{"id":2655,"date":"2016-10-22T17:46:30","date_gmt":"2016-10-22T15:46:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2655"},"modified":"2021-07-13T17:50:33","modified_gmt":"2021-07-13T15:50:33","slug":"ecrire-lhistoire-de-lafrique-a-lepoque-coloniale-sophie-dulucq-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2016\/10\/22\/ecrire-lhistoire-de-lafrique-a-lepoque-coloniale-sophie-dulucq-4\/","title":{"rendered":"\u00ab Ecrire l\u2019histoire de l\u2019Afrique \u00e0 l\u2019\u00e9poque coloniale \u00bb Sophie Dulucq &#8211; 4"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>\u00ab&nbsp;Ecrire l\u2019histoire de l\u2019Afrique \u00e0 l\u2019\u00e9poque coloniale&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Sophie Dulucq<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>4<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>L\u2019histoire coloniale en ses \u0153uvres (p,119)<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<h6 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>(c.1890 \u2013 c. 1930)<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:18px\"><strong>Question pr\u00e9alable&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:18px\"><strong>\u00ab&nbsp;L\u2019histoire coloniale en ses \u0153uvres&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:18px\"><strong>Ou plus rigoureusement l\u2019historiographie coloniale en ses \u0153uvres&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;<em>Aborder de l\u2019ext\u00e9rieur cet objet culturel particulier qu\u2019a \u00e9t\u00e9&nbsp;<u>l\u2019histoire coloniale&nbsp;<\/u>, de fa\u00e7on en quelque sorte ind\u00e9pendante des contenus v\u00e9hicul\u00e9s, est une piste qui permet d\u2019envisager cette historiographie \u00e0 la fois comme production savante et comme construction politique et sociale&nbsp;; bref, comme un champ scientifique structur\u00e9 par un contexte particulier, par des enjeux internes et externes, par des ambitions&nbsp;&nbsp;et des strat\u00e9gies.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Mais il faut maintenant se pencher sur son contenu h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne&nbsp;\u2026 (p119)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Les premi\u00e8res \u00e9tudes sont g\u00e9n\u00e9ralement le fait de non-historiens\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Dans ces conditions, le regard port\u00e9 sur le pass\u00e9 ne peut qu\u2019\u00eatre influenc\u00e9 en profondeur par la situation coloniale. La subordination des peuples \u00e9tudi\u00e9s, les nouvelles finalit\u00e9s assign\u00e9es \u00e0 l\u2019histoire de ces r\u00e9gions par la demande sociale, la position m\u00eame de ceux qui se penchent sur le pass\u00e9, d\u00e9terminent profond\u00e9ment l\u2019\u00e9criture historique\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Enfin, cette&nbsp;<u>historiographie<\/u>&nbsp;rev\u00eat-elle effectivement la dimension pratique qu\u2019elle revendique au point de pouvoir \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un savoir appliqu\u00e9, comme une v\u00e9ritable science coloniale.&nbsp;\u00bb (<\/em><\/strong><strong>p,121)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Questions \u00e0 l\u2019auteure&nbsp;: \u00ab&nbsp;&nbsp;<em><u>histoire coloniale<\/u><\/em>&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;<em><u>historiographi<\/u><\/em>e&nbsp;\u00bb, comme je l\u2019ai soulign\u00e9&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>N\u2019en aurait-il pas \u00e9t\u00e9 de m\u00eame, toutes proportions gard\u00e9es, et leur \u00e9cart \u00e9tait consid\u00e9rable \u00e0 tous points de vue, des historiens de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique, ou plus r\u00e9cemment de ceux, marxistes, de la Quatri\u00e8me R\u00e9publique&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;L\u2019Afrique subsaharienne comme nouvel espace historique (p,121)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Deux p\u00f4les de curiosit\u00e9&nbsp;: histoire de la geste coloniale et histoire \u00ab&nbsp;indig\u00e8ne&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il s\u2019agit donc bien de la \u00ab&nbsp;subsaharienne&nbsp;\u00bb, mais avant tout de l\u2019Afrique Fran\u00e7aise Occidentale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il s\u2019agit bien aussi, et effectivement, d\u2019un \u00ab&nbsp;nouvel espace historique&nbsp;\u00bb \u00e0 d\u00e9fricher compl\u00e8tement, bien diff\u00e9rent des espaces historiques tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9s par la classe noble des historiens de France ou d\u2019Europe, de l\u2019Antiquit\u00e9 au Moyen \u00c2ge, aux monarchies, et aux R\u00e9publiques, pour ne pas parler des guerres.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019auteure note justement&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;<em>On ne saurait voir dans l\u2019histoire coloniale qu\u2019une historiographie triomphaliste glorifiant la seule civilisation europ\u00e9enne&nbsp;: il s\u2019agit d\u2019une production souvent hybride qui a contribu\u00e9 \u00e0 sa mani\u00e8re \u00e0 historiciser l\u2019Afrique, \u00e0 accumuler des connaissances positives, tout en forgeant des instruments de travail.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Comme le souligne Raymond Mauny en 1970&nbsp;:<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;Toute une lign\u00e9e d\u2019historiens\u2026. N\u2019ont pas attendu en effet l\u2019\u00e8re des ind\u00e9pendances pour \u00e9tudier l\u2019histoire des Africains pour eux-m\u00eames et non en fonction de l\u2019ext\u00e9rieur.&nbsp;\u00bb (p,123<\/em><\/strong><strong>)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Je recommanderais volontiers aux chercheurs qui en doutent de fr\u00e9quenter toute la litt\u00e9rature publi\u00e9e, entre autres par de nombreux officiers et administrateurs,&nbsp;leurs carnets de route, leurs livres, pour s\u2019en rendre compte, les Mage, Gallieni, P\u00e9roz, Binger, Baratier, Emily, Lyautey, le m\u00e9decin de marine&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Hocquard,&nbsp;&nbsp;en Indochine, au Tonkin, ou \u00e0 Madagascar &#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019auteure note toutefois&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;<em>Bien s\u00fbr, l\u2019existence d\u2019une histoire africaine digne de ce nom est reconnue ici de fa\u00e7on alambiqu\u00e9e, condescendante et en grande partie sous forme n\u00e9gative<\/em>&nbsp;(p,126)&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;<em>Histoire \u00ab&nbsp;coloniale&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;histoire indig\u00e8ne&nbsp;\u00bb&nbsp;: de la difficult\u00e9 des classifications&nbsp;\u00bb (<\/em>p,128)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;<em>Tracer une stricte ligne de partage entre les \u00e9crits relevant de l\u2019histoire de la colonisation et des textes relevant de l\u2019histoire&nbsp;\u00ab&nbsp;indig\u00e8ne&nbsp;\u00bb s\u2019av\u00e8re souvent impossible.&nbsp;\u00bb (p,128)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;\u2026 Et l\u2019on peut multiplier les exemples de ces travaux d\u2019histoire \u00ab&nbsp;coloniale&nbsp;\u00bb qui par la tangente, abordent aussi des questions d\u2019histoire \u00ab&nbsp;indig\u00e8ne&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;\u2026 A l\u2019inverse, un ouvrage comme Haut S\u00e9n\u00e9gal-Niger, qui est le parangon de l\u2019histoire \u00ab&nbsp;indig\u00e8ne&nbsp;\u00bb du d\u00e9but du si\u00e8cle, se termine par la conqu\u00eate et l\u2019organisation de l\u2019AOF et int\u00e8gre des probl\u00e9matiques d\u2019histoire de la colonisation, faisant de la colonisation fran\u00e7aise une \u00ab&nbsp;fin de l\u2019histoire&nbsp;\u00bb pour les soci\u00e9t\u00e9s ouest-africaines.