{"id":2898,"date":"2015-05-06T21:53:48","date_gmt":"2015-05-06T19:53:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=2898"},"modified":"2021-07-15T21:59:46","modified_gmt":"2021-07-15T19:59:46","slug":"images-des-societes-coloniales-des-annees-1900-1930","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2015\/05\/06\/images-des-societes-coloniales-des-annees-1900-1930\/","title":{"rendered":"Images des soci\u00e9t\u00e9s coloniales des ann\u00e9es 1900-1930"},"content":{"rendered":"\n<h6 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>\u00ab Situations coloniales \u00bb d\u2019Afrique ou d\u2019Asie, avec le regard de voyageurs romanciers et g\u00e9ographes<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<h6 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>Ann\u00e9es 1905- 1931<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<h6 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>Avec Joseph Conrad (1899), Claude Farr\u00e8re (1905), Ren\u00e9 Maran (1921), Andr\u00e9 Gide (1926), Albert Londres (1929), Jacques Weulersse (1929), George Orwell (1934)<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<h6 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>Cette \u00e9vocation fera l\u2019objet d\u2019une s\u00e9rie successive de publications en mai et juin 2015<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<h6 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>Avant- propos m\u00e9thodologique<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<h6 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>Repr\u00e9sentativit\u00e9 historique ou non des extraits d\u2019\u0153uvres choisies ?<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p><strong>Au cours de l\u2019ann\u00e9e 2013, j\u2019ai publi\u00e9 une s\u00e9rie de textes de r\u00e9flexion et d\u2019analyse sur le th\u00e8me choisi par le jury de concours en histoire du CAPES et de l\u2019AGREGATION : \u00ab Les soci\u00e9t\u00e9s coloniales \u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces contributions \u00e0 la r\u00e9flexion historique ont suscit\u00e9 une r\u00e9elle curiosit\u00e9 sur ce sujet r\u00e9barbatif, puisque sur l\u2019ensemble de l\u2019ann\u00e9e ces textes ont fait l\u2019objet de tr\u00e8s nombreuses visites, de plus de 2 000, ce qui ne veut pas dire naturellement lectures.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous proposons \u00e0 nos lecteurs et lectrices un autre type de contribution relative au regard, au t\u00e9moignage \u00e9crit que des voyageurs ou des romanciers ont propos\u00e9 sur tout un ensemble de soci\u00e9t\u00e9s coloniales d\u2019Afrique ou d\u2019Asie, dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XX\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Je n\u2019ai pas la pr\u00e9tention de penser que la liste des \u0153uvres analys\u00e9es soit un \u00e9chantillon repr\u00e9sentatif des r\u00e9alit\u00e9s coloniales de l\u2019\u00e9poque, ca<\/strong>r ce type d\u2019analyse pose tout le probl\u00e8me de la repr\u00e9sentativit\u00e9 des sources historiques, un concept g\u00e9n\u00e9ralement maltrait\u00e9 dans beaucoup d\u2019histoires coloniales, pour ne pas dire aussi dans les histoires postcoloniales.<\/p>\n\n\n\n<p>Les analyses ci-apr\u00e8s peuvent donc faire l\u2019objet du m\u00eame type de critique, car il est n\u00e9cessaire que les historiens aillent beaucoup plus loin qu\u2019ils ne le font en g\u00e9n\u00e9ral dans leurs analyses des vecteurs d\u2019information, pour ne pas dire de culture coloniale : tirage des journaux et des livres, analyses du contenu des journaux et des livres, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019avant l\u2019\u00e8re des sondages, il n\u2019existait gu\u00e8re d\u2019autre moyen pour mesurer \u00e9chec ou succ\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>A titre d\u2019exemple, dans le livre \u00ab&nbsp;<strong><em>Histoire de la litt\u00e9rature coloniale en France<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb,&nbsp;<strong>Ren\u00e9 Lebel<\/strong>&nbsp;a effectu\u00e9 un travail d\u2019inventaire et d\u2019analyse tr\u00e8s int\u00e9ressant sur la litt\u00e9rature coloniale, sans accorder, ou sans pouvoir accorder, l\u2019importance qu\u2019elle aurait m\u00e9rit\u00e9 \u00e0 cette \u00e9valuation des vecteurs et de leurs effets.