{"id":2855,"date":"2014-12-03T04:36:56","date_gmt":"2014-12-03T03:36:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2855"},"modified":"2021-07-15T04:42:13","modified_gmt":"2021-07-15T02:42:13","slug":"histoire-coloniale-developpement-et-inegalites-dans-lancienne-afrique-occidentale-francaise-mme-huillery-mm-cogneau-piketty-chapitre-2-suite-et-fin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2014\/12\/03\/histoire-coloniale-developpement-et-inegalites-dans-lancienne-afrique-occidentale-francaise-mme-huillery-mm-cogneau-piketty-chapitre-2-suite-et-fin\/","title":{"rendered":"Histoire coloniale, d\u00e9veloppement et in\u00e9galit\u00e9s dans l&rsquo;ancienne Afrique Occidentale Fran\u00e7aise\u00a0\u00bb Mme Huillery, MM Cogneau, Piketty &#8211; Chapitre 2 suite et fin"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:18px\"><strong>\u00ab&nbsp;HISTOIRE COLONIALE, DEVELOPPEMENT ET INEGALITES DANS L\u2019ANCIENNE AFRIQUE OCCIDENTALE FRANCAISE&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Th\u00e8se de Mme Elise Huillery<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Sous la direction de Denis Cogneau et de Thomas Piketty<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>27 novembre 2008<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Th\u00e8se Huillery<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Rappel de publication des notes pr\u00e9c\u00e9dentes&nbsp;: annonce de publication, le 10 juillet 2014 \u2013 avant- propos, le 27 septembre 2014 \u2013 Chapitre 1, les 10 et 11 octobre 2014 \u2013 Chapitre 3, le 5 novembre 2014 \u2013 Chapitre 4, le 6 novembre 2014<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Chapitre 2, premi\u00e8re partie, le 2 d\u00e9cembre 2014<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Notes de lecture critique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>VI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Chapitre 2<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Deuxi\u00e8me partie&nbsp;: suite et fin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:18px\"><strong>\u00ab&nbsp;LE CO\u00dbT DE LA COLONISATION POUR LES CONTRIBUABLES FRAN\u00c7AIS ET LES INVESTISSEMENTS PUBLICS EN AFRIQUE OCCIDENTALE FRANCAISE&nbsp;\u00bb (p,71)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Le 10 juillet 2014, nous avons annonc\u00e9 la publication de nos notes de lecture critique en concluant ainsi&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>\u00ab&nbsp;Avec deux \u00e9nigmes historiques \u00e0 r\u00e9soudre&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>La premi\u00e8re&nbsp;: Avec ou sans \u00ab&nbsp;concession&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>La deuxi\u00e8me&nbsp;: Avec quelles \u00ab&nbsp;corr\u00e9lations&nbsp;\u00bb&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li><strong>I.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/strong><strong>R\u00e9alit\u00e9 des investissements publics en Afrique Occidentale Fran\u00e7aise (page 107)<\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure introduit \u00e0 nouveau son analyse, un tantinet pol\u00e9mique, en consid\u00e9rant comme acquise la th\u00e8se qu\u2019elle d\u00e9fend, \u00e0 savoir&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;&nbsp;<strong><em>Pour l\u2019AOF, ce sont les populations locales elles-m\u00eames qui se sont financ\u00e9 elles-m\u00eames presque la totalit\u00e9 de leurs propres \u00e9quipements, comme nous venons de le voir\u2026.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; M\u00eame s\u2019il est maintenant acquis que ce sont les contribuables africains qui ont financ\u00e9 les \u00e9coles, les dispensaires et les routes d\u2019Afrique Occidentale Fran\u00e7aise, il reste que c\u2019est l\u2019administration coloniale qui a d\u00e9cid\u00e9 et organis\u00e9 les investissements publics. \u00ab&nbsp; (p,107)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure fait donc le constat suivant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Toujours est-il que la colonisation a bel et bien \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine, non pas financi\u00e8rement mais institutionnellement, de la construction d\u2019\u00e9coles publiques, d\u2019h\u00f4pitaux, de dispensaires et d\u2019infrastructures \u00e0 