{"id":284,"date":"2020-05-16T18:03:35","date_gmt":"2020-05-16T16:03:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=284"},"modified":"2021-06-08T18:09:28","modified_gmt":"2021-06-08T16:09:28","slug":"la-parole-de-la-france-regards-sur-lindochine-de-letranger-et-de-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2020\/05\/16\/la-parole-de-la-france-regards-sur-lindochine-de-letranger-et-de-france\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0La Parole de la France ?\u00a0\u00bb Regards sur l&rsquo;Indochine de l&rsquo;\u00e9tranger et de France"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>\u00ab&nbsp;La Parole de la France&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>VI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Regards sur l\u2019Indochine&nbsp;: 1945-1954<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>De l\u2019\u00e9tranger et\u00a0 de France<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp; Afin de conna\u00eetre et comprendre la situation coloniale de l\u2019Indochine entre 1945 et 1954, donnons la parole \u00e0 des t\u00e9moins, des m\u00e9morialistes, ou \u00e0 des historiens, en distinguant la situation coloniale indochinoise vue par des \u00e9trangers (Kissinger, Graham Green, Nguyen Khac Vi\u00e8n, &nbsp;de celle vue par un Fran\u00e7ais, Pierre Brocheux .<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:18px\"><strong>A &#8211; Regards de l\u2019\u00e9tranger<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:18px\"><strong>A l\u2019Ouest<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 1- Le regard d\u2019Henri Kissinger<\/strong><strong>, ancien Secr\u00e9taire d\u2019Etat des Etats-Unis&nbsp;: tout au long de la Seconde Guerre mondiale, le Pr\u00e9sident Roosevelt&nbsp; marqua son hostilit\u00e9, et fit en sorte que les anciennes puissances coloniales ne retrouvent pas leurs anciennes possessions, anim\u00e9 par l\u2019ambition de laisser ces territoires prendre leur destin en mains.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est la Guerre Froide, en 1947, et avec l\u2019arriv\u00e9e de Truman en 1945, qui vit les Etats-Unis&nbsp; prendre un virage en Indochine, en s\u2019engageant de plus en plus dans le soutien mat\u00e9riel et financier de la France dans sa guerre avec le Vietminh.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les t\u00e9moignages recueillis montrent que, sur place, la politique am\u00e9ricaine, avec ses repr\u00e9sentants locaux, militaires ou diplomates, n\u2019\u00e9tait pas toujours d\u2019une grande clart\u00e9, pour ne pas dire loyale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le roman de Graham Green, \u00ab&nbsp;<em>Un am\u00e9ricain bien tranquille<\/em>&nbsp;\u00bb en d\u00e9crit bien le contexte, avec les initiatives d\u2019un agent am\u00e9ricain de renseignements qui tente de favoriser la naissance d\u2019une Troisi\u00e8me Force, un r\u00eave que caressa aussi l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise en Alg\u00e9rie, et qui n\u2019a pas eu plus de succ\u00e8s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A lire ce roman, dont nous publions quelques extraits, on comprend rapidement qu\u2019il y&nbsp; avait un tel entrecroisement d\u2019int\u00e9r\u00eats, d\u2019ambitions, de double, triple, ou quadruple jeu des partenaires et adversaires, entre Colons fran\u00e7ais, vietnamiens ou viets de Cochinchine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tout d\u2019abord, des extraits des m\u00e9moires d\u2019Henri Kissinger qui \u00e9clairent la position des Etats-Unis sur la guerre d\u2019Indochine&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:18px\"><strong>Viet Nam, France et Etats-Unis<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:18px\"><strong>\u00ab&nbsp;Diplomatie&nbsp;\u00bb Henry Kissinger<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le gros livre d\u2019Henry Kissinger, qui occupa pendant des ann\u00e9es des postes tr\u00e8s importants aupr\u00e8s des Pr\u00e9sidents des Etats Unis, fournit tout un ensemble de cl\u00e9s historiques qui permettent&nbsp; de mieux comprendre la position des Etats-Unis \u00e0 l\u2019\u00e9gard du conflit indochinois&nbsp;: Chapitre 25,&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Le Vi\u00eat-Nam&nbsp;: l\u2019entr\u00e9e dans le bourbier Truman et Eisenhower&nbsp;\u00bb (page 559)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous vous proposons de citer les quelques passages qui illustrent clairement les enjeux de la position am\u00e9ricaine.