{"id":2593,"date":"2016-05-20T20:14:39","date_gmt":"2016-05-20T18:14:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2593"},"modified":"2021-07-12T20:23:49","modified_gmt":"2021-07-12T18:23:49","slug":"lecons-indiennes-itineraires-dun-historien-sanjay-subrahmanyam","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2016\/05\/20\/lecons-indiennes-itineraires-dun-historien-sanjay-subrahmanyam\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Le\u00e7ons indiennes\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Itin\u00e9raires d&rsquo;un historien\u00a0\u00bb Sanjay Subrahmanyam"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>\u00ab\u00a0Le\u00e7ons indiennes\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>\u00ab\u00a0Itin\u00e9raires d\u2019un historien\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>\u00ab\u00a0Delhi .Lisbonne. Paris. Los Angeles\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Sanjay Subrahmanyam<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:15px\"><strong>Alma Editeur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>Lecture critique<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>Premi\u00e8re partie<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il s\u2019agit d\u2019un livre tout \u00e0 fait int\u00e9ressant pour de multiples raisons, le ton irr\u00e9v\u00e9rencieux des textes, leur style souvent d\u00e9rangeant et d\u00e9coiffant, au moins tout autant que leur contenu, riche, encyclop\u00e9dique, quasi-plan\u00e9taire, une r\u00e9flexion et des t\u00e9moignages touche-\u00e0-tout sur l\u2019histoire des id\u00e9es, des hommes, les d\u00e9bats pass\u00e9s ou encore actuels sur les grandes probl\u00e9matiques du monde, historiques ou non, intellectuelles, politiques, ou religieuses.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce livre d\u00e9mystifie beaucoup de sujets d\u2019histoire et oblige le lecteur \u00e0 regarder un peu plus loin que le bout de son nez, le fameux ethnocentrisme que la plupart des historiens, sinon les intellectuels du monde entier, ont en partage, avec leurs modes, leurs courants, leurs partis pris.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Car, il est toujours tr\u00e8s difficile d\u2019\u00e9chapper \u00e0 son \u00e9go, \u00e0 sa subjectivit\u00e9, au nombrilisme, quel que soit le continent.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans une de ses le\u00e7ons, le \u00ab&nbsp;<em>provincialisme&nbsp;<\/em>\u00bb de l\u2019Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales en prend pour son grade, et, \u00e0 lire ce livre, tout laisse \u00e0 penser que la France n\u2019occupe qu\u2019une place modeste dans les recherches historiques postcoloniales.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>J\u2019avais tr\u00e8s peu d\u2019\u00e9tudiants en doctorat \u00e0 Paris, car les sujets que j\u2019\u00e9tudiais \u00e9taient jug\u00e9s marginaux. Quand Serge Grunitzky et moi avons propos\u00e9 des changements au c\u0153ur de la structure de l\u2019EHSSS, de sorte que les \u00ab&nbsp;aires culturelles&nbsp;\u00bb soient mieux int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 l\u2019histoire, notre proposition a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e sans m\u00e9nagement par l\u2019administration et par beaucoup d\u2019historiens sp\u00e9cialistes de l\u2019Europe. Je crois que la partie historique de l\u2019EHSS est en train de commencer \u00e0 payer le prix de son provincialisme et de son incapacit\u00e9 \u00e0 suivre le rythme des \u00e9volutions\u2026&nbsp;\u00bb (p, 349, Le\u00e7on 21 \u00ab&nbsp;A travers trois continents&nbsp;\u00bb&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tout en estimant que l\u2019histoire postcoloniale fran\u00e7aise a un caract\u00e8re un peu trop franchouillard, je n\u2019h\u00e9siterai toutefois pas \u00e0 me demander si l\u2019auteur ne souffre pas lui-m\u00eame de cette maladie \u00ab&nbsp;<em>nombriliste&nbsp;<\/em>\u00bb qu\u2019il d\u00e9nonce au fil des pages, dans l\u2019\u00e9criture de sa le\u00e7on parisienne, (<em>Le\u00e7on19 \u00ab&nbsp;Un Parisien ambigu&nbsp;\u00bb),&nbsp;<\/em>et peut-\u00eatre aussi certaines de ses r\u00e9flexions qui ne peuvent \u00e9chapper \u00e0 son lieu de naissance indienne, \u00e0 sa vie d\u2019intellectuel indien.