l\u2019occidentale<\/em>&nbsp;; \u00ab&nbsp; (p,108)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De quoi parlons-nous&nbsp;? De quels investissements&nbsp;? De ceux de la F\u00e9d\u00e9ration de l\u2019AOF ou de ceux des colonies la composant&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Questions<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le texte ci-dessus joue \u00e0 nouveau sur la fausse continuit\u00e9 historique qui aurait exist\u00e9 tout au long de la colonisation de l\u2019AOF, alors qu\u2019\u00e0 plusieurs reprises, l\u2019auteure avait relev\u00e9 qu\u2019il existait bien, jusqu\u2019en 1945, un principe d\u2019autofinancement des colonies par elles-m\u00eames (la loi de 1900).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Paradoxalement, et comme je l\u2019ai \u00e9crit dans mes analyses sur les soci\u00e9t\u00e9s coloniales, le propos de l\u2019auteure sur l\u2019ensemble de la p\u00e9riode coloniale se trouverait confirm\u00e9, mais sur un plan plus large, par le fait que sans le truchement&nbsp; des \u00ab&nbsp;\u00e9volu\u00e9s&nbsp;\u00bb des colonies, il n\u2019y aurait pas eu de colonisation.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Jusqu\u2019en 1945, la puissance coloniale s\u2019\u00e9tait en effet bien gard\u00e9e de subventionner le d\u00e9veloppement des territoires coloniaux, et sans le concours des populations africaines et l\u2019impulsion des \u00ab&nbsp;colonialistes&nbsp;\u00bb, publics ou&nbsp; priv\u00e9s, et des \u00ab&nbsp;\u00e9volu\u00e9s&nbsp;\u00bb,&nbsp; l\u2019Afrique Occidentale Fran\u00e7aise aurait fait peut-\u00eatre fait du sur place.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Par ailleurs en effet, est-ce que, dans l\u2019\u00e9quation financi\u00e8re et \u00e9conomique, pour ne pas dire humaine, de la relation France AOF, l\u2019investissement immat\u00e9riel ne devait pas se voir reconna\u00eetre un prix&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une fois, l\u2019auteure reconnait le r\u00f4le important des administrateurs coloniaux&nbsp; et une autre fois elle en souligne le co\u00fbt exorbitant&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un concept&nbsp; d\u2019investissement immat\u00e9riel que l\u2019auteure analyse plut\u00f4t succinctement plus loin.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li><strong>A.&nbsp;&nbsp;<\/strong>&nbsp;<strong>Quel a \u00e9t\u00e9 le volume des investissements publics coloniaux&nbsp;?<\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De quels investissements parlons-nous&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans les quatre domaines de l\u2019\u00e9ducation, de la sant\u00e9, des infrastructures et de l\u2019aide \u00e0 la production&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation, et en fournissant des chiffres, l\u2019auteure reconnait que des efforts ont \u00e9t\u00e9 faits, mais que&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>La France n\u2019a pas r\u00e9ellement entrepris d\u2019accomplir ce que les id\u00e9ologies appelaient sa \u00ab&nbsp;mission civilisatrice&nbsp;\u00bb dans le territoire de l\u2019AOF, ou ne s\u2019est tout au moins pas donn\u00e9 les moyens.&nbsp;\u00bb (p,109)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le graphique 12 montre au moins que les ann\u00e9es 1940-1950 marquent une rupture dans la progression des effectifs d\u2019enseignants, tout en \u00e9tant surpris qu\u2019il n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 possible de trouver le chiffre du parc des \u00e9coles existantes apr\u00e8s 1939.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure fait le m\u00eame type de remarque pour la sant\u00e9, tout en fournissant des chiffres qui montrent \u00e0 nouveau une rupture, logique, avec le FIDES, apr\u00e8s 1945, en \u00e9crivant&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Mais cela ne repr\u00e9sente toujours pas grand-chose par rapport aux besoins et aux revendications humanistes affich\u00e9es en France.