{"id":2611,"date":"2016-02-15T02:00:50","date_gmt":"2016-02-15T01:00:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2611"},"modified":"2021-07-13T02:10:17","modified_gmt":"2021-07-13T00:10:17","slug":"le-japon-et-le-fait-colonial-1-lasie-du-nord-est-coloniale-1880-1920-lecture-deuxieme-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2016\/02\/15\/le-japon-et-le-fait-colonial-1-lasie-du-nord-est-coloniale-1880-1920-lecture-deuxieme-partie\/","title":{"rendered":"Le Japon et le fait colonial -1 L&rsquo;Asie du Nord-Est coloniale -1880-1920- Lecture : deuxi\u00e8me partie"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Le Japon et le fait colonial -1<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>L\u2019Asie du Nord-Est coloniale \u2013 Ann\u00e9es 1880-1920<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Lecture critique\u00a0: deuxi\u00e8me partie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong><em>\u00ab&nbsp;Hokkaid\u00f6, An Z\u00e9ro&nbsp;\u00bb par No\u00e9mi Godefroy (p,105)<\/em><\/strong><\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong><em>\u201cChangement des rapports de domination et septentrion japonais \u00e0 la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Avant d\u2019\u00eatre une colonie du Japon moderne, puis un \u00e9l\u00e9ment \u00e0 part enti\u00e8re de son territoire national, l\u2019actuelle \u00eele d\u2019Hokkaid\u014d, d\u00e9sign\u00e9e avant 1869 par le nom d\u2019Ezo, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 inscrite depuis longtemps dans un jeu complexe et changeant de rapports de domination \u00e0 l\u2019avantage de Honsh\u016b<\/em><\/strong><em>.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il s\u2019agit de l\u2019\u00eele situ\u00e9e au nord du Japon d\u2019une superficie de 79 000 km2 compar\u00e9e \u00e0 la superficie du Japon de 360 000 km2, anciennement peupl\u00e9e par une population aux m\u0153urs primitives, les A\u00efnous, convoit\u00e9e aussi bien par les Russes que par les Japonais,&nbsp; d\u00e8s les XVII\u00b0 et XVIII si\u00e8cles.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Afin de bien comprendre la situation coloniale de cette \u00eele, il est indispensable de conserver en m\u00e9moire sa position g\u00e9ographique, et donc sa position strat\u00e9gique, et son poids g\u00e9ographique \u00e0 la fois sur le plan de sa superficie et de sa population, 17&nbsp;000 a\u00efnous, sa population indig\u00e8ne, et 60&nbsp;000 japonais (p,118).<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;La n\u00e9cessit\u00e9 grandissante d\u2019un nouveau type de domination&nbsp;\u00bb (p,108)&nbsp;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sa proximit\u00e9 avec l\u2019archipel, une de ses composantes, son importance strat\u00e9gique pour le Japon ne pouvait que l\u2019encourager \u00e0 en prendre le contr\u00f4le.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette \u00eele \u00e9tait historiquement convoit\u00e9e par les russes, et le Japon s\u2019en empara d\u00e9finitivement en 1869&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<strong><em>La fonction de l\u2019\u00efle d\u2019Ezo est de servir de porte nord de l\u2019empire&nbsp;\u00bb (p113)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le Japon cr\u00e9a une Mission au D\u00e9frichement et au peuplement dont le but \u00e9tait \u00e0 la fois de coloniser l\u2019\u00eele, de l\u2019exploiter, de la d\u00e9velopper, et de \u00ab&nbsp;<strong><em>japoniser<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb les quelques dizaines de milliers de ses habitants indig\u00e8nes, et \u00e0 lecture de cette chronique, on comprend bien que le Japon mit en \u0153uvre les m\u00e9thodes de pacification violente et de conqu\u00eate des terres que les Am\u00e9ricains ont utilis\u00e9es pour la conqu\u00eate du Far West, \u00e0 la diff\u00e9rence pr\u00e8s que les \u00e9chelles g\u00e9ographiques n\u2019\u00e9taient pas du tout les m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1455525112613_16114\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les Japonais consid\u00e9raient cette \u00eele comme une \u00ab&nbsp;<strong><em>terra nullius<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb, et sur ce point leur regard n\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s diff\u00e9rent de celui de la plupart des puissances coloniales qui, \u00e0 l\u2019est ou \u00e0 l\u2019ouest, au nord ou au sud, avaient tendance \u00e0 faire valoir le m\u00eame concept, de bonne ou mauvaise foi, \u00e0 partir du moment o\u00f9 une terre n\u2019\u00e9tait pas exploit\u00e9e ou peu peupl\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A plusieurs reprises, l\u2019auteure fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019exemple am\u00e9ricain choisi pour imposer leur mod\u00e8le de colonisation.