{"id":286,"date":"2020-05-15T18:10:36","date_gmt":"2020-05-15T16:10:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=286"},"modified":"2021-06-08T18:14:46","modified_gmt":"2021-06-08T16:14:46","slug":"la-piastre-et-le-fusil-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2020\/05\/15\/la-piastre-et-le-fusil-4\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0La Piastre et le Fusil\u00a0\u00bb &#8211; 4"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:23px\"><strong>4<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:23px\"><strong>\u00ab&nbsp;La Piastre et le Fusil&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:23px\"><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Chapitre VI<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; LA GESTION&nbsp;<em>(p,277)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur consacre ce chapitre \u00e0 l\u2019analyse des probl\u00e8mes que pose la gestion&nbsp; de campagnes militaires, d\u2019op\u00e9rations militaires en respectant les r\u00e8gles de gestion budg\u00e9taire classique, des probl\u00e8mes le plus souvent insolubles.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;En Indochine, titrait Le&nbsp;Monde au lendemain de la signature des accords de Gen\u00e8ve, \u00ab&nbsp;La France n\u2019a su faire ni la guerre ni la paix&nbsp;\u00bb. Cruel jugement&nbsp;: le Parlement aurait-il par exemple \u00e9t\u00e9, a&nbsp; priori, hostile \u00e0 toute mesure exceptionnelle&nbsp;? \u00ab&nbsp; En tout cas, observe Jacques Fauvet, signataire de l\u2019article, on ne lui a jamais demand\u00e9 nettement, pour en finir avec l\u2019adversaire, ni un effort financier, sous forme d\u2019imp\u00f4t ou d\u2019emprunt, ni un effort militaire, comme l\u2019envoi du contingent. La victoire \u00e9tait-elle donc r\u00e9put\u00e9e inaccessible&nbsp;? Mais, constate-t-il \u00e9galement, \u00ab&nbsp;les gouvernements successifs n\u2019ont jamais non plus plac\u00e9 le pays et le Parlement en face de ce que pourrait co\u00fbter la paix&nbsp;\u00bb.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Entre les d\u00e9penses militaires et les ressources disponibles, la gestion du conflit indochinois par la France, si l\u2019on en juge par ses r\u00e9sultats, apparait en effet calamiteuse. Dans une guerre qui ne voulait pas dire son nom, la lenteur de l\u2019\u00e9laboration des budgets militaires ne le c\u00e9dait qu\u2019\u00e0 celle de leur ex\u00e9cution. A travers la maquis touffu de l&rsquo;organigramme d\u00e9cisionnel, les flux financiers li\u00e9s aux op\u00e9rations \u00e9taient suivis \u2013 en techniciens \u2013 par des techniciens, pendant que les militaires, comme sur une autre plan\u00e8te, vaquaient \u00e0 leur propre besogne. De la piastre ou du fusil, ben malin celui qui pouvait dire alors ce qui comptait le plus.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Faut-il \u00e9mettre l\u2019hypoth\u00e8se que si la guerre avait \u00e9t\u00e9 bien g\u00e9r\u00e9e par la France, et avec des moyens ad\u00e9quats, elle aurait pu \u00eatre gagn\u00e9e&nbsp;? Rien n\u2019autorise \u00e0 le dire&nbsp;: par contre, ses responsables auraient peut-\u00eatre eu les moyens de discerner plus t\u00f4t ce qui, de la guerre ou de la paix, devait l\u2019emporter \u2013 ce qu\u2019il \u00e9tait, tout simplement possible de faire.&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>\u00ab&nbsp;&nbsp;UN NON-ETAT DE GUERRE<\/em><\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;A la diff\u00e9rence de ce qui se passera plus tard pour la guerre d\u2019Alg\u00e9rie, en d\u00e9pit des efforts du parti communiste pour d\u00e9velopper en France m\u00eame, autour de 1950, sa campagne contre la \u00ab&nbsp;sale guerre&nbsp;\u00bb, l\u2019\u00e9tat&nbsp; de guerre est<\/em>&nbsp;<em>pratiquement toujours rest\u00e9 localis\u00e9 \u00e0 l\u2019Indochine. Le Viet Minh, tant au niveau de la mobilisation des hommes que de la gestion des budgets, \u00e9tait bien s\u00fbr lui-m\u00eame pleinement dans le conflit. Les Fran\u00e7ais ont pour leur part contraint l\u2019Etat associ\u00e9 de Bao Dai \u00e0 \u00ab&nbsp;rentrer&nbsp;\u00bb \u00e9galement dans la guerre, ce que ce dernier n\u2019a fait ni facilement ni de gaiet\u00e9 de c\u0153ur. Mais ils en sont rest\u00e9s l\u00e0, laissant se d\u00e9velopper sur les 10&nbsp;000 kilom\u00e8tres s\u00e9parant le th\u00e9\u00e2tre d\u2019op\u00e9rations de la m\u00e9tropole une forte contradiction&nbsp;: l\u00e0-bas, la mont\u00e9e progressive des combats donnait au conflit toutes les&nbsp; apparences d\u2019une guerre&nbsp;; ici, le gouvernement, sans jamais vraiment y entrer lui-m\u00eame, g\u00e9rait la question de mani\u00e8re de plus en plus financi\u00e8re, et de plus en plus internationale.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>L\u2019absence de priorit\u00e9 indochinoise en France<\/em><\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;La guerre d\u2019Indochine a \u00e9t\u00e9 conduite par la France avec des proc\u00e9dures de temps de paix, et ce d\u00e8s le d\u00e9but, alors que la situation de continuit\u00e9 avec la seconde guerre mondiale et l\u2019ampleur des op\u00e9rations de reconqu\u00eate aurait pu justifier l\u2019inverse\u2026&nbsp;\u00bb&nbsp; (p,278)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;La guerre est une chose trop s\u00e9rieuse pour \u00eatre laiss\u00e9e aux militaires, disait en substance Clemenceau, avant de conduire la France \u00e0 la victoire en 1918&nbsp;: en Indochine, manifestement, elle n\u2019apparait pas assez s\u00e9rieuse pour leur \u00eatre retir\u00e9e. Car ce non-\u00e9tat de guerre, qui sans doute ne leur convient pas semble avoir encourag\u00e9 les militaires \u00e0 vivre en vase clos, \u00e0 l\u2019\u00e9cart d\u2019un pouvoir civil qui ne leur facilitait pas la t\u00e2che et, pendant longtemps, ne sut m\u00eame pas leur fournir de directive claire.. Un certain brouillard entoure d\u2019ailleurs, on le sait, le prix de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, discr\u00e8tement d\u00e9nonc\u00e9 en haut lieu d\u00e8s 1948\u2026&nbsp;\u00bb (p,281)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>Du \u00ab&nbsp;Plan de campagne&nbsp;\u00bb au budget militaire<\/em><\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Pour comprendre sur quelle bases s\u2019effectue le financement des op\u00e9rations en Indochine, il convient d\u2019examiner les proc\u00e9dures qui aboutissent \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement et au vote des budgets militaires&nbsp;: celles-ci tournent pour l\u2019essentiel autour du plan de campagne et d\u2019approvisionnement, qui fournit l\u2019\u00e9tat des pr\u00e9visions de d\u00e9penses pour l\u2019ann\u00e9e suivante et fait concr\u00e8tement le lien entre le th\u00e9\u00e2tre et le gouvernement. La navette apparait presque permanente entre les deux\u2026Il fallait donc en moyenne un an pour que les pr\u00e9visions, devenues lois, puissent se transformer en d\u00e9penses op\u00e9rationnelles&nbsp;; en tout \u00e9tat de cause, les besoins devaient \u00eatre exprim\u00e9s, six mois avant l\u2019ann\u00e9e auxquels ils s\u2019appliquaient\u2026&nbsp;\u00bb (p,286)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; II L\u2019ORGANIGRAMME DU CONFLIT (p,287)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Quiconque s\u2019interroge sur la question de savoir qui conduisait la guerre d\u2019Indochine, du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais, trouve d\u2019abord une r\u00e9ponse simple&nbsp;: le<\/em>&nbsp;<em>gouvernement&nbsp; de Paris et son repr\u00e9sentant surplace, le haut-commissaire, dont d\u00e9pendait le commandement en chef. Dans la pratique, les choses sont infiniment complexes&nbsp;: \u00e0 Paris, l\u2019absence de v\u00e9ritable \u00e9tat de guerre conduisait \u00e0 une parcellisation des comp\u00e9tences et donnait \u00e0 l\u2019organigramme du conflit l\u2019apparence d\u2019un maquis touffu. La valse des hommes aux postes de responsabilit\u00e9 \u2013 pas tous cependant \u2013 ne simplifiait pas le probl\u00e8me. Le pouvoir d\u2019influence des dirigeants de l\u2019\u00e9conomie et de la finance ajoutaient \u00e0 la complexit\u00e9\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>A Paris ou \u00e0 Saigon&nbsp;?