<\/em>&nbsp;\u00bb (p,110)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Question<\/strong>&nbsp;: est-ce que les efforts effectu\u00e9s dans le domaine de la sant\u00e9 n\u2019ont pas eu une influence \u00e0 la fois sur la sant\u00e9, les \u00e9pid\u00e9mies notamment, qui ravageaient souvent ces territoires, et sur la d\u00e9mographie de l\u2019AOF&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les \u00ab&nbsp;colonialistes&nbsp;\u00bb sont-ils encore responsables des \u00e9pid\u00e9mies qui ravagent de nos jours certains territoires africains&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Il n\u2019est qu\u2019\u00e0 lire les rapports que les Gouverneurs G\u00e9n\u00e9raux de l\u2019AOF pr\u00e9sentaient \u00e0 leurs Conseils de Gouvernement en fin d\u2019exercice budg\u00e9taire, pour&nbsp; \u00eatre convaincus de l\u2019efficacit\u00e9 des mesures sanitaires de cette \u00e9poque coloniale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En ce qui concerne les travaux publics, le tableau 4 cite un montant total d\u2019investissements publics de 227 millions de francs 1914, dont plus de la moiti\u00e9 (52,4%) aurait \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e entre 1941 et 1956<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ces chiffres sont v\u00e9ritablement surprenants, sauf \u00e0 penser qu\u2019ils ne concernent que les investissements laiss\u00e9s \u00e0 l\u2019initiative des colonies, et cela laisse \u00e0 penser que la d\u00e9finition des investissements selon la cat\u00e9gorie choisie, f\u00e9d\u00e9raux ou territoriaux, serait flottante.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les chiffres ant\u00e9rieurs \u00e0 1941 seraient en effet inf\u00e9rieurs au montant des deux premiers emprunts de l\u2019AOF, le premier de 60 millions de francs en 1903, et le deuxi\u00e8me de 100 millions de francs en 1910&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019analyse des comptes rendus d\u2019ex\u00e9cution des budgets faits par les Gouverneurs G\u00e9n\u00e9raux de l\u2019AOF entre les ann\u00e9es 1920 et 1930 donnent des chiffres bien sup\u00e9rieurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il convient de noter que le graphique&nbsp; 13 montre une fois de plus, avec la rupture de ligne des ann\u00e9es 1945, que les relations coloniales France AOF avaient bascul\u00e9 dans un autre monde.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure conclut&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>La composition des d\u00e9penses budg\u00e9taires est l\u2019illustration du type d\u2019\u00e9conomie mis en place par les autorit\u00e9s fran\u00e7aises&nbsp;: une \u00e9conomie de traite.&nbsp;\u00bb (p&nbsp;;112)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une conclusion qui parait \u00eatre par trop caricaturale, compte tenu des impr\u00e9cisions qui paraissent affecter les \u00e9valuations des investissements publics, outre le fait que les autorit\u00e9s fran\u00e7aises auraient eu le choix de mettre en place tel ou tel type d\u2019\u00e9conomie, comme dans les syst\u00e8mes totalitaires de l\u2019\u00e9poque, tel par exemple le syst\u00e8me sovi\u00e9tique ou nazi.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li><strong>B.&nbsp;&nbsp;<\/strong>&nbsp;<strong>Quels ont \u00e9t\u00e9 les transferts de capital humain de la France vers l\u2019AOF&nbsp;?<\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Vaste sujet&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce type de transfert est&nbsp; tr\u00e8s difficile \u00e0 \u00e9valuer&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; comment chiffrer ce transfert dans la cr\u00e9ation et le fonctionnement d\u2019un p\u00f4le de d\u00e9veloppement, selon la d\u00e9finition de Fran\u00e7ois Perroux&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211;&nbsp; l\u2019auteure s\u2019int\u00e9resse au poids respectif des africains et des europ\u00e9ens dans les effectifs du personnel de l\u2019\u00e9ducation et de la sant\u00e9, et observe&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Outre que les enseignants et les m\u00e9decins \u00e9taient fort peu nombreux, les transferts de capital humain dans leur ensemble n\u2019ont donc pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminants pour le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9conomie locale.&nbsp;\u00bb (p,114)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une remarque qui parait manquer de coh\u00e9rence avec le r\u00e9sultat des travaux de corr\u00e9lation dont elle fait \u00e9tat dans le m\u00eame ouvrage.