&nbsp;\u00bb (p,129) (un livre de Delafosse)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;Entre logique scientifique et logique coloniale<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;<em>Une histoire au service de l\u2019imp\u00e9rialisme national<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;Un bon exemple de la constante interaction entre ces diff\u00e9rents champs est fourni par l\u2019introduction du livre de Charles Monteil, Les empires du Mali \u00ab&nbsp;(1929) (p,131)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp; Un des paradoxes de l\u2019histoire coloniale est justement, on l\u2019a \u00e9voqu\u00e9, de se revendiquer une utilit\u00e9 politique au moment m\u00eame o\u00f9 ses promoteurs travaillent \u00e0 l\u2019institutionnaliser et \u00e0 conqu\u00e9rir les cercles universitaires.&nbsp;\u00bb&nbsp; (p,132)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;Guid\u00e9s par une foi solide dans l\u2019\u0153uvre coloniale et persuad\u00e9s de contribuer \u00e0 la grandeur nationale, les historiens sp\u00e9cialistes de l\u2019Afrique ont bien s\u00fbr \u00e9crit une histoire impr\u00e9gn\u00e9e des valeurs de leur temps.&nbsp;\u00bb (p,135)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Question&nbsp;: n\u2019en n\u2019y-a-t-il pas toujours \u00e9t\u00e9 un peu ainsi, m\u00eame dans la p\u00e9riode moderne o\u00f9 l\u2019histoire pourrait beaucoup plus facilement se d\u00e9tacher des \u00ab&nbsp;<em>valeurs de son temps<\/em>&nbsp;\u00bb ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A la condition de s\u2019entendre sur les \u00ab&nbsp;valeurs&nbsp;\u00bb de la France du vingt-uni\u00e8me si\u00e8cle&nbsp;? Quelles sont- elles pour le courant des historiens nourri par la \u00ab&nbsp;matrice&nbsp;\u00bb alg\u00e9rienne&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Anachronisme, ethnocentrisme involontaire ou volontaire et invers\u00e9, nombrilisme,&nbsp;&nbsp;absence d\u2019\u00e9valuation des faits et des effets, servilit\u00e9s id\u00e9ologiques, toutes maladies qui n\u2019\u00e9pargnent pas certaines histoires du pass\u00e9 ou du jour<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;<em>Grilles de lecture, d\u00e9coupages, mises en intrigue (p,135)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;L\u2019invention du pass\u00e9 de l\u2019Afrique s\u2019est faite \u00e0 travers les grilles de lecture construites selon&nbsp;<u>les pr\u00e9jug\u00e9s politico-culturels de l\u2019\u00e9poque<\/u>\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Ce d\u00e9terminisme historico-climatique, lointain rejeton de la th\u00e9orie des climats de Montesquieu, est un \u00e9cho indirect des conceptions de l\u2019\u00e9cole de g\u00e9ographie coloniale fond\u00e9es au XIX\u00b0 si\u00e8cle dans le sillage de Marcel Dubois&nbsp;. (p,137)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;\u2026 Confront\u00e9s \u00e0 des sources qui r\u00e9v\u00e8lent de puissantes dynamiques pass\u00e9es ( conqu\u00eates, \u00e9mergence d\u2019Etats, vitalit\u00e9 culturelle, etc.), beaucoup d\u2019historiens vont essayer de concilier leur vison d\u00e9terministe, statique et racialisante du pass\u00e9 africain avec la volont\u00e9 de rendre compte des vastes mouvements de l\u2019Histoire&nbsp;\u00bb (p,138)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Question&nbsp;: du d\u00e9terminisme g\u00e9ographique&nbsp;? S\u00fbrement.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le g\u00e9ographe Richard-Molard avait-il tort en parlant de&nbsp;<em>l\u2019&nbsp;hyper continentalit\u00e9<\/em>&nbsp;de l\u2019Afrique, avant l\u2019arriv\u00e9e des colonisateurs, du facteur cl\u00e9 des climats extr\u00eames, de la nature des terres, de la grande diversit\u00e9 des peuples et les dialectes qui y existaient, etc\u2026&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u2019apr\u00e8s l\u2019auteure, l\u2019\u00e9poque actuelle pourrait \u00eatre indemne de \u00ab&nbsp;<em><u>pr\u00e9jug\u00e9s politico-culturels&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/u><\/em><\/strong><em><u><\/u><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;<em>Un autre biais bien identifiable de l\u2019histoire de la p\u00e9riode coloniale r\u00e9side en effet dans l\u2019ethnocentrisme r\u00e9current des analyses, qui fait chausser aux historiens des lunettes europ\u00e9ennes pour examiner le pass\u00e9 africain.