<\/em><\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019existence d\u2019un groupe de pression colonial, agissant en particulier sur place, constitue une hypoth\u00e8se attractive pour expliquer certaines d\u00e9rives de la guerre d\u2019Indochine, pour comprendre, sinon la guerre elle-m\u00eame, du moins sa prolongation. L\u2019hypoth\u00e8se devient franchement s\u00e9duisante si l\u2019on y m\u00eale tous ceux qui, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, profitent de la guerre. \u00ab&nbsp;Pour que la guerre s\u2019arr\u00eate, il faut d\u2019abord qu\u2019elle cesse d\u2019\u00eatre une source de profits abusifs&nbsp;\u00bb, sugg\u00e8re une note d\u00e9but 1954. Malheureusement, les sources d\u00e9pouill\u00e9es ne permettent&nbsp; de se faire qu\u2019une&nbsp; id\u00e9e tr\u00e8s approximative de cette question. En attendant d\u2019aller plus loin, il demeure toujours possible de localiser les principales d\u00e9cisions. Et d\u2019abord de r\u00e9pondre \u00e0 cette question&nbsp;: sont-elles arr\u00eat\u00e9s \u2013 ou largement pr\u00e9par\u00e9es en Indochine, ou bien \u00e0 Paris, au niveau gouvernemental&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; En principe, sauf au tout d\u00e9but du conflit, les principales d\u00e9cisions concernant la guerre d\u2019Indochine sont prises \u00e0 Paris, mais Saigon peut \u00ab&nbsp;faire de la r\u00e9sistance&nbsp;\u00bb et jouer un r\u00f4le non n\u00e9gligeable\u2026 l\u2019\u00e9poque \u00e0 laquelle l\u2019Indochine parait avoir pes\u00e9 le plus lourd, dans la gestion de la guerre et les d\u00e9cisions \u2013ou l\u2019absence de d\u00e9cisions \u2013 la concernant, correspond au passage de L\u00e9on Pignon \u00e0 la t\u00eate du haut-commissariat en 1949 et 1950, un moment par ailleurs crucial\u2026 La situation de 1949 a \u00e9t\u00e9 camp\u00e9e par Lucien Bodard&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les administrateurs qui entourent Pignon sont des revenants, observe-t-il. Ces hommes avaient \u00e9t\u00e9 des colonialistes int\u00e9graux que les&nbsp;\u00bbgaullistes&nbsp;\u00bb avaient chass\u00e9s en 1945. Trois ans apr\u00e8s, il ses retrouvent au pouvoir en Indochine.&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp; Fort de cet entourage \u00e0 qui l\u2019histoire semblait donner raison \u2013 ses membres n\u2019avaient-ils pas toujours dit qu\u2019on ne pourrait s\u2019entendre avec Ho Chi Minh&nbsp;? \u2013 le haut-commissaire Pignon entretient \u00e0 l\u2019occasion une sorte de gu\u00e9rilla administrative avec le gouvernement\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Certes, en 1952,1953, apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s du g\u00e9n\u00e9ral de Lattre, qui avait lui-m\u00eame succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Pignon, une unit\u00e9 physique s\u2019est r\u00e9tablie entre Paris et Saigon en la personne du ministre Jean Letourneau, devenu \u00e9galement haut-commissaire. Mais cette situation, qui ne fut pas durable, semble n\u2019avoir comme effet que de d\u00e9placer les tensions.&nbsp;\u00bb (p,289)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"2\"><li><strong><em>L\u2019imbroglio gouvernemental (p,290)<\/em><\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tout au long de la guerre, comme le&nbsp; d\u00e9crit l\u2019auteur, jamais le gouvernement&nbsp; ne fut capable de mettre sur pied une administration interminist\u00e9rielle \u00e0 la fois comp\u00e9tente et responsable, avec des processus de d\u00e9cision efficaces.