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le conseiller am\u00e9ricain Horace Capron a \u00ab&nbsp;<strong><em>pr\u00e9conis\u00e9 pour la gestion a\u00efnous les m\u00eames mesures que celles utilis\u00e9es \u00e0 l\u2019encontre des nations indiennes&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em><\/strong>&nbsp;(p,123)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<strong><em>L\u2019annexion (1869) va permettre au gouvernement japonais de tester l\u2019\u00e9tablissement sur le territoire nouvellement acquis d\u2019une autorit\u00e9 propre et relativement ind\u00e9pendante, concr\u00e9tis\u00e9e par l\u2019instance administrative sp\u00e9cifique qu\u2019est la Mission au d\u00e9frichement. Celle-ci s\u2019appuie sur des conseillers am\u00e9ricains pour \u00e9laborer une politique coloniale qui s\u2019articule autour de trois grandes lignes de force&nbsp;; la prise de possession administrative de l\u2019\u00eele&nbsp;; l\u2019organisation du d\u00e9frichement en vue d\u2019une exploitation \u00e9conomique du territoire&nbsp;; l\u2019instauration de mesures d\u2019assimilation concernant les indig\u00e8nes.&nbsp;\u00bb (p,133)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il s\u2019agissait bien plus d\u2019une politique d\u2019assimilation forc\u00e9e, avec l\u2019interdiction de coutumes traditionnelles (les tatouages, la mise \u00e0 feu des maisons des morts, et le port de la barbe), que de la politique d\u2019extermination pratiqu\u00e9e dans certaines colonisations de type anglo-saxon.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>&amp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong><em>Les d\u00e9buts de l\u2019emprise \u00e9conomique japonaise en Cor\u00e9e coloniale 1900-1919&nbsp; par Alexandre Roy (page 135 \u00e0 187)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La lecture de cette analyse m\u2019a plong\u00e9 dans un ab\u00eeme de perplexit\u00e9 pour plusieurs raisons, notamment celle li\u00e9e aux r\u00e9serves m\u00e9thodologiques dont l\u2019auteur fait \u00e9tat \u00e0 plusieurs reprises, sur les statistiques coloniales utilis\u00e9es, (celles, tr\u00e8s abondantes, cit\u00e9es dans de nombreux tableaux et graphiques), des r\u00e9serves, notamment dans sa page de conclusion, dont je cite un extrait,&nbsp;dont l\u2019interpr\u00e9tation ( mon\u00e9taire, financi\u00e8re et \u00e9conomique) est de nature \u00e0 susciter beaucoup de questions sur la pertinence scientifique des concepts utilis\u00e9s :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Se pose donc la question du regard et du discours port\u00e9s par la documentation utilis\u00e9e ici. On voit que le gouvernement g\u00e9n\u00e9ral aime \u00e0 se pr\u00e9senter comme si la Cor\u00e9e \u00e9tait un Etat ind\u00e9pendant, jouissant de r\u00e9elles pr\u00e9rogatives commerciales, comme s\u2019il existait encore, apr\u00e8s 1910, un \u00ab&nbsp;Etat&nbsp;\u00bb en Cor\u00e9e dont l\u2019on pourrait analyser le d\u00e9ficit public et la balance commerciale. Mais ces notions ont elles un sens en contexte colonial&nbsp;? En effet, que repr\u00e9sentent&nbsp; des \u00ab&nbsp;pr\u00eats&nbsp;\u00bb accord\u00e9s par la m\u00e9tropole au gouvernement g\u00e9n\u00e9ral de Cor\u00e9e, en r\u00e9alit\u00e9 hypoth\u00e9qu\u00e9s sur la richesse cor\u00e9enne et servant \u00e0 raffermir l\u2019appareil colonial&nbsp;? Celui-ci \u00e9videmment ne \u00ab&nbsp;remboursait&nbsp;\u00bb jamais la m\u00e9tropole, si ce n\u2019est les investisseurs&nbsp;: il s\u2019agissait d\u2019un jeu bien compris dans lequel les valeurs mon\u00e9taires et financi\u00e8res ne circulaient que dans un seul sens. De m\u00eame, la question du r\u00f4le de la Banque coloniale de Cor\u00e9e qui, comme la Banque d\u2019Indochine, dans le cas fran\u00e7ais, servit surtout de tremplin r\u00e9gional aux investisseurs de m\u00e9tropole, se pose quand l\u2019on veut analyser le&nbsp; secteur financier de la Cor\u00e9e coloniale.