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; comment chiffrer la valeur ajout\u00e9e de la construction d\u2019Etats qui n\u2019existaient pas, de la mise \u00e0 disposition d\u2019une langue de communication commune qui n\u2019existait pas dans le patchwork linguistique de l\u2019Afrique occidentale&nbsp;pr\u00e9coloniale ?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>L\u2019historien indien Panikkar a \u00e9crit des choses tout \u00e0 fait int\u00e9ressantes \u00e0 ce sujet pour l\u2019Inde&nbsp; imp\u00e9riale anglaise, alors qu\u2019 \u00ab&nbsp;\u00e2ge \u00e9gal&nbsp;\u00bb, l\u2019ouest africain ne soutenait absolument pas la comparaison avec le continent indien<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li><strong>Le co\u00fbt des investissements publics coloniaux&nbsp;: \u00e0 l\u2019origine de leur raret\u00e9&nbsp;?<\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les quelques pages d\u2019analyse sommaire du sujet propos\u00e9 ne convainquent pas, \u00e9tant donn\u00e9, que pour l\u2019auteure, les \u00ab&nbsp;investissements publics coloniaux&nbsp;\u00bb sont constitu\u00e9s par les personnels fran\u00e7ais, les administrateurs coloniaux, les m\u00e9decins, les enseignants, et sur le m\u00eame plan les investissements laiss\u00e9s \u00e0 l\u2019initiative des administrateurs coloniaux<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure note \u00ab&nbsp;&nbsp;<strong><em>Le paradoxe des budgets territoriaux \u00e9tait le suivant&nbsp;: aliment\u00e9s par des ressources locales pr\u00e9lev\u00e9es dans une \u00e9conomie \u00e0 faible revenu, ils supportaient les charges d\u2019une administration fran\u00e7aise dont les salaires et le mode de vie s\u2019alignaient sur ceux d\u2019une \u00e9conomie \u00e0 haut revenu<\/em><\/strong>.&nbsp;\u2026&nbsp;<strong><em>Par exemple, la solde d\u2019un administrateur de cercle de 1<sup>\u00e8re<\/sup>&nbsp;classe au d\u00e9but des ann\u00e9es 1910 \u00e9tait de 14&nbsp;000 Francs par an<\/em><\/strong>,&nbsp;<strong><em>plus les indemnit\u00e9s d\u2019\u00e9loignement, indemnit\u00e9s de r\u00e9sidence, frais d\u2019abonnement et frais de d\u00e9placement qui \u00e9levaient leur revenu \u00e0 environ 18&nbsp;000 Francs par an. \u00bb<\/em><\/strong>&nbsp;(p,114)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et l\u2019auteure croit pouvoir affirmer&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;<strong>Mais comme nous l\u2019avons vu, l\u2019aide publique fran\u00e7aise vers\u00e9e \u00e0 l\u2019AOF, loin d\u2019avoir compens\u00e9 les charges que le personnel fran\u00e7ais a fait peser sur les finances publiques territoriales, n\u2019a m\u00eame pas couvert les charges de bureaux des huit gouvernements locaux. Il est donc certain que la somme des salaires vers\u00e9s aux fonctionnaires fran\u00e7ais par les contribuables de l\u2019AOF est sans commune mesure avec l\u2019aide publique vers\u00e9e par la France \u00e0 l\u2019AOF.&nbsp;\u00bb (p,117)<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Rien de moins&nbsp;! Alors que nous avons tout au long de notre lecture critique fait peser un doute s\u00e9rieux sur les concepts manipul\u00e9s, sur les calculs effectu\u00e9s, sur les coh\u00e9rences d\u2019analyse, et sur la validit\u00e9 historique de la th\u00e8se centrale qui est d\u00e9fendue.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La colonisation fran\u00e7aise avait le grand d\u00e9faut d\u2019\u00eatre trop bureaucratique, et les Lyautey et Gallieni s\u2019en plaignaient d\u00e9j\u00e0 au d\u00e9but de la p\u00e9riode coloniale, en Indochine et \u00e0 Madagascar, mais dans une Afrique noire fractionn\u00e9e \u00e0 outrance, manquant de relais de commandement pour la modernisation, la France a commis des exc\u00e8s de bureaucratie centrale \u00e0 Dakar et dans les colonies, sur le mod\u00e8le centralis\u00e9 m\u00e9tropolitain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019exemple de l\u2019administrateur de 1<sup>\u00e8re<\/sup>&nbsp;classe est caricatural.