{"id":3079,"date":"2023-11-21T13:29:36","date_gmt":"2023-11-21T12:29:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=3079"},"modified":"2024-01-04T13:32:55","modified_gmt":"2024-01-04T12:32:55","slug":"afrique-occidentale-francaise-regards-croises-des-blancs-et-des-noirs-1890-1920","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2023\/11\/21\/afrique-occidentale-francaise-regards-croises-des-blancs-et-des-noirs-1890-1920\/","title":{"rendered":"Afrique Occidentale Fran\u00e7aise\u00a0: Regards crois\u00e9s des blancs et des noirs (1890-1920)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Chapitre 1<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019Afrique noire, cette inconnue&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>En 1880, v\u00e9ritable point de d\u00e9part des conqu\u00eates coloniales de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique, on ne sait pas beaucoup de choses sur l\u2019Afrique noire, presque rien.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>L\u2019ignorance de l\u2019Afrique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un continent immense du nord au sud (plus de 7&nbsp;500 kilom\u00e8tres), avec au centre, centre ouest, la grande tache d\u00e9sertique du Sahara que des explorateurs intr\u00e9pides commencent \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer, et de l\u2019est \u00e0 l\u2019ouest (5&nbsp;000 kilom\u00e8tres environ)&nbsp;; de grands fleuves, parmi les plus grands du monde, longs de plusieurs milliers de kilom\u00e8tres, le Niger, le Nil, le Zamb\u00e8ze, le Congo, dont on ignorait les cours et les sources;une myriade de peuples dont on commen\u00e7ait seulement \u00e0 conna\u00eetre l\u2019existence par le truchement des trafiquants noirs et blancs des comptoirs des c\u00f4tes du golfe de Guin\u00e9e ou du Mozambique, des marins en qu\u00eate de nouveaux ports, et des missionnaires toujours \u00e0 la recherche de nouvelles \u00e2mes \u00e0 convertir<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et en Afrique&nbsp;<strong><em>noire<\/em>&nbsp;<\/strong>de l\u2019ouest, encore un grand&nbsp;<strong><em>blanc<\/em><\/strong>&nbsp;sur la carte&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Une premi\u00e8re phase de d\u00e9couverte, les explorations du d\u00e9but du 19<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quelques explorations ont eu lieu \u00e0 cette \u00e9poque, mais l\u2019Afrique continuait \u00e0 alimenter les imaginaires les plus fous, \u00e0 la suite des r\u00e9cits antiques qui \u00e9voquaient le fabuleux royaume du pr\u00eatre Jean. On croyait encore par exemple que la cit\u00e9 mythique et myst\u00e9rieuse de Tombouctou \u00e9tait une ville riche et prosp\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1805, l\u2019explorateur anglais Mungo Park atteignait le fleuve Niger, mais mourait avant de pouvoir d\u00e9couvrir Tombouctou.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1826, l\u2019anglais Laing, parti de Tripoli, arrivait \u00e0 Tombouctou. En 1828, le Fran\u00e7ais Ren\u00e9 Caill\u00e9, parti du golfe de Guin\u00e9e, et d\u00e9guis\u00e9 en pauvre musulman, parvenait, apr\u00e8s des aventures incroyables, \u00e0 Tombouctou. Sa d\u00e9sillusion fut d\u2019ailleurs \u00e0 la mesure de ses faux espoirs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les Anglais se lan\u00e7aient \u00e9galement \u00e0 la d\u00e9couverte du royaume de Sokoto, au nord de la Nig\u00e9ria, entre le fleuve Niger et lac Tchad.