{"id":2881,"date":"2014-10-11T17:19:45","date_gmt":"2014-10-11T15:19:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2881"},"modified":"2021-07-15T17:49:37","modified_gmt":"2021-07-15T15:49:37","slug":"histoire-coloniale-developpement-et-inegalites-dans-lancienne-afrique-occidentale-francaise-these-huillery-chapitre-1-lecture-critique-deuxieme-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2014\/10\/11\/histoire-coloniale-developpement-et-inegalites-dans-lancienne-afrique-occidentale-francaise-these-huillery-chapitre-1-lecture-critique-deuxieme-partie\/","title":{"rendered":"Histoire coloniale, d\u00e9veloppement et in\u00e9galit\u00e9s dans l&rsquo;ancienne Afrique Occidentale Fran\u00e7aise Th\u00e8se Huillery &#8211; Chapitre 1- Lecture critique &#8211; Deuxi\u00e8me partie"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>\u00ab&nbsp;<\/strong><strong>Histoire coloniale, d\u00e9veloppement et in\u00e9galit\u00e9s dans l\u2019ancienne Afrique Occidentale Fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>HESS \u2013 2008 \u2013 Th\u00e8se de Mme Huillery<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Notes de lecture critique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>II<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Chapitre 1 (p,19 \u00e0 71)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>\u00ab&nbsp;Mythes et r\u00e9alit\u00e9s du bilan \u00e9conomique de la colonisation fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Deuxi\u00e8me Partie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>II&nbsp;. Co\u00fbts et b\u00e9n\u00e9fices de la colonisation pour les colonies<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Compte tenu du bouleversement complet qu\u2019a provoqu\u00e9 la colonisation dans les colonies, l\u2019auteure note d\u00e8s le d\u00e9part qu\u2019il sera difficile d\u2019\u00e9tablir ce type de comptabilit\u00e9&nbsp;:&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;<em>Mais nous sommes tr\u00e8s conscients de l\u2019impossibilit\u00e9 radicale qu\u2019il y a \u00e0 \u00e9tablir une \u00e9valuation quantitative des co\u00fbts et b\u00e9n\u00e9fices de la colonisation pour les colonies.&nbsp;\u00bb (p,55<\/em><\/strong><em>)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure botte donc en touche d\u00e8s le d\u00e9part du bilan en proposant un exercice dont le contenu ne parait plus appartenir au domaine conceptuel du bilan, une r\u00e9serve surprenante, \u00e9tant donn\u00e9 que les graphiques propos\u00e9s montrent bien qu\u2019en francs 14, l\u2019AOF a vu ses moyens budg\u00e9taires augmenter sensiblement au cours de la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e, et que les chiffres du commerce ext\u00e9rieur de l\u2019AOF montrent \u00e9galement qu\u2019il a beaucoup progress\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<strong><em>Nous formulons donc un peu diff\u00e9remment les questions dans cette deuxi\u00e8me partie en se demandant en quoi la colonisation a \u00e9t\u00e9 favorable ou d\u00e9favorable au d\u00e9veloppement des colonies plut\u00f4t qu\u2019en se demandant ce que la colonisation a co\u00fbt\u00e9 ou rapport\u00e9 aux colonies.&nbsp;<\/em><\/strong><em>\u00bb<\/em>&nbsp;(p,56)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A &#8211; En quoi la colonisation a-t-elle \u00e9t\u00e9 favorable au d\u00e9veloppement des colonies&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Les investissements priv\u00e9s<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure propose d\u00e8s le d\u00e9part son constat&nbsp;: \u00ab&nbsp;&nbsp;<em>Les investissements priv\u00e9s dans les colonies ont-ils permis aux \u00e9conomies colonis\u00e9es de se d\u00e9velopper&nbsp;? A notre connaissance, il n\u2019est gu\u00e8re d\u2019historiens qui le d\u00e9fendent<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure renvoie vers les travaux de Philip Curtin qui concernent l\u2019\u00e9conomie ouest-africaine, lequel rapporte&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;que le commerce interne de la r\u00e9gion \u00e9tait au XIX\u00e8me si\u00e8cle beaucoup plus important que le commerce transatlantique<\/em>&nbsp;\u00bb, et pour cause, \u00e9tant donn\u00e9 que tous les \u00ab&nbsp;initi\u00e9s&nbsp;\u00bb savaient que l\u2019ouest africain \u00e9tait, g\u00e9ographiquement parlant, ce que notait le g\u00e9ographe Richard-Molard, un continent clos, avant son ouverture aux \u00e9changes internationaux gr\u00e2ce aux ports et aux voies de communication qui n\u2019existaient pas et qui y ont \u00e9t\u00e9 construits (voir la citation Richard-Molard dans un de nos avant-propos).