{"id":2894,"date":"2015-06-02T19:44:25","date_gmt":"2015-06-02T17:44:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2894"},"modified":"2021-07-15T19:50:06","modified_gmt":"2021-07-15T17:50:06","slug":"situations-coloniales-dafrique-ou-dasie-3eme-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2015\/06\/02\/situations-coloniales-dafrique-ou-dasie-3eme-partie\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Situations coloniales\u00a0\u00bb d&rsquo;Afrique ou d&rsquo;Asie -3\u00e8me Partie"},"content":{"rendered":"\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>\u00ab Situations coloniales \u00bb d\u2019Afrique ou d\u2019Asie, avec le regard de voyageurs romanciers et g\u00e9ographes \u00bb<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>Ann\u00e9es 1905- 1931<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>La 2\u00e8me partie a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e le 18 mai 2015<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>3\u00e8me Partie<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>II &#8211; Les sc\u00e8nes coloniales<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p><strong>Les sc\u00e8nes d\u00e9crites dans les romans choisis s\u2019inscrivent \u00e9videmment dans une chronologie de domination coloniale aux caract\u00e9ristiques diff\u00e9rentes, entre la premi\u00e8re p\u00e9riode de conqu\u00eate et de mise en place des premi\u00e8res bases de la colonisation, les r\u00e9cits de Conrad, de Farr\u00e8re, et de Maran, et la deuxi\u00e8me p\u00e9riode qui suivit la premi\u00e8re guerre mondiale, celle de la consolidation coloniale, avec les r\u00e9cits de Gide, d\u2019Albert Londres, de Weulersse, ou d\u2019Orwell.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mais la lecture de ces r\u00e9cits de voyages ou de \u00ab fiction \u00bb romanesque donnera la possibilit\u00e9 aux lecteurs de d\u00e9couvrir \u00e0 la fois le patchwork qu\u2019\u00e9tait le monde africain des ann\u00e9es 30, en allant de l\u2019ouest \u00e0 l\u2019est, et du centre au sud, mais avant tout le grand \u00e9cart de \u00ab modernit\u00e9 \u00bb qui s\u00e9parait ces morceaux du patchwork colonial, la vari\u00e9t\u00e9 infinie des sc\u00e8nes, avec une tr\u00e8s faible p\u00e9n\u00e9tration occidentale dans beaucoup de territoires, en contraste avec l\u2019explosion industrielle et urbaine qui saisissait d\u00e9j\u00e0 les Afriques centrales et australes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une des \u0153uvres choisies,<em>&nbsp;\u00ab&nbsp;<strong>Une histoire birmane \u00bb de George Orwell<\/strong><\/em>, a pour objectif de proposer une ouverture sur la colonisation britannique en Asie, la Birmanie, d\u2019apr\u00e8s la premi\u00e8re guerre mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son livre&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;<strong>Les civilis\u00e9s<\/strong><\/em>&nbsp;\u00bb couronn\u00e9 par le prix Goncourt 1905,&nbsp;<strong>Claude Farr\u00e8re<\/strong>&nbsp;faisait la description romanc\u00e9e de la nouvelle vie de la soci\u00e9t\u00e9 coloniale de Saigon au d\u00e9but du vingti\u00e8me si\u00e8cle, une soci\u00e9t\u00e9 jouisseuse et d\u00e9cadente.<\/p>\n\n\n\n<p>Ancien officier de marine ayant bourlingu\u00e9 sur les mers du globe, il savait de quoi il parlait, m\u00eame si le roman pouvait quelquefois avoir un caract\u00e8re satirique un peu trop prononc\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le croiseur le&nbsp;<em>Bayard&nbsp;<\/em>sur lequel naviguait l\u2019officier de marine de Fierce venait d\u2019accoster \u00e0 Saigon et ce dernier profitait de ses heures de libert\u00e9 pour d\u00e9couvrir et appr\u00e9cier la vie mondaine de la bonne soci\u00e9t\u00e9 coloniale de Saigon, festins, f\u00eates, alcool, et d\u00e9bauches\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le r\u00e9cit du d\u00eener du contre-amiral<\/strong>, commandant la deuxi\u00e8me division de l\u2019escadre de Chine chez le lieutenant- gouverneur Abel, d\u00eener auquel assistait de Fierce vaut son pesant d\u2019opium :<\/p>\n\n\n\n<p>De la bouche du lieutenant-gouverneur Abel :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>&#8211; Le