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du si\u00e8cle,&nbsp;<\/strong>les explorations pass\u00e8rent \u00e0 la vitesse sup\u00e9rieure, en s\u2019inscrivant alors dans le grand mouvement d\u2019exploration, de d\u00e9couverte, et de connaissance, de toutes les terres inconnues de la plan\u00e8te. Car l\u2019Afrique n\u2019\u00e9tait pas le seul continent \u00e0 susciter la curiosit\u00e9 des explorateurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et ces explorations d\u00e9bouch\u00e8rent rapidement sur une entreprise g\u00e9n\u00e9rale de conqu\u00eate coloniale de tout le continent noir par les grandes puissances occidentales de l\u2019\u00e9poque, que certains d\u00e9nomm\u00e8rent la course au clocher, et d\u2019autres le&nbsp;<em>scramble.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Toutes ces initiatives furent prises \u00e0 l\u2019instigation des soci\u00e9t\u00e9s de g\u00e9ographie, des missions protestantes, anglicanes, ou catholiques, des marines nationales, et bien s\u00fbr des aventuriers en qu\u00eate de bonnes affaires, avec l\u2019implication de plus en plus forte des gouvernements d\u2019Europe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1853, l\u2019allemand Barth, parti de Tripoli, atteignait \u00e9galement Tombouctou, apr\u00e8s avoir effectu\u00e9 une grande boucle \u00e0 travers le Tchad et le Niger.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au nord et \u00e0 l\u2019est, dans les ann\u00e9es 1865-1867, les allemands Rohlfs et Nachtigal, partant de Tripoli, travers\u00e8rent l\u2019Afrique de la M\u00e9diterran\u00e9e \u00e0 l\u2019Atlantique, en passant par le Tchad, jusqu\u2019\u00e0 Lagos, en Nigeria.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A l\u2019est, les anglais Burton, Speke, et Baker (1857-1865) partirent \u00e0 la recherche des sources du Nil, un sujet qui alimentait de plus en plus les d\u00e9bats des sp\u00e9cialistes. Baker eut la particularit\u00e9 de se faire accompagner par son \u00e9pouse, courageuse et intr\u00e9pide, alors qu\u2019une exploration \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre, m\u00eame pour un homme, une sin\u00e9cure.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A l\u2019est encore et au sud, le c\u00e9l\u00e8bre pasteur et explorateur Livingstone sillonna de 1849 \u00e0 1873 l\u2019Afrique du sud et du centre, et dans les ann\u00e9es 1858-1864, il fut le premier explorateur \u00e0 traverser toute l\u2019Afrique du canal de Mozambique \u00e0 la c\u00f4te atlantique de l\u2019Angola.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ces explorateurs \u00e9taient tr\u00e8s souvent des officiers, et quelquefois des missionnaires, des m\u00e9decins, ou des scientifiques. Ces hommes \u00e9taient exceptionnels, et il fallait avoir le feu sacr\u00e9 de la gloire ou de la d\u00e9couverte scientifique, pour affronter, souvent seuls, et en petit \u00e9quipage, avec tr\u00e8s peu de moyens, un monde totalement inconnu,&nbsp; les maladies mortelles, et souvent la mort, alors qu\u2019ils \u00e9taient coup\u00e9s de toute relation avec le monde blanc qu\u2019ils venaient de quitter, et n\u2019avaient aucun espoir de recevoir un quelconque secours de la part d\u2019autres europ\u00e9ens.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>La France en Afrique occidentale&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; une carte<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A la m\u00eame \u00e9poque, on commen\u00e7ait \u00e0 voir des explorateurs fran\u00e7ais tenter de p\u00e9n\u00e9trer dans l\u2019hinterland du S\u00e9n\u00e9gal et de la c\u00f4te de Guin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>En 1856, le chirurgien de marine Requin rendit visite au roi du Dahomey, Ghezo, \u00e0 Abomey, o\u00f9 il fut horrifi\u00e9 par les sacrifices humains qui s\u2019y pratiquaient encore.