{"id":2838,"date":"2011-04-26T03:01:54","date_gmt":"2011-04-26T01:01:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2838"},"modified":"2021-07-15T03:14:48","modified_gmt":"2021-07-15T01:14:48","slug":"1895-1896-un-episode-tragique-de-la-conquete-de-madagascar-gallieni-fait-fusiller-le-ministre-de-linterieur-2-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2011\/04\/26\/1895-1896-un-episode-tragique-de-la-conquete-de-madagascar-gallieni-fait-fusiller-le-ministre-de-linterieur-2-partie\/","title":{"rendered":"1895-1896: un \u00e9pisode tragique de la conqu\u00eate de Madagascar, Gallieni fait fusiller le ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur- 2\u00b0 partie"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Retour historique sur un \u00e9pisode tragique de la conqu\u00eate de Madagascar (1895-1896)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>A Madagascar, le 15 octobre 1896, le g\u00e9n\u00e9ral Gallieni, nouveau proconsul de la France, fait fusiller le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur de Madagascar<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:18px\"><strong><em>Deuxi\u00e8me partie du commentaire<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong><em>Premi\u00e8re partie sur le blog du&nbsp;&nbsp;&nbsp;15 avril 2011<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le portrait du Prince de la Paix<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Il s\u2019appelait Rainandriamampandry. On pourrait \u00e9crire avec traits d\u2019union. Rain \u2013 Andria &#8211; Mampandry&nbsp;: parce que conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019usage de la langue malgache, qui est, comme disent les philologues, agglutinante, ce nom propre est un conglom\u00e9rat de mots emprunt\u00e9s \u00e0 la langue usuelle. Il a donc un sens&nbsp;;&nbsp;&nbsp;Rain est un pr\u00e9fixe honorifique de courtoisie&nbsp;; Andriamampandry signifie Prince de la Paix. Celui qui le portait \u00e9tait en effet un grand seigneur, tout \u00e0 fait au sommet de la hi\u00e9rarchie politique et administrative, \u00ab&nbsp;seizi\u00e8me honneur&nbsp;\u00bb, pour adopter la tradition courante, non sans quelque regret\u2026&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur a donc retenu, par commodit\u00e9, la traduction de ce nom pour \u00e9voquer le personnage, et expliquait&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Cette libert\u00e9 qu\u2019on se trouve amen\u00e9 \u00e0 prendre avec un nom propre doit se concilier avec le plus grand respect pour l\u2019homme qui l\u2019a port\u00e9 honorablement toute sa vie et dans sa mort violente. Prince de la paix a certainement laiss\u00e9 \u00e0 Tananarivo des descendants qui ne peuvent pas manquer d\u2019\u00eatre l\u00e9gitimement fiers de lui, et dont on serait d\u00e9sol\u00e9 de froisser la pi\u00e9t\u00e9 filiale.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Si l\u2019un d\u2019eux fait jamais \u00e0 ces quelques pages, l\u2019honneur de les lire, il ne m\u00e9conna\u00eetra pas, j\u2019esp\u00e8re, qu\u2019elles sont impr\u00e9gn\u00e9es au fond de sympathie d\u00e9f\u00e9rente.\u00bb (page 69)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur proposait donc de tenter de comprendre ce haut personnage \u00e0 partir de ses m\u00e9moires qu\u2019il a eu la chance de pouvoir consulter.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il introduisait donc le sujet en \u00e9crivant&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est Prince de la Paix qu\u2019il s\u2019agit de comprendre et il a \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9 en 1896.