Chinois est voleur et le Japonais assassin ; l\u2019Annamite, l\u2019un et l\u2019autre. Cela pos\u00e9, je reconnais hautement que les trois races ont des vertus que l\u2019Europe ne connait pas, et des civilisations plus avanc\u00e9es que nos civilisations occidentales. Il conviendrait donc \u00e0 nous, ma\u00eetres de ces gens qui devraient \u00eatre nos ma\u00eetres, de l\u2019emporter au moins sur eux par notre moralit\u00e9 sociale. Il conviendrait que nous fussions, nous les colonisateurs, ni assassins, ni voleurs. Mais cela est une utopie\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><em>Une utopie. Je ne r\u00e9\u00e9dite pas pour vous, mon cher amiral, les sottises humanitaires tant de fois ressass\u00e9es \u00e0 propos des conqu\u00eates coloniales. Je n\u2019incrimine point les colonies : j\u2019incrimine les coloniaux, &#8211; nos coloniaux fran\u00e7ais,- qui v\u00e9ritablement sont d\u2019une qualit\u00e9 par trop inf\u00e9rieure.<\/em><\/li><li><em>Pourquoi ? interroge quelqu\u2019un.<\/em><\/li><li><em>Parce que, aux yeux unanimes de la nation fran\u00e7aise, les colonies ont la r\u00e9putation d\u2019\u00eatre la derni\u00e8re ressource et le supr\u00eame asile des d\u00e9class\u00e9s de toutes les classes et des repris de toutes les justices. En foi de quoi, la m\u00e9tropole garde pour elle soigneusement, toutes ses recrues de valeur, et n\u2019exporte jamais que le rebut de son contingent. Nous h\u00e9bergeons ici les malfaisants et les inutiles, les pique-assiette et les vide-gousset. \u2013 Ceux qui d\u00e9frichent en Indochine n\u2019ont pas su labourer en France ; ceux qui trafiquent ont fait banqueroute ; ceux qui commandent aux mandarins lettr\u00e9s sont fruits secs de coll\u00e8ge ; et ceux qui jugent et qui condamnent ont \u00e9t\u00e9 quelquefois jug\u00e9s et condamn\u00e9s. Apr\u00e8s cela, il ne faut pas s\u2019\u00e9tonner qu\u2019en ce pays l\u2019Occident soit moralement inf\u00e9rieur \u00e0 l\u2019Asiatique, comme il l\u2019est intellectuellement en tous pays. (page 97)<\/em><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>La sc\u00e8ne coloniale que d\u00e9crivait Claude Farr\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire essentiellement la capitale de l\u2019Indochine, Saigon, donnait d\u00e9j\u00e0 l\u2019aspect d\u2019une cit\u00e9 moderne dot\u00e9e de belles villas, d\u2019un r\u00e9seau \u00e9lectrique, de moyens de locomotion, de caf\u00e9s, d\u2019un th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n\n\n\n<p>La description du grand bal du gouverneur g\u00e9n\u00e9ral m\u00e9rite \u00e9galement un d\u00e9tour de lecture:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Tout Saigon \u00e9tait l\u00e0. Et c\u2019\u00e9tait un prodigieux p\u00eale-m\u00eale d\u2019honn\u00eates gens et de gens qui ne l\u2019\u00e9taient pas, &#8211; ceux-ci plus nombreux : car les colonies fran\u00e7aises sont proprement un champ d\u2019\u00e9pandage pour tout ce que la m\u00e9tropole crache et expulses d\u2019excr\u00e9ments et de pourriture.- Il y avait l\u00e0 une infinit\u00e9 d\u2019hommes \u00e9quivoques, que le code p\u00e9nal, toile d\u2019araign\u00e9e trop l\u00e2che, n\u2019avait pas su retenir dans ses filets : des banqueroutiers, des aventuriers, des ma\u00eetres chanteurs, des maris habiles, et de quelques espions ; &#8211; il y avait l\u00e0 une foule de femmes mieux que faciles, qui toutes savaient se d\u00e9baucher copieusement, par cent moyens dont le plus vertueux \u00e9tait l\u2019adult\u00e8re. \u2013 dans ce cloaque, les rares probit\u00e9s faisaient tache. \u00bb (p,197)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit avant tout d\u2019un roman libertin dont les intrigues entre les sexes tournent autour de trois personnages, un officier de marine, Fierce, en escale, un m\u00e9decin, M\u00e9vil, perclus de drogues et de d\u00e9bauches, et un ing\u00e9nieur, Torral, tourn\u00e9 vers le sexe \u00ab fort \u00bb, tout trois obs\u00e9d\u00e9s de sexe et d\u2019aventures.