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans les ann\u00e9es 1864 -1866, l\u2019officier de marine&nbsp;<strong>Mage<\/strong>&nbsp;fut charg\u00e9 par le gouverneur du S\u00e9n\u00e9gal, Faidherbe, d\u2019entrer en contact avec Hadj El Omar, le sultan de S\u00e9gou.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Faidherbe<\/strong>&nbsp;avait chass\u00e9 ce dernier des rives du S\u00e9n\u00e9gal, notamment \u00e0 la bataille de M\u00e9dine, en 1854, et il fut incontestablement le premier gouverneur \u00e0 vouloir ouvrir, c&rsquo;est-\u00e0-dire conqu\u00e9rir par la force des armes, l\u2019hinterland de la c\u00f4te du S\u00e9n\u00e9gal,&nbsp; et atteindre le fleuve Niger, son v\u00e9ritable objectif.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Faidherbe a sans doute \u00e9t\u00e9 un des premiers, sinon le premier, \u00e0 entrevoir la navigation de canonni\u00e8res fran\u00e7aises sur le Niger, devenue une r\u00e9alit\u00e9 dans les ann\u00e9es 1885, avec Gallieni.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Faidherbe inaugura la m\u00e9thode de p\u00e9n\u00e9tration militaire et civile des troupes coloniales fran\u00e7aises, &nbsp;en contr\u00f4lant la navigation du fleuve S\u00e9n\u00e9gal et en l\u2019appuyant par la mise en \u0153uvre des fameuses \u00ab&nbsp;<strong><em>colonnes<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb militaires, sortes de forteresses ambulantes, qui connurent leur heure de gloire en Afrique et en Asie. Par le moyen combin\u00e9 de la marine et des colonnes, il chassa du fleuve et de la c\u00f4te s\u00e9n\u00e9galaise les tribus maures r\u00e9calcitrantes, et permit aux troupes coloniales d\u2019\u00e9tablir, en limite du Haut S\u00e9n\u00e9gal, le nouveau poste de Kayes, dans la proximit\u00e9 de M\u00e9dine, future base de d\u00e9part de la conqu\u00eate fran\u00e7aise du bassin du Niger.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Alors que les&nbsp;<strong>Fran\u00e7ais Ravenel (1846) et Pascal (1859<\/strong>), n\u2019avaient pas r\u00e9ussi \u00e0 atteindre le Niger, Mage r\u00e9ussit \u00e0 atteindre le fleuve et arriva \u00e0 S\u00e9gou, mais il fut retenu en semi-captivit\u00e9 par le fils d\u2019Hadj El Omar, Ahmadou, pendant plus de deux ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Le lecteur sera sans doute int\u00e9ress\u00e9 par les moyens dont disposait Mage pour se rendre \u00e0 S\u00e9gou, dix laptots de marine, une charrette, douze \u00e2nes et un canot. Il n\u2019y avait pas l\u00e0 de quoi faire une grande impression sur ses h\u00f4tes africains&nbsp;! Notez qu\u2019il n\u2019y avait dans cette Afrique de l\u2019ouest d\u2019alors ni charrette, ni piste carrossable.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et on aurait tort d\u2019imaginer que dans cette premi\u00e8re phase d\u2019exploration, la France fit seulement appel \u00e0 la strat\u00e9gie des fameuses \u00ab&nbsp;<strong><em>colonnes&nbsp;<\/em><\/strong>\u00bb qui sillonn\u00e8rent bient\u00f4t l\u2019Afrique, avec leurs centaines ou milliers de soldats, europ\u00e9ens et surtout tirailleurs, leurs fusils \u00e0 tir rapide et leurs canons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au fur et \u00e0 mesure de la conqu\u00eate de l\u2019Afrique de l\u2019ouest, l\u2019effectif de ces colonnes prit des proportions gigantesques, notamment celles qui combattirent les sofas de Samory, dans les ann\u00e9es 1890, plusieurs milliers de soldats, tirailleurs, accompagn\u00e9s de leurs \u00e9pouses, et porteurs. Elles s\u2019\u00e9tiraient sur plusieurs kilom\u00e8tres et ressemblaient sans doute beaucoup aux arm\u00e9es de l\u2019Antiquit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>En 1880, Gallieni<\/strong>, auquel le gouverneur Bri\u00e8re de l\u2019Isle avait confi\u00e9 le m\u00eame genre de mission d\u2019information et de n\u00e9gociation, que celle de Mage, aupr\u00e8s du m\u00eame sultan Ahmadou, connut la m\u00eame m\u00e9saventure. Il fut consign\u00e9 pendant presque une ann\u00e9e \u00e0 Nango.