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur notait que le Prince de la Paix fut un \u00e9crivain en m\u00eame temps qu\u2019un homme politique, car il noircit donc beaucoup de livres, \u00ab&nbsp;<em>le produit de ses veilles<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Quand on a parcouru ces gros livres, ils ouvrent un jour curieux sur l\u2019\u00e2me d\u2019un Malgache, \u00e9l\u00e8ve des missionnaires, \u00e0 la fin du XIX\u00b0 si\u00e8cle.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Son p\u00e8re \u00e9tait un haut fonctionnaire, \u00e0 l\u2019enterrement duquel on a tu\u00e9 un nombre incalculable de b\u0153ufs&nbsp;; le corps \u00e9tait envelopp\u00e9 de 60 suaires de soie, et 5.000 Francs en piastres ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9s dans le tombeau.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur racontait donc&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Moi aussi j\u2019ai touch\u00e9 aux \u00ab&nbsp;grandes affaires&nbsp;\u00bb, comme on disait au XVII\u00e8me si\u00e8cle\u2026J\u2019ai \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de ce drame&nbsp;; j\u2019ai m\u00eame appartenu, par la situation administrative que j\u2019occupais alors, \u00e0 cette cat\u00e9gorie de t\u00e9moins que l\u2019illusion d\u2019une responsabilit\u00e9 oblige \u00e0 nommer acteurs.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Chez un homme qui a pass\u00e9 le reste de sa vie sur la tour d\u2019ivoire, dans une m\u00e9moire encombr\u00e9e d\u2019\u00e9rudition livresque, cet \u00e9pisode a laiss\u00e9 un lot de souvenirs incongrus qui font un contraste ridicule avec le reste\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Avouer que je fus, dans des circonstances graves, un administrateur d\u2019une ineptie amusante, c\u2019est risquer, il est vrai, d\u2019atteindre indirectement celui qui m\u2019a d\u00e9sign\u00e9 pour ces hautes fonctions, mais celui-l\u00e0, bien entendu et comme d\u2019habitude j\u2019imagine, c\u2019est le hasard qui est au-dessus de tout discr\u00e9dit\u2026.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Cela se passait dans le courant de 1896, si je ne me trompe, pendant l\u2019insurrection qui suivit la conqu\u00eate. Elle amena un changement de gouverneur, \u00e0 M.Laroche succ\u00e9da le g\u00e9n\u00e9ral Gallieni, et le proconsulat militaire fut inaugur\u00e9 par la condamnation \u00e0 mort et l\u2019ex\u00e9cution du ministre malgache de l\u2019int\u00e9rieur et d\u2019un prince de la famille royale. Cette ex\u00e9cution fit quelque bruit \u00e0 l\u2019\u00e9poque et alimenta des pol\u00e9miques de presse, aux uns elle parut un crime militaire monstrueux et inutile&nbsp;; aux autres un geste \u00e9nergique, \u00e9quitable et bienfaisant. Naturellement tout fut oubli\u00e9 en quinze jours, on ne peut pas imaginer que ce d\u00e9tail d\u2019histoire coloniale ait retenu plus longtemps l\u2019attention publique.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le prince malgache ex\u00e9cut\u00e9, qui se nommait Ratsimamanga, et qui n\u2019\u00e9tait rien moins qu\u2019oncle de la reine, m\u2019\u00e9tait \u00e0 peine connu, il avait chez les Malgaches une tr\u00e8s mauvaise r\u00e9putation, justifi\u00e9e par ses mangeries, il n\u2019avait pas beaucoup de t\u00eate et pas beaucoup de c\u0153ur\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>La victime de premier plan fut certainement le ministre de l\u2019int\u00e9rieur, Prince de la Paix.