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"3\"><li><strong><em>R\u00e9seaux d\u2019influence et d\u00e9cideurs (p,297)<\/em><\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Au plus haut niveau, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 celui o\u00f9 se font les choix et les arbitrages financiers, personne ne parait en mesure d\u2019endosser pleinement la responsabilit\u00e9 de la guerre, tant l\u2019absence de continuit\u00e9 semble avoir \u00e9t\u00e9 la r\u00e8gle \u2013 mis \u00e0 part \u00e0 l\u2019Elys\u00e9e, d\u2019o\u00f9 l\u2019influence de Vincent Auriol, pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et de l\u2019Union fran\u00e7aise de 1947 \u00e0 1953, fut loin d\u2019\u00eatre n\u00e9gligeable. Le probl\u00e8me n\u2019est pas nouveau mais m\u00e9rite d\u2019\u00eatre soulign\u00e9&nbsp;: la France a us\u00e9 vingt gouvernements successifs entre 1945 et 1954 \u2013 en neuf ans, soit plus de deux par an\u2026. Saigon n\u2019a pas connu moins de huit g\u00e9n\u00e9raux commandants en chef successifs entre 1945 et 1954, sans compter deux&nbsp;<\/em>int\u00e9rims&nbsp;<em>assur\u00e9s par Salan, et sept hauts commissaires, int\u00e9rimaires non compris \u2013 \u00e0 peine plus d\u2019un par an\u2026 L\u2019absence de continuit\u00e9 est \u00e9galement illustr\u00e9e par la qualit\u00e9 changeante des hauts commissaires en question&nbsp;: un amiral (d\u2019Argenlieu), deux g\u00e9n\u00e9raux (de Lattre et Ely), un parlementaire (Bollaert), un haut fonctionnaire (Pignon), un ministre (Letourneau), un ambassadeur (Dejean)\u2026(p,298)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur \u00e9voque alors le contexte international de l\u2019\u00e9poque, les choix difficiles \u00e0 effectuer entre d\u00e9fense du continent europ\u00e9en et liquidation d\u2019une position coloniale, devenue un des \u00e9l\u00e9ments de la guerre engag\u00e9e en Asie avec le communisme sovi\u00e9tique et chinois, et plus loin la question des flux financiers entre Paris et Saigon, l\u2019\u00e9pineuse question du trafic des piastres.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; D. Le \u00ab&nbsp;trafic des piastres&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp; O\u00f9 se situe le trafic des piastres, dans le syst\u00e8me des transactions ou dans les abus de ce syst\u00e8me&nbsp;? Le minist\u00e8re des Finances, apr\u00e8s que l\u2019affaire des g\u00e9n\u00e9raux ait plac\u00e9 la question devant l\u2019opinion, s\u2019est rapidement fait une doctrine. Deux jours apr\u00e8s la publication du premier rapport Mariani et se fondant manifestement sur lui, Guillaume Guindey, indique \u00e0 son ministre ce qu\u2019il faut penser&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il convient de s\u2019\u00e9lever contre l\u2019id\u00e9e trop r\u00e9pandue que tout transfert de l\u2019Indochine vers la France constitue un trafic. Les relations commerciales entre l\u2019Indochine et la France, la pr\u00e9sence en Indochine de fonctionnaires et de militaires fran\u00e7ais, les nombreuses exploitations que poss\u00e8dent en Indochine des soci\u00e9t\u00e9s fran\u00e7aises, ne peuvent que provoquer une masse importante de transferts parfaitement l\u00e9gitimes entre les deux pays.&nbsp;\u00bb Il n\u2019y a trafic, pr\u00e9cise le directeur des Finances ext\u00e9rieures, que \u00ab&nbsp;Le \u00ab&nbsp;trafic des piastres&nbsp;\u00bb lorsque qu\u2019il y a march\u00e9 noir&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019existence de tels trafics est ind\u00e9niable. Cette fraude est spectaculaire, mais elle n\u2019est pas aussi g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e qu\u2019on le pr\u00e9tend parfois.&nbsp;\u00bb (p,317)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quelle \u00e9valuation&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Combien&nbsp;? Le rapport Mondon, qui \u00e9tablit le bilan du trafic au nom de la commission d\u2019enqu\u00eate, semble jeter l\u2019\u00e9ponge&nbsp;: ind\u00e9pendamment en effet de la contrebande financi\u00e8re, les proc\u00e9d\u00e9s illicites entourant les importations sont entour\u00e9es de myst\u00e8re. \u00ab&nbsp; des renseignements tr\u00e8s pr\u00e9cis sont impossibles \u00e0 fournir, car il faudrait d\u00e9pouiller tous les dossiers et effectuer tous les contr\u00f4les en accord avec la douane, afin de v\u00e9rifier si la valeur des marchandises import\u00e9es correspondait bien aux autorisations de transferts. Ce travail demanderait certainement de nombreux mois et de nombreux fonctionnaires&nbsp;\u00bb. Que dire quarante apr\u00e8s&nbsp;! Mais il faut bien fournir un ordre de grandeur \u00e0 en croire les experts financiers de l\u2019\u00e9poque, \u00ab&nbsp;il r\u00e9sulte que le trafic peut \u00eatre \u00e9valu\u00e9 en environ 10 \u00e0 15 % du total des transferts par ann\u00e9e&nbsp;\u00bb, conclut le rapport Mondon. Cela repr\u00e9sente sur l\u2019ensemble de la p\u00e9riode, si l\u2019on admet un total de de transferts de l\u2019ordre de 1 300 milliards de francs, un trafic situ\u00e9 dans une fourchette allant de 130 \u00e0 200 milliards de francs \u2013 environ une ann\u00e9e de versement du Tr\u00e9sor \u00e0 l\u2019Indochine dans les derni\u00e8res ann\u00e9es de la guerre.