<\/p>\n\n\n\n<p>De la m\u00eame fa\u00e7on, l\u2019historien&nbsp;<strong>Ren\u00e9 Girard<\/strong>&nbsp;a publi\u00e9 un livre qui connut un r\u00e9el succ\u00e8s&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;<strong>L\u2019id\u00e9e coloniale<\/strong><\/em>&nbsp;\u00bb en faisant quasiment l\u2019impasse sur l\u2019analyse statistique de la presse et du succ\u00e8s, mesur\u00e9 ou non, de la litt\u00e9rature coloniale.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces remarques de m\u00e9thode faites, et pour ce qui concerne la litt\u00e9rature de t\u00e9moignage colonial, nombreux ont \u00e9t\u00e9 les commentateurs ou les romanciers qui ont propos\u00e9 une vision idyllique de l\u2019outre-mer colonial, mais il est tout de m\u00eame difficile de pr\u00e9tendre que la France lettr\u00e9e ou curieuse n\u2019avait pas la possibilit\u00e9, gr\u00e2ce aux \u0153uvres que nous allons \u00e9voquer, de se former une opinion mieux document\u00e9e sur le monde colonial dans ses ombres comme dans ses lumi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire de la litt\u00e9rature coloniale s\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement inscrite dans l\u2019histoire des id\u00e9es, plus que dans celle des chiffres ou des faits, \u00e0 l\u2019exemple le plus souvent de l\u2019histoire coloniale ou postcoloniale.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le cadre historique et g\u00e9ographique des sc\u00e8nes coloniales d\u2019Afrique et d\u2019Asie : une Afrique noire encore tr\u00e8s enclose dans son univers, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 d\u2019une Asie ouverte sur le monde !<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p><strong>Une Afrique noire inconnue !&nbsp;<\/strong>Sauf \u00e0 verser dans l\u2019anachronisme, maladie intellectuelle assez r\u00e9pandue dans l\u2019histoire postcoloniale, il faut rappeler que jusqu\u2019\u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, une grande partie de l\u2019Afrique \u00e9tait encore inconnue, et que dans beaucoup de r\u00e9gions de l\u2019hinterland, les Noirs n\u2019avaient jamais vu un Blanc.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une Afrique noire barricad\u00e9e<\/strong>&nbsp;! Deuxi\u00e8me remarque : les caract\u00e9ristiques g\u00e9ographiques de l\u2019Afrique noire de l\u2019ouest, l\u2019absence de voies d\u2019acc\u00e8s fluviales jusqu\u2019au delta du Niger, l\u2019existence d\u2019une barre c\u00f4ti\u00e8re, \u00e9taient des obstacles infranchissables pour toute entreprise de colonisation, avec en plus, dans la zone tropicale, la rudesse du climat et les maladies end\u00e9miques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une Afrique noire loin des c\u00f4tes d\u2019Europe :&nbsp;<\/strong>de Bordeaux \u00e0 saint Louis du S\u00e9n\u00e9gal, 4 000 kilom\u00e8tres, de Bordeaux \u00e0 Loango, sur la c\u00f4te du Congo, 9 000 kilom\u00e8tres.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une Afrique noire gigantesque<\/strong>&nbsp;! plus de 3 000 kilom\u00e8tres de Loango \u00e0 la c\u00f4te de Zanzibar, plus de 5 000 kilom\u00e8tres du fleuve Congo au Cap, 2 300 kilom\u00e8tres de Dakar \u00e0 Tombouctou, plus de 2 000 kilom\u00e8tres entre L\u00e9opoldville ( Kinshasa) et Elisabethville, ou entre cette derni\u00e8re ville et Johannesburg, au sud, alors qu\u2019il n\u2019existait ni routes, ni voies ferr\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En comparaison<\/strong>, u<strong>ne Asie d\u00e9j\u00e0 ouverte sur le monde, qui&nbsp;<\/strong>b\u00e9n\u00e9ficiait de l\u2019existence d\u2019un r\u00e9seau d\u2019\u00e9changes tr\u00e8s ancien entre la Chine et le monde occidental, avec le rayonnement du nouvel l\u2019Empire des Indes, la cr\u00e9ation de la voie imp\u00e9riale britannique vers la Chine, avec Colombo, Singapour, et Hong Kong&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La conqu\u00eate coloniale de l\u2019Indochine par la France ne soutenait \u00e9videmment pas la comparaison avec l\u2019expansion britannique en Asie.