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019historien Michel notait \u00e0 juste titre, qu\u2019en 1877, lorsque Gallieni fut affect\u00e9, pour la premi\u00e8re fois, \u00e0 Saint Louis du S\u00e9n\u00e9gal, il ignorait tout de l\u2019Afrique, comme tous ses condisciples de Saint Cyr.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette premi\u00e8re mission de Gallieni disposait de moyens militaires r\u00e9duits, mais elle se situait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 mi-chemin entre l\u2019exploration et la conqu\u00eate militaire. Gallieni n\u2019eut de cesse ensuite, au fur et \u00e0 mesure de la p\u00e9n\u00e9tration fran\u00e7aise vers le Niger, par le Haut S\u00e9n\u00e9gal, de lancer des missions de reconnaissance et d\u2019exploration vers le haut Niger et vers le Fouta Djalon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>C\u2019est dans cette ligne d\u2019exploration et de conqu\u00eate, qu\u2019en 1886, le capitaine P\u00e9roz, fut envoy\u00e9 en mission aupr\u00e8s de l\u2019almamy Samory pour le convaincre de signer un trait\u00e9 de protectorat avec la France.<\/strong>&nbsp;A cette date, les Fran\u00e7ais ne savaient pas grand-chose sur l\u2019histoire de cet empire, ses contours g\u00e9ographiques, et son organisation militaire et civile. P\u00e9roz revint de sa mission avec une mine d\u2019informations sur l\u2019Empire de Samory.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Il avait rejoint la capitale de cet empire, Bissandougou avec des moyens modestes de repr\u00e9sentation militaire et diplomatique&nbsp;: un lieutenant adjoint, Plat, un m\u00e9decin de marine, Fras, un interpr\u00e8te, un cuisinier, et une petite escorte militaire compos\u00e9e de cinq spahis \u00e0 cheval et de huit tirailleurs. Cinq chevaux, cinq mulets, et quarante huit \u00e2nes constituaient les moyens de transport du personnel et du mat\u00e9riel.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le lecteur aura not\u00e9 la pr\u00e9sence d\u2019un m\u00e9decin de marine, et celle-ci \u00e9tait capitale \u00e0 cette \u00e9poque. Chaque fois que cela \u00e9tait possible, il n\u2019y avait pas de mission ou de colonne sans la pr\u00e9sence des m\u00e9decins de marine, tant les maladies et les \u00e9pid\u00e9mies \u00e9taient fr\u00e9quentes, et les taux de mortalit\u00e9 des europ\u00e9ens \u00e9lev\u00e9s, et tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>La composition de la mission du capitaine Binger \u00e9tait encore plus l\u00e9g\u00e8re, mais il ne s\u2019agissait pas d\u2019une mission \u00ab&nbsp;diplomatique&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans les ann\u00e9es 1887-1889, Binger traversa toute l\u2019Afrique de l\u2019ouest, de Saint Louis \u00e0 Grand Bassam, en C\u00f4te d\u2019Ivoire, en passant par Bamako. Quand il quitta M\u00e9dine, qu\u2019il n\u2019\u00e9tait possible d\u2019atteindre qu\u2019en empruntant les chalands du fleuve S\u00e9n\u00e9gal, \u00e0 neuf cents kilom\u00e8tres environ de Saint Louis,&nbsp;<strong>Binger \u00e9tait le seul blanc de la mission. Il avait dix \u00e2niers non arm\u00e9s, un cuisinier, un palefrenier, et un interpr\u00e8te&nbsp;: ces trois derniers seulement \u00e9taient arm\u00e9s. La composition de sa mission ne changea gu\u00e8re, au fur et \u00e0 mesure de ses aventures, &nbsp;et lorsqu\u2019il atteint enfin le nord de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, il fit son entr\u00e9e \u00e0 Kong, mont\u00e9 sur un b\u0153uf porteur.