<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il aurait \u00e9t\u00e9 d\u2019ailleurs int\u00e9ressant que l\u2019auteure nous donne les chiffres de ce commerce interne, qu\u2019il s\u2019agisse de textiles, de noix de kola, de sel, d\u2019or\u2026ou peut-\u00eatre d\u2019esclaves, dont le trafic interne fut important et persista longtemps.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A titre d\u2019exemple, \u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, l\u2019Almamy Samory que la France combattait dans l\u2019Ouassoulou, \u00e0 l\u2019ouest du bassin du Niger, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, finan\u00e7ait encore des achats de fusils \u00e0 tir rapide en Sierra Leone en vendant des esclaves.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure \u00e9crit qu\u2019une des premi\u00e8res causes du manque de d\u00e9veloppement a \u00e9t\u00e9 l\u2019insuffisance des investissements priv\u00e9s, associ\u00e9e au choix des investissements effectu\u00e9s, mais quid en AOF, terrain d\u2019\u00e9tude choisi par cette th\u00e8se&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019analyse d\u00e9taill\u00e9e des statistiques douani\u00e8res et des balances des paiements de l\u2019AOF aurait pu apporter de la lumi\u00e8re sur ce constat, de m\u00eame que sur la nature et la croissance des \u00e9changes entre la m\u00e9tropole et l\u2019AOF, ainsi que sur le r\u00f4le des p\u00f4les de d\u00e9veloppement que constitu\u00e8rent les nouveaux ports et les nouvelles voies de communication.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Les investissements publics<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Le b\u00e9n\u00e9fice que les colonies ont retir\u00e9 de la colonisation viendrait-il donc des investissements publics&nbsp;? C\u2019est ce que d\u00e9fendent les historiens du courant anti-repentance.<\/em><\/strong><em>&nbsp;\u00bb (p,<\/em>59)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure proc\u00e8de \u00e0 un nouveau tour d\u2019horizon de la&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;<em>litt\u00e9rature<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb disponible qui fait le constat du faible niveau des investissements publics, mais sans proposer elle-m\u00eame, \u00e0 ce stade de la th\u00e8se, ses propres calculs pour l\u2019AOF, en concluant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Pour conclure sur les b\u00e9n\u00e9fices que les colonies ont retir\u00e9s de la colonisation, il s\u2019av\u00e8re donc que le b\u00e9n\u00e9fice des investissements priv\u00e9s peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme inexistant, du fait du manque de rationalit\u00e9 \u00e9conomique et de prise en compte des besoins locaux qui ont guid\u00e9 le placement des capitaux priv\u00e9s.&nbsp;\u00bb(p,62)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un constat qui ne peut manquer de surprendre&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>B. En quoi la la colonisation a-t-elle \u00e9t\u00e9 d\u00e9favorable au d\u00e9veloppement des colonies&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>La derni\u00e8re question qui ach\u00e8ve l\u2019examen des composantes du bilan \u00e9conomique de la colonisation recens\u00e9es dans la litt\u00e9rature, est sans aucun doute la plus difficile de toutes les questions que nous avons pos\u00e9es&nbsp;: en quoi la colonisation a-t-elle \u00e9t\u00e9 d\u00e9favorable au d\u00e9veloppement des colonies<\/em><\/strong><em>.&nbsp;\u00bb (p,62)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le lecteur aura not\u00e9 que c\u2019est \u00e0 nouveau \u00e0 partir de la \u00ab&nbsp;<em>litt\u00e9rature&nbsp;<\/em>\u00bb qu\u2019un bilan \u00e9conomique de la colonisation lui a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9, et que la question est pos\u00e9e de fa\u00e7on a priori n\u00e9gative,&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;d\u00e9favorable<\/em>&nbsp;\u00bb..