{"id":2896,"date":"2015-05-18T19:50:37","date_gmt":"2015-05-18T17:50:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2896"},"modified":"2021-07-15T19:54:57","modified_gmt":"2021-07-15T17:54:57","slug":"situations-coloniales-dafrique-ou-dasie-avec-le-regard-de-voyageurs-romanciers-ou-geographes-2eme-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2015\/05\/18\/situations-coloniales-dafrique-ou-dasie-avec-le-regard-de-voyageurs-romanciers-ou-geographes-2eme-partie\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Situations coloniales\u00a0\u00bb d&rsquo;Afrique ou d&rsquo;Asie, avec le regard de voyageurs romanciers ou g\u00e9ographes. 2\u00e8me Partie"},"content":{"rendered":"\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>\u00ab\u00a0Situations coloniales\u00a0\u00bb d&rsquo;Afrique ou d&rsquo;Asie, avec le regard de voyageurs romanciers et g\u00e9ographes<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>Ann\u00e9es 1905- 1931<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>La 1\u00e8re Partie a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e le 6 mai 2015<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>2\u00e8me Partie<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>Les acteurs du th\u00e9\u00e2tre colonial<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p><strong>Les premiers t\u00e9moignages, ceux de Conrad pour le Congo ou de Farr\u00e8re pour l\u2019Indochine, font respectivement le portrait d\u2019une humanit\u00e9 blanche souvent r\u00e9duite \u00e0 sa plus simple expression, confinant \u00e0 celle des bas-fonds, tr\u00e8s souvent celle des grands aventuriers, peu regardante en mati\u00e8re de morale priv\u00e9e ou publique, dissolue, contente d\u2019avoir jet\u00e9 par- dessus bord les normes de la m\u00e9tropole.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la premi\u00e8re guerre mondiale, une fois le nouveau syst\u00e8me colonial \u00e0 peu pr\u00e8s install\u00e9, les voyageurs rencontraient une population blanche tr\u00e8s diff\u00e9rente, avec en premi\u00e8re ligne les administrateurs coloniaux dans les territoires fran\u00e7ais, quelques colons, en C\u00f4te d\u2019Ivoire par exemple (Albert Londres), des administrateurs coloniaux anglais d\u2019une autre esp\u00e8ce, dans des territoires beaucoup plus riches (Jacques Weulersse), des repr\u00e9sentants de grandes compagnies foresti\u00e8res en Afrique centrale (Andr\u00e9 Gide), ou des ing\u00e9nieurs de la grande industrie mini\u00e8re moderne au Congo Belge (Jacques Weulersse).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la plupart des colonies visit\u00e9es, mise \u00e0 part l\u2019Union Sud-africaine, la population blanche avait un effectif tout \u00e0 fait limit\u00e9, vivait surtout dans les villes, mais en restant \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la population indig\u00e8ne : y faisaient exception les Portugais de l\u2019Angola<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Au tout premier plan, dans le premier acte colonial, les aventuriers de Joseph Conrad et de Ren\u00e9 Maran, et les \u00ab civilis\u00e9s \u00bb de Claude Farr\u00e8re !<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les aventuriers de Conrad et de Maran !<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>Avec \u00ab&nbsp;<strong><em>Au c\u0153ur des t\u00e9n\u00e8bres<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb, \u00e0 la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle, Joseph Conrad retra\u00e7ait la vie de Marlowe et de Kurtz, deux h\u00e9ros perdus dans le nouvel univers colonial du Congo Belge, l\u2019itin\u00e9raire de ces capitaines de vieux rafiots sur le fleuve Congo, de Matadi \u00e0 Kinshasa, la folle v\u00e9g\u00e9tation tropicale, la sauvagerie coloniale, le culte de la mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Kurtz \u00e9tait tout \u00e0 la fois chasseur d\u2019ivoire, chef de bande, et chasseur de t\u00eates dans un univers diabolique.