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Binger avait rencontr\u00e9 l\u2019almamy Samory, alors qu\u2019il faisait le si\u00e8ge du tata de Sikasso, la forteresse de son ennemi, le roi Ti\u00e9ba, si\u00e8ge qui se conclut par un \u00e9chec.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Binger parcourut 4&nbsp;000 kilom\u00e8tres en 21 mois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Il n\u2019est pas superflu de s\u2019arr\u00eater quelques instants sur deux \u00e9l\u00e9ments capitaux des explorations et des op\u00e9rations de cette \u00e9poque,&nbsp; les maladies et le temps.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Les maladies<\/strong>&nbsp;&#8211; Dysenteries, h\u00e9maturies bilieuses, paludisme et fi\u00e8vre jaune \u00e9taient celles que les Europ\u00e9ens devaient affronter. Dans les ann\u00e9es 1880, la mortalit\u00e9 des europ\u00e9ens \u00e9tait d\u2019environ 50%.La fi\u00e8vre jaune s\u00e9vissait souvent au S\u00e9n\u00e9gal. Entre 1880 et 1886, deux gouverneurs, de Lanneau et Servatius, y sont morts au bout de quelques mois de s\u00e9jour. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Le temps<\/strong>&nbsp;&#8211; &nbsp;il en fallait beaucoup aux explorateurs pour accomplir leur mission&nbsp;: en pirogue, \u00e0 cheval, sur un mulet, un \u00e2ne, ou un boeuf, mais le plus souvent \u00e0 pied&nbsp;; les \u00e9tapes n\u2019\u00e9taient jamais longues et le parcours souvent interrompu par des impr\u00e9vus ou des haltes impos\u00e9es par certains chefs africains.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans les ann\u00e9es 1890-1892, le capitaine Monteil parcourut l\u2019Afrique de Saint Louis \u00e0 Tripoli. Il \u00e9tait accompagn\u00e9 par un deuxi\u00e8me blanc, l\u2019adjudant Badaire. Son escorte fut \u00e9galement r\u00e9duite&nbsp;: il quitta S\u00e9gou, sur le fleuve Niger, avec deux interpr\u00e8tes, trois porteurs, un cuisinier, deux domestiques, dix hommes d\u2019escorte arm\u00e9s, accompagn\u00e9s de dix \u00e2nes et de dix b\u0153ufs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Sans tirer un coup de feu, il parcourut 7&nbsp;000 kilom\u00e8tres avant de rejoindre le Fezzan et Tripoli, apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9 par le Sokoto, \u00e0 l\u2019est du Niger, et le Bornou, pr\u00e8s du lac Tchad.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Monteil mit deux ann\u00e9es compl\u00e8tes pour accomplir ce p\u00e9riple et dut attendre quatre mois pour pouvoir se joindre \u00e0 une caravane qui traversait le d\u00e9sert.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Nous serions tent\u00e9s de dire que le temps ne comptait pas, et que seul le r\u00e9sultat de l\u2019exploration comptait.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les exemples ci-dessus donnent d\u00e9j\u00e0 une id\u00e9e des distances et des obstacles que les explorateurs et les chefs de mission devaient franchir, avant d\u2019atteindre leurs objectifs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La situation \u00e9volua au fur et \u00e0 mesure des progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s par la conqu\u00eate militaire, compte tenu des voies de communication cr\u00e9\u00e9es, des moyens de transport utilis\u00e9s, et des technologies de transmission de la parole par voie optique et t\u00e9l\u00e9graphique disponibles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>En 1852, Faidherbe mit deux mois pour rejoindre Saint Louis \u00e0 partir de Bordeaux, alors que trente ans plus tard, il ne fallait plus que dix jours pour effectuer le m\u00eame voyage.