&nbsp;\u00bb (p,139)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;\u2026 Les \u0153ill\u00e8res ethnocentriques rendant parfois difficiles la r\u00e9flexion sur un certain nombre de ph\u00e9nom\u00e8nes historiques tels que la modernisation pr\u00e9coloniale de l\u2019Imerna. Incapables d\u2019en rendre compte de fa\u00e7on satisfaisante, des auteurs, comme Martineau et Grandidier affirment, contre toute vraisemblance, que l\u2019histoire malgache a commenc\u00e9 avec les Europ\u00e9ens, que les Merina ne pourront \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s au devenir historique que du jour o\u00f9 il seront pleinement assimil\u00e9s \u00e0 la civilisation europ\u00e9enne. \u00ab&nbsp; (p,141)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Question&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u0153ill\u00e8res ethnocentriques&nbsp;\u00bb&nbsp;? Est-ce si s\u00fbr dans le cas de Madagascar, en 1895&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aucune route&nbsp;! Un seul moyen de transport, l\u2019homme (f<em>ilanzan<\/em>a et&nbsp;<em>bourjanes<\/em>), la cour royale qui communiquait avec ses gouverneurs provinciaux au moyen de coureurs \u00e0 pied, les&nbsp;<em>tsimandroa<\/em>&nbsp;? etc, etc\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avec un saut dans l\u2019histoire postcoloniale, celle des id\u00e9es ou des faits interpr\u00e9t\u00e9s, une sorte d\u2019ethnocentrisme invers\u00e9, comme je l\u2019ai observ\u00e9 dans mes analyses approfondie des livres du grand historien des id\u00e9es que fut Edward Said&nbsp;? Un biais tr\u00e8s difficile \u00e0 \u00e9viter&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour ne pas parler des chercheurs qui veulent \u00e0 tout prix, et par humanitarisme ou id\u00e9ologie, proposer une lecture postcoloniale de cette p\u00e9riode, sans trop se pr\u00e9occuper de leur pertinence scientifique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;<em>Une autre structure latente des r\u00e9cits historiques de la p\u00e9riode consiste \u00e0 lire l\u2019histoire africaine, comme une construction (\u00e9videmment imparfaite et inaboutie) de l\u2019Etat et de la nation.<\/em>&nbsp;\u00bb (p,141)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ai-je jamais rencontr\u00e9 ce th\u00e8me de l\u2019Etat nation dans tous les r\u00e9cits que j\u2019ai lus ou annot\u00e9s?&nbsp;&nbsp;Jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9colonisation&nbsp;? Alors que les anciennes colonies devenues des Etats nations ne ressemblaient aucunement \u00e0 ce qu\u2019on appelle des Etats nations.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour autant du reste que la monarchie anglaise ait pu \u00eatre regard\u00e9e comme un Etat nation, ou l\u2019Allemagne des Kaysers, puis des nazis.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La \u00ab&nbsp;construction&nbsp;\u00bb d\u00e9nonc\u00e9e n\u2019est-elle pas le fait de l\u2019histoire postcoloniale&nbsp;? Les travaux de Frederick Cooper soul\u00e8vent ce type de difficult\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les soi-disant Etats Nations sont issus des Etats coloniaux et leur reconnaissance internationale portait sur leur nouvelle nationalit\u00e9 commune reconnue, et pas du tout sur celle de leur \u00e9tat de nation.