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>J\u2019\u00e9tais moi-m\u00eame directeur des affaires indig\u00e8nes par int\u00e9rim, le ministre de l\u2019int\u00e9rieur malgache de l\u2019int\u00e9rieur \u00e9tait mon collaborateur&nbsp;; dans les six mois qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 sa mort, je l\u2019ai vu au bureau tous les jours matin et soir, je lui ai serr\u00e9 la main tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement quatre fois par jour, et j\u2019ai eu souvent avec lui de longues conversations amicales. La veille de son ex\u00e9cution, je faisais fonction d\u2019interpr\u00e8te au conseil de guerre. En cette qualit\u00e9, j\u2019ai d\u00fb lui traduire la sentence de mort&nbsp;; la salle du conseil \u00e9tait toute petite, on se touchait, je lui communiquai son arr\u00eat comme on cause, les yeux dans les yeux, \u00e0 trente centim\u00e8tres de sa figure extr\u00eamement connue. Je n\u2019y ai vu aucune trace d\u2019\u00e9motion, sauf trois petites gouttes de sueur qui perl\u00e8rent brusquement sur son front, et il r\u00e9pondit simplement \u00ab&nbsp;oui, oui&nbsp;\u00bb avec sa petite voix douce habituelle\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Je n\u2019ai pas la pr\u00e9tention d\u2019avoir compris Prince de la Paix au moment m\u00eame de nos relations quotidiennes\u2026 Ainsi est-il advenu que je n\u2019ai pas vu l\u2019homme v\u00e9ritable au moment o\u00f9 je l\u2019avais sous les yeux\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Dans cette p\u00e9riode dangereuse&nbsp;&nbsp;de troubles et de r\u00e9organisation qui suit imm\u00e9diatement une conqu\u00eate coloniale, que \u00e7\u2019ait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment moi qui fus charg\u00e9, en collaboration avec Prince de la Paix, de diriger la politique int\u00e9rieure \u00e0 Madagascar, je crois me souvenir que, dans ce temps-l\u00e0, \u00e7a me paraissait apr\u00e8s tout assez naturel. Aujourd\u2019hui, quand je me reporte \u00e0 ce pass\u00e9 lointain, j\u2019ai bien le sentiment vif d\u2019une disproportion consid\u00e9rable jusqu\u2019au comique ente la t\u00e2che et la pr\u00e9paration professionnelle de l\u2019ouvrier\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le minist\u00e8re malgache de l\u2019Int\u00e9rieur, au contr\u00f4le duquel j\u2019\u00e9tais pr\u00e9pos\u00e9, fut install\u00e9 dans le Palais \u00ab&nbsp;Au-dessus des d\u00e9sirs&nbsp;\u00bb (Tsy-azom-paniry). Ce n\u2019\u00e9tait pas un \u00e9difice somptueux, mais il se dressait dans l\u2019enceinte sacr\u00e9e des palais, tout au sommet du roc de Tananarivo. On y avait \u00e0 ses pieds presque toute l\u2019Emyrne, l\u2019immense plaine des rizi\u00e8res, et le cercle lointain des montagnes\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Vers le temps o\u00f9 j\u2019eus le devoir tr\u00e8s p\u00e9nible de traduire \u00e0 Prince de la Paix, mon collaborateur indig\u00e8ne, sa condamnation \u00e0 mort, je fus moi-m\u00eame mis \u00e0 pied. Je m\u2019imaginais alors que ces deux sentences, d\u2019une s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 in\u00e9gale, \u00e9taient la punition du m\u00eame crime, l\u2019imp\u00e9ritie. Je sais aujourd\u2019hui que je me trompais..&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019ancien directeur des affaires indig\u00e8nes par int\u00e9rim n\u2019apprit la v\u00e9rit\u00e9 que beaucoup d\u2019ann\u00e9es plus tard&nbsp;! Innocence de sa part ou imp\u00e9ritie, allez savoir&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Il appert que le palais \u00ab&nbsp;Au-dessus des d\u00e9sirs&nbsp;\u00bb n\u2019a pas seulement favoris\u00e9 inconsciemment l\u2019insurrection par sa passivit\u00e9 officielle&nbsp;; il a consacr\u00e9 beaucoup d\u2019activit\u00e9s officieuses \u00e0 l\u2019organiser consciemment.