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Plus de 1&nbsp;400 kilom\u00e8tres s\u00e9paraient Saint Louis de Bamako, et le premier trajet de 900 kilom\u00e8tres de Saint Louis \u00e0 Kayes s\u2019effectuait par chaland, quand la saison des pluies le permettait, puis \u00e0 pied, jusqu\u2019\u00e0 Bamako, &nbsp;\u00e0 raison d\u2019un d\u00e9placement quotidien de 15 \u00e0 20 kilom\u00e8tres, sur le fleuve ou dans la brousse&nbsp;; un d\u00e9lai de 70 \u00e0 90 jours \u00e9tait donc n\u00e9cessaire pour y arriver. Pour atteindre Tombouctou, plus de 900 kilom\u00e8tres plus loin, il fallait encore 45 jours \u00e0 pied ou en pirogue, mais surtout en pirogue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Une France coloniale raciste&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une partie de l\u2019\u00e9lite culturelle et politique fran\u00e7aise adh\u00e9rait \u00e0 la th\u00e8se de certains anthropologues, d\u2019apr\u00e8s laquelle il aurait exist\u00e9 sur la plan\u00e8te une race sup\u00e9rieure, la race blanche, et des races inf\u00e9rieures, dont la race noire. Sans vouloir d\u00e9placer le d\u00e9bat, pourquoi ne pas mentionner tout d\u2019abord que ce type de pr\u00e9jug\u00e9 racial n\u2019\u00e9tait pas propre aux blancs, et que les Chinois le partageaient largement \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, estimant que les blancs \u00e9taient des&nbsp;<em>barbares.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Mais revenons au territoire fran\u00e7ais, et plus particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019\u00e9lite politique, celle qui occupait la Chambre des D\u00e9put\u00e9s en 1885, car le d\u00e9bat qui anima la Chambre, le 30 mars 1885, apr\u00e8s ce qu\u2019on appel\u00e9 la retraite de Lang Son,&nbsp;<\/strong>et qui opposa deux de ses grands leaders politiques, Jules Ferry, Pr\u00e9sident du Conseil sortant, et Clemenceau, parait assez bien repr\u00e9senter les opinions des parlementaires d\u2019alors.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un petit mot sur Lang Son, ce qui devint l\u2019affaire de la retraite de Lang Son, ne fut pas une d\u00e9faite des troupes coloniales, mais fut interpr\u00e9t\u00e9e de cette fa\u00e7on, en raison d\u2019un grand cafouillage dans les communications militaires et politiques entre Hano\u00ef et Paris, et au moins autant, le r\u00e9sultat de la m\u00e9thode de gouvernement de Jules Ferry qui n\u00e9gociait en secret avec la Chine, sans en informer son propre gouvernement et la Chambre des D\u00e9put\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>A l\u2019issue de ce d\u00e9bat, une premi\u00e8re motion, pour ou contre le vote des 200 millions de francs suppl\u00e9mentaires (de l\u2019ordre de 800 millions d\u2019euros) demand\u00e9s par Jules Ferry pour la conqu\u00eate du Tonkin, recueillit 306 voix, contre, et 149, &nbsp;pour, d\u2019o\u00f9 la d\u00e9mission de Ferry<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une deuxi\u00e8me motion du parti radical pr\u00e9sent\u00e9e par Clemenceau, demandant la mise en accusation de Ferry, fut rejet\u00e9e par 287 voix contre 152.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Indiquons au lecteur que c\u2019\u00e9tait une majorit\u00e9 r\u00e9publicaine de gauche qui soutenait la politique de conqu\u00eate de Jules Ferry, alors que la droite avait les yeux fix\u00e9s sur la ligne bleue des Vosges, et que Clemenceau animait le courant radical de la gauche, .oppos\u00e9 \u00e0 la politique des conqu\u00eates coloniales.