&nbsp;\u00bb (p,170)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Perplexit\u00e9 aussi sur le choix de la p\u00e9riode 1900-1919, sans tenir compte, semble-t-il, notamment dans sa pr\u00e9sentation, en tout cas historique, sur le plan mon\u00e9taire et financier, du choc de la Premi\u00e8re guerre mondiale, \u00ab&nbsp;&nbsp;<em>le boum de<\/em>&nbsp;<em>la Grande guerre<\/em>&nbsp;\u00bb (p,137) dont l\u2019auteur souligne \u00e0 plusieurs reprises, les effets importants, notamment en mati\u00e8re de sp\u00e9culation financi\u00e8re, et tout autant d\u2019\u00e9rosion mon\u00e9taire vraisemblable.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1455525112613_16121\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Toutes les statistiques produites sont en yen et ne facilitent pas une tentative de comparaison avec des statistiques produites dans d\u2019autres valeurs mon\u00e9taires, livres, dollars ou francs.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pourquoi ne pas regretter en effet que l\u2019auteur ne se soit pas attach\u00e9 \u00e0 esquisser une comparaison plus d\u00e9velopp\u00e9e entre la colonisation fran\u00e7aise en Indochine et japonaise&nbsp; en Cor\u00e9e, hors celle cit\u00e9e plus haut qui rend compte de fa\u00e7on tout \u00e0 fait imparfaite du r\u00f4le des deux banques dans leur domaine colonial ou la description des relations commerciales fond\u00e9es sur l\u2019importation de riz&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Leur histoire avait certains points communs en ce qui concerne leur situation strat\u00e9gique par rapport \u00e0 la Chine et leur r\u00e9gime politique (Empire ou Royaumes), mais l\u2019Indochine n\u2019avait \u00e9videmment pas, pour la France, l\u2019int\u00e9r\u00eat strat\u00e9gique de s\u00e9curit\u00e9&nbsp; de la Cor\u00e9e pour le Japon.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Indiquons que l\u2019Indochine avait une superficie de 736&nbsp;000 km2 pour une population lors de l\u2019ordre de 15 \u00e0 20 millions d\u2019habitants, et la Cor\u00e9e, une superficie de 220&nbsp;000 km2 pour une population de l\u2019ordre de 14, 15 millions d\u2019habitants.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un petit rappel historique tir\u00e9 de l\u2019analyse de M.Vi\u00e9 cit\u00e9e plus haut&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1904, le Japon occupe militairement la Cor\u00e9e, et en 1905, le Japon place les trois royaumes de Cor\u00e9e sous son protectorat, un protectorat aussi fictif que celui de la France en Indochine sur l\u2019empire d\u2019Annam, gr\u00e2ce \u00e0 un \u00e9change international de bons proc\u00e9d\u00e9s, Cor\u00e9e contre Philippines.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1910, le Japon annexe purement et simplement la Cor\u00e9e, d\u00e9crite par Michel Vi\u00e9 sous le sous-titre&nbsp;<em>\u00ab&nbsp; La Cor\u00e9e comme muraille<\/em>&nbsp;\u00bb. (p,57)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur d\u00e9crit avec force d\u00e9tails, les efforts que le Japon a effectu\u00e9s au cours de cette p\u00e9riode dans le domaine des infrastructures et de la banque.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Notons simplement que les lignes de chemin de fer construites avaient d\u2019abord un objectif militaire, et que le total des lignes construites en 1918 \u00e9tait de 1.220 km, et de 2.026 km en Indochine, alors que l\u2019objectif \u00e9tait autant \u00e9conomique que militaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La d\u00e9monstration financi\u00e8re laisse sur la faim, car elle n\u2019embrasse pas la totalit\u00e9 du probl\u00e8me, en termes de description du syst\u00e8me mon\u00e9taire, financier et \u00e9conomique, des flux et des grandeurs analys\u00e9es en monnaie constante.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Certaines formulations financi\u00e8res paraissent surprenantes&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp; Une des raisons de l\u2019effacement des subventions m\u00e9tropolitaines<a href=\"http:\/\/eh-tique-media-tique.over-blog.com\/tag\/histoire\/27#_ftn1\"><strong>[1]<\/strong><\/a>&nbsp;\u00e9tait qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 la m\u00e9tropole ne donnait plus mais&nbsp;<\/em><\/strong><strong>vendait<em>&nbsp;son argent \u00e0 l\u2019administration coloniale. Cette derni\u00e8re contracta des emprunts toujours plus importants assurant une rente permanente aux souscripteurs japonais, point sur lequel il faudrait se pencher davantage pour analyser l\u2019expropriation coloniale<\/em>.