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;<em>Une lecture orient\u00e9e&nbsp;: la Vue g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019histoire de l\u2019Afrique de Geoges Hardy (p,142)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>L\u2019ouvrage de Georges Hardy d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises fournit un bon exemple de&nbsp;lecture \u00ab&nbsp;coloniale&nbsp;\u00bb du pass\u00e9 et m\u00e9rite qu\u2019on s\u2019y attarde un instant\u2026.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>On le constate, la Vue G\u00e9n\u00e9rale contient tous les ingr\u00e9dients propres \u00e0 l\u2019histoire \u00e9crite \u00e0 cette \u00e9poque. En m\u00eame temps, elle ne peut pas \u00eatre r\u00e9duite \u00e0 un simple catalogue de notions d\u00e9pass\u00e9es. Avec ce petit manuel, Hardy renforce sans aucun doute le sentiment commun\u00e9ment partag\u00e9 de la sup\u00e9riorit\u00e9 europ\u00e9enne&nbsp;; mais il combat aussi un certain nombre d\u2019id\u00e9es re\u00e7ues ( l\u2019a-historicit\u00e9, l\u2019anarchie, les \u00ab&nbsp;rois n\u00e8gres&nbsp;\u00bb) et met \u00e0 la disposition du&nbsp;<u>public cultiv\u00e9<\/u>&nbsp;des \u00e9l\u00e9ments de connaissance qui sont ceux de son \u00e9poque\u2026.L\u00e0, comme en d\u2019autres domaines, l\u2019histoire de l\u2019Afrique r\u00e9dig\u00e9e \u00e0 la p\u00e9riode coloniale nage en pleine&nbsp;<u>ambigu\u00eft\u00e9.<\/u>&nbsp;\u00bb (p,145<\/em><\/strong><strong>)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Questions&nbsp;: lecture \u00ab&nbsp;coloniale&nbsp;\u00bb, compar\u00e9e \u00e0 d\u2019autres lectures beaucoup mieux outill\u00e9es, les lectures \u00ab&nbsp;antiques&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;monarchiques&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;r\u00e9publicaines&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;marxistes&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;humanitaristes&nbsp;\u00bb&nbsp;? Il me semble que l\u2019histoire a toujours eu beaucoup de peine \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 \u00ab&nbsp;<em>l\u2019ambigu\u00eft\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb, mot que j\u2019ai soulign\u00e9.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ajoutons qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement int\u00e9ressant de conna\u00eetre et de pouvoir \u00e9valuer&nbsp;&nbsp;ce \u00ab&nbsp;<em><u>public cultiv\u00e9<\/u><\/em>&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;<em>Imagination et&nbsp;&nbsp;fantasmagories<\/em>&nbsp;(p,145)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La phrase de la fin de ce paragraphe parait un peu r\u00e9ductrice, sinon p\u00e9jorative&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;On le voit, les historiens coloniaux n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 en peine d\u2019imagination quand il s\u2019est agi d\u2019interpr\u00e9ter le pass\u00e9 ou de pallier les insuffisances de documentation.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Question&nbsp;:&nbsp;&nbsp;en plein d\u00e9sert ou en pleine brousse&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;L\u2019histoire comme science coloniale&nbsp;? (p,149)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avant tout commentaire, j\u2019ai envie de dire est-ce que l\u2019histoire est une science, laquelle ferait toujours preuve&nbsp;&nbsp;de pertinence scientifique&nbsp;? Non&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Une histoire instrumentale<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;\u2026 Apr\u00e8s la conqu\u00eate de Madagascar et&nbsp;<u>l\u2019effondrement de l\u2019appareil d\u2019Etat merina<\/u>, les colonisateurs et les scientifiques s\u2019int\u00e9ressent de pr\u00e8s au pass\u00e9 malgache&nbsp;? D\u2019importants travaux de recherche et de publication sont lanc\u00e9s et les progr\u00e8s dans la connaissance des populations et de leur histoire trouvent des applications dans les pratiques administratives\u2026. La