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Le discours raciste de Jules Ferry<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au cours de ces s\u00e9ances m\u00e9morables, Jules Ferry d\u00e9veloppa un discours incontestablement colonialiste, comme nous le qualifierions nous de nos jours, mais le mot n\u2019existait pas encore, incontestablement raciste aussi, mais avec la bonne conscience&nbsp; d\u2019une partie des \u00e9lites politiques, \u00e9conomiques ou religieuses de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ferry pla\u00e7ait sa politique au niveau d\u2019une grande nation, et justifiait sa politique, en plaidant d\u2019abord pour la cr\u00e9ation de d\u00e9bouch\u00e9s au profit de l\u2019industrie nationale, mais en faisant valoir ensuite un deuxi\u00e8me argument&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;<em>Il y a un second point que je dois aborder\u2026 c\u2019est le c\u00f4t\u00e9 humanitaire et civilisateur de la question\u2026 Les races sup\u00e9rieures ont un droit vis-\u00e0-vis des races inf\u00e9rieures. Je dis qu\u2019il y a pour elles un droit parce qu\u2019il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inf\u00e9rieures.&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La r\u00e9ponse humaniste de Clemenceau<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En r\u00e9ponse, Clemenceau d\u00e9clarait&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>On vient de nous dire pourquoi&nbsp;! En effet, c\u2019est la premi\u00e8re fois, apr\u00e8s l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une politique coloniale qui a dur\u00e9 quatre ans, que l\u2019auteur responsable de cette politique se pr\u00e9sente \u00e0 la tribune et esquisse \u00e0 grands traits les lignes ma\u00eetresses de cette politique\u2026. Le pays n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 consult\u00e9. On lui a syst\u00e9matiquement cach\u00e9 la v\u00e9rit\u00e9\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>Il nous a dit&nbsp;: la puissance \u00e9conomique suit la puissance politique\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Clemenceau rappelait alors le propos de Jules Ferry sur la mission civilisatrice de la France&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;&nbsp;<em>Les races sup\u00e9rieures ont sur les races inf\u00e9rieures un droit qu\u2019elles exercent, et ce droit, par une transformation particuli\u00e8re, est en m\u00eame temps un&nbsp; devoir de civilisation. Voil\u00e0 en propres termes la th\u00e8se de M.Ferry&nbsp;; et l\u2019on voit le gouvernement fran\u00e7ais exer\u00e7ant son droit sur les races inf\u00e9rieures en allant guerroyer contre elles et les convertissant de force aux bienfaits de la civilisation. Races sup\u00e9rieures, races inf\u00e9rieures, c\u2019est bient\u00f4t dit&nbsp;! Pour ma part, j\u2019en rabats singuli\u00e8rement depuis que j\u2019ai vu des savants allemands d\u00e9montrer scientifiquement que la France devait \u00eatre vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Fran\u00e7ais est d\u2019une race inf\u00e9rieure \u00e0 l\u2019Allemand. Depuis ce temps, je l\u2019avoue, j\u2019y regarde \u00e0 deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation, et de prononcer&nbsp;: homme ou civilisation inf\u00e9rieurs. Race inf\u00e9rieure les Hindous&nbsp;! Avec cette grande civilisation qui se perd dans la nuit des temps&nbsp;! Avec cette grande<\/em>&nbsp;<em>religion bouddhiste qui a quitt\u00e9 l\u2019Inde pour la Chine, avec cette grande efflorescence d\u2019art dont nous voyons encore aujourd\u2019hui les magnifiques