoup de monde, car point n\u2019\u00e9tait besoins de savoir lire pour appr\u00e9cier ses productions. L\u2019imprimerie \u00e9tait l\u2019art urbain par excellence ; elle r\u00e9pandait des textes, des images, des id\u00e9es, qui avaient \u00e9t\u00e9 formul\u00e9s par des citadins. Comme les chansons imprim\u00e9es, ces produits devenaient souvent populaires. Elles ne l\u2019\u00e9taient pas n\u00e9cessairement de par leur naissance<\/em>. \u00bb (p,537)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur note :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Charles Nizard-&nbsp;<em>dont l\u2019Histoire des livres populaires et de la litt\u00e9rature de colportage, publi\u00e9e en 1854, et r\u00e9\u00e9dit\u00e9e dix ans plus tard demeure notre principale source d\u2019information<\/em>&nbsp;(p,538)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>En 1853, environ neuf millions de livres furent diffus\u00e9s dans l\u2019ann\u00e9e; mais il faut savoir que ce qu\u2019ils achetaient \u00e9taient les produits des marchands des rues :&nbsp;&nbsp;<\/em><\/strong><strong><em>\u00ab Des petits livrets \u00e0 6 sous que l\u2019on voit \u00e9tal\u00e9s sur les ponts et les murailles. \u00bb C\u2019\u00e9taient des abr\u00e9g\u00e9s de Robinson, T\u00e9l\u00e9maque, de Paul et Virginie, et de la vie du chevalier Bayard, ou encore des fables d\u2019Esope. \u00bb (p,538)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Litt\u00e9rature de colportage, absence de biblioth\u00e8ques dans les \u00e9coles et dans les villes, la situation changea lentement au cours du si\u00e8cle.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Au milieu du XIX\u00e8me si\u00e8cle, \u00ab 15 millions de Fran\u00e7ais apprenaient l\u2019histoire de leur pays et ses lois, les grands \u00e9v\u00e9nements mondiaux, les progr\u00e8s de leurs sciences, leurs droits et leurs devoirs rien qu\u2019en lisant l\u2019almanach<\/em><\/strong><strong>&nbsp;\u00bb (p,548)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Longtemps : \u00ab&nbsp;<em>Les images et les textes imprim\u00e9s pour les campagnes avaient \u00e9t\u00e9 les m\u00eames que pour les gens des villes. Un foss\u00e9 se creusa entre les deux \u00e0 partir du moment o\u00f9 la nourriture offerte aux citadins devint moins na\u00efve et plus actuelle. Foss\u00e9 qui marqua les lecteurs des campagnes une&nbsp; bonne partie du XIX\u00b0 si\u00e8cle, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il r\u00e9tr\u00e9cisse et finisse par se combler tout \u00e0 fait au XX\u00e8me si\u00e8cle. \u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les journaux commenc\u00e8rent \u00e0 \u00eatre diffus\u00e9s plus largement&nbsp;<em>\u00ab L\u2019industrie de l\u2019image, d\u00e9clinante depuis quelque temps, s\u2019\u00e9croula irr\u00e9m\u00e9diablement dans les ann\u00e9es 1890\u2026 \u00ab Le peuple \u00bb, maintenant le peuple presque tout entier, pr\u00e9f\u00e9rait les journaux et leurs suppl\u00e9ments illustr\u00e9s.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le contenu du colporteur changea puis disparut comme le colporteur lui-m\u00eame (p,550, 551)\u2026 De nombreux indices montrent que le colportage des livres \u00e9tait un commerce en voie de disparition\u2026 Les colporteurs faisaient une bonne partie de leurs affaires dans les petites villes. Avec la cr\u00e9ation du Petit Journal en 1863, ils commenc\u00e8rent \u00e0 perdre leur public. \u00bb (p,552)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019ai consacr\u00e9 une de mes chroniques du blog \u00e0 l\u2019\u00e9vocation de la litt\u00e9rature populaire des colporteurs qui r\u00e9gna longtemps dans nos campagnes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Dans les ann\u00e9es 1869, le niveau d\u2019\u00e9ducation s\u2019\u00e9tait am\u00e9lior\u00e9, mais dans les campagnes les journaux continuaient \u00e0 se faire rares. Pour l\u2019ensemble de l\u2019Ard\u00e8che peupl\u00e9e de 252 000 \u00e2mes en 1865, le nombre de quotidiens vendus s\u2019\u00e9levait \u00e0 1 200. En Corr\u00e8ze, en 1867, \u00ab il n\u2019y avait pas de journaux dans les villages\u2026 Lorsque