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il est donc n\u00e9cessaire d\u2019avoir en t\u00eate le cadre historique et g\u00e9ographique de l\u2019\u00e9poque pour suivre la sorte de parcours colonial initiatique que nous proposons \u00e0 travers les r\u00e9cits que publiaient de grands romanciers, Joseph Conrad, Claude Farr\u00e8re, Ren\u00e9 Maran, et George Orwell, le grand journaliste Albert Londres, ou le g\u00e9ographe Jacques Weuleursse !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ces auteurs d\u00e9crivaient le monde colonial de l\u2019\u00e9poque, avec ses ombres et ses lumi\u00e8res que le lecteur curieux de l\u2019avant- premi\u00e8re guerre mondiale ou celui de l\u2019entre-deux guerres pouvait d\u00e9couvrir, sans qu\u2019on ne veuille rien lui cacher.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Descriptions fid\u00e8les ou descriptions romanc\u00e9es, traits forc\u00e9s ou traits att\u00e9nu\u00e9s, il n\u2019\u00e9tait pas toujours facile de faire la diff\u00e9rence, encore moins de nos jours !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces r\u00e9cits concernent d\u2019abord l\u2019Afrique occidentale et centrale, mais ils proposent \u00e9galement un petit aper\u00e7u de l\u2019Asie coloniale avec l\u2019Indochine fran\u00e7aise et la Birmanie britannique.<\/p>\n\n\n\n<p>A travers le c\u00e9l\u00e8bre roman,&nbsp;<strong><em>\u00ab Au c\u0153ur des t\u00e9n\u00e8bres<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb (1890),&nbsp;<strong><em>Joseph Conrad,<\/em><\/strong>&nbsp;dresse le portrait d\u2019un colonialisme esclavagiste et inhumain au c\u0153ur de l\u2019Afrique centrale, dans le bassin du Congo.<\/p>\n\n\n\n<p>A elle seule, la vie de Conrad fut un roman, celui d\u2019un marin, mais tout autant celui de l\u2019aventurier dont le s\u00e9jour sur les rives du Congo ne d\u00e9passa pas les quelques mois, entre Matadi et Kinshasa.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;<strong><em>Les civilis\u00e9s<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb (<strong><em>Prix Goncourt 1905<\/em><\/strong>),&nbsp;<strong><em>Claude Farr\u00e8re<\/em><\/strong>&nbsp;brossait une description sans concession du premier monde colonial fran\u00e7ais en Indochine, celui des premi\u00e8res ann\u00e9es de la colonisation, anim\u00e9 avant tout par des militaires et des aventuriers. L\u2019attribution du Prix Goncourt portait t\u00e9moignage de l\u2019absence de censure. Le roman de Claude Farr\u00e8re ne re\u00e7ut pas un accueil enthousiaste de la part des milieux favorables \u00e0 la colonisation, de m\u00e9tropole ou d\u2019Indochine, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un roman portant sur la m\u00eame \u00e9poque, paru en 1922, \u00ab&nbsp;<strong><em>Le chef des porte-plumes<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb,&nbsp;<strong><em>Robert Randau<\/em><\/strong>&nbsp;proposait un portrait non moins s\u00e9v\u00e8re de la soci\u00e9t\u00e9 coloniale blanche de Dakar dans les ann\u00e9es qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la premi\u00e8re guerre mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans \u00ab&nbsp;<strong><em>Batouala&nbsp;<\/em><\/strong>\u00bb,&nbsp;<strong><em>Ren\u00e9 Maran<\/em><\/strong>&nbsp;<em>(<strong>Prix Goncourt 1921<\/strong><\/em>) peignait tout \u00e0 la fois le monde de la for\u00eat tropicale, envo\u00fbtant, sauvage, et animal, et les premiers m\u00e9faits de la colonisation dans ces soci\u00e9t\u00e9s africaines que bousculait sans m\u00e9nagement la premi\u00e8re administration coloniale.