<\/p>\n\n\n\n<p>Le roman d\u00e9crit ces romances libertines, mais paradoxalement, Fierce et M\u00e9vil en arrivent, au bout de leurs d\u00e9bauches, \u00e0 esp\u00e9rer gagner la main et le c\u0153ur de deux femmes vertueuses, celle d\u2019une jeune femme pupille, S\u00e9lysette, en ce qui concerne Fierce, et tout simplement celle de la fille du lieutenant- gouverneur pour M\u00e9vil.<\/p>\n\n\n\n<p>Compte tenu de leur petit nombre, les femmes vertueuses avaient en effet fort \u00e0 faire pour ne pas succomber aux entreprises tr\u00e8s hardies des messieurs d\u00e9bauch\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le roman expose les nouvelles addictions des \u00ab civilis\u00e9s \u00bb, ma\u00eetresses ou conga\u00efs, whisky, coca\u00efne, opium, et \u00e0 l\u2019occasion, les nombreuses \u00ab pip\u00e9es \u00bb de Torral,<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur d\u00e9crit la vie mondaine de Saigon, les jeux au \u00ab Cercle \u00bb colonial, sorte de r\u00e9pondant des \u00ab Club \u00bb anglais, les diners, les excursions, mais avant tout une soci\u00e9t\u00e9 coloniale avide de plaisirs artificiels ou non.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9cit se d\u00e9veloppe sur un fond de rivalit\u00e9 et de guerre avec la Grande Bretagne, c\u2019est \u00e0 dire une flotte beaucoup plus puissante que la fran\u00e7aise, et fait \u00e0 un moment donn\u00e9 un sort \u00e0 une grande op\u00e9ration de pacification au Cambodge, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019\u00e9crasement d\u2019une r\u00e9volte indig\u00e8ne, \u00ab&nbsp;<em>l\u2019ordre de Paris \u00e9tait de massacrer les pirates \u00bb (p,249).<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui fut fait, les 58 pirates eurent la t\u00eate coup\u00e9e, selon la coutume de ces r\u00e9gions, et l\u2019officier Fierce, saisi par la fureur de cet affrontement, commit un viol sur une jeune fille.<\/p>\n\n\n\n<p>Un fond de rivalit\u00e9 franco-anglaise qui trouve son d\u00e9nouement \u00e0 la fin du r\u00e9cit, au large du Cap Saint Jacques avec la d\u00e9faite de la petite flotte fran\u00e7aise de sept torpilleurs face \u00e0 la flotte anglaise de neuf cuirass\u00e9s de ligne, une d\u00e9faite qui vit la mort h\u00e9ro\u00efque de l\u2019officier Fierce, charg\u00e9 en tous points de sauver \u00ab l\u2019honneur \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le roman de Claude Farr\u00e8re illustre \u00e0 sa fa\u00e7on la plupart des situations coloniales fran\u00e7aises qui n\u2019incitaient pas les femmes \u00e0 l\u2019expatriation, avant la r\u00e9volution des transports et celle de la sant\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En raison des conditions de vie sanitaire et sociale, les femmes europ\u00e9ennes mirent beaucoup de temps \u00e0 rejoindre la plupart des colonies. Beaucoup de ces femmes avaient alors le profil des aventuri\u00e8res, \u00e0 l\u2019exemple de beaucoup d\u2019hommes qui n\u2019\u00e9taient venus que pour l\u2019aventure coloniale, tel ce gouverneur \u00e9pousant par exemple, en Indochine, sa femme de chambre\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lyautey racontait dans l\u2019une de ses lettres&nbsp;<em>\u00ab Lettres du Tonkin et de<\/em>&nbsp;<em>Madagascar&nbsp;<\/em>\u00bb l\u2019inauguration de la nouvelle ligne de chemin de fer Hano\u00ef &#8211; Lang-Son et son retour dans le train des officiels en compagnie du demi-monde des gens&nbsp;d\u2019Hano\u00ef. L\u2019anecdote a \u00e9t\u00e9 cit\u00e9e dans un de mes textes intitul\u00e9s \u00ab Gallieni et Lyautey, ces inconnus \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et dans une autre de ses lettres (1896), avant son d\u00e9part d\u2019Hano\u00ef pour Saigon, il relatait quelques-unes des mondanit\u00e9s d\u2019Hano\u00ef qui donnent un \u00e9clairage sur la composition et la vie de cette soci\u00e9t\u00e9 coloniale :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le versant fran\u00e7ais d\u2019Hano\u00ef:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>La d\u00e9couverte, janvier 1895 :<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Et les nouveaux venus comme moi, dans cette ville \u00e0 guinguettes et \u00e0 lumi\u00e8re \u00e9lectrique, \u00e0 soci\u00e9t\u00e9 philharmonique et \u00e0 loge ma\u00e7onnique, ont peine \u00e0 se figurer que ce soit d\u2019hier cette histoire d\u00e9j\u00e0 recul\u00e9e par la l\u00e9gende aux arri\u00e8re-plans, 22 ans seulement depuis Garnier, 11 ans depuis Rivi\u00e8re\u2026 \u00bb (LT\/p,218)<\/em><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Apr\u00e8s la premi\u00e8re guerre mondiale, les r\u00e9cits d\u00e9crivaient d\u00e9j\u00e0 un autre monde colonial.