<\/p>\n\n\n\n<p>Julien Green \u00e9crivait :&nbsp;<em>\u00ab Kurtz, c\u2019est l\u2019aventurier qui se voue au mal, dans les profondeurs du Congo et qui domine tout un peuple d\u2019esclaves par la seule magie de sa voix. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la premi\u00e8re guerre mondiale, dans son livre \u00ab&nbsp;<strong><em>Batouala<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb, Ren\u00e9 Maran d\u00e9peignait le monde colonial qu\u2019il avait fr\u00e9quent\u00e9 pendant quelques ann\u00e9es en Oubangui Chari, et faisait partager la vie des indig\u00e8nes, des animaux, des for\u00eats, et des rivi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Il d\u00e9crivait les ravages des premiers contacts entre les Blancs et les Noirs, de leur exploitation par leurs nouveaux ma\u00eetres, qui \u00e9taient peu nombreux, de l\u2019ordre de cent cinquante individus pour tout le territoire, mais qui comprenaient dans leurs rangs quelques personnages compl\u00e8tement d\u00e9traqu\u00e9s par la vie coloniale, l\u2019isolement, l\u2019abus d\u2019alcool et de pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Un des grands attraits de ce roman est la sorte de climat d\u2019animalit\u00e9 \u00e9quatoriale qui suinte de toutes les pores du r\u00e9cit.<\/p>\n\n\n\n<p>A la diff\u00e9rence de Conrad, Ren\u00e9 Maran ne dressait pas le portrait de tel ou tel blanc, c\u2019est-\u00e0-dire de tel ou tel \u00ab Commandant \u00bb, mais celui d\u2019un monde des blancs, toujours en arri\u00e8re-plan, d\u00e9rangeant continuellement la vie quotidienne des Noirs, la vie qu\u2019animait dans son r\u00e9cit un trio constitu\u00e9 par le vieux chef Batouala, sa jeune \u00e9pouse, Yassigui\u2019ndja, et un jeune rival, Bissibi\u2019ngui qui la convoite.<\/p>\n\n\n\n<p>Je serais tent\u00e9 de dire que ce roman nous en apprend plus sur la vie d\u2019une tribu d\u2019Afrique centrale, au d\u00e9but du vingti\u00e8me si\u00e8cle, que sur les ravages de la colonisation elle-m\u00eame, les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par une nouvelle \u00ab civilisation \u00bb dans le climat magnifiquement d\u00e9crit des m\u0153urs, des chants, des danses, de la chasse, et des croyances de cette tribu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Claude Farr\u00e8re mettait en sc\u00e8ne des personnages de l\u2019Indochine coloniale qui auraient fait partie de ce que l\u2019on aurait appel\u00e9 la bonne soci\u00e9t\u00e9 de m\u00e9tropole, un officier de marine, un m\u00e9decin, un ing\u00e9nieur, des personnages que la soci\u00e9t\u00e9 coloniale avait \u00ab d\u00e9civilis\u00e9 \u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Apr\u00e8s le temps des aventuriers, et au deuxi\u00e8me acte, celui des \u00ab colonisateurs \u00bb !<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p><strong>En Afrique fran\u00e7aise, les administrateurs coloniaux !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>En Afrique de l\u2019ouest, Albert Londres se rendit alors<\/strong>&nbsp;:&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;<em>CHEZ LE DIEU DE LA BROUSSE \u00bb (p,64) :<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le commandant est le dieu de la brousse. Sans lui, vous coucheriez dehors. Les hy\u00e8nes viendraient l\u00e9cher les semelles de vos souliers, et, la langue des hy\u00e8nes \u00e9tant r\u00e2peuse, vous n\u2019auriez bient\u00f4t plus de chaussures.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>A Niafounk\u00e9\u2026La justice en brousse n\u2019a pas de palais. Elle n\u2019a pas de juges non plus. Elle pourrait avoir un ch\u00eane ? il n\u2019y a que des fromagers ! La justice, c\u2019est le commandant.