&nbsp;\u00bb (p,147)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u2026&nbsp;<\/strong><strong><em>\u00ab&nbsp;Remplir le tonneau perc\u00e9 des finances coloniales \u00e9tait lucratif pour la m\u00e9tropole, c\u2019\u00e9tait aussi et surtout un moyen suppl\u00e9mentaire de dominer la p\u00e9ninsule. (p,147)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voire&nbsp;! Compte tenu de l\u2019\u00e9volution mon\u00e9taire \u00e9voqu\u00e9e par l\u2019auteur, marqu\u00e9e par la sp\u00e9culation, donc le ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019\u00e9rosion mon\u00e9taire qu\u2019a provoqu\u00e9 la guerre dans l\u2019\u00e9conomie mondiale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur fait un constat, assez classique dans ce processus&nbsp; d\u2019\u00e9quipement&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Sur l\u2019ensemble de la p\u00e9riode, le mouvement commercial ext\u00e9rieur de la Cor\u00e9e a \u00e9t\u00e9 d\u00e9ficitaire<\/em><\/strong><strong>. \u00ab<\/strong>&nbsp; (p,148)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il \u00e9tait \u00e9vident que le mode de financement du d\u00e9veloppement de ce type de territoire au d\u00e9but du vingti\u00e8me si\u00e8cle ne pouvait \u00eatre que l\u2019emprunt.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Anglais et Fran\u00e7ais en avaient d\u2019ailleurs fait un principe de base, le self-suffering anglais et la loi de 1900 fran\u00e7aise.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1455525112613_16137\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En Indochine, ce fut l\u2019emprunt, ou plut\u00f4t les emprunts qui permirent le d\u00e9marrage \u00e9conomique du pays, comme en Afrique noire.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La situation&nbsp; d\u00e9ficitaire du commerce ext\u00e9rieur colonial (p,148) dans des territoires d\u00e9pourvus de richesses ou encore en friche n\u2019\u00e9tait pas une singularit\u00e9 de la Cor\u00e9e&nbsp;; quasiment toutes les colonies fran\u00e7aises \u00e9taient affect\u00e9es de la m\u00eame faiblesse&nbsp;structurelle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019historien Jacques Marseille&nbsp;a publi\u00e9 de bonnes analyses sur cette mati\u00e8re, applicables aussi \u00e0 l\u2019ancienne Afrique Occidentale Fran\u00e7aise, m\u00eame si Elise Huillery a tent\u00e9 de s\u2019inscrire en faux sur le m\u00eame sujet.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1455525112613_16138\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quant \u00e0 la remarque faite sur&nbsp;<strong><em>\u00ab&nbsp;l\u2019expropriation coloniale<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb, une curieuse expression, elle m\u00e9riterait d\u2019\u00eatre rigoureusement d\u00e9montr\u00e9e dans ce type d\u2019analyse.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1455525112613_16141\"><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;De la Banque n\u00b01 \u00e0 la Banque Coloniale de Cor\u00e9e&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong>&nbsp;(p,148)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le processus d\u00e9crit bien le processus de d\u00e9veloppement du syst\u00e8me bancaire avec son r\u00f4le \u00e9conomique, le passage d\u2019une banque priv\u00e9e \u00e0 une banque centrale, et \u00e0 son amarrage dans le syst\u00e8me du yen en 1910, le m\u00eame processus que celui suivi dans d\u2019autres territoires coloniaux&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>En dehors de l\u2019infrastructure ferroviaire et de la structure administrative, la seule institution japonaise d\u2019importance \u00e9tablie en Cor\u00e9e d\u00e8s les d\u00e9buts de la colonisation \u00e9tait la Banque n\u00b01 de Shibusawa EIIchi.&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><em>&nbsp;(p151).