{"id":2651,"date":"2016-11-04T17:31:20","date_gmt":"2016-11-04T16:31:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2651"},"modified":"2021-07-13T17:34:50","modified_gmt":"2021-07-13T15:34:50","slug":"annexe-a-le-lavisse-et-lenseignement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2016\/11\/04\/annexe-a-le-lavisse-et-lenseignement\/","title":{"rendered":"Annexe a : Le Lavisse et l\u2019enseignement"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Annexe a&nbsp;: Le Lavisse et l\u2019enseignement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019enseignement de l\u2019histoire coloniale en m\u00e9tropole et en Afrique&nbsp;: la pertinence historique des exemples cit\u00e9s par Sophie Dulucq dans son livre \u00ab&nbsp;Ecrire l\u2019histoire coloniale de l\u2019Afrique \u00e0 l\u2019\u00e9poque coloniale&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure aborde ce sujet au moins \u00e0 deux reprises en examinant rapidement le cas de la m\u00e9tropole, et plus longuement celui de l\u2019A.O.F<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Dans le premier cas, celui de la m\u00e9tropole<\/strong><strong>, et sans citer le livre d\u2019histoire Lavisse auquel l\u2019historienne Coquery-Vidrovitch a fait un sort, de m\u00eame, et plus largement encore, le collectif de chercheurs Blanchard, mais non d\u00e9montr\u00e9, comme je l\u2019ai moi-m\u00eame d\u00e9montr\u00e9 dans mon livre \u00ab&nbsp;<em>Supercherie coloniale<\/em>&nbsp;\u00bb, l\u2019auteure s\u2019inscrit dans le courant des chercheurs qui accr\u00e9ditent l\u2019id\u00e9e, et non le fait mesur\u00e9, que la France \u00e9tait sous l\u2019influence de la propagande coloniale&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Si les ann\u00e9es 1930 sont bel et bien celles de l\u2019apog\u00e9e d\u2019une propagande tous azimuts pour la Plus grande France et celles de l\u2019\u00e9panouissement d\u2019une culture \u00ab&nbsp;imp\u00e9riale<\/em>\u2026&nbsp;\u00bb (page 209,210, note de source Blanchard et Lemaire)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Elle note plus loin, mais de fa\u00e7on plus nuanc\u00e9e&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Une fois encore se pose&nbsp;<u>la question d\u00e9licate<\/u>, en histoire de l\u2019\u00e9ducation, du d\u00e9calage entre les instructions officielles, le contenu des manuels, les pratiques des enseignants et la r\u00e9ception des enseignements par les \u00e9l\u00e8ves.&nbsp;<u>L\u2019exposition continue des jeunes enfants aux images positives<\/u>&nbsp;de la colonisation, via l\u2019\u00e9cole et la propagande extrascolaire, peut expliquer en partie le consensus des ann\u00e9es 1920-1930 autour de l\u2019id\u00e9e imp\u00e9riale&nbsp;\u00bb (p,223) (Note de renvoi Bancel)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pourquoi ne pas rassurer l\u2019auteure, car le nombre de pages consacr\u00e9es \u00e0 \u00ab&nbsp;<em>la Plus grande France<\/em>&nbsp;\u00bb \u00e9tait tr\u00e8s limit\u00e9 dans les petits livres d\u2019histoire de Monsieur Lavisse&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Histoire de France Lavisse Cours El\u00e9mentaire 1930 10 et 9\u00b0&nbsp;: 182 pages, 24 chapitres, et dans le chapitre 22 \u00ab&nbsp;Les conqu\u00eates de la France&nbsp;\u00bb, 7 pages de la page 162 \u00e0 169<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Histoire de France Lavisse Cours Sup\u00e9rieur 1937, 408 pages, et dans le livre VI \u00ab&nbsp;L\u2019\u00e9poque contemporaine&nbsp;\u00bb, une page et demie, pages 371 et 372<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Histoire de France Lavisse Cours moyen 2<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;ann\u00e9e (7\u00b0) certificat d\u2019\u00e9tudes, 1935, 343 pages, 35 chapitres, Chapitre XXXIII La Troisi\u00e8me R\u00e9publique, page 318, page 319, deux photos, temple d\u2019Angkor et campement de nomades dans le sud alg\u00e9rien, page 320 avec une carte de l\u2019empire, plus 5 lignes \u00e0 la page 321.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un test qu&rsquo;il s&rsquo;agirait naturellement d&rsquo;effectuer de fa\u00e7on exhaustive.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Quant \u00e0&nbsp;<em><u>l\u2019exposition continue des enfants aux images coloniales<\/u><\/em>, il est possible d\u2019en douter, alors que la France sortait \u00e0 peine de la boucherie de la premi\u00e8re guerre mondiale, et que toutes les familles du pays comptaient leurs morts ou bless\u00e9s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans le cas de l\u2019Afrique,&nbsp;<\/strong><strong>l\u2019auteure propose une analyse plus d\u00e9taill\u00e9e, mais qui concerne avant tout l\u2019A.O.F&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Enseigner l\u2019histoire dans les \u00e9coles africaines<\/em><\/strong><strong>&nbsp;\u00bb (p,193)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure rel\u00e8ve:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;C\u2019est un aspect encore peu \u00e9tudi\u00e9 par les historiens, qui m\u00e9riterait des recherches plus approfondies<\/em>.