<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p><strong>Dans \u00ab&nbsp;<em>Terre d\u2019Eb\u00e8ne<\/em>&nbsp;\u00bb, Albert Londres d\u00e9peint un processus de colonisation fran\u00e7aise qui ressemble, \u00e0 l\u2019exception du Congo, \u00e0 une sorte de train-train o\u00f9 l\u2019administration, c\u2019est-\u00e0-dire les \u00ab&nbsp;<em>Commandants&nbsp;<\/em>\u00bb, les administrateurs coloniaux y jouant le premier r\u00f4le.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Peut-\u00eatre conviendrait-il de pr\u00e9ciser que cette situation r\u00e9sultait d\u2019un manque de ressources et de la passivit\u00e9 de la m\u00e9tropole, que l\u2019auteur d\u00e9non\u00e7ait \u00e0 maintes reprises !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Albert Londres commen\u00e7a son voyage au S\u00e9n\u00e9gal<\/strong>, une colonie qui avait la particularit\u00e9 de compter sur son territoire quatre communes de plein exercice, comme en m\u00e9tropole, et des habitants qui avaient la qualit\u00e9 de citoyens, une exception historique, car dans le reste des colonies, la citoyennet\u00e9 fran\u00e7aise n\u2019\u00e9tait accord\u00e9e qu\u2019au compte-gouttes.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s Dakar, le journaliste emmenait ses lecteurs dans le bassin du Niger, faisait halte \u00e0 &#8211; \u00ab&nbsp;<em>Tombouctou ! Br\u00fblant labyrinthe<\/em>&nbsp;! \u00bb (p,83) &#8211; une ville qui fut longtemps aussi myst\u00e9rieuse qu\u2019inconnue, et dont la conqu\u00eate causa une grande d\u00e9sillusion, \u00e0 la mesure de toutes celles qui furent celles des Fran\u00e7ais les plus avertis sur les richesses de l\u2019Afrique de l\u2019ouest.<\/p>\n\n\n\n<p>Albert Londres se rendit ensuite \u00e0 Ouagadougou, la capitale de la Haute Volta d\u2019alors (le Burkina-Fasso), qui ne comptait que 300 europ\u00e9ens, o\u00f9 y f\u00eet la connaissance du Moro Naba, le grand prince indig\u00e8ne des lieux. Il en d\u00e9crivait les m\u0153urs, les mariages, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un ethnologue, mais il s\u2019attardait beaucoup sur la fa\u00e7on dont le r\u00e9seau routier avait \u00e9t\u00e9 construit :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Ah ! Les belles routes ! On ne peut rien imaginer de mieux. Je ne plaisante pas ; demandez plut\u00f4t aux indig\u00e8nes ! Elles sont d\u2019autant plus remarquables qu\u2019elles ne nous ont pas co\u00fbt\u00e9 un cauri.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>On n\u2019a d\u00e9pens\u00e9 que du n\u00e8gre. Sommes-nous si pauvres en Afrique noire ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Pas du tout ! Le budget du gouvernement g\u00e9n\u00e9ral poss\u00e8de une caisse de r\u00e9serve de je ne sais combien de centaines de millions\u2026 \u00bb (p,10<\/em>4)<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019est pas dans mes intentions de critiquer ce type d\u2019analyse qui ne rendait compte que d\u2019une partie du probl\u00e8me de financement des \u00e9quipements de l\u2019Afrique Occidentale Fran\u00e7aise et des budgets en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme je l\u2019ai longuement expos\u00e9 sur ce blog dans mes analyses de la th\u00e8se de Mme Huillery, cette derni\u00e8re s\u2019est efforc\u00e9e de d\u00e9montrer, sans succ\u00e8s \u00e0 mon avis, que, contrairement \u00e0 ce que le vulgum pecus croit ou ne croit pas, et en AOF pr\u00e9cis\u00e9ment, ces territoires avaient \u00e9t\u00e9 en d\u00e9finitive une bonne affaire pour la France.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A Bobo Dioulasso<\/strong>, le journaliste y d\u00e9crivait des femmes \u00e0 plateaux, et son r\u00e9cit \u00e9tait \u00e9maill\u00e9 d\u2019observations sur les m\u0153urs des noirs, leurs croyances, l\u2019importance des f\u00e9ticheurs, des sorciers.