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1910, je ne suis pas s\u00fbr que l\u2019auteure ait \u00e9t\u00e9 candidate pour servir dans une des brousses de l\u2019AOF, m\u00eame dans les nouvelles capitales administratives de l\u2019hinterland, qu\u2019il s\u2019agisse de Niamey ou de Bamako, compte tenu des conditions de vie et de sant\u00e9 qui \u00e9taient celles d\u2019alors, outre celles du climat<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est tout de m\u00eame difficile de d\u00e9noncer le co\u00fbt excessif de l\u2019administration \u00e0 partir de cet exemple, en consid\u00e9rant qu\u2019un Europ\u00e9en expatri\u00e9 ne pouvait avoir cette r\u00e9mun\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 les propos de l\u2019ancien gouverneur Delavignette sur la long\u00e9vit\u00e9 tout relative&nbsp; des administrateurs, et seuls les ignorants peuvent consid\u00e9rer que les Fran\u00e7ais de l\u2019\u00e9poque coloniale, en tout cas jusque dans les ann\u00e9es 1940, avaient des conditions de s\u00e9jour que connaissent de nos jours les touristes de l\u2019outre-mer, ou encore les collaborateurs ou collaboratrices des ONG.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A peu pr\u00e8s aux m\u00eames dates, et en 1906, un d\u00e9put\u00e9 avait droit \u00e0 une r\u00e9mun\u00e9ration annuelle de 15&nbsp;000 francs&nbsp;: est-ce que l\u2019auteure croit qu\u2019il fut possible de recruter des administrateurs coloniaux en les sous-payant, alors que leurs salaires ne tenaient pas compte de leur dur\u00e9e de vie plus courte&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une appr\u00e9ciation sans doute plus justifi\u00e9e aurait \u00e9t\u00e9 celle qui aurait critiqu\u00e9, en l\u2019analysant le poids comparatif des bureaucraties centrales de la f\u00e9d\u00e9ration et des colonies, \u00e9crasantes par rapport aux administrations l\u00e9g\u00e8res de la brousse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pourquoi et pour une fois, ne pas r\u00e9sister \u00e0 la mode anachronique \u00e0 laquelle semble c\u00e9der l\u2019auteure, en l\u2019invitant \u00e0 se documenter sur les r\u00e9mun\u00e9rations et compl\u00e9ments de r\u00e9mun\u00e9ration accord\u00e9s de nos jours aux fonctionnaires en service dans les DOM-TOM&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp; &nbsp;&nbsp; IV. Conclusion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<strong><em>L\u2019AOF n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 un tonneau des Dana\u00efdes pour l\u2019Etat fran\u00e7ais qui lui a pr\u00eat\u00e9 une tr\u00e8s petite part de ses ressources publiques et ne lui a quasiment rien donn\u00e9. La France n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 pour l\u2019AOF le pilier sans lequel elle aurait sombr\u00e9 dans la mis\u00e8re puisque les pr\u00eats fran\u00e7ais n\u2019ont repr\u00e9sent\u00e9 qu\u2019une petite partie de ses ressources, et les dons quasiment rien. Par contre, la France a \u00e9t\u00e9 un poids financier cons\u00e9quent pour l\u2019AOF, le personnel fran\u00e7ais install\u00e9 sur son territoire ayant absorb\u00e9 une part importante des ressources locales.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La colonisation en AOF n\u2019a donc pas \u00e9t\u00e9 pour la France une si mauvaise affaire&nbsp;: outre que l\u2019AOF a offert de nouveaux d\u00e9bouch\u00e9s \u00e0 certains biens de consommation, une source d\u2019approvisionnement prot\u00e9g\u00e9e en mati\u00e8res agricoles, et des occasions de placement de capitaux int\u00e9ressants notamment dans les secteurs bancaire et commercial, l\u2019AOF n\u2019a presque rien co\u00fbt\u00e9 aux contribuables et a financ\u00e9 les salaires de plusieurs milliers de fonctionnaires venus de m\u00e9tropole\u2026(p,119)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En dehors de la derni\u00e8re p\u00e9riode de colonisation (1945-1956) car&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<strong><em>Tout le reste du temps, la rentabilit\u00e9 \u00e9conomique de la colonisation fran\u00e7aise en AOF ne semble pas faire de doute \u00e9tant donn\u00e9 la nullit\u00e9 de son co\u00fbt. \u00ab&nbsp; (p119 et 120)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette affirmation contient beaucoup&nbsp; d\u2019outrecuidance, compte tenu de toutes les incertitudes qui ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9es, en ce qui concerne le fonctionnement du syst\u00e8me, le sens des concepts financiers et \u00e9conomiques manipul\u00e9s, le postulat d\u2019une continuit\u00e9 historique qui n\u2019a pas exist\u00e9, l\u2019absence d\u2019analyse du commerce ext\u00e9rieur, etc\u2026.