{"id":2836,"date":"2011-06-20T01:54:52","date_gmt":"2011-06-19T23:54:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2836"},"modified":"2021-07-15T03:01:05","modified_gmt":"2021-07-15T01:01:05","slug":"madagascar-1937-la-mort-tragique-du-grand-poete-malgache-rabearivelo-ou-madagascar-netait-pas-la-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2011\/06\/20\/madagascar-1937-la-mort-tragique-du-grand-poete-malgache-rabearivelo-ou-madagascar-netait-pas-la-france\/","title":{"rendered":"Madagascar, 1937, la mort tragique du grand po\u00e8te malgache Rabearivelo, ou Madagascar n&rsquo;\u00e9tait pas la France!"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>\u00ab&nbsp;Eclats de vie coloniale&nbsp;: Madagascar&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>En 1937, Madagascar n\u2019\u00e9tait pas la France&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Non plus d\u2019ailleurs que la soci\u00e9t\u00e9 coloniale de l\u2019\u00e9poque&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>1937&nbsp;: mort tragique du grand po\u00e8te malgache Rabearivelo<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>&nbsp;Echec de la colonisation fran\u00e7aise&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Robert Boudry a publi\u00e9 en 1958 aux Editions Pr\u00e9sence Africaine, un petit livre intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Jean-Joseph Rabearivelo et la mort&nbsp;\u00bb, livre pr\u00e9fac\u00e9 par Jean Amrouche.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L\u2019auteur avait eu acc\u00e8s aux milliers de pages des \u00ab&nbsp;<strong>Calepins Bleus<\/strong>&nbsp;\u00bb, noircis par le po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L\u2019auteur avait fait carri\u00e8re au Contr\u00f4le financier de Madagascar et fait partie de la petite minorit\u00e9 de Fran\u00e7ais de m\u00e9tropole qui avaient partag\u00e9 les aspirations intellectuelles et civiques de la jeune \u00e9lite malgache, faites d\u2019un go\u00fbt de la libert\u00e9 et de l\u2019ind\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>C\u2019\u00e9tait donc en ami du po\u00e8te que l\u2019auteur \u00e9voquait sa m\u00e9moire. Il lui rendait un vibrant hommage, mais en situant sa vie tragique dans le contexte historique et colonial de l\u2019\u00e9poque, dans la capitale de Tananarive.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et cette \u00e9vocation est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante parce qu\u2019elle d\u00e9crit la probl\u00e9matique des rapports entre la puissance coloniale et les \u00ab&nbsp;indig\u00e8nes&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire les Malgaches, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment des relations entre la soci\u00e9t\u00e9 coloniale et les Malgaches.<\/p>\n\n\n\n<p>Car pour un lecteur des r\u00e9cits historiques de cette \u00e9poque, il existait bien un ph\u00e9nom\u00e8ne de \u00ab&nbsp;soci\u00e9t\u00e9 coloniale&nbsp;\u00bb, dont le comportement diff\u00e9rait singuli\u00e8rement de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise de m\u00e9tropole.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jean Amrouche<\/strong>&nbsp;d\u00e9crivait le&nbsp;&nbsp;po\u00e8te dans la pr\u00e9face de ce livre&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;\u00ab&nbsp;Jean-Joseph est moins exemplaire par ses r\u00e9ussites, fragmentaires et contestables, que par ses erreurs. Il n\u2019\u00e9tait pas taill\u00e9 pour la victoire, mais pour la d\u00e9faite. Sa vitalit\u00e9, son ardeur spasmodique et d\u00e9r\u00e9gl\u00e9e marquent sa profonde faiblesse,<\/em>&nbsp;celle d\u2019une conscience et d\u2019une \u00e2me d\u00e9rout\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Il enfle la voix par d\u00e9sespoir, se voit grand homme, lui qui est petit comme Napol\u00e9on, et s\u2019exalte jusqu\u2019\u00e0 se proclamer dieu pour lui-m\u00eame&nbsp;: mesure d\u00e9mesur\u00e9e de son incurable humiliation.