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Un commandant est un homme universel\u2026 \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>En C\u00f4te d\u2019Ivoire<\/strong>, \u00e0 Bouak\u00e9, le journaliste prenait contact avec des coupeurs de bois qui avaient besoin du concours de l\u2019administration coloniale pour recruter leur personnel :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Ce r\u00f4le me cr\u00e8ve le c\u0153ur, me dit un commandant\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Moi je suis contre. Cette ann\u00e9e, malgr\u00e9 les ordres je n\u2019ai donn\u00e9 aucun homme pour la for\u00eat. C\u2019est l\u2019esclavage, ni plus ni moins. Je refuse de faire le n\u00e9grier\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>On pourrait peut-\u00eatre remplacer les hommes par des tracteurs ? Dis-je.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>C\u2019est vous qui donnerez l\u2019argent pour acheter les tracteurs ? (p,137)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A Ibadan<\/strong>, laquelle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 une grande ville, en Nig\u00e9ria, le g\u00e9ographe Weulersse rapportait une conversation avec l\u2019un des repr\u00e9sentants des grandes maisons de Bordeaux ou de Marseille qui s\u2019y trouvait :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Malheureusement, me dit K\u2026, nous vivons trop entre nous ; nous ne nous m\u00ealons pas \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anglaise\u2026 Nous vivons c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, poign\u00e9e de Blancs perdus dans cette ville immense\u2026 Chaque groupe national, et le n\u00f4tre surtout, semble se retrancher dans ses plus obstin\u00e9es incompatibilit\u00e9s d\u2019humeur. Presque seul d\u2019entre les Fran\u00e7ais d\u2019Ibadan, je fr\u00e9quente un peu les Anglais, parce que je consens quelquefois \u00e0 rev\u00eatir mon smoking, et que je ne joue pas trop mal au tennis. Pour mes compatriotes, ces deux choses sont \u00e9galement grotesques. Il est absurde, en effet, de rev\u00eatir un lourd habit de drap quand on ruisselle d\u00e9j\u00e0 sous le plus l\u00e9ger des costumes ; il est presque aussi absurde de jouer presque sous l\u2019Equateur aux m\u00eames jeux violents que dans la froide Angleterre\u2026 La tenue ext\u00e9rieure entraine la tenue morale : croyez-vous que vous traiterez l\u2019indig\u00e8ne de la m\u00eame fa\u00e7on si vous portez col dur, chemise empes\u00e9e et escarpins vernis, ou bien salopette et savates ? Le h\u00e9ros de Kipling qui, perdu dans la jungle, seul dans sa case de feuillage, chaque soir rev\u00eatait gravement son smoking, incarne bien l\u2019id\u00e9al britannique. La colonisation anglaise porte faux-col, la n\u00f4tre se ballade souriante, en d\u00e9braill\u00e9\u2026 \u00ab p,64)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Toujours \u00e0 Ibadan le 24 mars :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>10 heures du soir, sur la terrasse dominant la ville endormie. Allong\u00e9s dans nos vastes chaises longues, le grand verre de whisky \u00e0 droite, le petit verre de \u00ab gin and bitter \u00bb \u00e0 gauche, nous jouissons de l\u2019heure\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>A mes c\u00f4t\u00e9s, deux Anglais, deux types d\u2019Anglais plut\u00f4t. Mon h\u00f4te, le gentilhomme dont les armoiries remontent au temps de Saint Louis et qui s\u2019en cache, riche de cette culture int\u00e9rieure que le bon ton commande de dissimuler. Et son ami X\u2026, fameux dans toute la Nig\u00e9ria, sans anc\u00eatres, et qui s\u2019est fait tout seul : masque brutal, et dur, m\u00e2choire de John Bull, poil rouquin, taille courte et lourde, bras nus, couverts de tatouages de matelots, la courte pipe aux l\u00e8vres s\u00e8ches qui ne s\u2019ouvrent que pour quelques exclamations d\u2019argot, l\u2019air stupide : mais les for\u00eats de la Nig\u00e9ria, arbres, b\u00eates et gens n\u2019ont pour lui plus de secrets\u2026 \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le premier, comparant l\u2019Afrique \u00e0 l\u2019Orient :<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Ici, nous sommes r\u00e9ellement les ma\u00eetres ; mais du ma\u00eetre, nous avons la solitude et la responsabilit\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Double fardeau, lourd parfois \u00e0 porter, mais voil\u00e0 tout le secret de la vraie \u00ab magie noire \u00bb. (p,68)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Autre image d\u2019acteurs<\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de son voyage au Congo, Andr\u00e9 Gide n\u2019\u00e9pinglait pas de sa propre plume les abus des Compagnies Foresti\u00e8res, les exc\u00e8s du portage qu\u2019il aurait pu constater lui-m\u00eame, mais publiait par exemple, en annexe, un rapport de l\u2019ann\u00e9e 1902 qui les r\u00e9capitulait.<\/p>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 Gide d\u00e9crivait plus loin le comportement des blancs \u00ab voleurs \u00bb de la brousse :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Il est assez naturel que les indig\u00e8nes, dont on ne paie que cinquante centimes un poulet, voient d\u00e9barquer les blancs avec terreur et ne fassent rien pour augmenter un commerce si peu r\u00e9mun\u00e9rateur<\/em>. \u00bb (p,243)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En Afrique belge, anglaise, cosmopolite, des ing\u00e9nieurs des mines !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le g\u00e9ographe Weuleursse voyageait dans la province du Kassa\u00ef, au Congo Belge et rapportait une conversation :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>\u2026 Ici les constructions de la \u00ab Formini\u00e8re \u00bb, Soci\u00e9t\u00e9 internationale foresti\u00e8re et mini\u00e8re du Congo, &#8211; type achev\u00e9 de ces puissantes organisations capitalistes qui ont fait le Congo Belge. Tout le long de la grande all\u00e9e de manguiers s\u2019\u00e9chelonnent les maisons des agents blancs, vastes, solides, entour\u00e9es de jardins. Plus bas, massifs les bureaux ; puis les ateliers, les magasins, l\u2019atelier de piquage des diamants, et tout en bas, au bord du fleuve, la Centrale \u00e9lectrique. Sur l\u2019autre rive, les campements des travailleurs indig\u00e8nes, o\u00f9 s\u2019allument les feux du soir. Devant ma porte, c\u2019est un d\u00e9fil\u00e9 de boys, d\u2019ouvriers, de camions, de voitures\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019ing\u00e9nieur qui me pilotera demain sourit de mon \u00e9tonnement. N\u2019est-ce pas un spectacle un peu impr\u00e9vu au c\u0153ur de l\u2019Afrique Centrale, en cette province ignor\u00e9e qui s\u2019appelle le Kassa\u00ef ? Et encore votre arriv\u00e9e en avion doit vous donner des id\u00e9es fausses sur la difficult\u00e9 et le m\u00e9rite de l\u2019\u0153uvre accomplie. Vous avez mis une heure et demie, de Luebo ici ; normalement il faut trois jours, et trois transbordements ; en bateau sur le Kassa\u00ef, en chemin de fer pour doubler les rapides jusqu\u2019\u00e0 Charleville, puis l\u2019auto\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Travailler dans de pareilles conditions suppose une masse de capitaux extraordinaire ; et pour les attirer, des conditions extraordinaires elles aussi, des privil\u00e8ges quasi r\u00e9galiens. Ici, la Formini\u00e8re est presque souveraine. Nul ne peut entrer sur son territoire sans une autorisation \u00e9crite ; elle a ses fronti\u00e8res, sa flotte, ses routes, son chemin de fer, sa main d\u2019\u0153uvre, j\u2019allais presque dire ses sujets.