le Petit Journal fit son apparition en 1863, il y avait encore beaucoup d\u2019endroits o\u00f9 l\u2019on ne savait ce qu\u2019\u00e9tait un journal et o\u00f9 on pouvait l\u2019acheter comme d\u2019autres biens sur la place du march\u00e9\u2026 Durant le premier trimestre de l\u2019ann\u00e9e 1870 , seulement 171 exemplaires furent vendus dans toute la Corr\u00e8ze, la Creuse et la Haute Vienne\u2026. Dans le Limousin, le nombre d\u2019exemplaires diffus\u00e9s passa de 6154 en 1869 \u00e0 8185 en 1876\u2026. Comme les faibles chiffres de ventes le montrent, les journaux continuaient \u00e0 \u00eatre lus par les artisans et les commer\u00e7ants des petites villes, les notables et les conseillers municipaux des villages. (p,555)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au fur et \u00e0 mesure des ann\u00e9es, le nombre de journaux vendus en province augmenta : \u00ab&nbsp;<em>En 1907, dans l\u2019H\u00e9rault, presque toutes les communes recevaient les journaux.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comme l\u2019\u00e9cole, comme la politique, la presse faisait \u00e0 la fois progresser le processus d\u2019homog\u00e9n\u00e9isation et le niveau de la pens\u00e9e abstraite. La tradition&nbsp; culturelle v\u00e9hicul\u00e9e par la presse s\u2019appuyait sur des g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s, ce qui contribuait \u00e0 favoriser le traitement de th\u00e8mes universels et nationaux plus que les th\u00e8mes locaux ou sp\u00e9cifiques. Cette culture disparut de l\u2019esprit des lecteurs comme elle disparut de leur langage. Non seulement les journaux avaient permis \u00e0 l\u2019usage du fran\u00e7ais de se r\u00e9pandre, mais de plus ils portaient un vocabulaire qui venait renforcer et en m\u00eame temps compl\u00e9ter celui de l\u2019\u00e9cole. (p,556)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le contenu de ce chapitre est tout \u00e0 fait int\u00e9ressant, mais il est en m\u00eame temps le symbole de ce qui manquait et de ce qui manque encore dans beaucoup d\u2019analyses sociologiques ou \u00e9conomiques, les donn\u00e9es quantitatives qui permettraient de donner encore plus de pertinence \u00e0 une analyse qui se veut exhaustive&nbsp; des faits.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur illustre son analyse en citant quelques chiffres, mais le lecteur fonde beaucoup plus sa conviction historique sur la vari\u00e9t\u00e9 et l\u2019accumulation des observations propos\u00e9es qui ont effectivement un sens et qui marquent une direction.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas la premi\u00e8re fois que je rel\u00e8ve ce type de carence de sources quantitatives, et je l\u2019ai not\u00e9 en particulier dans les ouvrages d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la culture coloniale et imp\u00e9riale de la France.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comment accepter la pertinence d\u2019un discours historique sur un sujet comme celui-l\u00e0, sans avoir proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une analyse fouill\u00e9e de la presse de l\u2019\u00e9poque sur le plan de la chronologie et des contenus ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019ai not\u00e9 ailleurs qu\u2019un des livres qui eut du succ\u00e8s dans le domaine colonial ou postcolonial, \u00ab&nbsp;<em>L\u2019id\u00e9e coloniale<\/em>&nbsp;\u00bb avait r\u00e9alis\u00e9 l\u2019exploit de traiter le sujet en faisant l\u2019impasse sur un de ses vecteurs, sinon le vecteur principal de l\u2019effet suppos\u00e9 de&nbsp;<em>l\u2019id\u00e9e coloniale<\/em>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Le glas du pass\u00e9 \u00bb C<\/em><\/strong><strong><em>hapitre XXVII, page 559<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab La continuit\u00e9 s\u2019est interrompue \u00bb, \u00e9crivait Jules M\u00e9line sur le monde en changement qui l\u2019entourait. \u00ab Moins qu\u2019une \u00e9volution, c\u2019est une v\u00e9ritable r\u00e9volution qui se d\u00e9roule et qui fait son chemin. \u00bb Evoquant ces ann\u00e9es, le folkloriste Andr\u00e9 Varagnac affirmait que la France avait subi dans