{"id":288,"date":"2020-05-15T18:15:54","date_gmt":"2020-05-15T16:15:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=288"},"modified":"2021-06-08T18:19:16","modified_gmt":"2021-06-08T16:19:16","slug":"la-piastre-et-le-fusil-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2020\/05\/15\/la-piastre-et-le-fusil-3\/","title":{"rendered":"\u00a0\u00bb La Piastre et le Fusil\u00a0\u00bb &#8211; 3"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:23px\"><strong>\u00ab&nbsp;La Piastre et le Fusil&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:23px\"><strong>suite<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;   Deuxi\u00e8me Partie<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Evaluation du co\u00fbt de la guerre (p,171)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans cette deuxi\u00e8me partie, l\u2019auteur proc\u00e8de \u00e0 un analyse financi\u00e8re rigoureuse de co\u00fbt de la guerre d\u2019Indochine, ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 fait sans doute pour la guerre d\u2019Alg\u00e9rie qui lui a succ\u00e9d\u00e9.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Le co\u00fbt de la guerre d\u2019Indochine \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019ensemble des d\u00e9penses militaires li\u00e9es au conflit \u2013 est \u00e0 peu pr\u00e8s connu du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais (France, Etats associ\u00e9s, Etats-Unis), m\u00eame si les diff\u00e9rentes sources n\u2019en donnent pas tout \u00e0 fait la m\u00eame r\u00e9partition annuelle&nbsp;: environ 3&nbsp;000 milliards de francs 1954. Il reste par contre un myst\u00e8re pour \u00ab&nbsp;l\u2019autre co\u00fbt&nbsp;\u00bb (Viet Minh, ou RDV et ses alli\u00e9s). Mais les choses ne sont pas aussi tranch\u00e9es&nbsp;: \u00e0 Paris, d\u2019une part, les sources reviennent p\u00e9riodiquement sur la difficult\u00e9 d\u2019\u00e9valuer vraiment le co\u00fbt financier du conflit, une partie de celui-ci&nbsp; demeurant cach\u00e9e&nbsp;; il n\u2019est d\u2019autre part, pas compl\u00e8tement impossible de mesurer en termes \u00e9conomiques et financier l\u2019effort de guerre du Viet Minh, ou du moins de rassembler quelques indications significatives sur le sujet\u2026&nbsp;\u00bb (p,173)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Chapitre IV (p,175)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les d\u00e9penses<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Les g\u00e9n\u00e9raux ne commandent sans doute pas avec en permanence une feuille de calcul&nbsp;: ils raisonnent plut\u00f4t en \u00ab&nbsp;moyens&nbsp;\u00bb, moyens en hommes ou en mat\u00e9riel\u2026 La France d\u00e9bourse pour l\u2019Indochine plus d\u2019un milliard de francs par jour dans les derni\u00e8res ann\u00e9es de la guerre\u2026&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>Les hommes<\/em><\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;A la fin du conflit, de 500&nbsp;000 \u00e0 600&nbsp;000 hommes en armes affront\u00e8rent en Indochine l\u2019arm\u00e9e populaire&nbsp;: 553&nbsp;425 exactement au 30 avril 1954\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp; Du c\u00f4t\u00e9 Viet Minh, mais les estimations restent incertaines, l\u2019arm\u00e9e populaire aurait regroup\u00e9 quelques 400&nbsp;000 hommes. Cela repr\u00e9sente donc environ un million de combattants sur le sol indochinois, principalement vietnamiens&nbsp;: ces combattants repr\u00e9sentent l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus pr\u00e9cieux et le plus on\u00e9reux du rapport des forces\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp; Pour la troupe proprement dite, le recours \u00e0 des soldats recrut\u00e9s hors m\u00e9tropole s\u2019est progressivement impos\u00e9, en d\u00e9pit de la volont\u00e9 d\u2019origine de n\u2019envoyer en Indochine que des unit\u00e9s \u00ab&nbsp;blanches&nbsp;\u00bb. Les premiers contingents d d\u2019Afrique du Nord \u2013 les Tabors marocains joueront un r\u00f4le important sur le terrain \u2013 et du S\u00e9n\u00e9gal respectivement 6&nbsp;172 et 615 rejoindront le corps exp\u00e9ditionnaire en avril 1947. D\u00e8s