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A la lecture de la le\u00e7on 4 \u00ab&nbsp;<em>L\u2019histoire politique indienne et Guha<\/em>&nbsp;\u00bb, la d\u00e9couverte d\u2019un autre livre \u00e0 lire&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>La fin des terroirs<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;<em>d\u2019Eugen Weber<\/em>, un ouvrage qui d\u00e9montre, \u00e0 mon avis, avec un certain succ\u00e8s, que la nation fran\u00e7aise n\u2019a v\u00e9ritablement commenc\u00e9 \u00e0 exister qu\u2019\u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, et au d\u00e9but du vingti\u00e8me.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur relie cette r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la probl\u00e9matique discut\u00e9e et discutable de la fabrication de la&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;nation indienne<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Weber est surtout connu pour son \u00e9tude sur la mani\u00e8re dont la nation fran\u00e7aise moderne se construisit entre la fin du XIX\u00e8me et le d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle. C\u2019est une interpr\u00e9tation qui met en jeu routes et chemins de fer, \u00e9coles et instituteurs s\u00e9v\u00e8res et qui se centre sur la production d\u2019une \u00ab&nbsp;francit\u00e9&nbsp;\u00bb uniforme, \u00e0 la fois comme r\u00e9alit\u00e9 et comme mythe, englobant les divers terroirs qui existaient encore en 1870. On peut y voir soit une version de la th\u00e9orie de la modernisation\u2026&nbsp;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u2026 Aucun ma\u00eetre ouvrage comparable \u00e0 celui de Weber n\u2019existe \u00e0 ce jour pour l\u2019Etat-nation qu\u2019est l\u2019Inde moderne, en partie parce que les historiens du sous-continent on g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9vit\u00e9 de s\u2019aventurer au-del\u00e0 de 1947, laissant cette t\u00e2che aux politologues, aux sociologues, et aux touche \u00e0 tout omniscients.&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><strong>&nbsp; (page 56 et 57)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au risque de d\u00e9florer une partie du sujet, les historiens qui se sont&nbsp; fait une belle notori\u00e9t\u00e9 en d\u00e9crivant dans un de leurs ouvrages \u00ab&nbsp;<em>Culture coloniale<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp; que la France s\u2019\u00e9tait \u00ab&nbsp;<em>impr\u00e9gn\u00e9e de culture coloniale<\/em>&nbsp;\u00bb au cours de la p\u00e9riode 1871-1914 feraient bien de mettre en accord leur discours trompeur avec la situation qui \u00e9tait encore celle de la France \u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En premier jugement, donc un livre d\u00e9salt\u00e9rant sur le plan intellectuel, un ton souvent incisif, et quelques d\u00e9tours dans les coulisses de l\u2019\u00e9dition et des publications.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous allons \u00e0 pr\u00e9sent \u00e9voquer quelques- unes de ces le\u00e7ons indiennes,&nbsp; en regroupant notre lecture par quelques-uns des grands th\u00e8mes qui touchent \u00e0 des sujets sensibles de l\u2019histoire du monde, \u00e0 la fois dans leur contenu, et dans la fa\u00e7on dont les historiens la racontent.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>L\u2019Inde<\/strong><strong>&nbsp;est le premier th\u00e8me d\u2019analyse et de r\u00e9flexion&nbsp; qui occupe au moins huit&nbsp; le\u00e7ons sur vingt et une, lesquelles nourrissent largement la critique historique de l\u2019auteur.