&nbsp;\u00bb (p,321)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" start=\"2\"><li><strong><em>La sur\u00e9valuation de la piastre (p,328)<\/em><\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Le probl\u00e8me de la sur\u00e9valuation de la parit\u00e9 de la piastre indochinoise a constitu\u00e9, pour reprendre cette expression commode, une sorte de \u00ab&nbsp;serpent de mer&nbsp;\u00bb de la guerre d\u2019Indochine. Fix\u00e9e en d\u00e9cembre 1945 \u00e0 17 francs, en discontinuit\u00e9 avec le taux de 10 francs pr\u00e9c\u00e9demment admis, mais en concordance avec le reste de l\u2019Empire, c\u2019est-\u00e0-dire essentiellement avec le franc d\u2019Afrique, cette parit\u00e9 \u00e9tait con\u00e7ue comme provisoire\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur examine ensuite les arguments qui plaidaient, soit pour la d\u00e9valuation, soit pour le maintien de sa parit\u00e9&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>A tout consid\u00e9rer, notamment \u00e0 la lumi\u00e8re de la d\u00e9valuation de 1953 et de ses effets, il apparait que le maintien d\u2019une piastre aussi nettement sur\u00e9valu\u00e9e relevait pour la France d\u2019une pratique essentiellement imp\u00e9riale. \u00ab&nbsp;la sur\u00e9valuation de la piastre \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine de tous les trafics et de la prosp\u00e9rit\u00e9 artificielle des Etats associ\u00e9s&nbsp;\u00bb, note Andr\u00e9 Valls quinze jours apr\u00e8s la d\u00e9valuation. Elle dirigeait l\u2019essentiel de leurs \u00e9changes en direction de la France. Elle permettait aussi \u00e0 celle-ci de garder le contr\u00f4le des finances des Etats associ\u00e9s&nbsp;: \u00ab&nbsp;La garantie que leur donnait la France, note encore le conseiller financier, d\u2019une part en rattachant par un parit\u00e9 fixe la piastre au France, d\u2019autre part en attribuant \u00e0 la piastre une parit\u00e9 avantageuse, devait avoir pour contrepartie \u00e0 son profit un droit de surveillance \u00e0 la fois sur la gestion des finances nationales et sur l\u2019\u00e9volution de la masse mon\u00e9taire locale.&nbsp;\u00bb Au fond, elle \u00e9tait ainsi la contrepartie du syst\u00e8me complexe impos\u00e9 aux Etats dans le cadre de l\u2019Institut d\u2019\u00e9mission. On comprend d\u00e8s lors mieux les h\u00e9sitations \u00e0 d\u00e9cider une d\u00e9valuation \u00e0 premi\u00e8re vue pourtant logique&nbsp;: plus la France et&nbsp; l\u2019Indochine s\u2019installaient dans la guerre et plus la piastre en devenait l\u2019\u00e9l\u00e9ment central, incontournable. En ce sens, la d\u00e9valuation du 11 mai 1953 apparait bien synonyme de d\u00e9gagement fran\u00e7ais&nbsp;.&nbsp;\u00bb (p,333)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans le Troisi\u00e8me Partie&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Les cons\u00e9quences du conflit&nbsp;\u00bb,<\/em>&nbsp;l\u2019auteur tente de r\u00e9pondre avec la m\u00eame rigueur \u00e0 la question Chapitre VII \u00ab&nbsp;<em>Une op\u00e9ration<\/em>&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;blanche&nbsp;\u00bb pour la France&nbsp;?<\/em>&nbsp;\u00bb (p,345 \u00e0 397), et analyse enfin les cons\u00e9quences de cette guerre dans le chapitre VIII \u00ab&nbsp;<em>L\u2019\u00e9clatement de l\u2019Indochine<\/em>&nbsp;\u00bb (p, 397 \u00e0 447)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous proposons d\u2019aller directement \u00e0 la \u00ab&nbsp;Conclusion&nbsp;\u00bb (p,447 \u00e0 455)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le volume comprend une documentation riche avec les Sources, une Bibliographie, une Chronologie, les Gouvernements fran\u00e7ais et principaux minist\u00e8res, les principaux repr\u00e9sentants de la France en Indochine, Valeurs et change des monnaies (p,455 \u00e0 527), et enfin une s\u00e9rie d\u2019Annexes politiques.