<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette banque joua un r\u00f4le important dans les investissements du&nbsp; Sud Est asiatique, compte tenu du nombre des antennes qu\u2019elle y entretenait, 33 en 1918. (p,151)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur porte alors son attention sur \u00ab&nbsp;<strong><em>Les structures de la production<\/em><\/strong>&nbsp;:&nbsp;<strong><em>entreprises et \u00ab&nbsp;industrie&nbsp;\u00bb,<\/em><\/strong>&nbsp;\u00e0 leur r\u00e9partition, et \u00e0 \u00ab&nbsp;<strong><em>une approche par le capital<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb (p,152), une analyse statistiquement tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9e, en notant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2026&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;<strong>l\u2019agriculture repr\u00e9sentait tout au long de la p\u00e9riode la quasi-totalit\u00e9 (85%) de la production \u00e9conomique mat\u00e9rielle cor\u00e9enne.<\/strong>&nbsp;\u00bb (p,152)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp; Etrangement, l\u2019auteur analyse le fait colonial, tout en d\u00e9clarant&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Par ailleurs, nous int\u00e9ressant au ph\u00e9nom\u00e8ne colonial, nous ne traiterons pas des entreprises \u00e9trang\u00e8res. La raison en est que ces derni\u00e8res constituaient des structures tr\u00e8s particuli\u00e8res&nbsp;: bien que tr\u00e8s peu nombreuses (dix en 1910) leur poids en capital d\u00e9passait celui des entreprises cor\u00e9ennes<\/em>.&nbsp;\u00bb (p,152)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp; Plus loin&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Qu\u2019en \u00e9tait-il des entreprises m\u00e9tropolitaines&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le capital engag\u00e9 dans ces derni\u00e8res \u00e9tait sans commune mesure avec celui des entreprises p\u00e9ninsulaires&nbsp;: cinquante fois plus important, bien qu\u2019elles fussent cinq fois moins nombreuses\u2026<\/em><\/strong><strong>&nbsp;\u00ab&nbsp; (p154)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La description \u00e9conomique que fait l\u2019auteur montre bien comment fonctionnait l\u2019\u00e9conomie coloniale anim\u00e9e par une banque centrale pas uniquement tourn\u00e9e vers la Cor\u00e9e, quelques entreprises importantes du capital, et un tissu de petites entreprises charg\u00e9es de fournir \u00e0 la m\u00e9tropole&nbsp;<em>denr\u00e9es (le riz), ou mati\u00e8res premi\u00e8res (le fer ), (\u00ab&nbsp;La capture commerciale du riz et du fer&nbsp;\u00bb (p160)&nbsp;:<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1455525112613_16154\"><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;L\u2019emballement de la fin des ann\u00e9es 1910 reposa donc sur le d\u00e9veloppement commercial et industriel. Autrement dit, comme on le voit,&nbsp;<u>les statistiques construites<\/u>&nbsp;par le gouvernement g\u00e9n\u00e9ral de Cor\u00e9e dessinent assez clairement le sch\u00e9ma d\u2019une colonisation \u00e9conomique \u00ab&nbsp;r\u00e9ussie&nbsp;\u00bb, avec des d\u00e9buts marqu\u00e9s par l\u2019initiative politique, l\u2019importance des entreprises publiques ou semi-publiques (banques et chemin de fer) et un d\u00e9veloppement assez rapidement marqu\u00e9 par l\u2019importance du secteur priv\u00e9, l\u2019industrie et le commerce.&nbsp;\u00bb (p,157)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est possible de s\u2019interroger en ce qui concerne l\u2019expression utilis\u00e9e par l\u2019auteur sur les statistiques que j\u2019ai soulign\u00e9e, et si tel \u00e9tait le cas, comment concilier l\u2019observation sur le poids de l\u2019agriculture (85%) et cette colonisation \u00e9conomique \u00ab&nbsp;r\u00e9ussie&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En ce qui concerne le riz&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u2026&nbsp;<em>le riz cor\u00e9en s\u2019imposa face au riz indochinois, birman et chinois. Cela \u00e0 la faveur de la guerre\u2026Ainsi, entre 1914 et 1917, les riz coloniaux japonais repr\u00e9sentaient presque 80 % du volume import\u00e9. \u00ab&nbsp; (p,<\/em><\/strong><em>163)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La r\u00e9orientation des importations de riz cr\u00e9a beaucoup de difficult\u00e9s dans l\u2019\u00e9conomie indochinoise qui avait de plus en plus besoin d\u2019exporter son riz en m\u00e9tropole.