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A l\u2019arri\u00e8re- plan diplomatique et politique de ce dossier sont apparus rapidement plusieurs facteurs d\u00e9terminants de l\u2019\u00e9volution de ces relations&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A partir de 1947, la guerre froide, en 1949, la victoire de Mao Ts\u00e9 Tung en Chine, en 195O, la guerre de Cor\u00e9e et le refus am\u00e9ricain&nbsp; ult\u00e9rieur de s\u2019engager dans une nouvelle guerre de Cor\u00e9e, alors qu\u2019elle fut une sorte de r\u00e9p\u00e9tition de la guerre du Vietnam \u00e0 partir des ann\u00e9es 1950,&nbsp;<em>la th\u00e9orie des dominos<\/em>&nbsp;: d\u2019apr\u00e8s laquelle il ne fallait pas laisser tomber le premier domino du Vietnam, \u2026 les menaces et les interventions de l\u2019URSS et de la Chine\u2026 et l\u2019hypoth\u00e8que coloniale ou n\u00e9ocoloniale de la France, toujours pr\u00e9sente en Indochine\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<em>\u00ab\u00a0Tout commen\u00e7a avec les meilleures intentions du monde. Pendant les vingt ann\u00e9es qui suivirent la Seconde Guerre mondiale, l\u2019Am\u00e9rique avait pris la t\u00eate de la construction d\u2019un nouvel ordre international \u00e0 partir des fragments d\u2019un monde en ruine. Elle avait relev\u00e9 l\u2019Europe et remis sur pied le Japon, fait barrage \u00e0 l\u2019expansionnisme du communisme en Gr\u00e8ce, en Turquie, \u00e0 Berlin et en Cor\u00e9e, adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 ses premi\u00e8res alliances de temps de paix et lanc\u00e9 un programme d\u2019assistance technique au monde en d\u00e9veloppement. Sous la parapluie am\u00e9ricain, les pays connaissaient la paix, la prosp\u00e9rit\u00e9, et la stabilit\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En Indochine, cependant, tous les mod\u00e8les ant\u00e9rieurs d\u2019engagement am\u00e9ricain \u00e0 l\u2019\u00e9tranger vol\u00e8rent en \u00e9clat. Pour la premi\u00e8re fois au XX\u00b0 si\u00e8cle, le souci que l\u2019Am\u00e9rique avait toujours eu de mettre en correspondance ses valeurs et actes fut mis en doute. Et l\u2019application trop universelle de leurs valeurs oblige les am\u00e9ricains \u00e0 remettre peu \u00e0 peu celles-ci en question, et \u00e0 se demander d\u2019abord pourquoi elles les avaient conduites au Vietnam. Un ab\u00eeme se creusa entre leurs croyances en la nature exceptionnelle de leur nation et les ambigu\u00eft\u00e9s et les compromis propres \u00e0 la g\u00e9opolitique de l\u2019endiguement du communisme. Dans le creuset du Vietnam, l\u2019exception am\u00e9ricaine\u00a0 se retourna contre elle-m\u00eame. La soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine ne d\u00e9battit pas, comme d\u2019autres<\/em>\u00a0<em>l\u2019auraient fait, des d\u00e9fauts concrets de sa politique\u00a0: elle s\u2019interrogea sur le bien-fond\u00e9, pour l\u2019Am\u00e9rique, d\u2019endosser\u00a0<\/em>n\u2019importe quel ordre international<em>. C\u2019est cette dimension du d\u00e9bat vietnamien qui causa des blessures si douloureuses et si difficiles \u00e0 gu\u00e9rir.\u00a0\u00bb (p,560)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1950, le Conseil national de s\u00e9curit\u00e9&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0\u2026<em>En\u00a0 f\u00e9vrier 1950, quatre mois avant le d\u00e9but du conflit cor\u00e9en, le document 64 du Conseil national de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9tait parvenu \u00e0 la conclusion que l\u2019Indochine repr\u00e9sentait \u00ab\u00a0une r\u00e9gion d\u00e9cisive de l\u2019Asie du Sud-Est et directement menac\u00e9e.