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conclusion&nbsp;(p, 447)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Ayant constat\u00e9 que le \u00ab&nbsp;projet d\u2019\u00e9tudier scientifiquement la guerre avant de la juger soul\u00e8ve de sourdes r\u00e9sistances&nbsp;\u00bb, Gaston Bouthoul ne s\u2019en \u00e9tonnait pas&nbsp;: \u00ab&nbsp;la guerre n\u2019est-elle pas le domaine des terreurs sacr\u00e9es, comme la foudre et le tonnerre, interdits aux physiciens sacril\u00e8ges&nbsp;? N\u2019oublions pas, ajoutait-il, que jadis on admettait la torture, non la dissection&nbsp;\u00bb. Pour notre part, nous n\u2019avons gu\u00e8re rencontr\u00e9 de r\u00e9sistances dans cette recherche, sinon celle des sources, souvent opaques et plus encore inaptes \u00e0 livrer autre chose que des bribes de v\u00e9rit\u00e9 \u2013 les sources \u00e9crites car les sources orales, elles, nous sont apparues en effet r\u00e9ticentes. Sinon aussi celles des repr\u00e9sentations, tr\u00e8s li\u00e9es cette fois au caract\u00e8re sacr\u00e9 de l\u2019objet&nbsp;; en abordant aujourd\u2019hui la guerre d\u2019Indochine, il est impossible de faire abstraction des id\u00e9es bien tranch\u00e9es qui s\u2019y rapportent. Ce n\u2019est d\u2019ailleurs peut-\u00eatre pas souhaitable, car ces id\u00e9es, ces repr\u00e9sentations, en font d\u2019une certaine mani\u00e8re partie.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Que cherchions-nous, en \u00e9tudiant le co\u00fbt de la guerre d\u2019Indochine&nbsp;? D\u2019abord \u00e0 tenter de mieux comprendre, sans doute, ce conflit qui mina la IV\u00e8me R\u00e9publique, inaugura la fin de l\u2019empire fran\u00e7ais et d\u00e9structura durablement l\u2019Indochine elle-m\u00eame. Les finances publiques sont en effet \u00ab&nbsp;un poste d\u2019observation strat\u00e9gique pour l\u2019historien&nbsp;\u00bb&nbsp;: le constat&nbsp; de leur importance progressive \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan des combats, l\u2019inventaire des d\u00e9penses, des ressources, la reconnaissance de l\u2019organigramme compliqu\u00e9 de la guerre et de sa gestion d\u00e9bouchaient sur une sorte de ph\u00e9nom\u00e9nologie&nbsp;du conflit \u00bb.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Qu\u2019apprend-on en particulier sur l\u2019origine m\u00eame de la guerre d\u2019Indochine&nbsp;? Il ressort des sources qu\u2019il n\u2019y a pas de causes sp\u00e9cifiquement \u00e9conomiques au conflit. L\u2019id\u00e9e est plut\u00f4t, au lendemain de la seconde guerre mondiale, de reprendre un territoire consid\u00e9r\u00e9 comme fran\u00e7ais et dont on a perdu le contr\u00f4le depuis plusieurs mois. Par contre, les facteurs \u00e9conomiques cr\u00e9ent un environnement favorable \u00e0 la guerre, car ce territoire fixe une masse important d\u2019investissement. Ainsi pour le caoutchouc&nbsp;: ce n\u2019est pas pour lui que la France&nbsp;&nbsp; d\u00e9p\u00each\u00e9 son corps exp\u00e9ditionnaire en Indochine&nbsp;; il n\u2019en resta pas moins que le r\u00e9tablissement des fournitures indochinoises \u00e9tait indispensable \u00e0 la relance de l\u2019industrie fran\u00e7aise dans ce secteur.