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comme je l\u2019ai \u00e9crit dans le livre \u00ab&nbsp;Supercherie coloniale&nbsp;\u00bb, la mention qu\u2019y fait une historienne du collectif Blanchard and Co, sur le riz dans nos assiettes, le riz indochinois bien s\u00fbr, ne correspondait pas \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9&nbsp;: l\u2019Indochine avait besoin que la France importe du riz d\u2019Indochine, un riz subventionn\u00e9, et qui allait, ,non pas dans nos assiettes, mais dans nos poulaillers.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur note l\u2019importance qu\u2019a eue le fer cor\u00e9en dans le d\u00e9veloppement de la sid\u00e9rurgie japonaise, en particulier en raison de la guerre&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Cette crise suscita au Japon un \u00ab&nbsp;boum de la fi\u00e8vre sid\u00e9rurgique&nbsp;\u00bb entre 1917 et 1918<\/em>.&nbsp;\u00bb (p,167)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Et l\u2019auteur de conclure&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<strong><em>L\u2019\u00e9conomie coloniale de la Cor\u00e9e \u00e0 la fin de la Premi\u00e8re guerre mondiale&nbsp;: de la sp\u00e9culation \u00e0 l\u2019impasse&nbsp;\u00bb (p,168)<\/em><\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1455525112613_16162\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<strong><em>La politique men\u00e9e en Cor\u00e9e entre 1905 et 1918-1919 \u00e9tait une impasse \u00e9conomique et sociale. Le lendemain, deux jours avant que l\u2019ex-roi cor\u00e9en Kojong f\u00fbt inhum\u00e9, un peu plus d\u2019un an apr\u00e8s le discours du Pr\u00e9sident Wilson sur le \u00ab&nbsp;droit des peuples \u00e0 disposer d\u2019eux-m\u00eames\u2026 un groupe d\u2019intellectuels militants cor\u00e9ens se r\u00e9unit dans la capitale cor\u00e9enne pour d\u00e9clarer en public l\u2019ind\u00e9pendance de la Nation et appeler au soul\u00e8vement. Ce fut comme une \u00e9tincelle sur une plaine d\u2019herbes s\u00e8ches&nbsp;: la soci\u00e9t\u00e9 toute enti\u00e8re r\u00e9agit, le Mouvement du 1<sup>er<\/sup>&nbsp;mars&nbsp;\u00bb \u00e9tait lanc\u00e9, \u00e9branlant la domination coloniale.&nbsp;\u00bb (p,169)\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>En ce sens pr\u00e9cis, l\u2019\u00e9chec de la politique de d\u00e9veloppement des ann\u00e9es 1910, puis le Mouvement du 1<sup>er<\/sup>&nbsp;mars 1919, amen\u00e8rent \u00e0 une autre politique \u00e9conomique dans la colonie qui allait autrement complexifier la structure de la Cor\u00e9e coloniale, ainsi que les rapports entre colonis\u00e9 et colonisateur<\/em>.&nbsp;\u00bb (p,171)<\/p>\n\n\n\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1455525112613_16169\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Avant de conclure cette lecture in\u00e9vitablement imparfaite, deux questions se posent \u00e0 mes yeux&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La premi\u00e8re&nbsp;: est-ce que la premi\u00e8re guerre mondiale, plus que la question coloniale, n\u2019a pas caract\u00e9ris\u00e9 les relations entre le Japon et la Cor\u00e9e&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La deuxi\u00e8me se rapporte au silence auquel l\u2019auteur s\u2019astreint sur&nbsp; la r\u00e9pression coloniale qui a eu pour but de casser le mouvement du 1<sup>er<\/sup>&nbsp;mars, et sur le nombre des victimes, des pr\u00e9cisions qu\u2019il faut aller chercher dans la contribution Souyri, intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;<em>Critiquer le colonialisme dans le Japon d\u2019avant 1945&nbsp;\u00bb (p,189)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>&amp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\" id=\"yui_3_5_0_1_1455525112613_16171\"><strong>\u00ab&nbsp;Critiquer le colonialisme dans le Japon d\u2019avant 1945&nbsp;\u00bb par Pierre-Fran\u00e7ois Souyri (pages 189 \u00e0 236)<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette analyse se situe dans une chronologie diff\u00e9rente des autres analyses de la m\u00eame revue.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En se situant dans l\u2019histoire des id\u00e9es, cette analyse manque \u00e0 la fois de cadrage historique et d\u2019\u00e9valuation des effets des&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>trois courants<\/em>&nbsp;<em>anticoloniaux<\/em>&nbsp;\u00bb qu\u2019elle d\u00e9crit&nbsp;, le courant \u00ab&nbsp;<em>moral&nbsp;\u00bb<\/em>, le courant \u00ab&nbsp;\u00e9<em>conomiste<\/em>&nbsp;\u00bb, et celui d\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>une critique du syst\u00e8me au sein m\u00eame de l\u2019universit\u00e9 japonaise<\/em>&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le cadrage historique&nbsp;: il parait difficile de ne pas situer&nbsp; ces courants dans le syst\u00e8me de gouvernement japonais, pas moins que dans la chronologie politique de la m\u00eame \u00e9poque, une \u00e9poque relativement longue.