le dernier quart de si\u00e8cle une v\u00e9ritable crise de civilisation\u2026 A la fin du si\u00e8cle, on assiste \u00e0 la destruction massive des coutumes traditionnelles.. \u00bb (p,559)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab De George Sand \u00e0 Maurice Barr\u00e8s, les \u00e9crivains s\u2019empar\u00e8rent du paysan comme un si\u00e8cle auparavant on s\u2019\u00e9tait empar\u00e9 du bon sauvage. Des s\u00e9ries de cartes postales repr\u00e9sentaient des sc\u00e8nes qui i il y a peu de temps encore n\u2019\u00e9taient pas dignes d\u2019\u00eatre repr\u00e9sent\u00e9es, chaumi\u00e8res, fermiers engrangeant du\u00e8 foin, f\u00eates des moissons, paysans en costume r\u00e9gional. \u00bb(p,560)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Les changements dans les r\u00e9coltes, les outils, les conditions de vei affect\u00e8rent aussi les habitudes. Les veill\u00e9es, nous l\u2019avons vu, disparurent parce que les gens avaient les moyens d\u2019\u00e9clairer et de chauffer leurs propres maisons. L\u2019argent et les machines mirent fin au traditionnel salaire en nature comme cela se faisait par exemple pour la onzi\u00e8me gerbe des moissonneurs. \u00bb (p,561)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp; \u00ab Le meilleur exemple connu de la naissance d\u2019une nouvelle tradition se trouve dans les f\u00eates de la conscription. \u00bb (p,562)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab Le r\u00f4le des guerres, qui donn\u00e8rent le coup de gr\u00e2ce \u00e0 des coutumes qui subsistaient vaguement, apparait d\u2019une mani\u00e8re \u00e9vidente\u2026. Edgar Morin fait pr\u00e9cis\u00e9ment cette constatation lorsqu\u2019il \u00e9crit que dans la campagne de Plod\u00e9met, \u00ab La guerre de 1914 acc\u00e9l\u00e8re et amplifie toutefois la plupart des processus d\u00e9clench\u00e9s en 1880-1900. \u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Personnellement, je pense que la premi\u00e8re guerre mondiale a constitu\u00e9 une grande rupture historique et \u00e0 tous points de vue dans notre pays, et que la d\u00e9faite de 1939 trouve une de ses causes principales dans ce conflit qui&nbsp; a saign\u00e9 litt\u00e9ralement la France sur tous les plans.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A titre d\u2019exemple dans une r\u00e9gion qui&nbsp; m\u2019est ch\u00e8re :&nbsp;<em>\u00ab Comme le p\u00e8re Garneret le disait pour la Franche Comt\u00e9, ce fut \u00ab une rupture sanglante qui ravagea nos villages : 20 morts pour cent habitants et qui fit voler en \u00e9clats toutes les traditions. \u00bb (p,565)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans ma famille paternelle des plateaux du Jura, quatre fr\u00e8res, dont mon p\u00e8re, furent mobilis\u00e9s pendant la guerre de 1914-1918 : le plus jeune, gravement bless\u00e9, mourut la veille de ses vingt ans, le deuxi\u00e8me revint mutil\u00e9, le troisi\u00e8me revint gaz\u00e9, et le quatri\u00e8me fut bless\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab La guerre fit franchir au ou processus d\u2019int\u00e9gration nationale un immense pas en avant. D\u00e9truisant les survivances anachroniques, elle h\u00e2ta dans le m\u00eame temps l\u2019av\u00e8nement de toutes les transformations que nous avons&nbsp; vu prendre forme. \u00bb(p,568)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pendant longtemps, le village fut \u00ab&nbsp;<em>une association d\u2019entraide mutuelle \u00bb.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab La route et le rail furent les facteurs d\u00e9cisifs de ce changement. L\u2019\u00e9cole le mit en forme et en acc\u00e9l\u00e9ra le processus<\/em><\/strong><strong>. \u00bb (p,571)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Villes et campagnes avaient deux conceptions du temps :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Dans la France de la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle, ces deux conceptions du temps, l\u2019une rurale, l\u2019autre citadine, s\u2019affront\u00e8rent et l\u2019une d\u2019entre elles disparut. \u00ab (<\/em>p,573)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En sorte de conclusion de ce chapitre, mais au moins autant du processus qu\u2019il a d\u00e9crit tout au long de son analyse tr\u00e8s document\u00e9e :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Il ne s\u2019agit pas de se demander si c\u2019est bon ou mauvais. Cela est. Cela s\u2019est produit ainsi. C\u2019est le caract\u00e8re m\u00eame de ce qui s\u2019est pass\u00e9 en France entre 1870 et 1914.