<\/p>\n\n\n\n<p><strong>a)&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/strong>&nbsp;<strong>L\u2019absence d\u2019investissement productif<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure fait appel \u00e0 Mme Coquery-Vidrovitch et \u00e0 M. Moniot pour distinguer les trois phases qui auraient \u00e9t\u00e9 celles du pillage, de l\u2019\u00e9conomie de plantation, et de l\u2019\u00e9conomie de traite, un classement qui a une certaine valeur, mais qui gagnerait \u00e0 \u00eatre plus rigoureux dans son analyse g\u00e9ographique et historique.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les investissements priv\u00e9s et publics auraient \u00e9t\u00e9 inadapt\u00e9s au d\u00e9veloppement des colonies, avec des infrastructures tourn\u00e9es vers l\u2019ext\u00e9rieur, des r\u00e9alisations pharaoniques telles que l\u2019Office du Niger, la&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;<em>charge que repr\u00e9sentait<\/em><\/strong>&nbsp;<em><strong>l\u2019administration coloniale pour des populations dont les ressources n\u2019\u00e9taient pas en<\/strong>&nbsp;ad\u00e9quation avec un degr\u00e9 d\u2019organisation et de centralisation tel. Il faut rappeler bien entendu que les salaires des fonctionnaires coloniaux fran\u00e7ais servant dans les colonies, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019essentiel des co\u00fbts administratifs des budgets coloniaux, \u00e9taient \u00e0 la charge des budgets locaux et que c\u2019\u00e9tait en d\u00e9finitive les contribuables africains qui r\u00e9mun\u00e9raient les administrateurs fran\u00e7ais, \u00e0 des niveaux de r\u00e9mun\u00e9ration sans commune mesure avec celles qui se pratiquaient dans les soci\u00e9t\u00e9s indig\u00e8nes. Il y a donc comme une forme d\u2019absurdit\u00e9 \u00e9conomique \u00e0 appliquer aux colonies des structures budg\u00e9taires, \u00e9conomiques, et financi\u00e8res qui sont issues et adapt\u00e9es \u00e0 une \u00e9conomie telle que celle de la France&nbsp;\u00bb (p,66)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Absurdit\u00e9 \u00e9conomique ou ang\u00e9lisme&nbsp;?<\/strong>&nbsp;Il est effectivement souhaitable de creuser le sujet comme le propose l\u2019auteur, avec trois \u00e9clairages, ceux de l\u2019ancien gouverneur Delavignette et d\u2019un ministre socialiste des colonies,&nbsp; Marius Moutet, et enfin celui, anachronique, mais r\u00e9v\u00e9lateur, du r\u00e9gime de r\u00e9mun\u00e9ration des fonctionnaires fran\u00e7ais servant aujourd\u2019hui outre- mer.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans son livre&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;<strong>Service Africain<\/strong><\/em>&nbsp;\u00bb,&nbsp;<strong>le gouverneur Delavignette<\/strong>&nbsp;relevait au sujet du fonctionnaire colonial&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Et d\u2019abord, il peut compter sur les doigts de la main le provisoire de sa propre vie&nbsp;: dix s\u00e9jours de deux ans, qui font vingt passages en mer, et voil\u00e0 le dossier ray\u00e9, bon pour les archives. C\u2019est un homme qui souffre un vieillissement constat\u00e9 de dix- sept ans par rapport \u00e0 la table de mortalit\u00e9 de la Caisse des retraites de la M\u00e9tropole<\/em>. \u00ab&nbsp; (p,54)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Autre citation, \u00ab&nbsp;<\/strong><em>Jusqu\u2019en 1929, le Gouverneur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019AOF en Conseil de Gouvernement annon\u00e7ait solennellement le nombre de journ\u00e9es d\u2019h\u00f4pital des Europ\u00e9ens. Pour cette ann\u00e9e-l\u00e0, sur 16&nbsp;000 europ\u00e9ens, 5.241 hospitalis\u00e9s et 83.291 journ\u00e9es d\u2019h\u00f4pital.&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;(p,55)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Marius Moutet, le ministre des Colonies, notait dans une circulaire adress\u00e9e \u00e0 ses Gouverneurs G\u00e9n\u00e9raux, en 1936<\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;\u2026<em>J\u2019ai pu constater \u00e0 la lecture de l\u2019annuaire que l\u2019Afrique occidentale fran\u00e7aise, avec ses 15 millions d\u2019habitants, comptait pr\u00e8s de 3&nbsp;000 fonctionnaires europ\u00e9ens, soit \u00e0 peu pr\u00e8s autant que l\u2019Inde anglaise avec ses 400 millions d\u2019habitants. C\u2019est incontestablement trop<\/em>\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une d\u00e9rive des effectifs s\u00fbrement, mais en raison d\u2019une politique coloniale tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle des Anglais qui avaient une pr\u00e9f\u00e9rence pour l\u2019administration indirecte, laquelle, dans le cas de l\u2019Inde, b\u00e9n\u00e9ficia souvent&nbsp; de l\u2019appui de gouvernances locales \u00e9tablies et riches&nbsp; (les rajas), ce qui ne fut pas le cas en AOF.