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Tout recours efficace lui est interdit. Ni la voie fran\u00e7aise, ni la voix malgache dans les deux directions des anc\u00eatres fabuleux et vers l\u2019aval r\u00e9volutionnaire, ne peuvent accueillir et porter ses pas d\u2019homme sur un sol ferme.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Alors Jean-Joseph bascule sur sa couche, et nous tourne \u00e0 jamais le dos.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le po\u00e8te s\u2019est en effet suicid\u00e9 le 22 juin 1937&nbsp;: il avait \u00e0 peine trente-six ans.. Il laissait une veuve et cinq enfants.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et comme le soulignait Jean Amrouche, voie fran\u00e7aise ou voie malgache, l\u2019une ou l\u2019autre, lui \u00e9taient d\u00e9finitivement ferm\u00e9es, et c\u2019est \u00e0 partir de ce constat que&nbsp;<strong>Robert Boudry propose sa biographie du po\u00e8te, d\u00e9plore ce \u00ab&nbsp;drame colonial&nbsp;\u00bb, un \u00ab&nbsp;suicide d\u2019intellectuel imputable au colonialisme&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;On touche ici au drame qui n\u2019est pas seulement celui d\u2019un individu mais d\u2019un peuple. La culture occidentale, la soumission aux colonisateurs conduisent le po\u00e8te \u00e0 une impasse. Ceux qui font miroiter \u00e0 ses yeux sa lib\u00e9ration de sa condition de Malgache par la culture lui ferment en m\u00eame temps toutes les portes et le rel\u00e8guent dans une situation mis\u00e9rable. ..<\/p>\n\n\n\n<p>Son sacrifice prend ainsi une valeur symbolique. Il signifie la r\u00e9volte de l\u2019intellectuel pr\u00e9curseur contre le destin qui lui est fait, \u00e0 lui, homme de couleur et colonis\u00e9 par le conqu\u00e9rant, et celle de n\u2019importe quel colonis\u00e9 qui se reconnait en lui. Il signifie aussi la protestation du peuple malgache et celle de tous les peuples colonis\u00e9s contre le r\u00e9gime auquel ils sont soumis.&nbsp;\u00bb (page 83)<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne vais pas \u00e9voquer les talents du po\u00e8te, car j\u2019en serais mauvais juge, alors que et d\u2019autres lecteurs, des amateurs de po\u00e9sie et des critiques, en ont lou\u00e9 le g\u00e9nie.<\/p>\n\n\n\n<p>A lire Boudry, il semble que l\u2018on soit en pr\u00e9sence d\u2019un monstre sacr\u00e9 de la po\u00e9sie, \u00e0 l\u2019image de G\u00e9rard de Nerval ou de Baudelaire.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019homme n\u2019\u00e9tait pas un petit saint, c\u2019est le moins que l\u2019on puisse dire, sans avoir la possibilit\u00e9 de discerner dans sa vie de patachon, d\u2019opiomane, et d\u2019alcoolique, ce qu\u2019il convenait d\u2019attribuer \u00e0 son drame personnel de po\u00e8te et de malgache humili\u00e9 ou \u00e0 ses penchants personnels.<\/p>\n\n\n\n<p>Son ami Boudry \u00e9crivait&nbsp;: &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Enfant particuli\u00e8rement pr\u00e9coce sous ce climat tropical, les r\u00e9cits de ses bonnes fortunes et de ses orgies, tiennent une grande place dans son Journal. Il passe des nuits \u00e0 boire du vin rouge et du rhum \u2013 il ne peut pas se payer mieux \u2013 et il rentre ivre chez lui. Il se sent ainsi plus pr\u00e8s des conqu\u00e9rants, ce qui n\u2019est gu\u00e8re flatteur pour ceux-ci. Un jour de 1933, il note&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Ai jou\u00e9 comme un forcen\u00e9 jusqu\u2019au matin. Ai bu comme le sable la mer. A minuit, tout ce<\/em>&nbsp;<em>que j\u2019avais sur moi \u00e9tait br\u00fbl\u00e9 apr\u00e8s une apparence \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de chance\u2026 rentr\u00e9 aussit\u00f4t pour prendre tout ce que nous avions, ma femme et moi, d\u2019argent liquide\u2026 J\u2019ai tout perdu encore et ce sont des Chinois et des Indiens qui m\u2019ont eu\u2026 Rentr\u00e9 seulement \u00e0 4 h 15, rond et saoul comme la lune\u2026&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;(page 49)<\/p>\n\n\n\n<p>Le po\u00e8te Rabearivelo souffrait tout \u00e0 la fois de ne pas voir ses talents de po\u00e8te et d\u2019homme de lettres reconnus par les conqu\u00e9rants, mais tout autant des conditions humiliantes dans laquelle l\u2019administration coloniale tenait les Malgaches, outre le fait que les m\u0153urs de la soci\u00e9t\u00e9 coloniale \u00e9taient tout \u00e0 fait d\u00e9testables.