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>La r\u00e9flexion commence avec<u>&nbsp;la le\u00e7on 1<\/u><\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<strong>La \u00ab&nbsp; civilisation indienne&nbsp;\u00bb est-elle un mythe&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A lire toutes les pages qui sont consacr\u00e9es \u00e0 l\u2019Inde et au Sud Est Asiatique, le lecteur prend la mesure de l\u2019\u00e9cart qui semble s\u00e9parer, sans doute aux yeux d\u2019un ignorant, les travaux de recherche historique coloniale et postcoloniale consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme britannique des Indes comparativement avec les travaux consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais, un \u00e9cart qui s\u2019appuie sur un appareil universitaire important, aussi bien \u00e0 Dehli qu\u2019\u00e0 Londres, ou \u00e0 Chicago.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>.Des historiens indiens, souvent anglicis\u00e9s, dialoguent, d\u00e9battent entre eux, \u00e9changent des propos agressifs, qu\u2019ils soient rest\u00e9s en Inde ou qu\u2019ils se soient expatri\u00e9s dans des universit\u00e9s anglo-saxonnes, ou qu\u2019ils fassent encore partie de la cohorte des historiens anglo-saxons reconnus comp\u00e9tents sur l\u2019histoire coloniale ou postcoloniale du Royaume Uni.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un des d\u00e9bats porte sur la question de comprendre comment la civilisation indienne, pour autant qu\u2019elle ait exist\u00e9, s\u2019est positionn\u00e9e par rapport \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme anglais, d\u00e9crite par certains intellectuels sous les traits d\u2019une \u00ab&nbsp;<em>Inde comme civilisation, vite synonyme d\u2019une Inde close<\/em>&nbsp;\u00bb (page 22)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>La le\u00e7on 3 \u00ab&nbsp; Le s\u00e9cularisme et le bienheureux village indien<\/em><\/strong><strong>&nbsp;\u00bb ouvre un d\u00e9bat parall\u00e8le sur ce que certains intellectuels appellent le \u00ab&nbsp;<em>s\u00e9cularisme<\/em>&nbsp;\u00bb, un concept tr\u00e8s diff\u00e9rent de la la\u00efcit\u00e9 \u00e0 la fran\u00e7aise, et \u00e0 cette occasion, l\u2019auteur \u00e9pingle violemment Ashis Nandy sur son ignorance \u00e0 la fois du pass\u00e9 de l\u2019Inde et de l\u2019Europe&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>C\u2019est donc une profonde erreur de partir du principe que le s\u00e9cularisme est un mot courant dans l\u2019usage politique occidental, qui aurai \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 en Inde, comme une \u00ab&nbsp;id\u00e9e import\u00e9e&nbsp;\u00bb. En r\u00e9alit\u00e9, le terme a en Inde un poids politique qu\u2019il n\u2019a jamais eu en Occident et a acquis un sens profond que de nombreux Europ\u00e9ens ne comprennent m\u00eame pas<\/em>.&nbsp;<em>\u2026(p,43)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u2026 &nbsp;A croire que, pour \u00eatre un \u00ab&nbsp;grand penseur&nbsp;\u00bb, il faut d\u2019abord \u00eatre un grand ignorant. Comment ne pas d\u00e9signer ainsi quelqu\u2019un qui peut affirmer en toute insouciance que \u2013comme le fait Nandy &#8211; que l\u2019Inde n\u2019a jamais eu d\u2019historiens avant la p\u00e9riode coloniale&nbsp;? Sans doute Abu\u2019l Fazl venait-il de la plan\u00e8te Mars&nbsp;?&#8230;(p,44)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cela r\u00e9clame \u00e9videmment plus de travail que de vendre de la guimauve qui passe pour de l\u2019intelligence dans les cercles \u00ab&nbsp;indig\u00e9nistes&nbsp;\u00bb\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nandy est d\u00e9sormais \u2013 maintenant que Nirad Chadheri a disparu \u2013 notre seul vrai penseur colonial. Peut-\u00eatre un romantique colonial, mais un colonial tout de m\u00eame, d\u2019une mentalit\u00e9 profond\u00e9ment coloniale\u2026.