volont\u00e9 d\u2019inscrire la colonisation dans le pass\u00e9 \u00ab&nbsp;traditionnel\u00bb est manifeste&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Question&nbsp;: est-ce que la formulation m\u00eame de cette opinion ne traduit pas une lecture anachronique&nbsp;? Un \u00ab&nbsp;<em><u>appareil d\u2019Etat&nbsp;&nbsp;merina<\/u><\/em>&nbsp;\u00bb, c\u2019est beaucoup dire, mis \u00e0 part le cas des plateaux. \u00ab&nbsp;<em><u>d\u2019importants travaux de recherche et de<\/u><\/em>&nbsp;<em><u>publication<\/u><\/em>&nbsp;\u00bb, c\u2019est beaucoup dire aussi en comparaison de ceux qui \u00e9taient lanc\u00e9s en m\u00e9tropole.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;\u2026&nbsp;<em>les r\u00e9cits de l\u2019\u00e9pop\u00e9e coloniale sont r\u00e9v\u00e9lateurs d\u2019une forme presque inconsciente d\u2019instrumentalisation du pass\u00e9\u2026.L\u2019articulation entre pens\u00e9e historique et politique se fait aussi \u00e0 un autre niveau. Un va-et-vient existe entre la mise en r\u00e9cit des historiens, certaines th\u00e9ories coloniales et certaines pratiques de terrain<\/em>\u2026.&nbsp;\u00bb (p,151)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Question&nbsp;: de quelle p\u00e9riode parlons-nous et de quels historiens alors que carnets de route ou livres publi\u00e9s sur la premi\u00e8re p\u00e9riode de 1880 \u00e0 1914, n\u2019\u00e9taient pas le fait d\u2019historiens professionnels&nbsp;? Et pourtant, les Gallieni, Lyautey, P\u00e9roz, Binger, Baratier ou Emily faisaient aussi de l\u2019histoire&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;<em>Un miroir des connaissances scientifiques (p,152)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Comme l\u2019a montr\u00e9 Pierre Bourdieu, tout champ scientifique \u00ab&nbsp;enferme&nbsp;de l\u2019impensable, c\u2019est-\u00e0-dire des choses qu\u2019on ne discute m\u00eame pas. (\u2026) autrement dit, le plus cach\u00e9 par un champ, c\u2019est ce sur quoi tout le monde est d\u2019accord, tellement qu\u2019on n\u2019en parle m\u00eame pas, quelque chose qui est hors de question, qui va de soi. Dans ces conditions, on peut comprendre non seulement les conditions sociales de l\u2019erreur \u2013 qui est n\u00e9cessaire en tant qu\u2019elle est le produit de conditions historiques, mais aussi appr\u00e9hender en creux ce qui, compte tenu de l\u2019appareillage conceptuel du temps, est litt\u00e9ralement&nbsp;<\/em><\/strong><strong>impensable.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Or les historiens coloniaux sont enserr\u00e9s dans tout un syst\u00e8me de connaissances du monde auquel ne peut \u00e9chapper l\u2019histoire qu\u2019ils \u00e9crivent. La certitude longuement partag\u00e9e qu\u2019il existe des races humaines aux aptitudes in\u00e9gales, la croyance en une \u00e9volution lin\u00e9aire des soci\u00e9t\u00e9s humaines, l\u2019explication des faits de civilisation par le milieu et&nbsp;\/ou le climat, la conception m\u00e9thodique des rapports de l\u2019historien au pass\u00e9, tout cet ensemble conceptuel, \u00e9tay\u00e9 par le consensus scientifique, fabrique \u00e0 la fois de de l\u2019impensable et de l\u2019impens\u00e9.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Dans le domaine de l\u2019historiographie, l\u2019histoire m\u00e9thodique, qui s\u2019est impos\u00e9e depuis la fin du XIX\u00b0 si\u00e8cle \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 et \u00e0 l\u2019\u00e9cole, pr\u00e9sente des caract\u00e8res g\u00e9n\u00e9raux qui rejaillissent \u00e9galement sur l\u2019historiographie d\u2019outre-mer\u2026 N\u00e9e dans l\u2019humiliation de 1870, l\u2019histoire m\u00e9thodique assume \u00e9galement une dimension nettement nationaliste, encore amplifi\u00e9e avec la guerre de 1914-1918. Dans ces conditions, on ne peut gu\u00e8re s\u2019\u00e9tonner du caract\u00e8re nationaliste, voire cocardier, qui pr\u00e9vaut dans