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ne s\u2019agissait-il d\u2019ailleurs pas d\u2019une politique coloniale assum\u00e9e par les gouvernements de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est vrai qu\u2019en Nig\u00e9ria, donc en Afrique de l\u2019ouest, mais au nord de cette colonie, les Anglais, appliqu\u00e8rent ce que l\u2019on a appel\u00e9 la doctrine Lugard de&nbsp;<em>l\u2019indirect rule,<\/em>&nbsp;en s\u2019appuyant sur les deux sultanats musulmans puissants de Sokoto et de Kano, sans \u00e9quivalent en Afrique fran\u00e7aise de l\u2019ouest, mais que dans le sud animiste, les m\u00eames Anglais furent dans l\u2019obligation d\u2019imiter les Fran\u00e7ais, compte tenu du morcellement politique de cette r\u00e9gion.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Enfin, la mise en place d\u2019un Etat f\u00e9d\u00e9ral qui n\u2019a pas surv\u00e9cu aux ind\u00e9pendances, et d\u2019Etats locaux qui, eux ont surv\u00e9cu, en d\u00e9pit des tr\u00e8s nombreuses crises qui les ont affect\u00e9 apr\u00e8s les ann\u00e9es 1960, n\u2019aurait-elle pas \u00e9t\u00e9 le co\u00fbt contest\u00e9 ou justifi\u00e9 des charges administratives des budgets locaux&nbsp;? Avec une administration assez bien organis\u00e9e et un syst\u00e8me de gestion financi\u00e8re publique et priv\u00e9e sous contr\u00f4le.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019historien indien Panikkar reconnaissait au moins \u00e0 la colonisation anglaise le m\u00e9rite d\u2019avoir mis en place un Etat moderne.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De nos jours, le seul exemple du Mali montre bien les ravages que peut causer l\u2019absence d\u2019un Etat, plus de 50 ans apr\u00e8s son ind\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et pourquoi ne pas s\u2019interroger, de fa\u00e7on tout \u00e0 fait anachronique, mais en m\u00eame temps r\u00e9v\u00e9latrice, sur les r\u00e9gimes de r\u00e9mun\u00e9ration et de retraite actuels des fonctionnaires fran\u00e7ais en service outre-mer ou originaires de l\u2019outre-mer, alors que ces territoires accueillent, sans aucun probl\u00e8me de sant\u00e9, de tr\u00e8s nombreux touristes&nbsp;? Au moins 40% de plus qu\u2019en m\u00e9tropole, avec d\u2019autres avantages.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au si\u00e8cle du tout tourisme et du tout a\u00e9rien dans les m\u00eames territoires&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;c) La d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019ext\u00e9rieur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure conclut&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;La d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019ext\u00e9rieur n\u2019\u00e9tait donc peut-\u00eatre pas en elle-m\u00eame un facteur de blocage. Mais ajout\u00e9 au manque d\u2019investissements productifs et \u00e0 l\u2019irrationalit\u00e9 de certaines orientations de la production, cet \u00e9tat de d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des march\u00e9s europ\u00e9ens n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 un facteur de d\u00e9veloppement des \u00e9conomies coloniales.&nbsp;\u00bb (<\/em>p,66)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>d)&nbsp;&nbsp;<\/strong>&nbsp;<strong>Le laxisme budg\u00e9taire et financier<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure revient sur une des conclusions de Jacques .Marseille quant \u00e0 la couverture des d\u00e9ficits commerciaux par l\u2019Etat fran\u00e7ais, et note&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Sans s\u2019attarder sur de pareilles affirmations, rappelons seulement que l\u2019\u00ab&nbsp;immense&nbsp;\u00bb contribution fran\u00e7aise aux finances des colonies n\u2019est pas \u00e9tablie et que c\u2019est seulement oublier qu\u2019au moins jusqu\u2019en 1945, la plupart des budgets des colonies et des f\u00e9d\u00e9rations, au moins \u00e0 n\u2019en pas douter ceux de l\u2019AOF que nous avons pu consulter, sont remarquablement \u00e9quilibr\u00e9s, la plupart du temps m\u00eame largement exc\u00e9dentaires, sans intervention massive des subventions du Tr\u00e9sor fran\u00e7ais.