lors, leur poids ne cessera de cro\u00eetre, passant en cinq ans de 18% \u00e0 31% du corps exp\u00e9ditionnaire, ce qui ajoute \u00e0 sa&nbsp;<\/em>diversit\u00e9. Visitant la cuvette de Dien Bien Phu avant la bataille, Robert Guillain, envoy\u00e9 sp\u00e9cial du Monde, rapporte son \u00e9tonnement devant \u00ab&nbsp;le plus extraordinaire m\u00e9lange de couleurs et de races qui campent dans la place forte&nbsp;: \u00ab&nbsp;Marocains, Annamites, Alg\u00e9riens, S\u00e9n\u00e9galais, l\u00e9gionnaires, M\u00e9os, Tonkinois, Tha\u00efs, Muong\u2026 rares sont d\u2019ailleurs les Fran\u00e7ais rest\u00e9s simples troupiers, observe-t-il, ils forment pour la plupart les cadres d\u2019officiers et sous-officiers\u2026&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>La vietnamisation des effectifs (p,182)<\/em><\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;La question des effectifs du corps exp\u00e9ditionnaire, notamment de l\u2019encadrement, se pose jusqu\u2019en 1954, mais elle se d\u00e9place en m\u00eame temps vers le d\u00e9veloppement des arm\u00e9es nationales&nbsp;: la grande id\u00e9e qui s\u2019impose au fil des ans s\u2019appelle selon un mot qui porte la marque de l\u2019\u00e9poque, le \u00ab&nbsp;jaunissement \u00ab&nbsp; des troupes.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1946 effectif arm\u00e9es nationales, \u00e9gal \u00e0 0 contre 75 000 pour le Corps exp\u00e9ditionnaire, 1947, toujours 0 contre 105&nbsp;000,&nbsp; 1948 \u00e9gal \u00e0 20&nbsp;900 contre 111&nbsp;000\u2026 en 1954, 292&nbsp;000 contre 184&nbsp;000. (p,186)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp; Pertes de la guerre d\u2019Indochine 40&nbsp;450 nationaux contre 12&nbsp;290 autochtones, dont un officier par jour (p,190)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp; III Les Op\u00e9rations<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Le caract\u00e8re atypique de la guerre d\u2019Indochine, en particulier pour les forces fran\u00e7aises, r\u00e9side largement dans sa double nature&nbsp;: un conflit \u00e0 la fois politique et militaire qui, sur un second plan, oppose des unit\u00e9s constitu\u00e9es \u00e0 un adversaire qui se cache ou n\u2019accepte le combat que lorsqu\u2019il est s\u00fbr de marquer des points, mais qui se d\u00e9veloppe finalement assez pour faire man\u0153uvrer \u00e0 son tour des unit\u00e9s r\u00e9guli\u00e8res. Dans un tel contexte, l\u2019activit\u00e9 militaire est \u00e0 inventer et \u00e0 r\u00e9inventer p\u00e9riodiquement, mais le choix des op\u00e9rations est aussi financier.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp; L\u2019unit\u00e9 de la guerre, si l\u2019on peut dire, est l\u2019op\u00e9ration. Trois cents-treize ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9pertori\u00e9es, soit en moyenne une op\u00e9ration par semaine\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>L\u2019occupation du territoire<\/em><\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Les forces fran\u00e7aises se sont vite rendues compte qu\u2019il ne suffirait pas de reconqu\u00e9rir le territoire perdu en 1945, mais qu\u2019il faudrait encore le tenir pendant toute la dur\u00e9e de la guerre, la \u00ab&nbsp;pacification&nbsp;\u00bb constitue ainsi l\u2019une des deux grandes missions des troupes terrestres Indochine, l\u2019autre \u00e9tant le combat. Par le terme de pacification, pr\u00e9cise une fiche d\u2019\u00e9tat-major en 1950, \u00ab&nbsp;il faut entendre le retour, puis le maintien de l\u2019ordre et de la s\u00e9curit\u00e9 dans une zone insoumise et petit \u00e0 petit r\u00e9duite\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp; Etant donn\u00e9 le flou entourant les buts de guerre fran\u00e7ais en Indochine, l\u2019occupation du territoire constitue finalement par d\u00e9faut, une sorte d\u2019activit\u00e9 par d\u00e9faut contenant sa propre finalit\u00e9. La grosse difficult\u00e9 d\u2019action de cette arm\u00e9e, notait le g\u00e9n\u00e9ral Revers en 1949 en conclusion de son rapport, c\u2019est que jamais son r\u00f4le n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fini avec pr\u00e9cision, jamais