toute l\u2019histoire de la colonisation. Enfin, sur le plan m\u00e9thodologique, l\u2019histoire de Langlois et de Seignebos, dont les promoteurs pr\u00e9tendent qu\u2019elle vise essentiellement \u00e0 \u00e9tablir des \u00ab&nbsp;faits&nbsp;\u00bb est grande consommatrice de documents \u00e9crits, d\u2019archives bien class\u00e9es, de bibliographies, de chronologies et d\u2019\u00e9ditions savantes. On privil\u00e9gie l\u2019histoire militaire, politique et institutionnelle, cette histoire \u00e9v\u00e9nementielle qui sera tant d\u00e9cri\u00e9e par la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration des Annale<\/em><\/strong><strong>s. (p,153)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Commentaire&nbsp;: Une r\u00e9flexion de Bourdieu appliqu\u00e9e au domaine historique en question&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019auteure compare-t-elle des objets comparables&nbsp;? A des \u00e9poques comparables&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019historien Brunschwig fait- il partie de la cohorte cocardi\u00e8re de \u00ab&nbsp;toute l\u2019histoire de la colonisation&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Plus loin l\u2019auteure remarque justement&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;La lenteur dans l\u2019acquisition des connaissances sur l\u2019ensemble du continent est sans doute pour beaucoup dans&nbsp;<u>la vision cloisonn\u00e9e de l\u2019histoire<\/u>&nbsp;<u>et de la g\u00e9ographie africaine<\/u>, que les grandes synth\u00e8ses n\u2019arrivent pas v\u00e9ritablement \u00e0 d\u00e9passer<\/em><\/strong><strong>.&nbsp;\u00bb&nbsp;(p,155)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>J\u2019ajouterais volontiers une \u00ab&nbsp;<em><u>vision<\/u>&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;tout \u00e0 fait d\u00e9cal\u00e9e, compte tenu de l\u2019\u00e9cart gigantesque qui existait alors entre les moyens disponibles dans chacune des situations coloniales, avec leur propre chronologie, selon les \u00e9poques, et ceux de la m\u00e9tropole.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Plus une&nbsp;<em><u>vision&nbsp;<\/u><\/em>effectivement&nbsp;<em><u>cloisonn\u00e9e<\/u><\/em>, compte tenu tout \u00e0 la fois des contraintes climatiques, g\u00e9ographiques, culturelles, et ethniques.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pourquoi ne pas poser une des questions qui me br\u00fble les l\u00e8vres depuis le d\u00e9but de cette analyse&nbsp;? Combien d\u2019historiens professionnels agr\u00e9g\u00e9s dans cette discipline historique, combien de chaires d\u2019universit\u00e9&nbsp;? Quelle \u00e9tait la cat\u00e9gorie d\u2019histoire qui int\u00e9ressait les meilleurs&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alors, oui, et en r\u00e9sultat<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;<em>Du savoir malgr\u00e9 tout<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;&nbsp;<em>Au bout du compte, si l\u2019histoire coloniale est un savoir hybride et ambigu, c\u2019est parce qu\u2019elle s\u2019articule sur deux champs&nbsp;: le champ de l\u2019action coloniale et le champ de la connaissance scientifique<\/em>&nbsp;\u00bb (p,156)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019auteure fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une analyse de Fran\u00e7ois Pouillon qui concerne le sud tunisien, mais est-ce que ce champ historique est comparable aux champs des autres Afriques&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019auteure note&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Les biais en sont d\u00e9celables, r\u00e9currents, parfois fastidieux tant les proc\u00e9d\u00e9s en sont r\u00e9p\u00e9titifs. Elle doit \u00eatre examin\u00e9e non seulement dans le cadre du projet colonial et de ses logiques, mais \u00e9galement replac\u00e9e dans le contexte scientifique de l\u2019\u00e9poque et resitu\u00e9e dans le consensus national autour de la mission colonisatrice de la France.