<\/p>\n\n\n\n<p>Humiliation d\u2019autant plus sensible qu\u2019il appartenait \u00e0 la caste andriana (noble) de Zanadralambo, et que l\u2019administration coloniale le traitait comme un indig\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;En d\u00e9pit de ses talents reconnus, elle refusait de lui faire une place dans l\u2019administration. A l\u2019occasion de l\u2019exposition coloniale de 1937, \u00e0 la pr\u00e9paration de laquelle il avait collabor\u00e9, le gouverneur Cayla n\u2019avait pas cru bon de le convier \u00e0 faire le voyage de Paris, son souhait le plus cher.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur cite une anecdote qui en dit long, tr\u00e8s ou trop long, sur la mentalit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 coloniale&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je me rappelle \u00e0 ce propos qu\u2019un jour l\u2019autorit\u00e9 militaire avait convi\u00e9 les personnalit\u00e9s de Tananarive \u00e0 la distribution des prix offerts aux enfants de troupe malgaches. Quelles ne furent pas la stupeur et la g\u00eane des assistants d\u2019entendre appeler sur l\u2019estrade, non pas Rakoute ou Ranaive, mais des num\u00e9ros martricules, sans \u00e9tat civil, ni personnalit\u00e9.&nbsp;\u00bb (page82)<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur \u00e9crivait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sa culture, son \u00e9rudition m\u00eames sont consid\u00e9rables et il en con\u00e7oit un orgueil l\u00e9gitime, quand il se compare aux Malgaches et aux Europ\u00e9ens qui l\u2019entourent. Il s\u2019intitule \u00ab&nbsp;un lettr\u00e9 de couleur fou de langue fran\u00e7aise et br\u00fblant de garder sa personnalit\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Il r\u00e9alise cette gageure de faire \u00e0 Madagascar le m\u00e9tier d\u2019homme de lettres se tenant au courant de toute l\u2019actualit\u00e9 fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb (page 46)<\/p>\n\n\n\n<p>Et de publier ses po\u00e8mes dans des revues fran\u00e7aises, et de nouer des relations \u00e9pistolaires avec des \u00e9crivains ou po\u00e8tes fran\u00e7ais, notamment son ami Fagus, po\u00e8te aujourd\u2019hui peu connu.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Il se heurte \u00e0 tout instant \u00e0 une contradiction vitale qu\u2019il ne peut r\u00e9soudre parce que cette soci\u00e9t\u00e9, par sa structure m\u00eame, ne lui permet pas de le faire. Sa solitude, c\u2019est le champ de bataille qui se livre en lui.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En d\u00e9pit de sa culture occidentale, Rabearivelo demeure profond\u00e9ment malgache et il souffre de voir la culture de son peuple m\u00e9pris\u00e9e. Constamment son atavisme se rebelle et ranime le conflit. Plus il avancera en \u00e2ge, et plus cet atavisme l\u2019emportera sur sa formation fran\u00e7aise, d\u2019autant plus d\u2019ailleurs que la soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne demeure ferm\u00e9e \u00e0 une v\u00e9ritable assimilation.&nbsp;\u00bb (page 58)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et quelle soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne&nbsp;? Une soci\u00e9t\u00e9 assez largement d\u00e9prav\u00e9e, telle que la d\u00e9crit l\u2019auteur, et dont l\u2019ancien magistrat de Madagascar, et po\u00e8te, Camo a bross\u00e9 de son c\u00f4t\u00e9 la d\u00e9cadence dans le petit livre intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Madame de la Rombi\u00e8re&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Boudry \u00e9crivait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Fond\u00e9e