une directive n\u2019est venue r\u00e9ellement orienter le commandant en chef, le commandant en chef, le commandant sup\u00e9rieur et leurs principaux subordonn\u00e9s\u2026 Une des causes de ce moral en \u00e9quilibre instable, \u00e9crit \u00e9galement Revers, est due&nbsp; en grande partie \u00e0 ce que personne ne sait pourquoi on se bat&nbsp;\u00bb Fran\u00e7ois Mitterrand, qui avait vainement essay\u00e9 d\u2019interpeller le gouvernement sur ses buts de guerre, ne dira pas autre chose en 1954&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je cherche la raison pour laquelle la France s\u2019est battue\u2026Cet aspect des choses faisait \u00e9videmment l\u2019affaire du Viet-Minh. Le g\u00e9n\u00e9ral Giap note ainsi combien \u00ab&nbsp;la poursuite de la guerre d\u2019agression a \u00e9t\u00e9 un processus continu&nbsp; de dispersion des forces. Plus ces forces sont dispers\u00e9es et vuln\u00e9rables, plus les conditions sont favorables pour nos troupes, qui peuvent les an\u00e9antir par petits groupes.&nbsp;\u00bb&nbsp; (p,206, 207<\/em>).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Commentaire&nbsp;<\/u>:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le texte qui pr\u00e9c\u00e8de appelle un commentaire pour deux raisons principales, mon exp\u00e9rience personnelle de la \u00ab&nbsp;pacification&nbsp;\u00bb dans la vall\u00e9e de la Soummam, en Alg\u00e9rie, en 1959-1960 et les recherches que j\u2019ai effectu\u00e9es sur les strat\u00e9gies indirectes et les guerres subversives.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Notons au passage qu\u2019en 1954, Mitterrand avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 ministre \u00e0 trois reprises, notamment au minist\u00e8re de la France d\u2019Outre-Mer en 1950-1951, et qu\u2019il n\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plus un perdreau de l\u2019ann\u00e9e, mais allons \u00e0 l\u2019essentiel, l\u2019analyse de la strat\u00e9gie fran\u00e7aise.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Avant la Deuxi\u00e8me Guerre Mondiale, de Gaulle avait \u00e9t\u00e9 un pr\u00e9curseur de l\u2019\u00e9volution n\u00e9cessaire de la strat\u00e9gie fran\u00e7aise avec l\u2019introduction de l\u2019arme blind\u00e9e&nbsp; au sein de nos forces militaires, une transformation r\u00e9ussie par l&rsquo;Arm\u00e9e du Reich et cause majeure de la d\u00e9b\u00e2cle de nos forces arm\u00e9es.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De Gaulle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le m\u00eame pr\u00e9curseur de la nouvelle strat\u00e9gie qu\u2019il fallait inventer face aux nouveaux adversaires rencontr\u00e9s dans les guerres coloniales fran\u00e7aises que la France ne r\u00e9ussit pas, ,jusqu\u2019au bout, avec la guerre d\u2019Alg\u00e9rie, \u00e0 ma\u00eetriser, un type de guerre contre-r\u00e9volutionnaire, totalitaire, avec la prise en mains d\u2019une population dop\u00e9e par une propagande r\u00e9volutionnaire le plus souvent inspir\u00e9e, sinon contr\u00f4l\u00e9e, par le communisme des Soviets, ou celui de Mao Ts\u00e9 Tung, dont la doctrine concr\u00e8te \u00e9tait bien adapt\u00e9e aux mondes coloniaux.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;B. L\u2019\u00e9volution de la strat\u00e9gie<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;La menace communiste&nbsp;\u00bb, repr\u00e9sentation r\u00e9sumant \u00e0 partir de 1949 la proximit\u00e9 de la Chine populaire et la mont\u00e9e en puissance du Viet Minh, parait \u2013 enfin&nbsp;! \u2013 avoir donn\u00e9 une raison d\u2019\u00eatre de la pr\u00e9sence militaire de la France en Indochine et y justifier les d\u00e9penses, \u00e0 d\u00e9faut de les financer. Jusqu\u2019en 1949, on le sait, personne ne pouvait vraiment dire pourquoi on se battait&nbsp;; cette fois, l\u2019affaire est entendue, comme de Lattre le r\u00e9sume en septembre 1951 \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision am\u00e9ricaine, en r\u00e9ponse \u00e0 une question relative \u00e0 la Cor\u00e9e o\u00f9 la guerre&nbsp; se d\u00e9roule depuis un an&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je crois qu\u2019il y a non seulement un parall\u00e8le \u00e0 faire entre la Cor\u00e9e et l\u2019Indochine, affirme-t-il. C\u2019est exactement la m\u00eame chose. En Cor\u00e9e, vous vous battez contre des communistes. En Indochine, nous nous battons, contre des communistes. La guerre d\u2019Indochine, la guerre de Cor\u00e9e, c\u2019est la m\u00eame guerre, la guerre d\u2019Asie\u2026 \u00ab&nbsp;, ajoute-t-il, avant de faire un parall\u00e8le avec l\u2019Europe.