(p,45)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u2026Cela ne signifie pas pour autant qu\u2019il faudrait s\u2019abstenir de d\u00e9battre du s\u00e9cularisme en Asie du Sud, bien au contraire. Mais ce d\u00e9bat, ne saurait s\u2019enfermer avec profit dans les termes de cette fausse alternative, pas plus que dans les termes d\u2019une opposition tout aussi fausse entre les productions conceptuelles d\u2019on ne sait quelle Inde \u00e9ternelle, d\u2019une parfaite puret\u00e9 ch\u00e9rie, et de ha\u00efssables importations d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re.&nbsp;\u00bb (p,53)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Plusieurs d\u00e9bats d\u2019id\u00e9es et d\u2019histoire courent \u00e0 travers les lignes de plusieurs le\u00e7ons indiennes, le r\u00f4le respectif des intellectuels immigr\u00e9s du monde anglo-saxon ou des intellectuels rest\u00e9s sur le continent indien, la lutte entre les historiens marxistes et les lib\u00e9raux \u00e0 la Delhi School&nbsp;<em>(<\/em><\/strong><strong><em>Le\u00e7on 17<\/em><\/strong>&nbsp;<strong><em>\u00ab&nbsp;Jours tranquilles \u00e0 la D.School<\/em><\/strong><strong><u>&nbsp;\u00bb<\/u>), le r\u00f4le de l\u2019imp\u00e9rialisme anglais dans la modernisation de l\u2019Inde, la place qui est faite \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019Inde ancienne par rapport \u00e0 la moderne, le regard des historiens tourn\u00e9 \u00e0 juste titre ou non, de fa\u00e7on pertinente ou non, vers la vie du petit peuple, avec le succ\u00e8s qu\u2019a connu le \u00ab&nbsp;<em>subalternisme<\/em>&nbsp;\u00bb (p,167), ou avec l\u2019expression \u00e0 la mode de \u00ab&nbsp;<em>Subaltern Studies&nbsp;\u00bb<\/em>, un th\u00e8me de r\u00e9flexion et de critique qui irrigue&nbsp;<\/strong><strong><em>la le\u00e7on 10 \u00ab&nbsp; Les civilisations souffrent-elles du mal des montagnes&nbsp;? et la le\u00e7on 13 \u00ab&nbsp;Le march\u00e9 mondial et l\u2019histoire de l\u2019Inde&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le contenu de la le\u00e7on 10 est d\u00e9coiffant dans sa critique d\u2019une th\u00e9orie historique d\u2019apr\u00e8s laquelle, en tout cas d\u00e9j\u00e0 dans le Sud-Est asiatique, l\u2019expansion des Etats dans les plaines aurait trouv\u00e9 constamment ses limites dans les difficult\u00e9s, sinon l\u2019incapacit\u00e9 qu\u2019ils ont eue \u00e0 imposer leur domination dans les r\u00e9gions de montagne, ce qu\u2019un historien, Scott a baptis\u00e9 du nom de \u00ab&nbsp;Zomia&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Sur \u00ab&nbsp;Zomia&nbsp;\u00bb, Scott a une th\u00e8se \u00ab&nbsp;simple, suggestive et sujette \u00e0 controverse&nbsp;\u00bb. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, avance-t-il, la plupart de ces minorit\u00e9s ethniques ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9es par les anthropologues aussi bien que par les d\u00e9cideurs politiques comme des vestiges du pass\u00e9, les survivants d\u2019une \u00e9poque r\u00e9volue. Au contraire, affirme-t-il, \u00ab&nbsp;les peuples des collines doivent \u00eatre bien plut\u00f4t per\u00e7us comme des communaut\u00e9s de fugitifs, d\u2019esclaves marrons qui sur un arc de deux mill\u00e9naires, ont fui l\u2019oppression des projets de construction \u00e9tatique \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les vall\u00e9es \u2013esclavage, conscription, corv\u00e9es, \u00e9pid\u00e9mies et guerres&nbsp;\u00bb. (p,169)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur cite la source de l\u2019anthropologue fran\u00e7ais Clastres (les Indiens Guyaqui), et note&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Pour ce qui est de la traque des intentions, nous avons vu que Scott s\u2019allie \u00e0 un courant en pleine croissance parmi les anthropologues de l\u2019Asie du Sud-Est (mais dominant aussi partout dans le monde qui affirme que \u00ab&nbsp;les Etats, en fait, cr\u00e9ent les tribus&nbsp;\u00bb (p,177)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur ne m\u00e9nage d\u2019ailleurs pas Clastres dans son propos&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Ecrivant