sur l\u2019app\u00e2t du gain, sur une morale de l\u2019argent facile et sur la sup\u00e9riorit\u00e9 du conqu\u00e9rant, la soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne est compos\u00e9e d\u2019\u00e9l\u00e9ments h\u00e9t\u00e9roclites qui se renouvellent sans cesse et ne s\u2019appuient sur aucune tradition. Aventuriers par vocation, par le hasard des circonstances ou malgr\u00e9 eux, la plupart des Europ\u00e9ens occupent dans la hi\u00e9rarchie sociale, du fait m\u00eame de leur transplantation, une situation sup\u00e9rieure \u00e0 celle que leur conf\u00e9reraient leurs m\u00e9rites dans la m\u00e9tropole, tandis que les Malgaches destin\u00e9s \u00e0 figurer localement dans les hauts postes sont condamn\u00e9s \u00e0 ne remplir que des fonctions subalternes&nbsp;\u00bb. (page 24)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et pour illustrer cette situation, seulement mille deux cents Malgaches jouissaient alors de la citoyennet\u00e9 fran\u00e7aise sur une population de quatre millions d\u2019habitants&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Grand po\u00e8te, po\u00e8te incompris et m\u00e9pris\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 coloniale, mais au moins autant po\u00e8te en permanence habit\u00e9 par l\u2019image de la mort.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Incontestablement, il s\u2019est complu \u00e0 \u00e9voquer la mort, sa mort, et celle de son ami Fagus, tr\u00e8s t\u00f4t convaincu qu\u2019il \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 connaitre une mort violente, trouvant souvent l\u2019inspiration dans l\u2019\u00e9vocation de la mort.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Rabearivelo inscrivait souvent sa po\u00e9sie dans un des versets de Musset&nbsp;:&nbsp;&nbsp;\u00ab&nbsp;Les chants d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s sont chants les plus beaux&nbsp;\u00bb, et sa propre mort&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;Avec l\u2019id\u00e9e \u2013 oh&nbsp;! sans trembler \u2013 qu\u2019un jour ma chair<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;et mon front<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;et mes os pourriront<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;en ton sein, au mieux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;des restes innombrables<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;et m\u00e9connaissables<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;de mes a\u00efeux&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Car la culture malgache accorde une place capitale au culte des anc\u00eatres&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Et pour terminer le bref commentaire de ce petit livre, indiquons que le po\u00e8te Rabearivelo eut l\u2019occasion, avant sa mort, de collaborer \u00e0 une revue \u00e0 laquelle collaborait \u00e9galement Jacques Rabemananjara. Ce dernier eut la chance de partir en France, et donc de ne pas p\u00e9rir \u00e9touff\u00e9 dans cette ambiance mortif\u00e8re de l\u2019\u00e9poque, le Rabemananjara, futur d\u00e9put\u00e9 du RDM, accus\u00e9 d\u2019avoir complot\u00e9 contre la France, lors de l\u2019insurrection malgache de 1947.<\/p>\n\n\n\n<p>Le m\u00eame Robert Boudry vint au proc\u00e8s pour t\u00e9moigner en faveur des trois d\u00e9put\u00e9s accus\u00e9s et condamn\u00e9s par la \u00ab&nbsp;justice&nbsp;\u00bb fran\u00e7aise&nbsp;&nbsp;de la grande \u00eele.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et pour raccorder la destin\u00e9e du po\u00e8te Rabearivelo, dans le contexte colonial de l\u2019\u00e9poque, avec l\u2019actuelle situation de son pays, comment ne pas y voir certaines similitudes troublantes&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jean Pierre Renaud<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Eclats de vie coloniale&nbsp;: Madagascar&nbsp;\u00bb En 1937, Madagascar n\u2019\u00e9tait pas la France&nbsp;! 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