&nbsp;\u00bb (p,210)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Chapitre V<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les ressources (p,225)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Le probl\u00e8me du financement des d\u00e9penses militaires s\u2019est pos\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but du conflit mais, dans un premier temps, on le sait, la France a pu faire face pat elle-m\u00eame, au d\u00e9fi que repr\u00e9sentait la prolongation de la guerre. Les choses changent \u00e0 partir de 1949 quand, d\u2019une part la \u00ab&nbsp;menace chinoise&nbsp;\u00bb ajoute aux tensions et que, d\u2019autre part, la France entreprend un important r\u00e9armement dans le cadre europ\u00e9en et atlantique. La guerre d\u2019Indochine devient progressivement l\u2019ennemi n\u00b01 des budgets \u2013 d\u2019autant plus que nul n\u2019envisage s\u00e9rieusement qu\u2019elle puisse \u00eatre gagn\u00e9e \u2013 et son financement s\u2019internationalise.\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; I Les Ressources budg\u00e9taires (p,225)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp; Les moyens mis en \u0153uvre pour faire la guerre d\u2019Indochine ont d\u2019abord \u00e9t\u00e9, et sont essentiellement rest\u00e9s, d\u2019ordre budg\u00e9taire\u2026&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>La contribution du budget fran\u00e7ais<\/em><\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;La France consacre \u00e0 la guerre d\u2019Indochine une part respectable de son budget, entre 6 et 10% selon les ann\u00e9es, le taux le plus fort ayant \u00e9t\u00e9 atteint en 1949, avec un peu plus de 10 % de l\u2019ensemble des d\u00e9penses fran\u00e7aises\u2026.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp; Tableau 8 Couverture des d\u00e9penses de la guerre d\u2019Indochine par le budget fran\u00e7ais, en milliards de francs 1953&nbsp;:<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>1946&nbsp;: 100 %, soit 108 milliards<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>1949&nbsp;: 100 %, soit 169,5 milliards<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>1952&nbsp;: 59 %, soit 334 milliards<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>1953&nbsp;: 48 %, soit 265 milliards<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au fur et \u00e0 mesure des ann\u00e9es, la France r\u00e9ussit \u00e0 mobiliser des financements locaux, mais avant tout \u00e0 compter sur l\u2019aide militaire am\u00e9ricaine, 40 milliards de francs en 1950, 70 en 1951, 103,5 en 1952, et 119 en 1953. (p,260).<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comme toute guerre, et encore plus en Extr\u00eame Orient, cette guerre a aliment\u00e9 l\u2019inflation, des sp\u00e9culations de toute nature, notamment celle du trafic des piastres, avec toutes sortes de trafics parall\u00e8les qui ont toujours exist\u00e9 dans cette zone du monde, alors que l\u2019Indochine comptait depuis tr\u00e8s longtemps une minorit\u00e9 de culture chinoise tr\u00e8s agissante dans les affaires.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp; Le Vietminh savait de son c\u00f4t\u00e9 s\u2019insinuer dans tous ces circuits parall\u00e8les, notamment celui traditionnel de l\u2019opium.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp; L\u2019ouvrage cite en particulier l\u2019usage qu\u2019en fit aussi le GCMA, Groupement des commandos mixtes a\u00e9roport\u00e9s, li\u00e9 au SDEC, anim\u00e9 par un certain capitane Trinquier charg\u00e9 d\u2019animer les maquis des minorit\u00e9s montagnardes&nbsp;: \u00ab&nbsp;Trinquier revendiquera le recrutement de 40&nbsp;000 hommes dans les minorit\u00e9s\u2026&nbsp;\u00bb (p253)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au cours de la guerre d\u2019Alg\u00e9rie, le colonel Trinquier eut un r\u00f4le important dans la transmission de l\u2019h\u00e9ritage de la strat\u00e9gie mise en \u0153uvre pour lutter contre des mouvements insurrectionnels.