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce souci des int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais accompagna la conduite de la guerre pratiquement jusqu\u2019\u00e0 la fin\u2026L\u2019\u00e9clairage \u00e9conomique et financier n\u2019est pas non plus inutile \u00e0 l\u2019examen du d\u00e9roulement proprement dit du conflit. L\u2019impression g\u00e9n\u00e9rale est bien s\u00fbr que la guerre a \u00e9t\u00e9 progressivement rattrap\u00e9e par son co\u00fbt\u2026Nourrie d\u2019une sorte d\u2019orgueil de grande nation, la France n\u2019envisage \u00e0 aucun moment de renoncer vraiment, alors qu\u2019elle sait vite ne jamais pouvoir vaincre\u2026 Paris avait besoin \u00e9galement de l\u2019aide de Washington, et les Etats Unis accordaient celles-ci d\u2019autant plus facilement que son attribution s\u2019accompagnait d\u2019un d\u00e9sengagement de la France\u2026 Que cherchions-nous d\u2019autre en \u00e9tudiant le co\u00fbt de la guerre d\u2019Indochine ? Certainement une sorte de prix, un ou plusieurs chiffres incontestables permettant de mesurer la perte ou le profit de l\u2019op\u00e9ration. En elle-m\u00eame, cette \u00e9volution du co\u00fbt est un exercice difficile mais r\u00e9alisable, en particulier pour la France&nbsp;: en termes financiers, nous avons mesur\u00e9 ce co\u00fbt entre 1945 et 1954, \u00e0 environ 10 % des d\u00e9penses de l\u2019Etat, soit l\u2019\u00e9quivalent d\u2019une ann\u00e9e de budget.&nbsp;\u00bb (p,447,448,449,450)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Quel bilan retenir de cette tragique d\u00e9colonisation \u2013 un mot qui n\u2019est alors gu\u00e8re prononc\u00e9, comme s\u2019il se cachait derri\u00e8re le spectaculaire du conflit Est-Ouest&nbsp;? Sur place le bilan apparait assez consternant, notamment sur le plan g\u00e9opolitique. Le Vietnam sort plus divis\u00e9 que jamais du conflit. Autant qu\u2019une solution \u00e0 la guerre, r\u00e9p\u00e9tons-le, la division du pays au 17\u00b0 parall\u00e8le est un produit de la guerre, le produit d\u2019une guerre devenue civile, comme l\u2019ont voulu certains dirigeants fran\u00e7ais d\u00e9sireux de reprendre pied. Par son incapacit\u00e9 \u00e0 s\u2019entendre avec le Viet Minh dans les premi\u00e8res ann\u00e9es de la guerre, la France a \u00e9galement r\u00e9ussi \u00e0 ramener la Chine au Vietnam, apr\u00e8s avoir tant bataill\u00e9 \u2013 diplomatiquement \u2013pour qu\u2019elle se retire en 1946. Il ne s\u2019agit certes pas de la m\u00eame chine, mais il s\u2019agit tout de m\u00eame de la Chine. Toute la p\u00e9ninsule indochinoise \u00e9merge ainsi du conflit meurtrie, divis\u00e9e, \u00ab&nbsp;balkanis\u00e9e&nbsp;\u00bb&nbsp;\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La France vaincue s\u2019en tire un peu mieux. Elle s\u2019\u00e9tait, il est vrai, financi\u00e8rement d\u00e9sengag\u00e9e d\u00e8s 1953 avec la d\u00e9valuation de la piastre, un an avant Dien Bien Phu. La gestion financi\u00e8re du conflit, ou plut\u00f4t son co\u00fbt, lui permettait une sortie de guerre sans dommage majeur, sinon en terme d\u2019image \u2013 ce qui fait aussi partie de la gestion de la chose. Elle avait en effet d\u00e9j\u00e0 \u00ab&nbsp;vendu&nbsp;\u00bb sa guerre aux Etats Unis, ou en avait fait du moins une juteuse op\u00e9ration g\u00e9n\u00e9ratrice de pr\u00e9cieuses devises. Comme le rappelait on le sait Mend\u00e8s France au lendemain de Gen\u00e8ve, \u00ab&nbsp;nous avons trouv\u00e9 dans la guerre d\u2019Indochine l\u2019\u00e9quivalent des ressources que, normalement, les exportations devaient nous procurer.&nbsp;\u00bb (p,453)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sur la m\u00eame page, l\u2019opinion de Fran\u00e7ois Mitterrand, l\u2019homme politique influent de la Quatri\u00e8me et Cinqui\u00e8me R\u00e9publique dont l\u2019h\u00e9ritage ne fut pas vraiment brillant pour les deux guerres de d\u00e9colonisation d\u2019Indochine et d\u2019Alg\u00e9rie&nbsp;! Comme si, les responsables politiques \u00e9taient tous frapp\u00e9s d\u2019amn\u00e9sie&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Sur le plan diplomatique, et en termes de puissance, le r\u00e9sultat est moins net. Le risque \u00e9tait connu, ainsi que l\u2019avait formul\u00e9 Fran\u00e7ois Mitterrand un mois avant Dien Bien Phu, r\u00e9sumant toute la guerre&nbsp;:&nbsp;\u00bbApr\u00e8s avoir pendant trois ann\u00e9es, recherch\u00e9 une en Asie une conqu\u00eate de type colonial, apr\u00e8s avoir, pendant deux ann\u00e9es, de 1949 \u00e0 1951, recherch\u00e9 une sorte&nbsp;<\/em>d\u2019astuce,<em>&nbsp;comme une sorte de&nbsp;<\/em>truc,<em>&nbsp;l\u2019appui de soldats vietnamiens, sous forme d\u2019ind\u00e9pendance