au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960, Clastres avait lui-m\u00eame tendance \u00e0 voir les Guyaki comme des vestiges d\u2019un monde disparu, un petit groupe (deux cents-cinquante ou trois cents personnes, selon son estimation) qui aurait \u00e9clair\u00e9 les origines d\u2019un groupe bien plus large d\u2019Indiens Guarani. Par la suite, il changea radicalement son point de vue et se lan\u00e7a dans une pol\u00e9mique f\u00e9roce contre ceux qui voyaient la question sous cet angle \u00e9volutionniste \u2013 et donc affirma- t- il,&nbsp; ethnocentrique. Peut-\u00eatre cela avait-il \u00e0 voir avec son exp\u00e9rience sur les barricades du Quartier latin comme soixante huitard\u2026 (page 170)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comment ne pas souligner qu\u2019il parait effectivement difficile sur le plan scientifique de tirer des conclusions sur la nature du pouvoir dans l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9 en fondant son raisonnement sur des populations indiennes comptant plusieurs dizaines, centaines, et quelquefois milliers de membres.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; R\u00e9sistances ou non, importance effective de la g\u00e9ographie des lieux, montagne ou for\u00eats imp\u00e9n\u00e9trables contre l\u2019expansion des Etats, il parait \u00e9vident que les minorit\u00e9s ethniques ont \u00e9t\u00e9 model\u00e9es, sinon cr\u00e9es par tel ou tel Etat, colonial ou pas, mais dans le cas fran\u00e7ais, sur une dur\u00e9e assez courte qui a peu \u00e0 voir avec l\u2019Asie du Sud-Est.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le contenu de la&nbsp;<u><em>Le\u00e7on 13 \u00ab&nbsp;Le march\u00e9 mondial et l\u2019histoire de l\u2019Inde<\/em><\/u><\/strong><strong>\u00bb est tout aussi int\u00e9ressant en d\u00e9voilant les coulisses des modes historiques, qu\u2019elles aient pour origine, les \u00e9diteurs eux-m\u00eames ou les \u00e9coles de chercheurs.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le texte d\u2019ouverture de la le\u00e7on m\u00e9rite d\u2019\u00eatre cit\u00e9&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Permettez- moi de commencer par une longue anecdote, qui va faire office de libre exemplum ethnographique. Il y a quelques ann\u00e9es, alors que j\u2019\u00e9tais dans une universit\u00e9 am\u00e9ricaine, j\u2019ai assist\u00e9 \u00e0 un \u00ab&nbsp;job-talk&nbsp;\u00bb&nbsp;: il s\u2019agit d\u2019une conf\u00e9rence destin\u00e9e en priorit\u00e9 aux membres du d\u00e9partement qui recrute un nouveau professeur, mais n\u00e9anmoins ouverte \u00e0 un plus large public\u2026. Ces interventions sont d\u2019\u00e9tranges proc\u00e9dures\u2026 Elles ne se pratiquent pas, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, \u00e0 Paris, Oxford, ou Lisbonne, pas plus qu\u2019\u00e0 Delhi ou Chennai<\/em><\/strong><strong>\u2026.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Deux cas de figure, l\u2019un cibl\u00e9 sur un candidat d\u00e9j\u00e0 retenu, l\u2019autre choisissant entre plusieurs candidats, et dans le cas pr\u00e9sent l\u2019anecdote concerne la deuxi\u00e8me proc\u00e9dure&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Les questions fus\u00e8rent et il fut imm\u00e9diatement \u00e9vident qu\u2019elles n\u2019avaient rien \u00e0 voir avec celles d\u2019un s\u00e9minaire de recherche \u00e0 l\u2019anglaise. Il n\u2019y eut pas de discussion sur des faits concrets. Les sources et les archives ne furent m\u00eame pas cit\u00e9es. L\u2019expos\u00e9 portait sur l\u2019Inde coloniale et la domination britannique. Les auditeurs n\u2019\u00e9taient pr\u00e9occup\u00e9s que par l\u2019opinion personnelle de l\u2019orateur, sa g\u00e9n\u00e9alogie intellectuelle, bref de son identit\u00e9 acad\u00e9mique. Finalement, une personne ext\u00e9rieure au d\u00e9partement d\u2019histoire, mais adepte autoproclam\u00e9e du courant connu sous le nom d\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;Etudes postcoloniales&nbsp;\u00bb leva la main. \u00ab&nbsp;Il y a maintenant deux \u00e9coles dans l\u2019histoire indienne, d\u00e9clara-t-elle avec assurance, les Etudes subalternes et l\u2019Ecole de Cambridge. J\u2019aimerais savoir o\u00f9 vous vous situez par rapport \u00e0 elles.