&nbsp;\u00bb (p,193)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Nos anc\u00eatres les Africains<\/em><\/strong><strong>&nbsp;\u00bb (p,193) (le lecteur aura sans doute \u00e9t\u00e9 rassur\u00e9 de ne pas trouver le clich\u00e9 \u00e9cul\u00e9 de \u00ab&nbsp;<em>nos anc\u00eatres les Gaulois<\/em>&nbsp;\u00bb)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sont alors d\u00e9crits les efforts de l\u2019administration coloniale pour d\u00e9velopper l\u2019enseignement de l\u2019histoire, d\u00e8s l\u2019ann\u00e9e 1903.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Il s\u2019agit donc moins de familiariser les \u00e9l\u00e8ves avec l\u2019histoire de France qu\u2019avec l\u2019histoire de la pr\u00e9sence fran\u00e7aise en Afrique. D\u00e8s le rapport de Camille Guy en 1903, une id\u00e9e est martel\u00e9e par les p\u00e9dagogues coloniaux&nbsp;: l\u2019histoire de France n\u2019est \u00e0 envisager que du point de vue des \u00ab&nbsp;relations avec les diff\u00e9rents pays de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest&nbsp;\u00bb, afin&nbsp; de faire aimer la m\u00e9tropole et les Fran\u00e7ais et de faire comprendre les motivations des colonisateurs&nbsp;\u00bb.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019enseignement de l\u2019histoire en 1903 dans une AOF&nbsp;cr\u00e9\u00e9e de toute pi\u00e8ce huit ans plus t\u00f4t&nbsp;, non pacifi\u00e9e ? Imaginez un peu&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp; Comment ne pas faire un petit rapprochement avec le travail des instituteurs de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique, et de leurs livres, dont l\u2019ambition et aussi la r\u00e9ussite furent celles d\u2019avoir aid\u00e9 \u00e0 la construction d\u2019une nation qui n\u2019existait pas encore \u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Plus loin, l\u2019auteure \u00e9voque la publication \u00ab&nbsp;Le Tour de l\u2019A.O.F par deux enfants&nbsp;\u00bb, une initiative qui&nbsp; ressemble \u00e9trangement \u00e0 celle de Bruno avec son Tour de la France par deux enfants, deux initiatives parall\u00e8les qui connurent le succ\u00e8s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cela dit, et quelques soient les interpr\u00e9tations historiques donn\u00e9es \u00e0 la scolarisation, il est \u00e9vident que les effectifs des enfants scolaris\u00e9s \u00e9taient faibles, qu\u2019ils ne concernaient le plus souvent que les cit\u00e9s de la c\u00f4te ou des chefs- lieux de l\u2019hinterland, \u00e9tant donn\u00e9 que la France, comme l\u2019Angleterre, avaient d\u00e9cid\u00e9 que le d\u00e9veloppement des colonies, et donc de l\u2019A.O.F, et donc aussi de l\u2019enseignement, devait \u00eatre financ\u00e9 par les colonies elles-m\u00eames.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les choses chang\u00e8rent compl\u00e8tement apr\u00e8s 1945, avec la cr\u00e9ation du FIDES, mais en 1950, les taux de scolarisation \u00e9taient encore faibles&nbsp;: en Afrique occidentale, et pour une population scolarisable de 20% de la population, soit 3 millions d\u2019enfants, 138&nbsp;000 d\u2019entre eux \u00e9taient scolaris\u00e9s, soit 4,6%, dont 1,15% au titre de l\u2019enseignement priv\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jean Pierre Renaud &#8211; Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Annexe a&nbsp;: Le Lavisse et l\u2019enseignement L\u2019enseignement de l\u2019histoire coloniale en m\u00e9tropole et en Afrique&nbsp;: la pertinence historique des exemples cit\u00e9s par Sophie Dulucq dans son livre \u00ab&nbsp;Ecrire l\u2019histoire coloniale de l\u2019Afrique \u00e0 l\u2019\u00e9poque coloniale&nbsp;\u00bb &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure aborde ce sujet au moins \u00e0 deux reprises en examinant rapidement le cas de la m\u00e9tropole, et plus &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2016\/11\/04\/annexe-a-le-lavisse-et-lenseignement\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Annexe a : Le Lavisse et l\u2019enseignement&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[249,906,2651,273,941,2306,270,421,940,764,930],"class_list":["post-2651","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire","tag-afrique","tag-aof","tag-collectif-blanchard","tag-colonies","tag-coquery-vidrovitch","tag-fides","tag-france","tag-histoire","tag-lavisse","tag-propagande","tag-sophie-dulucq"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2651","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2651"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2651\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2652,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2651\/revisions\/2652"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2651"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2651"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2651"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}