&nbsp;\u00bb (p, 67)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et pour cause, \u00e9tant donn\u00e9 le principe pos\u00e9 par la loi du 13 avril 1900, celui de l\u2019autonomie financi\u00e8re des colonies, semblable au principe britannique du self-suffering, qui gouverna les relations coloniales dans l\u2019Empire britannique&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s 1945, la cr\u00e9ation du FIDES changea compl\u00e8tement la donne.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Est-il besoin de pr\u00e9ciser qu\u2019aucune des colonies fran\u00e7aises ne venait \u00e0 la cheville du riche Empire des Indes&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quant \u00e0 l\u2019existence des exc\u00e9dents des budgets et au r\u00f4le des caisses de r\u00e9serve, nous y reviendrons dans la lecture du chapitre 2, \u00e9tant donn\u00e9 que le d\u00e9cret du 30 d\u00e9cembre 1912 et les textes subs\u00e9quents avaient verrouill\u00e9 compl\u00e8tement les conditions de l\u2019\u00e9quilibre des budgets coloniaux et que les caisses de r\u00e9serve, verrouill\u00e9es \u00e9galement dans leur plafond, avaient pour but \u00e0 la fois de r\u00e9gulariser le cours pluriannuel des recettes et de faire face aux calamit\u00e9s naturelles des territoires.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure ajoute une note de conclusion un brin pol\u00e9mique en \u00e9crivant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Quoi qu\u2019il en soit, il est tr\u00e8s choquant, aux vues des structures m\u00eames de l\u2019\u00e9conomie coloniale que nous avons d\u00e9velopp\u00e9es plus haut, d\u2019affirmer que l\u2019h\u00e9ritage de laxisme budg\u00e9taire et financier soit le seul reproche que l\u2019on puisse faire \u00e0 la colonisation<\/em>&nbsp;\u00bb (p,68)<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le d\u00e9bat ouvert sur un laxisme qui aurait exist\u00e9 ou pas a un caract\u00e8re surr\u00e9aliste sur le plan historique, sauf \u00e0 distinguer une fois de plus les deux grandes p\u00e9riodes de la colonisation, en indiquant qu\u2019effectivement au fur et \u00e0 mesure des ann\u00e9es 1950, la m\u00e9tropole a \u00e9t\u00e9 dans l\u2019obligation d\u2019augmenter la part de subvention qui avait \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e \u00e0 l\u2019origine dans le financement du FIDES.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>III. Conclusion (p,69)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteure \u00e9crit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<strong>Nous avons pass\u00e9 en revue l\u2019essentiel de ce que l\u2019on trouve dans la litt\u00e9rature au sujet du bilan \u00e9conomique de la colonisation\u2026.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp; Pour la France, le bilan s\u2019av\u00e8re plus positif que pr\u00e9vu\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp; Pour les colonies, le bilan s\u2019av\u00e8re aussi peu positif que pr\u00e9vu\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp; Si l\u2019\u00e9valuation des pertes pour les \u00e9conomies coloniales est impossible du fait de la nature des transformations impliqu\u00e9es, il est encore possible, et il nous parait souhaitable, d\u2019\u00e9claircir la question des investissements en biens publics et leur financement.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ainsi, nous nous proposons d\u2019utiliser la collecte des donn\u00e9es budg\u00e9taires de l\u2019Afrique Occidentale Fran\u00e7aise pour traiter \u00e0 la fois le co\u00fbt de la colonisation pour le contribuable fran\u00e7ais et la question du montant des investissements publics financ\u00e9 par la France dans cette r\u00e9gion.