promise, apr\u00e8s avoir, devant l\u2019inefficacit\u00e9 de ces deux solutions, recherch\u00e9 le financement et l\u2019ide mat\u00e9rielle des Am\u00e9ricains, nous en sommes arriv\u00e9s \u00e0 ne plus pouvoir disposer de notre enti\u00e8re libert\u00e9 d\u2019action par rapport aux peuples autochtones, pas plus que nous avons de libert\u00e9 diplomatique r\u00e9elle \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Alli\u00e9s, et cela se con\u00e7oit parfaitement&nbsp;: dans un contrat, il y a des concessions r\u00e9ciproques&nbsp;\u00bb. Fran\u00e7ois Mitterrand pr\u00f4nait alors un resserrement de la politique fran\u00e7aise sur \u00ab&nbsp;un objectif m\u00e9diterran\u00e9en.&nbsp;\u00bb (p,453)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Source&nbsp;: \u00ab&nbsp; 12. Intervention de Fran\u00e7ois Mitterrand le 9 avril 1954 au Centre d\u2019\u00e9tudes de politique \u00e9trang\u00e8re, rue de Varennes, Archives nationales, Papiers Mayer, 363 AP 31&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Commentaire<\/u>\u00a0: la guerre d\u2019Alg\u00e9rie n\u2019\u00e9tait pas commenc\u00e9e le 9 avril 1954, mais Mitterrand avait\u00a0 assum\u00e9 de multiples responsabilit\u00e9s au sein des groupes politiques charni\u00e8res qui faisaient ou d\u00e9faisaient les gouvernements de la 4<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0R\u00e9publique, et la guerre d\u2019Indochine laissait un h\u00e9ritage malsain pour la d\u00e9colonisation de l\u2019Alg\u00e9rie\u00a0: entre 1945 et 1954, il avait \u00e9t\u00e9 cinq fois ministre.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ma conclusion&nbsp;: il s\u2019agit d\u2019un travail remarquable d\u2019historien, car, \u00e0 mes yeux, l\u2019histoire coloniale et postcoloniale fran\u00e7aise souffre d\u2019une carence d\u2019histoire quantitative sur les plans \u00e9conomiques et financiers, et cet ouvrage en propose une exception.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Seule critique, mais de poids, relative \u00e0 l\u2019absence d\u2019un bilan humain en pertes humaines aussi bien du c\u00f4t\u00e9 du corps exp\u00e9ditionnaire que les gouvernements consid\u00e9r\u00e8rent trop souvent comme de la \u00ab&nbsp;chair \u00e0 canon&nbsp;\u00bb que de l\u2019arm\u00e9e Vietminh, ainsi que toutes les victimes de cette sale guerre.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jean Pierre Renaud\u00a0\u00a0\u00a0&#8211;\u00a0 Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>4 \u00ab&nbsp;La Piastre et le Fusil&nbsp;\u00bb &nbsp;&nbsp;&nbsp; Chapitre VI &nbsp;&nbsp;&nbsp; LA GESTION&nbsp;(p,277) &nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur consacre ce chapitre \u00e0 l\u2019analyse des probl\u00e8mes que pose la gestion&nbsp; de campagnes militaires, d\u2019op\u00e9rations militaires en respectant les r\u00e8gles de gestion budg\u00e9taire classique, des probl\u00e8mes le plus souvent insolubles. &nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;En Indochine, titrait Le&nbsp;Monde au lendemain de la signature des &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2020\/05\/15\/la-piastre-et-le-fusil-4\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;\u00ab\u00a0La Piastre et le Fusil\u00a0\u00bb &#8211; 4&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8,6,11,5,4,12],"tags":[270,99,375],"class_list":["post-286","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-colonies","category-culture","category-guerre","category-histoire","category-politique","category-strategie","tag-france","tag-indochine","tag-la-piastre-et-le-fusil"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/286","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=286"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/286\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":287,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/286\/revisions\/287"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=286"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=286"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=286"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}