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Au Dahomey (le B\u00e9nin)<\/strong>, le journaliste relevait :<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Royaume des f\u00e9ticheurs, c\u2019est-\u00e0-dire du poison, le Dahomey est dans la main des sorciers. \u00bb (p,176)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jusqu\u2019au Gabon<\/strong>, c\u2019est-\u00e0-dire au \u00ab&nbsp;<strong><em>drame du Congo Oc\u00e9an<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb (p,186), le lecteur fait la connaissance d\u2019une Afrique traditionnelle qui commen\u00e7ait \u00e0 \u00eatre chahut\u00e9e par la colonisation, les premi\u00e8res initiatives des \u00ab&nbsp;<em>commandants&nbsp;<\/em>\u00bb avec les nouveaux imp\u00f4ts qui n\u2019existaient pas jusqu\u2019alors, plus que par les autres blancs, de rares colons, et avant tout par la construction d\u2019un r\u00e9seau de pistes routi\u00e8res couvrant une Afrique qui en \u00e9tait priv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Albert Londres se rendait alors \u00e0 Pointe Noire et au Congo, pour voir le fameux chantier de la construction du nouveau chemin de fer du Congo- Oc\u00e9an dont les abus d\u00e9frayaient d\u00e9j\u00e0 la chronique politique et journalistique depuis des ann\u00e9es, une id\u00e9e coloniale bien fran\u00e7aise qui s\u2019inscrivait, vu les immenses difficult\u00e9s de l\u2019entreprise, \u00e0 travers la for\u00eat et le massif infranchissable du Mayombe, qu\u2019avaient travers\u00e9 quelques ann\u00e9es auparavant Brazza et Marchand, en dehors de tout sens des r\u00e9alit\u00e9s, dans le catalogue des folies coloniales.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A Pointe Noire<\/strong>, le journaliste d\u00e9couvrait :<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Pointe Noire ! Assez noire<\/em>&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><em>Un Portugais, un P\u00e9truquet, comme disent les n\u00e8gres, a construit l\u00e0 un petit kiosque, c\u2019est l\u2019h\u00f4tel, le restaurant c\u2019est tout ! C\u2019est la tente des naufrag\u00e9s\u2026 C\u2019est la colonie au premier \u00e2ge. Pointe Noire n\u2019existe qu\u2019en esp\u00e9rance. Pointe Noire aura cent mille habitants\u2026 Pour l\u2019heure, Pointe Noire a surtout un phare, un h\u00f4pital et une douane\u2026 \u00bb (p,195)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Deux jours plus tard, j\u2019eus mes porteurs. De Pointe Noire j\u2019allais gagner Brazzaville et voir comment on construisait le chemin de fer. Cinq cent deux kilom\u00e8tres en perspective\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Mes vingt-sept Loangos sont l\u00e0 (ses porteurs)\u2026ils pr\u00e9sentent le tipoye. C\u2019est la premi\u00e8re fois que je monte dans un instrument de cette sorte\u2026 Les porteurs posent le brancard sur leur t\u00eate\u2026Et les voil\u00e0 qu\u2019ils trottent. Quant \u00e0 moi, assis au- dessus d\u2019eux, dans mon bain de si\u00e8ge, mes jambes pendent comme celles d\u2019un pantin et mon torse, de haut en bas, s\u2019anime comme un piston en folie\u2026 \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir fait dans le premier \u00ab tacot \u00bb de chemin de fer les soixante-dix-sept premiers kilom\u00e8tres d\u00e9j\u00e0 construits, Albert Londres d\u00e9couvrait le fameux chantier :<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab J\u2019arrivai au sentier de fer.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La glaise \u00e9tait une terre anthropom\u00e9trique ; on y voyait que des empreintes de pied. L\u00e0, trois cents n\u00e8gres des \u00ab Batignolles \u00bb frappaient des rochers \u00e0 coups de marteau\u2026 \u00ab Allez Saras, allez ! Les contrema\u00eetres blancs \u00e9taient des Pi\u00e9montais, des Toscans, des Calabrais, des Russes, des Polonais, des Portugais. Ce n\u2019\u00e9tait plus le Congo-Oc\u00e9an, mais le Congo-Babel. Les capitas et les miliciens tapaient sur les Saras \u00e0 tour de bras\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Et j\u2019arrivai \u00e0 la montagne de savon. Pendant trois heures j\u2019allais me comporter