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Prince de la Paix, mon collaborateur et ami, signait sa correspondance clandestine du pseudonyme \u00ab&nbsp;le Patriote&nbsp;\u00bb. Cela se dit en malgache Ra-tia-tanin-drazana, et ce substantif est \u00e0 lui tout seul une petite phrase compliqu\u00e9e&nbsp;: cela signifie \u00ab&nbsp;le monsieur qui aime le pays et ses anc\u00eatres&nbsp;\u00bb\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Pour Prince de la Paix, mon collaborateur et ami, l\u2019usage d\u2019un pseudonyme \u00e9tait une mesure de prudence bien naturelle. Mais ce pseudonyme \u00e9tait transparent, car les lettres \u00e9taient accompagn\u00e9es de promotions et de brevets, exp\u00e9di\u00e9s en bonne et due forme, d\u2019apr\u00e8s les traditions de la chancellerie&nbsp;; et le caract\u00e8re officiel de toute la correspondance \u00e9tait donc patent\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>J\u2019essaie bien de me d\u00e9fendre contre la pr\u00e9cision de ces r\u00e9v\u00e9lations tardives. Le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur fut ex\u00e9cut\u00e9 pour connivence avec l\u2019insurrection\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>J\u2019admets donc que feu mon collaborateur et ami s\u2019est bien d\u00e9cid\u00e9ment moqu\u00e9 de moi outrageusement, et je lui pardonne de tout c\u0153ur\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>De tout cela se d\u00e9gage maintenant une figure toute nouvelle de Prince de la Paix, des d\u00e9tails biographiques \u00e9pars s\u2019harmonisent pour dresser l\u2019image d\u2019un homme extr\u00eamement respectable\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Pendant la guerre de 1884, il commandait les forces malgaches \u00e0 la c\u00f4te Est, et il maintint ses positions de Farafate contre les attaques ind\u00e9cises de l\u2019Amiral Miot\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Parmi tant de fonctionnaires peu estimables, Prince de la Paix avait tout de m\u00eame la r\u00e9putation d\u2019avoir \u00e9t\u00e9, \u00e0 tout prendre, probablement le plus honn\u00eate. C\u2019est \u00e0 ce titre qu\u2019il fut nomm\u00e9 par le gouvernement fran\u00e7ais ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, et au m\u00eame titre exactement,&nbsp;<strong>il \u00e9tait naturel qu\u2019il trah\u00eet l\u2019\u00e9tranger pour son pays\u2026<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Dans cet effondrement de l\u2019ind\u00e9pendance malgache, o\u00f9 les d\u00e9vouements et les \u00e9nergies ont fait d\u00e9faut, Prince de la Paix est le seul homme qui ait risqu\u00e9 sa vie d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00c7\u2019aurait \u00e9t\u00e9 une raison peut-\u00eatre pour la lui laisser.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Deux hauts fonctionnaires intervinrent aupr\u00e8s de Gallieni pour lui conseiller la cl\u00e9mence&nbsp;:;<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Messieurs, leur aurait r\u00e9pondu le G\u00e9n\u00e9ral, je vous remercie de votre conseil, mais je n\u2019ai pas l\u2019intention de le suivre&nbsp;\u00bb,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;mais,&nbsp;<em>\u00ab&nbsp; Plus tard, lorsqu\u2019il connut le pays, il lui serait arriv\u00e9 de dire \u00e0 son Directeur des Finances et \u00e0 son Directeur des Domaines&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;C\u2019est vous qui aviez raison, Messieurs, j\u2019ai regrett\u00e9 de ne pas vous avoir \u00e9cout\u00e9s.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Avec un peu plus de chance le vieux Prince de la Paix aurait donc pu sortir vivant de l\u2019\u00e9preuve redoutable. Il e\u00fbt pass\u00e9 quelques ann\u00e9es qui lui restaient \u00e0 vivre dans l\u2019apparat de ses dignit\u00e9s<strong>. On peut se demander si ces quelques ann\u00e9es en valaient la peine. Il est permis de pr\u00e9f\u00e9rer pour lui la mort violente du h\u00e9ros, dans un moment de la vie de son peuple o\u00f9 l\u2019h\u00e9ro\u00efsme \u00e9tait rare.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Deux simples commentaires&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un jugement terrible sur le comportement de l\u2019\u00e9lite malgache de l\u2019\u00e9poque de la conqu\u00eate.