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Tout lui appartient, depuis le champ d\u2019aviation sur lequel vous avez atterri jusqu\u2019\u00e0 l\u2019assiette dans laquelle on vous servira tout \u00e0 l\u2019heure\u2026. Songez que la Compagnie emploie plus de 15 000 noirs, et plus de 200 agents europ\u00e9ens. Le vieux L\u00e9opold n\u2019a pas craint de faire appel \u00e0 l\u2019\u00e9tranger : les capitaux sont am\u00e9ricains et les hommes de toutes les nationalit\u00e9s\u2026 Cr\u00e9ation d\u2019un homme d\u2019affaires g\u00e9nial, le Congo garde encore sa griffe : tout pour et par l\u2019argent. \u00bb (page 116)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9veloppement industriel du Congo que d\u00e9crivait le g\u00e9ographe \u00e9tait spectaculaire \u00e0 Kamina, \u00e0 Elisabethville, au Katanga, o\u00f9 des grandes cit\u00e9s de type europ\u00e9en sortaient de terre.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les acteurs africains de la mutation industrielle<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p><strong>Sans la \u00ab mobilisation \u00bb de la main d\u2019\u0153uvre africaine, rien n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 possible, et les m\u00e9thodes de recrutement utilis\u00e9es, le travail forc\u00e9, la concentration des travailleurs dans des \u00ab camps indig\u00e8nes \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au c\u0153ur du Katanga minier, un ing\u00e9nieur d\u00e9crit le syst\u00e8me mis en place par l\u2019Union Mini\u00e8re, la s\u00e9lection m\u00e9dicale, l\u2019encadrement strict :<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Qu\u2019en dites-vous, me demande-t-il ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>C\u2019est de l\u2019\u00e9levage humain.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Oui, et vraiment scientifique, vous pouvez le constater. Il nous faut avant tout \u00ab faire du Noir \u00bb, donner \u00e0 l\u2019industrie le prol\u00e9tariat de couleur qui lui manque. \u00bb (p, 169)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il ne s\u2019agissait donc que d\u2019une forme nouvelle d\u2019esclavage !<\/p>\n\n\n\n<p>Sans acculturation progressive d\u2019une nouvelle \u00e9lite, sans leur truchement, aucune modernisation n\u2019aurait \u00e9t\u00e9, non plus, rendue possible.<\/p>\n\n\n\n<p>Extraits de textes, par Jean Pierre Renaud &#8211; Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Situations coloniales\u00a0\u00bb d&rsquo;Afrique ou d&rsquo;Asie, avec le regard de voyageurs romanciers et g\u00e9ographes Ann\u00e9es 1905- 1931 La 1\u00e8re Partie a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e le 6 mai 2015 2\u00e8me Partie Les acteurs du th\u00e9\u00e2tre colonial Les premiers t\u00e9moignages, ceux de Conrad pour le Congo ou de Farr\u00e8re pour l\u2019Indochine, font respectivement le portrait d\u2019une humanit\u00e9 blanche souvent &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2015\/05\/18\/situations-coloniales-dafrique-ou-dasie-avec-le-regard-de-voyageurs-romanciers-ou-geographes-2eme-partie\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;\u00ab\u00a0Situations coloniales\u00a0\u00bb d&rsquo;Afrique ou d&rsquo;Asie, avec le regard de voyageurs romanciers ou g\u00e9ographes. 2\u00e8me Partie&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[249,2122,2099,2753,837,2903,697,2972,2995,99,2754,2755,2986],"class_list":["post-2896","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-colonies","tag-afrique","tag-albert-londres","tag-asie","tag-claude-farrere","tag-congo","tag-conrad","tag-cote-ivoire","tag-gide","tag-ibadan","tag-indochine","tag-les-civilises","tag-rene-maran","tag-situations-coloniales"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2896","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2896"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2896\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2897,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2896\/revisions\/2897"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2896"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2896"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2896"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}