\u00a0\u00bb Le m\u00e9morandum donnait une premi\u00e8re version de la \u00ab\u00a0th\u00e9orie des dominos\u00a0\u00bb, selon laquelle, si l\u2019Indochine tombait, la Birmanie et la Tha\u00eflande suivraient sous peu et \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9quilibre de l\u2019Asie du Sud-Est se trouverait alors gravement compromis.<\/em>\u00a0<em>\u00bb (p,562)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0La menace, en fait, n\u2019\u00e9tait pas partout la m\u00eame. En Europe elle \u00e9manait principalement de la superpuissance sovi\u00e9tique. En Asie, les int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains se voyaient menac\u00e9s par des puissances secondaires qui \u00e9taient, au mieux, des substituts de l\u2019Union\u00a0 sovi\u00e9tique, et sur lesquelles Moscou exer\u00e7ait une autorit\u00e9 douteuse \u2013 ou qui apparaissait comme telle. En r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 mesure que la guerre du Vietnam \u00e9voluait, l\u2019Am\u00e9rique finit par combattre le substitut d\u2019un substitut, chacun se m\u00e9fiant profond\u00e9ment de celui qui le coiffait. Aux termes de l\u2019analyse am\u00e9ricaine, l\u2019\u00e9quilibre mondial \u00e9tait attaqu\u00e9 par le Viet-Nam du Nord, qu\u2019on estimait inf\u00e9od\u00e9 \u00e0 P\u00e9kin, lui-m\u00eame jug\u00e9 contr\u00f4l\u00e9 par Moscou. En Europe, l\u2019Am\u00e9rique d\u00e9fendait des Etats historiques\u00a0; en Indochine, elle traitait avec des populations qui s\u2019effor\u00e7aient pour la premi\u00e8re fois de construire des Etats. Les nations europ\u00e9ennes \u00e9taient riches de traditions s\u00e9culaires qui d\u00e9terminaient leur coop\u00e9ration \u00e0 la d\u00e9fense de l\u2019\u00e9quilibre des forces. En Asie du Sud-Est, les pays commen\u00e7aient tout juste \u00e0 s\u2019organiser, l\u2019\u00e9quilibre des forces \u00e9tait un concept \u00e9tranger, et on ne relevait aucun pr\u00e9c\u00e9dent de coop\u00e9ration parmi les Etats existants.\u00a0\u00bb (p,563)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0L\u2019entr\u00e9e de l\u2019Am\u00e9rique en Indochine introduisit une probl\u00e9matique morale enti\u00e8rement nouvelle. L\u2019OTAN d\u00e9fendait les d\u00e9mocraties\u00a0; l\u2019occupation am\u00e9ricaine au Japon avait import\u00e9 des institutions d\u00e9mocratiques dans ce pays\u00a0; on avait fait la guerre de Cor\u00e9e pour riposter \u00e0 une attaque contre l\u2019ind\u00e9pendance de petites nations. En Indochine, cependant, le dossier de l\u2019endiguement commen\u00e7a par \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 en des termes presqu\u2019enti\u00e8rement g\u00e9opolitiques, d\u2019o\u00f9 la difficult\u00e9 de justifier le point de vue de l\u2019id\u00e9ologie am\u00e9ricaine de l\u2019\u00e9poque, ne serait-ce que parce que la d\u00e9fense de l\u2019Indochine se heurtait de front \u00e0 la tradition am\u00e9ricaine d\u2019anticolonialisme. Colonies fran\u00e7aises, les Etats d\u2019Indochine n\u2019\u00e9taient pas\u00a0 des d\u00e9mocraties, ni m\u00eame ind\u00e9pendants. Bien que la France ait transform\u00e9, en 1950, ses trois colonies du Vi\u00eat-Nam, du Laos, et du Cambodge, en \u00ab\u00a0Etats associ\u00e9s de l\u2019Union Fran\u00e7aise\u00a0\u00bb, cette nouvelle \u00e9tiquette restait tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de l\u2019ind\u00e9pendance\u00a0; la France craignait en effet, en leur accordant la pleine souverainet\u00e9, d\u2019avoir \u00e0 en faire autant pour ses trois possessions d\u2019Afrique du Nord\u00a0: la Tunisie, l\u2019Alg\u00e9rie et le Maroc\u2026\u00a0\u00bb (p,564)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0La politique de Washington en 1950 pr\u00e9figurait en fait les formes que prendrait son engagement futur dans la r\u00e9gion\u00a0: suffisamment important pour l\u2019impliquer, pas assez pour se r\u00e9v\u00e9ler d\u00e9cisif. Dans les ann\u00e9es 1950, son attitude s\u2019expliquait surtout par son ignorance de la situation, par la quasi-impossibilit\u00e9 dans laquelle se trouvait l\u2019Am\u00e9rique de mener des op\u00e9rations \u00e0 travers deux hi\u00e9rarchies coloniales fran\u00e7aises, du fait aussi de la libert\u00e9 d\u2019action dont jouissaient les autorit\u00e9s locales des \u00ab\u00a0Etats associ\u00e9s du Vi\u00eat- nam, du Laos et du Cambodge\u2026\u00a0\u00bb (p,564)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp; La maison Blanche \u00e9tait en pr\u00e9sence d\u2019un dilemme insoluble, la volont\u00e9 de donner l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 l\u2019Indochine en m\u00eame temps que le refus de s\u2019y substituer \u00e0 la France.