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure d\u2019expliquer enfin&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;&nbsp;<em>Pourquoi les travaux pr\u00e9c\u00e9dents n\u2019aboutissaient pas aux m\u00eames conclusions<\/em>&nbsp;? (page 120)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Premi\u00e8re raison<\/strong>&nbsp;:&nbsp;<strong>les travaux ant\u00e9rieurs ne portaient que sur des \u00ab&nbsp;<em>p\u00e9riodes restreintes<\/em>&nbsp;\u00bb et ne pouvaient donc donner de conclusion globale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Deuxi\u00e8me raison&nbsp;: l\u2019absence de prise en compte des transferts publics de l\u2019AOF vers la France.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Troisi\u00e8me raison&nbsp;: \u00ab&nbsp;&nbsp;<em>La troisi\u00e8me raison est qu\u2019aucun des travaux existants ne diff\u00e9rencie les pr\u00eats et dons vers\u00e9s par la France \u00e0 ses colonies, assimilant les pr\u00eats et les avances \u00e0 de l\u2019aide publique alors m\u00eame qu\u2019ils ne contenaient pas d\u2019\u00e9l\u00e9ments de concessionnalit\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quatri\u00e8me raison&nbsp;: Jacques Marseille et Daniel Lefeuvre se sont focalis\u00e9s sur l\u2019Alg\u00e9rie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cinqui\u00e8me raison qui concerne les travaux de Jacques Marseille \u00ab&nbsp;<em>est que les d\u00e9ficits commerciaux des colonies vis-\u00e0-vis de la France sont uniform\u00e9ment assimil\u00e9s \u00e0 des transferts de capitaux, principalement publics, de la France, vers les colonies. Dans le cas de l\u2019AOF, ceci est faux. Notre travail a donc permis d\u2019\u00e9claircir la question du financement global de la colonisation en AOF, r\u00e9sultat partiel qui demanderait \u00e0 \u00eatre compl\u00e9t\u00e9 par les autres territoires de l\u2019ancien empire fran\u00e7ais. (p,120<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure \u00e9crit donc&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;<strong>Nombreux sont encore les habitants des Etats de l\u2019ancienne Afrique Occidentale Fran\u00e7aise qui pensent devoir \u00e0 la France leurs \u00e9coles et leurs routes\u2026 Puisse ce travail leur permettre de r\u00e9aliser que ce sont leurs propres ressources, financi\u00e8res et humaines, qui ont permis la r\u00e9alisation de la quasi-totalit\u00e9 de ces \u00e9quipements. Puissent-ils \u00e9galement r\u00e9aliser que la colonisation leur a fait supporter le co\u00fbt d\u2019un personnel fran\u00e7ais aux salaires disproportionn\u00e9s et de services chers et mal adapt\u00e9s. Le bilan \u00e9conomique de la colonisation pour les anciennes colonies est impossible \u00e0 \u00e9tablir par manque de contrefactuel, mais il ne fait pas beaucoup de doute qu\u2019il soit n\u00e9gatif \u00e9tant donn\u00e9 la nullit\u00e9 de ses gains.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/em>&nbsp;<strong>&nbsp; (p,120)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Questions et conclusions<\/strong>:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; L<strong>a premi\u00e8re concerne un<\/strong>&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;bilan \u00e9conomique&nbsp;\u2026 impossible \u00e0 \u00e9tablir&nbsp;\u00bb&nbsp;? Comment faire un tel constat, alors que l\u2019auteure s\u2019est bien gard\u00e9e de chiffrer l\u2019\u00e9volution du commerce ext\u00e9rieur, des budgets, des infrastructures&nbsp;\u2026? De proposer des \u00e9valuations en distinguant entre la p\u00e9riode de la loi de 1900 et celle du FIDES&nbsp;? De situer les ordres de grandeur \u00e9conomique et financi\u00e8re respectifs entre la m\u00e9tropole et l\u2019AOF au cours de la p\u00e9riode coloniale&nbsp;? etc\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La deuxi\u00e8me&nbsp; porte sur la fragilit\u00e9, l\u2019ambigu\u00eft\u00e9, pour ne pas dire le manque d\u2019appropriation des concepts d\u2019analyse utilis\u00e9s dans le domaine \u00e9conomique et financier, l\u2019absence de d\u00e9finition des flux d\u2019argent public examin\u00e9s&nbsp;: il ne s\u2019agissait pas de pr\u00eats publics, donc de charges ou r\u00e9elles pour les contribuables fran\u00e7ais&nbsp;; en ce qui concerne les avances, il aurait fallu dire quelle \u00e9tait leur fonction et leur fonctionnement&nbsp;; en ce qui concerne les caisses de r\u00e9serve, il aurait fallu expliquer ce \u00e0 quoi elles servaient, etc\u2026 .