&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong>&nbsp;<strong>(p, 70)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>&amp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Mon propre \u00ab&nbsp;abstract&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Premi\u00e8re remarque&nbsp;:<\/strong>&nbsp;\u00e9tait-il v\u00e9ritablement utile, si le propos s\u2019inscrivait dans une d\u00e9marche scientifique de ranger les recherches de Jacques .Marseille ou de Catherine .Coquery-Vidrovitch, pour ne citer que ces deux noms, dans la cat\u00e9gorie de la&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;litt\u00e9rature<\/strong>&nbsp;\u00bb,&nbsp;<strong>outre le fait que trop souvent le ton de ce chapitre est pol\u00e9mique&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Deuxi\u00e8me remarque<\/strong>&nbsp;: il s\u2019agit en effet d\u2019une revue inutilement pol\u00e9mique, \u00e9tant donn\u00e9 que le r\u00e9sultat de la recherche portant sur le bilan \u00e9conomique qui nous est propos\u00e9 tire pour l\u2019essentiel son int\u00e9r\u00eat de la critique des recherches \u00ab&nbsp;<em>scientifiques<\/em>&nbsp;\u00bb qui ont pu \u00eatre faites sur ce bilan, c\u2019est-\u00e0-dire sur les \u00ab&nbsp;<em>donn\u00e9es empiriques&nbsp;<\/em>\u00bb de l\u2019historiographie.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un manque de valeur ajout\u00e9e d\u2019autant plus surprenant que dans le cas de l\u2019AOF, terrain des recherches privil\u00e9gi\u00e9es de l\u2019auteur,&nbsp;<strong>cette derni\u00e8re s\u2019est bien gard\u00e9e d\u2019\u00e9clairer le lecteur sur le bilan \u00e9conomique des colonies concern\u00e9es, ne serait-ce qu\u2019en analysant la courbe et le contenu des s\u00e9ries statistiques douani\u00e8res et financi\u00e8res les concernant, analyse qui aurait eu le m\u00e9rite de v\u00e9rifier pour la p\u00e9riode post 1945, celle du FIDES, si le raisonnement tenu par Jacques Marseille sur l\u2019\u00e9quilibre des comptes ext\u00e9rieurs de l\u2019AOF tenait ou non la route<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il n\u2019\u00e9tait du reste pas le seul \u00e0 d\u00e9fendre cette position. Dans le livre qu\u2019a publi\u00e9 en 1957\u00a0<strong>J.Ehrhard<\/strong>, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0<strong>Le destin du colonialisme<\/strong>\u00a0\u00bb, J.Ehrhard \u00e9crivait au sujet de l\u2019aide de la France Chapitre II\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;L\u2019aide budg\u00e9taire apport\u00e9e par la France \u00e0 l\u2019Outre-Mer a longtemps \u00e9t\u00e9 assez modeste. Mais l\u2019\u00e9quipement a \u00e9t\u00e9 dans une large mesure r\u00e9alis\u00e9 avant &#8211; guerre sur fonds d\u2019emprunts plac\u00e9s en France que l\u2019avilissement de la monnaie a pratiquement transform\u00e9s en subventions, au d\u00e9triment du pr\u00eateur m\u00e9tropolitain.. En francs actuels (1957) les sommes emprunt\u00e9es par l\u2019ensemble des pays d\u2019outre-mer repr\u00e9sentent tout de m\u00eame 210 milliards ant\u00e9rieurement \u00e0 1914, 577 de 1914 \u00e0 1939.&nbsp;\u00bb (p,25)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous verrons \u00e0 l\u2019examen du chapitre 2 que cette citation pose la question de l\u2019interpr\u00e9tation financi\u00e8re que Mme Huillery propose dans ses analyses du Chapitre 2 sur la nature des emprunts et des avances.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Troisi\u00e8me remarque<\/strong>&nbsp;: beaucoup d\u2019informations dans ce premier chapitre, mais avec&nbsp;<strong>des titres ambigus<\/strong>, un bilan, des co\u00fbts et des b\u00e9n\u00e9fices, un d\u00e9veloppement ou non, sans que le lecteur puisse se faire une opinion dans le cas pr\u00e9cis\u00e9ment de l\u2019AOF,&nbsp;<strong>sauf \u00e0 comprendre que cette th\u00e8se s\u2019inscrit en faux par rapport \u00e0 celle de Jacques Marseille.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un titre d\u2019autant plus ambigu que dans la deuxi\u00e8me partie consacr\u00e9e aux colonies, l\u2019auteur passe du concept de bilan \u00ab&nbsp;co\u00fbt et b\u00e9n\u00e9fices&nbsp;\u00bb \u00e0 celui ind\u00e9termin\u00e9 de \u00ab&nbsp;d\u00e9veloppement&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quatri\u00e8me remarque<\/strong>&nbsp;:&nbsp;<strong>l\u2019analyse de ce chapitre ne s\u2019inscrit pas dans l\u2019histoire de l\u2019AOF et de ses relations avec la France.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comment est-il possible de pr\u00e9senter les choses comme s\u2019il y avait eu une continuit\u00e9 historique dans les relations coloniales, en ignorant les situations coloniales de chacune des p\u00e9riodes analys\u00e9es<\/strong>, tout en feignant d\u2019ignorer que le grand principe de la colonisation a \u00e9t\u00e9 celui fix\u00e9 par la loi de 1900, \u00ab&nbsp;aides toi financi\u00e8rement toi-m\u00eame&nbsp;!