ainsi que la pierre de Sisyphe. Tous les cent m\u00e8tres je glissais et, apr\u00e8s avoir tourn\u00e9 comme toupie ivre, interrompant mon ascension, je piquais du nez ou je m\u2019\u00e9talais sur le dos\u2026 On atteignit le sommet ? On redescendit\u2026 Deux cent n\u00e8gres, sur le sentier m\u00eame, \u00e9taient accroupis le long d\u2019un gros arbre abattu. C\u2019\u00e9tait une pile de pont. Ni cordes ni courroies, les mains des n\u00e8gres seulement pour tout mat\u00e9riel. Comme chefs : deux miliciens, trois capitas, pas un blanc&#8230;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Un milicien comptait : \u00ab Oune ! doe ! t\u00f4a ! \u00bb et, pris soudain d\u2019un acc\u00e8s d\u2019hyst\u00e9rie, poss\u00e9d\u00e9 par le d\u00e9mon de la sottise, il courait sur cette pile qu\u2019il voulait qu\u2019on soulev\u00e2t et cinglait les pauvres dos courb\u00e9s. Les dos ne bronchaient pas\u2026 (p,204)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Cela eut lieu le 22 avril, entre onze heures et midi, sur la route des caravanes, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 la montagne de Savon, deux kilom\u00e8tres avant M\u2019Vouti. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les malades et les morts :<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Je pensais qu\u2019entre octobre 1926 et d\u00e9cembre 1927, trente mille noirs avaient travers\u00e9 Brazzaville \u00ab pour la machine \u00bb, et que l\u2019on n\u2019en rencontrait que mille sept cents entre le fleuve et l\u2019Oc\u00e9an !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Je me r\u00e9p\u00e9tais que de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, les Belges venaient de construire 1 200 kilom\u00e8tres de chemin de fer en trois ans, avec des pertes ne d\u00e9passant pas trois mille morts, et que chez nous, pour 140 kilom\u00e8tres, il avait fallu dix-sept mille cadavres.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Je me r\u00e9p\u00e9tais que si le Fran\u00e7ais s\u2019int\u00e9ressait un peu moins aux \u00e9lections de son conseiller d\u2019arrondissement, peut-\u00eatre aurait-il, comme tous les peuples coloniaux, la curiosit\u00e9 des choses de son empire, et qu\u2019alors ses repr\u00e9sentants par-del\u00e0 l\u2019\u00e9quateur, se sentant sous le regard de leur pays, se r\u00e9veilleraient, pour de bon, d\u2019un sommeil aussi coupable. \u00bb (p,211)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Trois observations<\/strong>&nbsp;:&nbsp;<strong>la premi\u00e8re, c\u00f4t\u00e9 belge, la g\u00e9ographie<\/strong>&nbsp;beaucoup plus facile du trac\u00e9 du chemin de fer n\u2019avait rien \u00e0 voir avec celle du Mayombe, mais cette caract\u00e9ristique n\u2019excuse pas un tel d\u00e9sastre ;&nbsp;<strong>la deuxi\u00e8me<\/strong>, entre le Congo fran\u00e7ais et le Congo belge, et nous le verrons plus loin avec le g\u00e9ographe Weuleursse, les&nbsp;<strong>potentiels de d\u00e9veloppement \u00e9conomique<\/strong>&nbsp;\u00e9taient tr\u00e8s diff\u00e9rents, et quelques provinces riches du Congo Belge \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 en plein d\u00e9veloppement&nbsp;<strong>; et enfin, la troisi\u00e8me \u00e0 laquelle nous attachons sans doute le plus d\u2019importance : contrairement \u00e0 certaines th\u00e8ses qui laissent \u00e0 croire que la France \u00e9tait coloniale, qu\u2019elle baignait dans une culture coloniale ou imp\u00e9riale, au choix, la France n\u2019a jamais eu v\u00e9ritablement la fibre coloniale, et le jugement d\u2019Albert Londres, l\u2019ensemble de son reportage \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1920 en apporte une fois de plus le t\u00e9moignage.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le livre&nbsp;<strong><em>Batouala,<\/em><\/strong>&nbsp;et comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, Maran brossait le tableau impitoyable des exc\u00e8s de la premi\u00e8re colonisation des blancs dans les for\u00eats de&nbsp;<strong>l\u2019Oubangui Chari,<\/strong>&nbsp;mais plus encore la vie indig\u00e8ne d\u2019une tribu, ses m\u0153urs, ses coutumes, ses croyances, la chasse, la danse, la grande f\u00eate de l\u2019excision et de la circoncision, centr\u00e9e dans ce roman sur l\u2019histoire des relations amoureuses entre le vieux chef Batouala, sa jeune \u00e9pouse, la belle Yassigui\u2019ndja, (il en avait huit), et un jeune rival, Bissibi\u2019ngui.