&nbsp;\u2026\u00bb (p,224)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les Etudes Subalternes devinrent \u00e0 la mode dans les universit\u00e9s am\u00e9ricaines, car elles&nbsp; \u00e9taient fond\u00e9es sur le postulat qu\u2019elles devaient porter sur les domin\u00e9s, un domaine \u00e0 la fois m\u00e9pris\u00e9, mais difficile \u00e0 saisir :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Je me rappelle avec quel plaisir et quelle fiert\u00e9 les membres du collectif \u00ab&nbsp;Subaltern Studies me dirent \u2013 j\u2019\u00e9tais alors doctorant \u00e0 Delhi \u2013 que m\u00eame les poids lourds du monde universitaire am\u00e9ricain \u00e9taient maintenant en relation avec eux et que, si certains de leurs articles avaient \u00e9t\u00e9 accept\u00e9s, d\u2019autres avaient \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s sans fa\u00e7on. C\u2019\u00e9tait j\u2019imagine un moment d\u2019ivresse postcoloniale\u2026.&nbsp;\u00bb (p,228)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;\u2026 En d\u2019autres termes, pour que les Etudes subalternes puissent entrer en force dans le monde universitaire am\u00e9ricain, elles ont d\u00fb prendre le \u00ab&nbsp;tournant culturel&nbsp;\u00bb et pas du tout du bout des l\u00e8vres. Sans quoi, on n\u2019aurait pas pu les distinguer de banales recherches sur les paysans latino-am\u00e9ricains&nbsp;: face \u00e0 la profusion des r\u00e9voltes paysannes au Nicaragua ou en Bolivie, quelques r\u00e9bellions au Bihar ou en Andhara n\u2019auraient rien chang\u00e9 au tableau. La \u00ab&nbsp;diff\u00e9renciation du produit&nbsp;\u00bb \u00e9tait d\u00e9sormais de rigueur&nbsp;: Ranajit Guha ne pouvait \u00eatre confondu avec le sous-commandant Marcos&nbsp;! Pour le dire sur le mode de la tradition orale, si Gayatri Spivak \u00e9tait Ry Cooder, les Etudes subalternes \u00e9taient le Buena Vista Social Club.&nbsp;\u00bb (p,233)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans cette le\u00e7on, l\u2019auteur montre toute l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de certaines modes historiques, l\u2019importance du march\u00e9 des recrutements, des revues, et des \u00e9ditions, et dans le cas pr\u00e9sent, celle du march\u00e9 am\u00e9ricain.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Conclusion&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp; En bref, les nouvelles conditions du march\u00e9 laissent \u00e0 penser que, parfois et \u00e0 l\u2019instar des domin\u00e9s, les historiens ne peuvent pas parler&nbsp;\u00bb (p,239)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour la bonne compr\u00e9hension de l\u2019expression Etudes subalternes, rien ne vaut que de citer la note de la page 95&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Le Subaltern Studies Group \u00ab&nbsp;SSG) \u00ab&nbsp;Groupe d\u2019\u00e9tudes subalternes&nbsp;\u00bb, r\u00e9unit de nombreux chercheurs d\u2019Asie du Sud \u00e9tudiant les soci\u00e9t\u00e9s postcoloniales et\/ou postimp\u00e9riales, en Asie du Sud mais aussi plus largement, dans ce que l\u2019on a d\u00e9sign\u00e9 comme le tiers-monde. Leurs recherches se concentrent sur ceux dont ils estiment que la voix n\u2019est pas entendue et l\u2019action peu ou pas prise en compte. Dans la post\u00e9rit\u00e9 de Gramsci, les Subaltern Studies s\u2019int\u00e9ressent particuli\u00e8rement aux personnes discrimin\u00e9es du fait de leur ethnie, de leur classe, de leur genre, de leur sexe, de leur religion, etc. Le chef de file de ce courant a \u00e9t\u00e9 l\u2019Indien Ranajit Guha.&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour avoir lu de nombreux r\u00e9cits d\u2019officiers, d\u2019administrateurs, de chercheurs, ou de lettr\u00e9s, sur l\u2019histoire coloniale, je ne vois pas ce qu\u2019il peut y avoir de novateur dans ce discours \u00e0 la mode sur les&nbsp;<em>Subaltern.