&nbsp;\u00bb, le m\u00eame que le self-suffering britannique, \u00e0 la seule diff\u00e9rence pr\u00e8s que les Britanniques avaient mis la main sur des territoires dont le potentiel de ressources n\u2019avait rien \u00e0 voir avec celui des Fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s 1945, tout a chang\u00e9, et la rigueur de l\u2019analyse historique imposait d\u2019en tenir compte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cinqui\u00e8me remarque<\/strong>&nbsp;:&nbsp;<strong>s\u2019agit-il de la d\u00e9monstration cr\u00e9dible d\u2019un bilan \u00e9conomique qui, \u00e0 proprement parler, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 fait, mais qui s\u2019inscrit souvent dans le d\u00e9bat politique et dans un champ g\u00e9ographique et historique flou&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A la lecture de ce chapitre, certains lecteurs se demanderont peut-\u00eatre s\u2019il n\u2019est pas \u00e0 ranger lui aussi dans la&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;litt\u00e9rature \u00e9conomique<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une question ultime&nbsp;: pourquoi ne pas se demander les raisons pour lesquelles l\u2019auteure de cette th\u00e8se, laquelle se pr\u00e9sente volontiers comme un adversaire intellectuel de Jacques Marseille, n\u2019a pas cru devoir, pr\u00e9cis\u00e9ment dans le cas de l\u2019AOF, v\u00e9rifier que la d\u00e9monstration principale de l\u2019historien, c\u2019est-\u00e0-dire la couverture des d\u00e9ficits des balances commerciales par des transferts de fonds publics, n\u2019\u00e9tait historiquement pas fond\u00e9e&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est bien dommage en effet que dans le cas de l\u2019AOF, l\u2019analyse de cette th\u00e8se n\u2019ait pas port\u00e9 sur l\u2019\u00e9quilibre de ses comptes ext\u00e9rieurs, publics, \u00e9tant donn\u00e9 que l\u2019objectif de ce chapitre \u00e9tait de sortir du terrain de la \u00ab&nbsp;litt\u00e9rature&nbsp;\u00bb de l\u2019histoire \u00e9conomique coloniale, repr\u00e9sent\u00e9e, semble-t-il dans le cas d\u2019esp\u00e8ce, par Jacques Marseille.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Jean Pierre Renaud<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Histoire coloniale, d\u00e9veloppement et in\u00e9galit\u00e9s dans l\u2019ancienne Afrique Occidentale Fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb HESS \u2013 2008 \u2013 Th\u00e8se de Mme Huillery Notes de lecture critique II Chapitre 1 (p,19 \u00e0 71) \u00ab&nbsp;Mythes et r\u00e9alit\u00e9s du bilan \u00e9conomique de la colonisation fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb Deuxi\u00e8me Partie II&nbsp;. Co\u00fbts et b\u00e9n\u00e9fices de la colonisation pour les colonies &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Compte tenu du bouleversement &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2014\/10\/11\/histoire-coloniale-developpement-et-inegalites-dans-lancienne-afrique-occidentale-francaise-these-huillery-chapitre-1-lecture-critique-deuxieme-partie\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Histoire coloniale, d\u00e9veloppement et in\u00e9galit\u00e9s dans l&rsquo;ancienne Afrique Occidentale Fran\u00e7aise Th\u00e8se Huillery &#8211; Chapitre 1- Lecture critique &#8211; Deuxi\u00e8me partie&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[906,273,941,2956,2444,563,2963,694,2306,421,695,944,2692,2961,2056,608,2962],"class_list":["post-2881","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-colonies","tag-aof","tag-colonies","tag-coquery-vidrovitch","tag-curtin","tag-delavignette","tag-economie-2","tag-ehrhard","tag-elise-huillery","tag-fides","tag-histoire","tag-inegalite","tag-jacques-marseille","tag-marius-moutet","tag-moniot","tag-richard-molard","tag-samory","tag-service-africain"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2881","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2881"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2881\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2882,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2881\/revisions\/2882"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2881"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2881"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2881"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}