<\/em>&nbsp;\u00ab (p,574)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Commentaire : 1 &#8211; Comment ne pas se poser la question que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 plusieurs fois pos\u00e9e sur le manque de pertinence scientifique du discours historique du collectif de chercheurs Blanchard and Co, quant \u00e0 la th\u00e8se d\u2019apr\u00e8s laquelle, gr\u00e2ce \u00e0 je ne sais quel processus d\u2019acculturation myst\u00e9rieuse, la France se serait impr\u00e9gn\u00e9e d\u2019une culture coloniale au cours de la m\u00eame p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence 1870-1914 ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2- Comment ne pas adh\u00e9rer au constat historique que propose Eugen Weber quant au parall\u00e9lisme qui pouvait exister entre les \u00ab indig\u00e8nes \u00bb de la R\u00e9publique fran\u00e7aise et les \u00ab indig\u00e8nes \u00bb des colonies ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est tout l\u2019objet de la chronique que nous vous proposerons en partant de la lecture de l\u2019ouvrage et de toutes les r\u00e9flexions de l\u2019auteur que contient le dernier chapitre \u00ab Cultures et civilisations \u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je fais partie des citoyens qui estiment que la France n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 une nation coloniale, en tant que peuple, mais qu\u2019en revanche, elle a toujours eu un grand go\u00fbt de l\u2019exotisme.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je r\u00e9p\u00e9terai volontiers que le peuple fran\u00e7ais n\u2019a d\u00e9couvert et pris conscience du \u00ab fait colonial \u00bb qu\u2019\u00e0 l\u2019occasion de la guerre d\u2019Alg\u00e9rie, avec le contingent, et toutes ses cons\u00e9quences, et encore plus avec les importants flux d\u2019immigration francophone que le pays a accueilli \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980-1990.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0Jean Pierre Renaud\u00a0&#8211; Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab La fin des terroirs \u00bb Eugen Weber III Troisi\u00e8me partie Changement et assimilation (p,447) &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les lecteurs un peu familiaris\u00e9s avec les discours coloniaux anciens ou r\u00e9cents sur l\u2019assimilation des immigr\u00e9s, seront peut-\u00eatre surpris de voir qu\u2019Eugen Weber a choisi le m\u00eame terme pour caract\u00e9riser le processus de francisation de la France. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Qu\u2019est-ce &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2017\/01\/26\/la-fin-des-terroirs-eugen-weber-troisieme-partie-changement-et-assimilation\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;\u00ab\u00a0La fin des terroirs\u00a0\u00bb Eugen Weber- Troisi\u00e8me partie \u00ab\u00a0Changement et assimilation\u00a0\u00bb&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[2602,273,551,270,2370,2603],"class_list":["post-2514","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-culture","tag-campagnes","tag-colonies","tag-eugen-weber","tag-france","tag-premiere-guerre-mondiale","tag-villes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2514","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2514"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2514\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2515,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2514\/revisions\/2515"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2514"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2514"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2514"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}