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il parait tout de m\u00eame difficile de tirer des conclusions sur l\u2019efficacit\u00e9 de ces \u00ab&nbsp;courants anticoloniaux&nbsp;\u00bb, sans avoir plus de pr\u00e9cisions sur leur effet dans l\u2019opinion publique, ou dans leur repr\u00e9sentation politique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur \u00e9crit&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Le colonialisme antir\u00e9pressif et r\u00e9formiste des d\u00e9mocrates japonais des ann\u00e9es 1920 et 1930 peut para\u00eetre aujourd\u2019hui d\u00e9suet. Qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas. D\u2019une part, bien rares \u00e9taient ceux qui, en Grande Bretagne ou en France, par exemple, d\u00e9non\u00e7aient vers la m\u00eame \u00e9poque aussi clairement les abus du colonialisme. Les critiques japonais du colonialisme japonais sont, de ce point de vue, tout \u00e0 fait remarquables. Par ailleurs les radicaux ind\u00e9pendantistes \u00e9taient alors minoritaires dans les colonies japonaises. En effet, une partie des nationalistes cor\u00e9ens ou ta\u00efwanais pensaient sinc\u00e8rement \u2013 \u00e0 l\u2019instar des d\u00e9mocrates japonais \u2013 que le syst\u00e8me colonial \u00e9tait r\u00e9formable<\/em>&nbsp;\u00bb (p,234)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019ai envie de dire les \u00ab&nbsp;d\u00e9mocrates japonais&nbsp;\u00bb&nbsp;? Combien de divisions&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Bien rares \u00e9taient ceux qui, en Grande Bretagne ou en France, d\u00e9non\u00e7aient\u2026&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Est-ce si s\u00fbr alors qu\u2019aucune comparaison historique n\u2019est propos\u00e9e&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et sans \u00eatre m\u00e9chant, pourquoi ne pas recommander quelques-unes des lectures fran\u00e7aises qui ne cachaient pas grand-chose des abus du colonialisme fran\u00e7ais&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1455525112613_16182\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ren\u00e9 Maran dans \u00ab&nbsp;<em>Batouala<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;Prix Goncourt 1921), Andr\u00e9 Gide dans \u00ab&nbsp;<em>Voyage au Congo<\/em>&nbsp;\u00bb, le scandale des grandes concessions foresti\u00e8res (1927)&nbsp;, Albert Londres, dans \u00ab&nbsp;<em>Terre d\u2019\u00e9b\u00e8ne<\/em>&nbsp;\u00bb (1929), le scandale du Congo Oc\u00e9an, Louis Roubaud dans \u00ab&nbsp;<em>Viet Nam<\/em>&nbsp;\u00bb (1931) la trag\u00e9die de Y\u00ean Ba\u00ef,&nbsp; Augagneur avec son livre&nbsp;<em>\u00ab&nbsp; Erreurs et brutalit\u00e9s coloniales<\/em>&nbsp;\u00bb (1911), Vign\u00e9 d\u2019Octon avec \u00ab&nbsp;<em>La gloire du sabre<\/em>&nbsp;\u00bb (1900) ou \u00ab&nbsp;<em>Les crimes coloniaux de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique<\/em>&nbsp;\u00bb (1911),&nbsp; etc, etc\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"yui_3_5_0_1_1455525112613_16189\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pourquoi ne pas demander \u00e0 Monsieur Pierre-Fran\u00e7ois Souyri, pourquoi il n\u2019a pas cit\u00e9 le m\u00eame type de livre anticolonialiste au cours de la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e, un vrai test de cr\u00e9dibilit\u00e9&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Enfin, et dans la m\u00eame veine,&nbsp; une autre affirmation qui m\u00e9riterait d\u2019\u00eatre \u00e9toff\u00e9e&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Contrairement \u00e0 une l\u00e9gende tenace, le colonialisme japonais n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 plus brutal que les autres<\/em>&nbsp;\u00bb, un propos qui m\u00e9riterait d\u2019\u00eatre confirm\u00e9 par des sp\u00e9cialistes, deuxi\u00e8me guerre mondiale y comprise&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans le \u00ab&nbsp;d\u2019avant 1945&nbsp;\u00bb&nbsp;? Et au fil