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une d\u00e9cision du g\u00e9n\u00e9ral Gallieni qu\u2019il faut analyser et interpr\u00e9ter, alors qu\u2019il ignorait tout de ce pays, qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 \u00e0 son nouveau poste dans un contexte d\u2019insurrection, et enfin qu\u2019il a toujours t\u00e9moign\u00e9 au cours de sa vie coloniale d\u2019un amour sans doute trop exclusif de la nouvelle R\u00e9publique fran\u00e7aise.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et \u00e0 observer le comportement des \u00e9lites actuelles de ce beau et attachant pays \u2013 toujours dans un r\u00e9gime de transition, deux ans apr\u00e8s un coup d\u2019Etat -, il est possible de se demander si le premier commentaire n\u2019a pas conserv\u00e9 toute sa valeur.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La France serait d\u2019ailleurs bien inspir\u00e9e de rappeler son ambassadeur \u00e0 Madagascar, sauf pour l\u2019auteur ou les auteurs du Coup d\u2019Etat de f\u00e9vrier 2009, \u00e0 cesser leurs palinodies et \u00e0 accepter des \u00e9lections libres et d\u00e9mocratiques sous le contr\u00f4le d\u2019institutions internationales, et cela, dans un d\u00e9lai de quelques &nbsp;mois&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jean Pierre Renaud<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Les caract\u00e8res gras sont de ma responsabilit\u00e9<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>PS&nbsp;: Le livre \u00ab&nbsp;Le vent des mots, le vent des maux, le vent du large&nbsp;\u00bb (Jean Pierre Renaud, Editions JPR) propose, entre autres (Soudan, Tonkin, et Fachoda), une analyse du d\u00e9roulement de l\u2019exp\u00e9dition de Madagascar sous l\u2019angle de la communication technique, politique et militaire entre gouvernement et&nbsp;&nbsp;chef militaire de l\u2019exp\u00e9dition. En clair, quels ordres \u00e9taient donn\u00e9s&nbsp;? Comment&nbsp;? Par qui \u00e9taient-ils ex\u00e9cut\u00e9s&nbsp;? Question&nbsp;: les g\u00e9n\u00e9raux n\u2019en faisaient-ils qu\u2019\u00e0 leur t\u00eate, en pratiquant la politique du \u00ab&nbsp;fait accompli&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Retour historique sur un \u00e9pisode tragique de la conqu\u00eate de Madagascar (1895-1896) A Madagascar, le 15 octobre 1896, le g\u00e9n\u00e9ral Gallieni, nouveau proconsul de la France, fait fusiller le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur de Madagascar Deuxi\u00e8me partie du commentaire Premi\u00e8re partie sur le blog du&nbsp;&nbsp;&nbsp;15 avril 2011 Le portrait du Prince de la Paix \u00ab&nbsp;Il s\u2019appelait &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2011\/04\/26\/1895-1896-un-episode-tragique-de-la-conquete-de-madagascar-gallieni-fait-fusiller-le-ministre-de-linterieur-2-partie\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;1895-1896: un \u00e9pisode tragique de la conqu\u00eate de Madagascar, Gallieni fait fusiller le ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur- 2\u00b0 partie&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[249,273,270,1998,313,2909,2912,2911],"class_list":["post-2838","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-colonies","tag-afrique","tag-colonies","tag-france","tag-gallieni","tag-madagascar","tag-ministre-interieur","tag-prince-de-la-paix","tag-rainandriamampandry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2838","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2838"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2838\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2839,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2838\/revisions\/2839"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2838"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2838"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2838"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}