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0Au moment o\u00f9 Truman s\u2019appr\u00eatait \u00e0 entrer \u00e0 la Maison Blanche, cette d\u00e9robade constituait le c\u0153ur de la politique officielle. En 1952, un document du conseil national de s\u00e9curit\u00e9 homologuait la \u00ab\u00a0th\u00e9orie des dominos\u00a0\u00bb et la g\u00e9n\u00e9ralisait. Voyant dans une attaque militaire contre l\u2019Indochine un danger \u00ab\u00a0inh\u00e9rent \u00e0 l\u2019existence d\u2019une Chine communiste hostile et belliqueuse\u00a0\u00bb, il posait que la perte d\u2019un seul pays de l\u2019Asie du Sud-Est entra\u00eenerait \u00ab\u00a0la soumission des autres au communisme ou leur alignement \u00e0 relativement br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance\u2026\u00bb p,565)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0Apr\u00e8s cette analyse de la catastrophe en puissance qu\u2019on estimait couver en Indochine, on proposait une m\u00e9dication sans proportion avec la gravit\u00e9 du probl\u00e8me \u2013 et qui dans le cas pr\u00e9sent, ne r\u00e9solvait rien du tout. Car l\u2019impasse cor\u00e9enne avait annihil\u00e9 \u2013 au moins pour un temps \u2013 toute volont\u00e9 de la part de l\u2019Am\u00e9rique de mener une autre guerre terrestre en Asie\u2026\u00a0\u00bb (p,565)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0Truman l\u00e9gua \u00e0 son successeur, Dwight D. Eisenhower, un programme d\u2019assistance militaire annuel \u00e0 l\u2019Indochine d\u2019environ deux cents millions de dollars (soit un peu plus d\u2019un milliard de dollars 1993) et une strat\u00e9gie en qu\u00eate de politique\u2026\u00a0\u00bb (p,567)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0En juillet (1953), Eisenhower se plaignit au s\u00e9nateur Ralph Flanders que l\u2019engagement du gouvernement fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019ind\u00e9pendance s\u2019exprimait de fa\u00e7on \u00ab\u00a0obscure et d\u00e9tourn\u00e9e et non hardie, directe et r\u00e9p\u00e9t\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour la France, le probl\u00e8me \u00e9tait tout autre. Ses forces s\u2019enlisaient dans une gu\u00e9rilla exasp\u00e9rante, dont elles n\u2019avaient pas la moindre exp\u00e9rience. Dans une guerre conventionnelle comptant des lignes de front pr\u00e9cises, une puissance de feu sup\u00e9rieure a g\u00e9n\u00e9ralement le dernier mot. En revanche, une gu\u00e9rilla ne se fait pas habituellement depuis des positions fixes, et les partisans se cachent au sein de la population\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00a0 Ni l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, ni l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine qui lui succ\u00e9da dix ans plus tard ne surent s\u2019adapter \u00e0 la guerre des partisans. L\u2019une comme l\u2019autre firent le seul type de guerre qu\u2019elles comprenaient et pour lequel on les avait form\u00e9es et \u00e9quip\u00e9es, une\u00a0 guerre conventionnelle classique, reposant sur des lignes de front clairement trac\u00e9es\u2026\u00a0\u00bb (p,568)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0Les Fran\u00e7ais avaient grandement sous-estim\u00e9 l\u2019endurance et l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 de leurs adversaires \u2013 comme le feraient les Am\u00e9ricains dix ans plus tard. Le 13 mars 1954, les Nord-Vietnamiens lanc\u00e8rent une attaque g\u00e9n\u00e9rale sur Dien Bien Phu et s\u2019empar\u00e8rent d\u00e8s le premier assaut, de deux forts p\u00e9riph\u00e9riques cens\u00e9s tenir les collines. Ils utilis\u00e8rent pour ce faire un mat\u00e9riel d\u2019artillerie dont on ne les savait m\u00eame pas possesseurs, et qui avait \u00e9t\u00e9 fourni