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp; Le colonel Trinquier&nbsp; fut l\u2019auteur d\u2019un tr\u00e8s bon livre d\u2019analyse sur ce type de guerre subversive intitul\u00e9&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;La guerre moderne<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00a0\u00bb A partir des ann\u00e9es 1950, les Etats Unis financ\u00e8rent une aide \u00e9conomique et militaire aux nouveaux Etats Associ\u00e9s.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp; Le Viet Minh pouvait de son c\u00f4t\u00e9 compter sur l\u2019aide chinoise que l\u2019auteur a tent\u00e9 d\u2019identifier et d\u2019\u00e9valuer, l\u2019aide d\u2019experts militaires, de mat\u00e9riels, et d\u2019entrainement&nbsp;:<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Une synth\u00e8se de renseignements fran\u00e7ais donne la r\u00e9partition suivante pour le second semestre 1951&nbsp;: 1&nbsp;900 tonnes d\u2019armement, 900 d\u2019explosifs, 700 d\u2019habillement, 500 de vivres, 130 de mat\u00e9riel de transmission, 20 de m\u00e9dicaments\u2026 L\u2019aide chinoise couvrait aussi bien l\u2019entretien que l\u2019\u00e9quipement des forces arm\u00e9es de la RDV\u2026 Une estimation personnelle reposant sur de multiples param\u00e8tres&nbsp;, et qui reste grossi\u00e8re, permet de penser que par son aide militaire, la Chine couvre progressivement entre 20 et 50% des d\u00e9penses militaires du Viet Minh\u2026 On ne pr\u00eate qu\u2019aux riches\u2026 Quelle que soit la r\u00e9alit\u00e9 de ces m\u00e9canismes, la Chine populaire et le Viet Minh ont dans les derni\u00e8res<\/em>&nbsp;<em>ann\u00e9es de la guerre, de plus en plus partie li\u00e9e. Et m\u00eame si plusieurs sources sugg\u00e8rent, en d\u00e9but plut\u00f4t qu\u2019en fin de p\u00e9riode d\u2019ailleurs, que le Viet Minh r\u00e9glait par ses&nbsp; propres livraisons une partie des fournitures chinoises, il ne pouvait le faire longtemps \u00e0 cette hauteur&nbsp;: le poids financier de la Chine dans le conflit, aux c\u00f4t\u00e9s de la RDV, parait du m\u00eame ordre que celui pris par les Etats Unis dans le camp adverse. \u00ab&nbsp; (p,275)<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;La Piastre et le Fusil&nbsp;\u00bb suite &nbsp;&nbsp;&nbsp; Deuxi\u00e8me Partie &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Evaluation du co\u00fbt de la guerre (p,171) &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans cette deuxi\u00e8me partie, l\u2019auteur proc\u00e8de \u00e0 un analyse financi\u00e8re rigoureuse de co\u00fbt de la guerre d\u2019Indochine, ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 fait sans doute pour la guerre d\u2019Alg\u00e9rie qui lui a succ\u00e9d\u00e9. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Le co\u00fbt de &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2020\/05\/15\/la-piastre-et-le-fusil-3\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;\u00a0\u00bb La Piastre et le Fusil\u00a0\u00bb &#8211; 3&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8,11,5],"tags":[155,270,310,99,375,361,243],"class_list":["post-288","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-colonies","category-guerre","category-histoire","tag-chine","tag-france","tag-guerre","tag-indochine","tag-la-piastre-et-le-fusil","tag-viet-minh","tag-vietnam"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/288","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=288"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/288\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":290,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/288\/revisions\/290"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=288"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=288"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=288"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}