<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La troisi\u00e8me met en cause la coh\u00e9rence entre certains des chiffres cit\u00e9s et ceux qui figurent dans l\u2019ouvrage de \u00ab&nbsp;La Zone Franc&nbsp;\u00bb, avec des \u00e9carts qu\u2019il conviendrait de justifier et confirmer.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La quatri\u00e8me porte sur l\u2019historicit\u00e9 de cette th\u00e8se&nbsp;: elle a un caract\u00e8re anachronique \u00e0 un double titre, en ne distinguant pas les p\u00e9riodes examin\u00e9es et surtout en imposant un mode de calcul d\u2019une \u00ab&nbsp;<em>concessionnalit\u00e9&nbsp;<\/em>\u00bb datant de 1969 \u00e0 l\u2019ensemble des flux d\u00e9crits dont le terme \u00e9tait celui de l\u2019ann\u00e9e 1957.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette th\u00e8se ne s\u2019inscrit donc pas dans l\u2019histoire financi\u00e8re et \u00e9conomique des relations entre la France et l\u2019AOF, ce qui signifie qu\u2019elle souffre d\u2019un anachronisme de base.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La cinqui\u00e8me porte sur l\u2019arrogance d\u2019un discours qui est cens\u00e9 s\u2019inscrire sur un plan scientifique, et sur le ton politique et pol\u00e9mique trop souvent utilis\u00e9, un discours qui entend donner une le\u00e7on d\u2019histoire, \u00e0 la fois aux h\u00e9ritiers fran\u00e7ais ou africains de l\u2019ouest de l\u2019histoire des relations coloniales entre la France et l\u2019AOF, une le\u00e7on on ne peut plus fragile, qui confine avec une propagande postcoloniale \u00e0 la mode.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>&amp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je terminerai en disant, tout cela est bien dommage&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Que de travail et de comp\u00e9tence mis au service d\u2019une cause historique qui ne l\u2019est pas, alors que cette th\u00e8se pouvait \u00eatre l\u2019occasion d\u2019une contribution utile \u00e0 une meilleure connaissance de l\u2019histoire \u00e9conomique coloniale, qui souffre traditionnellement d\u2019un manque d\u2019int\u00e9r\u00eat pour un tel sujet.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jean Pierre Renaud<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Demain 4 d\u00e9cembre 2014, mes conclusions g\u00e9n\u00e9rales<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;HISTOIRE COLONIALE, DEVELOPPEMENT ET INEGALITES DANS L\u2019ANCIENNE AFRIQUE OCCIDENTALE FRANCAISE&nbsp;\u00bb Th\u00e8se de Mme Elise Huillery Sous la direction de Denis Cogneau et de Thomas Piketty 27 novembre 2008 Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales Th\u00e8se Huillery Rappel de publication des notes pr\u00e9c\u00e9dentes&nbsp;: annonce de publication, le 10 juillet 2014 \u2013 avant- propos, le 27 &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2014\/12\/03\/histoire-coloniale-developpement-et-inegalites-dans-lancienne-afrique-occidentale-francaise-mme-huillery-mm-cogneau-piketty-chapitre-2-suite-et-fin\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Histoire coloniale, d\u00e9veloppement et in\u00e9galit\u00e9s dans l&rsquo;ancienne Afrique Occidentale Fran\u00e7aise\u00a0\u00bb Mme Huillery, MM Cogneau, Piketty &#8211; Chapitre 2 suite et fin&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[249,906,273,2444,2394,2044,694,270,421,944,2888,2364,2395],"class_list":["post-2855","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-colonies","tag-afrique","tag-aof","tag-colonies","tag-delavignette","tag-denis-cogneau","tag-ehess","tag-elise-huillery","tag-france","tag-histoire","tag-jacques-marseille","tag-lefeuvre","tag-panikkar","tag-thomas-piketty"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2855","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2855"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2855\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2856,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2855\/revisions\/2856"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2855"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2855"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2855"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}