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment ne pas faire remarquer que la description des d\u00e9rives et des abus qu\u2019en faisait l\u2019ancien fonctionnaire colonial ne fit non plus l\u2019objet d\u2019aucune censure, bien au contraire, puisque ce roman re\u00e7ut, en 1921, le prix Goncourt ? C\u2019est tout dire !<\/p>\n\n\n\n<p>Ren\u00e9 Maran avait en effet acquis une petite exp\u00e9rience coloniale dans le bassin du Congo et de l\u2019Oubangui-Chari, et il n\u2019h\u00e9sitait pas \u00e0 \u00e9crire dans sa pr\u00e9face :&nbsp;<em>\u00ab Tu b\u00e2tiras ton royaume sur des cadavres \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9cit&nbsp;<strong><em>d\u2019Andr\u00e9 Gide<\/em><\/strong>&nbsp;intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;<strong><em>Voyage au Congo<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb (1926) contient un m\u00e9lange de descriptions touristiques, des paysages et des populations rencontr\u00e9es, la relation des incidents de son voyage avec son compagnon photographe, Marc All\u00e9gret ; en pirogue sur les rivi\u00e8res de l\u2019Oubangui Chari et du Tchad, quelquefois \u00e0 cheval, ou \u00e0 pied, ou encore en tipoye, c\u2019est-\u00e0-dire en chaise \u00e0 porteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 Gide voyageait le plus souvent avec le concours de l\u2019administration coloniale, c\u2019est-\u00e0-dire des administrateurs, gouverneurs, commandants de cercle, ou chefs de subdivision. L\u2019auteur a l\u2019habilet\u00e9, le plus souvent, de joindre en annexe, les notes d\u00e9crivant tels ou tels abus de l\u2019administration coloniale, motiv\u00e9s le plus souvent par les m\u00e9thodes d\u2019exploitation humaine \u00e9hont\u00e9e de grandes compagnies priv\u00e9es foresti\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Le plus \u00e9tonnant dans son r\u00e9cit de voyage est la place qu\u2019il accorde \u00e0 ses lectures d\u2019ouvrages litt\u00e9raires tr\u00e8s savants, \u00e0 ses r\u00e9flexions et citations, qu\u2019il bivouaque ou navigue en baleini\u00e8re. Peu de pages de ce carnet de voyage qui ne contienne aucune allusion au Gide, grand homme de lettres, comme en miroir !<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, des \u00ab&nbsp;<strong><em>Carnets de route<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb qui restituent une certaine image touristique d\u2019une partie de l\u2019Afrique centrale, celle qui va du fleuve Congo au lac Tchad, dans la zone de l\u2019Oubangui-Chari, \u00e0 l\u2019\u00e9poque de son voyage.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux autres r\u00e9cits, celui&nbsp;<strong><em>d\u2019Albert Londres<\/em><\/strong>&nbsp;intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;<strong><em>Terre d\u2019\u00e9b\u00e8ne<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb (1929) et celui de&nbsp;<strong><em>Jacques Weulersse<\/em><\/strong>&nbsp;intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;<strong><em>Noirs et Blancs<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb (1931) constituent, semble-t-il, une bien meilleure source de documentation et d\u2019information sur l\u2019Afrique des ann\u00e9es 30.<\/p>\n\n\n\n<p>Le journaliste Albert Londres nous fait partager ses impressions et appr\u00e9ciations du monde colonial africain fran\u00e7ais qu\u2019il parcourut de l\u2019Afrique de l\u2019ouest \u00e0 l\u2019Afrique centrale.