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce roman faisait d\u00e9couvrir avant tout les r\u00e9actions d\u2019incompr\u00e9hension, d\u2019hostilit\u00e9, que ressentaient les Noirs \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Blancs :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Aha ! Les hommes blancs de peau, qu\u2019\u00e9taient-ils venus donc chercher, si loin de chez eux en pays noir ? Comme ils feraient mieux, tous de regagner leurs terres et de n\u2019en plus bouger. (p,21<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En r\u00e9sum\u00e9, le portrait d\u2019une sc\u00e8ne coloniale de for\u00eat vierge dont les premiers blancs, quelques-uns seulement, venaient compl\u00e8tement bouleverser les modes de vie, dans les apparences tout du moins, alors que dans une r\u00e9gion g\u00e9ographique d\u2019Afrique \u00e9quatoriale voisine belge ou sud-africaine, l\u2019intrusion des blancs, comme nous le verrons, a, tout autrement, et de fa\u00e7on plus syst\u00e9matique, ouvert la voie d\u2019un autre monde, avec la construction d\u2019usines, de lignes de chemin de fer, de villes nouvelles.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il convient de noter par ailleurs qu\u2019Andr\u00e9 Gide, dans son r\u00e9cit de voyage au Congo, comparativement \u00e0 celle de Maran, proposait une vision aseptis\u00e9e de la m\u00eame colonie de l\u2019Oubangui Chari qu\u2019il traversa en \u00ab touriste \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le livre \u00ab&nbsp;<strong><em>Voyage au Congo \u00bb, Andr\u00e9 Gide<\/em><\/strong>&nbsp;livrait ses impressions de voyage le long d\u2019un itin\u00e9raire qui le conduisit, avec son compagnon, le photographe Marc All\u00e9gret, de Bangui au lac Tchad, et de Fort Lamy \u00e0 Maroua, puis \u00e0 Douala, au Cameroun. Il d\u00e9crivait les paysages, mornes ou magnifiques, les m\u0153urs des tribus rencontr\u00e9es, sauvages ou pacifiques, et s\u2019attachait \u00e0 raconter par le menu ses aventures de voyageur \u00ab mondain \u00bb empruntant successivement tous les moyens de locomotion de l\u2019Afrique de l\u2019\u00e9poque, baleini\u00e8res, chaises \u00e0 porteurs, chevaux, et plus rarement sur les premi\u00e8res routes am\u00e9nag\u00e9es, une automobile.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A le lire, on en retire un peu l\u2019impression d\u2019un r\u00e9cit tir\u00e9 d\u2019un voyage organis\u00e9 par la c\u00e9l\u00e8bre agence Cook qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 connue pour tous les voyages qu\u2019elle organisait dans les pays exotiques : ici, au lieu de cette agence, l\u2019administration coloniale \u00e9tait mise au service du voyage du grand \u00e9crivain, ami de quelques gouverneurs des colonies.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 Gide expliquait dans un article paru dans&nbsp;<strong>la Revue de Paris<\/strong>&nbsp;du 15 octobre 1927, sous le titre \u00ab&nbsp;<em>La d\u00e9tresse de notre Afrique Equatoriale<\/em>&nbsp;\u00bb :<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Lorsque je me d\u00e9cidai \u00e0 partir pour le Congo, le nouveau Gouverneur g\u00e9n\u00e9ral eut soin de m\u2019avertir : &#8211; Que n\u2019allez-vous pas plut\u00f4t \u00e0 la C\u00f4te d\u2019Ivoire, me dit-il. L\u00e0 tout va bien. Les r\u00e9sultats obtenus par nous sont admirables. Au Congo, presque tout reste \u00e0 faire. \u00ab L\u2019Afrique Equatoriale Fran\u00e7aise a toujours \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme la cendrillon \u00bb de nos colonies. Le mot n\u2019est pas de moi : il exprime parfaitement la situation d\u2019une colonie susceptible sans doute de devenir une des plus riches et des plus prosp\u00e8res, mais qui jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent est rest\u00e9e l\u2019une des plus mis\u00e9rables et des plus d\u00e9daign\u00e9es ; elle m\u00e9rite de cesser de l\u2019\u00eatre. En