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je me rallierais volontiers \u00e0 ce qu\u2019\u00e9crit&nbsp; \u00e0 ce sujet, Jean-Fran\u00e7ois Bayart, dans son livre&nbsp;<em>\u00ab&nbsp; Les \u00e9tudes postcoloniales- Un carnaval acad\u00e9mique<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1463730139474_18628\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Juste un mot sur la&nbsp;<u><em>Le\u00e7on 11 \u00ab&nbsp;Churchill et la th\u00e9orie du grand homme en histoire&nbsp;\u00bb.<\/em><\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est \u00e9vident qu\u2019il est plus rentable pour un \u00e9diteur, et plus utile pour un historien ou un intellectuel, de publier un livre sur la vie d\u2019un grand homme que sur le petit peuple des domin\u00e9s, mais dans le cas pr\u00e9sent, nous ne nous attacherons pas \u00e0 rappeler la consanguinit\u00e9 de Churchill avec l\u2019imp\u00e9rialisme anglais, mais \u00e0 l\u2019usage historique qu\u2019en a fait&nbsp; Mukerjee dans son livre \u00ab&nbsp;<em>La guerre secr\u00e8te de Churchill<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1463730139474_18630\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;&nbsp;<em>De son propre aveu, Mukerjee n\u2019est pas une historienne mais une journaliste de formation scientifique qui, de mani\u00e8re d\u00e9sarmante, note que pour \u00e9crire son livre, elle a d\u00fb \u00ab&nbsp;apprendre les bases de l\u2019histoire mondiale&nbsp;\u00bb.(p,193<\/em>)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La journaliste a su utiliser le personnage du grand homme pour traiter le sujet qui lui tenait \u00e0 c\u0153ur la grande famine du Bengale des ann\u00e9es 1943-1944, donc pour simplifier mon propos et le rattacher aux lignes pr\u00e9c\u00e9dentes, a trouv\u00e9 une astuce pour faire des Subaltern.Studies \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un grand homme.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Deuxi\u00e8me partie, la semaine prochaine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1463730139474_18636\">Jean Pierre Renaud  &#8211; Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Le\u00e7ons indiennes\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Itin\u00e9raires d\u2019un historien\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Delhi .Lisbonne. Paris. Los Angeles\u00a0\u00bb Sanjay Subrahmanyam Alma Editeur Lecture critique Premi\u00e8re partie &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il s\u2019agit d\u2019un livre tout \u00e0 fait int\u00e9ressant pour de multiples raisons, le ton irr\u00e9v\u00e9rencieux des textes, leur style souvent d\u00e9rangeant et d\u00e9coiffant, au moins tout autant que leur contenu, riche, encyclop\u00e9dique, quasi-plan\u00e9taire, une r\u00e9flexion et &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2016\/05\/20\/lecons-indiennes-itineraires-dun-historien-sanjay-subrahmanyam\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;\u00ab\u00a0Le\u00e7ons indiennes\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Itin\u00e9raires d&rsquo;un historien\u00a0\u00bb Sanjay Subrahmanyam&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[2668,114,315],"class_list":["post-2593","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire","tag-clastres","tag-inde","tag-sanjay-subrahmanyam"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2593","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2593"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2593\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2594,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2593\/revisions\/2594"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2593"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2593"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2593"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}