des p\u00e9riodes historiques&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sur ce blog, le 20 ao\u00fbt 2015, j\u2019ai publi\u00e9 un petit exercice de critique historique qui concerne le m\u00eame auteur&nbsp;dont je reproduis le texte ci-apr\u00e8s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>&amp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Petit exercice de critique historique&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Ou la \u00ab&nbsp;contextualisation&nbsp;\u00bb du fait colonial&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:15px\">Publi\u00e9 le 20 ao\u00fbt 2015<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Au fil des pages, et avant d\u2019\u00eatre en mesure de commenter les deux tomes tout \u00e0 fait int\u00e9ressants consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019ambitieux sujet trait\u00e9, j\u2019ai not\u00e9 dans le chapitre intitul\u00e9&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Critiquer le colonialisme dans le Japon d\u2019avant 1945<\/em>&nbsp;\u00bb de Pierre-Fran\u00e7ois Souyri, Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve, une sorte de curiosit\u00e9 d\u2019\u00e9criture d\u2019histoire postcoloniale, un m\u00e9lange tout \u00e0 fait \u00e9trange entre histoire et prise de position politique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Mais il faut quand m\u00eame contextualiser le discours de Yanagi et, m\u00eame si l\u2019homme n\u2019\u00e9tait pas exempt de&nbsp;d\u00e9fauts, il n\u2019en a pas moins contribu\u00e9 \u00e0 faire conna\u00eetre une c\u00e9ramique largement m\u00e9sestim\u00e9e. Apr\u00e8s tout, o\u00f9 sont les esth\u00e8tes fran\u00e7ais capables de monter en Alg\u00e9rie un mus\u00e9e des arts populaires alg\u00e9riens&nbsp;?&nbsp;\u00bb (page 209)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;Contextualisons&nbsp;\u00bb donc un tel discours&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Convient-il de rappeler qu\u2019en Extr\u00eame Orient,&nbsp; l\u2019Ecole d\u2019Extr\u00eame Orient a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1898, et install\u00e9e \u00e0 Hano\u00ef en 1900, que l\u2019Ecole Nationale des Beaux- Arts d\u2019Alger a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1888, et la villa Abd-El-Tif en 1906, pour ne pas citer encore la cr\u00e9ation de l\u2019Acad\u00e9mie Malgache en&nbsp; 1902&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jean Pierre Renaud &#8211; Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Japon et le fait colonial -1 L\u2019Asie du Nord-Est coloniale \u2013 Ann\u00e9es 1880-1920 Lecture critique\u00a0: deuxi\u00e8me partie \u00ab&nbsp;Hokkaid\u00f6, An Z\u00e9ro&nbsp;\u00bb par No\u00e9mi Godefroy (p,105) \u201cChangement des rapports de domination et septentrion japonais \u00e0 la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle&nbsp;\u00bb &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Avant d\u2019\u00eatre une colonie du Japon moderne, puis un \u00e9l\u00e9ment \u00e0 part enti\u00e8re de son &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2016\/02\/15\/le-japon-et-le-fait-colonial-1-lasie-du-nord-est-coloniale-1880-1920-lecture-deuxieme-partie\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Le Japon et le fait colonial -1 L&rsquo;Asie du Nord-Est coloniale -1880-1920- Lecture : deuxi\u00e8me partie&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[249,2700,2099,155,273,2676,2698,2699,99,944,151,2665,2697,2701,285],"class_list":["post-2611","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire","tag-afrique","tag-alexandre-roy","tag-asie","tag-chine","tag-colonies","tag-coree","tag-hokkaido","tag-horace-capron","tag-indochine","tag-jacques-marseille","tag-japon","tag-michel-vie","tag-noemi-godefroy","tag-pierre-francois-souyri","tag-supercherie-coloniale"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2611","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2611"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2611\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2612,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2611\/revisions\/2612"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2611"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2611"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2611"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}