France, on commence \u00e0 s\u2019occuper d\u2019elle. Il est temps. Au Gabon, par suite de n\u00e9gligences successives, la partie semble \u00e0 peu pr\u00e8s perdue. Au Congo, elle ne l\u2019est pas encore si l\u2019on apporte un rem\u00e8de \u00e0 certains d\u00e9fauts d\u2019organisation, \u00e0 certaines m\u00e9thodes reconnues pr\u00e9judiciables, supportables tout au plus provisoirement. Autant pour le peuple opprim\u00e9 qui l\u2019habite, que pour la France m\u00eame, je voudrais pouvoir y aider\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Je sais qu\u2019il est des maux in\u00e9vitables ; ceux dus par exemple au climat\u2026 il est enfin certains sacrifices cruels, j\u2019entends de ceux qui se chiffrent par vies d\u2019hommes\u2026 Aucun progr\u00e8s, dans certains domaines, ne saurait \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 sans sacrifices de vies humaines\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Par quelle lamentable faiblesse, malgr\u00e9 l\u2019opposition des comp\u00e9tences les plus avis\u00e9es, le r\u00e9gime des Grandes Concessions fut-il consenti en 1899\u2026 Mais lorsqu\u2019on vient \u00e0 reconna\u00eetre l\u2019occulte puissance et l\u2019entregent de ces soci\u00e9t\u00e9s, l\u2019on cesse de s\u2019\u00e9tonner, c\u2019est \u00e0 Paris d\u2019abord qu\u2019est le mal\u2026 \u00bb (p,532)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Au risque d\u2019avoir mauvais esprit, je serais tent\u00e9 de dire que le grand \u00e9crivain noircit plus de pages consacr\u00e9es aux lectures qu\u2019il continuait \u00e0 faire, quelles que soient ses conditions de vie, en baleini\u00e8re ou au bivouac, aux \u00e9vocations litt\u00e9raires o\u00f9 il excellait, aux lettres d\u2019amis, qu\u2019\u00e0 l\u2019analyse de l\u2019Afrique coloniale, pour ne pas ajouter que les pages consacr\u00e9es au petit singe Dindiki qu\u2019il avait adopt\u00e9 paraissent un peu disproportionn\u00e9es par rapport \u00e0 l\u2019objectif suppos\u00e9 de ce voyage.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Extraits de textes des \u0153uvres cit\u00e9es<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jean Pierre Renaud &#8211; Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Situations coloniales \u00bb d\u2019Afrique ou d\u2019Asie, avec le regard de voyageurs romanciers et g\u00e9ographes \u00bb Ann\u00e9es 1905- 1931 La 2\u00e8me partie a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e le 18 mai 2015 3\u00e8me Partie II &#8211; Les sc\u00e8nes coloniales Les sc\u00e8nes d\u00e9crites dans les romans choisis s\u2019inscrivent \u00e9videmment dans une chronologie de domination coloniale aux caract\u00e9ristiques diff\u00e9rentes, entre &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2015\/06\/02\/situations-coloniales-dafrique-ou-dasie-3eme-partie\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;\u00ab\u00a0Situations coloniales\u00a0\u00bb d&rsquo;Afrique ou d&rsquo;Asie -3\u00e8me Partie&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[249,2122,2099,2756,140,2753,273,2990,2470,2972,2307,2754,2988,2274,2992,2991,2755,2994,2986,2989,2987,2993],"class_list":["post-2894","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-colonies","tag-afrique","tag-albert-londres","tag-asie","tag-batouala","tag-benin","tag-claude-farrere","tag-colonies","tag-gabon","tag-george-orwell","tag-gide","tag-hanoi-2","tag-les-civilises","tag-lettres-du-tonkin-et-de-madagascar","tag-lyautey","tag-oubangui-chari","tag-pointe-noire","tag-rene-maran","tag-revue-de-paris","tag-situations-coloniales","tag-terre-debene","tag-une-histoire-birmane","tag-voyage-au-congo"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2894","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2894"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2894\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2895,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2894\/revisions\/2895"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2894"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2894"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2894"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}