&nbsp;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Cela dit, l\u2019histoire \u00ab&nbsp;indig\u00e8ne&nbsp;\u00bb et l\u2019histoire de la colonisation n\u2019offrent pas de discours homog\u00e8ne et univoque sur le pass\u00e9 africain, la premi\u00e8re adoptant un point de vue afro-centr\u00e9 de fa\u00e7on tr\u00e8s pr\u00e9coce. Il y a plus qu\u2019une nuance entre les articles \u00e9rudits de tel ou tel sp\u00e9cialiste rigoureux et les \u00e9lucubrations babylomaniaques de quelques visionnaires. Pour autant, il est clair que la volont\u00e9 de connaitre a \u00e9t\u00e9 \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la volont\u00e9 d\u2019administrer, selon la dialectique savoir\/pouvoir ch\u00e8re \u00e0 Foucault. Et c\u2019est justement parce qu\u2019il y a du savoir dans ce pouvoir que l\u2019on se trouve d\u00e9pourvu face \u00e0 cette historiographie \u00bb<\/em><\/strong><strong>&nbsp; (p,159, 160)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pourquoi ne pas faire part d\u2019une impression de discussion sur le sexe des anges de l\u2019histoire&nbsp;? Comme si les \u00ab&nbsp;histoires&nbsp;\u00bb n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 le plus souvent conditionn\u00e9es par les contextes historiques de savoir et de pouvoir, \u00e9glises, monarchies, empires, r\u00e9publiques, et ce, jusqu\u2019\u00e0 nos jours avec certains courants de l\u2019histoire postcoloniale qui tentent de peser sur l\u2019exercice des pouvoirs de notre R\u00e9publique, en jouant avec les m\u00e9dias ou l\u2019opinion&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019histoire postcoloniale \u00e9chapperait de nos jours aux intellectuels issus de la \u00ab&nbsp;matrice&nbsp;\u00bb alg\u00e9rienne ou maghr\u00e9bine, au r\u00f4le des associations d\u2019origine immigr\u00e9e, ou tout simplement au march\u00e9, celui des \u00e9diteurs notamment&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jean Pierre Renaud\u00a0\u00a0&#8211;  Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Ecrire l\u2019histoire de l\u2019Afrique \u00e0 l\u2019\u00e9poque coloniale&nbsp;\u00bb Sophie Dulucq 4 L\u2019histoire coloniale en ses \u0153uvres (p,119) (c.1890 \u2013 c. 1930) Question pr\u00e9alable&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019histoire coloniale en ses \u0153uvres&nbsp;\u00bb&nbsp;? Ou plus rigoureusement l\u2019historiographie coloniale en ses \u0153uvres&nbsp;? \u00ab&nbsp;Aborder de l\u2019ext\u00e9rieur cet objet culturel particulier qu\u2019a \u00e9t\u00e9&nbsp;l\u2019histoire coloniale&nbsp;, de fa\u00e7on en quelque sorte ind\u00e9pendante des contenus v\u00e9hicul\u00e9s, est &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2016\/10\/22\/ecrire-lhistoire-de-lafrique-a-lepoque-coloniale-sophie-dulucq-4\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;\u00ab Ecrire l\u2019histoire de l\u2019Afrique \u00e0 l\u2019\u00e9poque coloniale \u00bb Sophie Dulucq &#8211; 4&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[249,906,273,2742,2704,421,629,2741,2056,930],"class_list":["post-2655","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire","tag-afrique","tag-aof","tag-colonies","tag-francois-pouillon","tag-georges-hardy","tag-histoire","tag-post-colonial","tag-raymond-mauny","tag-richard-molard","tag-sophie-dulucq"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2655","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2655"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2655\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2656,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2655\/revisions\/2656"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2655"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2655"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2655"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}