par la Chine au lendemain de la guerre de Cor\u00e9e. D\u00e9sormais, l\u2019an\u00e9antissement du reste de la force fran\u00e7aise n\u2019\u00e9tait plus qu\u2019une question de temps\u2026\u00a0\u00bb (p,568)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0La sage d\u00e9cision d\u2019Eisenhower de pas se laisser entrainer au Vi\u00eat-nam en 1954 ne relevait pas de la strat\u00e9gie mais de la tactique. Apr\u00e8s Gen\u00e8ve, Dulles et lui rest\u00e8rent convaincus de l\u2019importance strat\u00e9gique d\u00e9cisive de l\u2019Indochine. Tandis que celle-ci r\u00e9glait ses probl\u00e8mes, Dulles mettait une derni\u00e8re main au cadre de la s\u00e9curit\u00e9 collective, qui avait paru faiblir au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e. L\u2019Organisation du Trait\u00e9 de l\u2019Asie du Sud-Est (OTASE), qui vit le jour en septembre 1954, regroupait en plus des Etats-Unis, le Pakistan, les Philippines, la Tha\u00eflande, l\u2019Australie, la Nouvelle Z\u00e9lande, le Royaume Uni et la France. Il lui manquait toutefois un objectif politique commun ou un moyen d\u2019assistance mutuelle\u2026\u00a0\u00bb (p,574)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s Eisenhower, Kennedy&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0La th\u00e9orie des dominos \u00e9tait devenue la philosophie du temps et elle fut bien peu contest\u00e9e\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En choisissant d\u2019arr\u00eater au Vi\u00eat-Nam l\u2019expansionnisme sovi\u00e9tique, l\u2019Am\u00e9rique se condamnait \u00e0 affronter un jour ou l\u2019autre de graves questions. Si la victoire sur les gu\u00e9rilleros passait par une r\u00e9forme politique, leur puissance grandissante signifiait que l\u2019on n\u2019appliquait pas correctement les recommandations am\u00e9ricaines, ou que ces recommandations \u00e9taient tout bonnement p\u00e9rim\u00e9es \u00e0 ce stade de la lutte\u00a0?&#8230; (p,579)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019ensemble des citations choisies dans l\u2019ouvrage d\u2019Henri Kissinger (1994) \u00e9clairent bien le contexte strat\u00e9gique et politique des relations entre les Etats-Unis et la France \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la guerre d\u2019Indochine.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les Etats-Unis en Indochine avec Graham Green et son roman \u00ab&nbsp;<em>Un Am\u00e9ricain bien tranquille&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;La Parole de la France&nbsp;?&nbsp;\u00bb VI Regards sur l\u2019Indochine&nbsp;: 1945-1954 De l\u2019\u00e9tranger et\u00a0 de France &nbsp; Afin de conna\u00eetre et comprendre la situation coloniale de l\u2019Indochine entre 1945 et 1954, donnons la parole \u00e0 des t\u00e9moins, des m\u00e9morialistes, ou \u00e0 des historiens, en distinguant la situation coloniale indochinoise vue par des \u00e9trangers (Kissinger, Graham Green, &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2020\/05\/16\/la-parole-de-la-france-regards-sur-lindochine-de-letranger-et-de-france\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;\u00ab\u00a0La Parole de la France ?\u00a0\u00bb Regards sur l&rsquo;Indochine de l&rsquo;\u00e9tranger et de France&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8,11,5,4,12],"tags":[155,374,270,310,373,99,370,243],"class_list":["post-284","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-colonies","category-guerre","category-histoire","category-politique","category-strategie","tag-chine","tag-diplomatie","tag-france","tag-guerre","tag-henri-kissinger","tag-indochine","tag-regards","tag-vietnam"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/284","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=284"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/284\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":285,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/284\/revisions\/285"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=284"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=284"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=284"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}