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais incontestablement, c\u2019est le r\u00e9cit du g\u00e9ographe Weulersse qui nous en apprend le plus sur l\u2019Afrique de l\u2019\u00e9poque, la fran\u00e7aise de l\u2019ouest qui est d\u00e9j\u00e0 nettement distanc\u00e9e dans la voie de la modernisation par l\u2019anglaise du m\u00eame ouest, et la fran\u00e7aise centrale dont le d\u00e9veloppement \u00e9conomique se situait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 des ann\u00e9es-lumi\u00e8re de l\u2019Afrique centrale belge ou sud-africaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec le regard du g\u00e9ographe, il est possible de prendre la mesure des \u00e9carts gigantesques de d\u00e9veloppement qui existaient d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 entre les colonies fran\u00e7aises et les anglaises, belges ou sud-africaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Le g\u00e9ographe d\u00e9crit quasi-scientifiquement le syst\u00e8me de recrutement et de s\u00e9lection de la main d\u2019\u0153uvre qui est affect\u00e9e \u00e0 l\u2019industrie mini\u00e8re d\u2019Afrique centrale et d\u2019Afrique du sud, les m\u00e9thodes de discrimination et de contr\u00f4le qui sont pratiqu\u00e9es, en soulignant le racisme dans lesquelles elles baignent.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dernier roman, celui de&nbsp;<strong><em>George Orwell<\/em><\/strong>, intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;<strong><em>Une histoire birmane<\/em><\/strong><em>&nbsp;\u00bb (1934),<\/em>&nbsp;inscrit son r\u00e9cit dans le m\u00eame type de discours raciste, cette fois en Birmanie, une d\u00e9pendance coloniale anglaise de l\u2019Empire des Indes.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un roman intimiste qui met en sc\u00e8ne dans un petit poste de la Haute Birmanie coloniale, quelques acteurs anglais, un m\u00e9decin d\u2019origine birmane que l\u2019un de ses amis anglais veut faire entrer dans la fameuse institution coloniale anglaise qu\u2019\u00e9tait&nbsp;<strong><em>le club<\/em><\/strong>, contre l\u2019opposition violente et raciste des autres membres blancs du club.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus que le roman de Ren\u00e9 Maran, ce r\u00e9cit place le lecteur au c\u0153ur de la vie coloniale anglaise, alors que dans le cas de Batouala, c\u2019est au c\u0153ur d\u2019une tribu de l\u2019Oubangui-Chari.<\/p>\n\n\n\n<p>Extrait de textes par Jean Pierre Renaud &#8211; Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Situations coloniales \u00bb d\u2019Afrique ou d\u2019Asie, avec le regard de voyageurs romanciers et g\u00e9ographes Ann\u00e9es 1905- 1931 Avec Joseph Conrad (1899), Claude Farr\u00e8re (1905), Ren\u00e9 Maran (1921), Andr\u00e9 Gide (1926), Albert Londres (1929), Jacques Weulersse (1929), George Orwell (1934) Cette \u00e9vocation fera l\u2019objet d\u2019une s\u00e9rie successive de publications en mai et juin 2015 Avant- &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2015\/05\/06\/images-des-societes-coloniales-des-annees-1900-1930\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Images des soci\u00e9t\u00e9s coloniales des ann\u00e9es 1900-1930&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[249,2122,2099,2904,2756,2753,273,2903,2470,2972,2868,2997,2998,2466,2999,2754,3001,2996,2755,3000,2989,2987,2993],"class_list":["post-2898","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-colonies","tag-afrique","tag-albert-londres","tag-asie","tag-au-coeur-des-tenebres","tag-batouala","tag-claude-farrere","tag-colonies","tag-conrad","tag-george-orwell","tag-gide","tag-girard","tag-histoire-de-la-litterature-coloniale-en-france","tag-idee-coloniale","tag-jacques-weulersse","tag-le-chef-des-porte-plumes","tag-les-civilises","tag-noirs-et-blancs","tag-rene-label","tag-rene-maran","tag-robert-randau","tag-terre-debene","tag-une-histoire-birmane","tag-voyage-au-congo"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2898","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2898"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2898\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2899,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2898\/revisions\/2899"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2898"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2898"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2898"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}