vestiges&nbsp;! Race inf\u00e9rieure, les Chinois&nbsp;! Avec cette civilisation dont les origines sont inconnues et qui parait avoir \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9e tout d\u2019abord jusqu\u2019\u00e0 ses extr\u00eames limites. Inf\u00e9rieur Confucius&nbsp;! En v\u00e9rit\u00e9, aujourd\u2019hui m\u00eame, permettez moi de dire que, quand les diplomates chinois sont aux prises avec certains diplomates europ\u00e9ens\u2026 (rires et applaudissements sur plusieurs bancs), ils font bonne figure, et que, si l\u2019on veut consulter les annales diplomatiques de certains peuples, on y peut voir des documents qui prouvent assur\u00e9ment que la race jaune, au point de vue de l\u2019entente des affaires, de la bonne conduite d\u2019op\u00e9rations infiniment d\u00e9licates, n\u2019est en rien inf\u00e9rieure \u00e0 ceux qui se h\u00e2tent trop de proclamer leur sup\u00e9riorit\u00e9\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Non, il n\u2019y a pas de droit de nations dites sup\u00e9rieures contre les nations inf\u00e9rieures, il y a la lutte pour la vie\u2026 La conqu\u00eate que vous pr\u00e9conisez, c\u2019est&nbsp; l\u2019abus pur et simple de la force que donne la civilisation scientifique sur les civilisations rudimentaires, pour s\u2019approprier l\u2019homme, le torturer&nbsp;; en extraire toute la force qui est en lui au profit du pr\u00e9tendu civilisateur. Ce n\u2019est pas le droit&nbsp;: c\u2019en est la n\u00e9gation. Parler \u00e0 ce propos de civilisation, c\u2019est joindre \u00e0 la violence l\u2019hypocrisie&nbsp;! (Tr\u00e8s bien&nbsp;! Tr\u00e8s bien&nbsp;! A l\u2019extr\u00eame gauche&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une citation un peu longue sans doute, mais qui en valait la peine, car elle montre bien que le racisme des races sup\u00e9rieures \u00e9tait mis en cause par un homme politique aussi brillant que Clemenceau, et son analyse partag\u00e9e par un d\u00e9put\u00e9 sur trois, proportion non n\u00e9gligeable dans l\u2019ambiance coloniale forcen\u00e9e des d\u00e9buts de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Compte tenu des diff\u00e9rents facteurs qui intervenaient dans un vote de la Chambre, il serait imprudent d\u2019en tirer la cons\u00e9quence que deux d\u00e9put\u00e9s sur trois \u00e9taient racistes, et encore moins que deux Fran\u00e7ais sur trois l\u2019\u00e9taient \u00e9galement. Seul un travail approfondi et statistique d\u2019analyse des contenus de la presse nationale et locale, qui faisait alors jeu \u00e9gal avec cette derni\u00e8re, pourrait nous \u00e9clairer \u00e0 ce sujet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Comme l\u2019\u00e9crivait Henri Brunschwig dans son livre \u00ab&nbsp;<em>Noirs et Blancs dans<\/em>&nbsp;<em>l\u2019Afrique Noire Fran\u00e7aise<\/em>&nbsp;\u00bb, il existait une typologie assez classique des noirs qui ne les classait pas dans les cat\u00e9gories de races consid\u00e9r\u00e9es comme sup\u00e9rieures. Nous y reviendrons dans le chapitre suivant.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Le blanc, cet inconnu des noirs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et pour bien marquer les limites des \u00e9changes qui existaient entre blancs et noirs, la plupart des r\u00e9cits de l\u2019\u00e9poque rel\u00e8vent \u00e0 maintes reprises que lors de leur passage dans telle ou telle r\u00e9gion, ou dans tel ou tel village, c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois que les noirs voyaient des blancs&nbsp;:&nbsp;<strong>en 1880, Gallieni \u00e0 Badoumb\u00e9&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Ils voyaient des blancs pour la premi\u00e8re fois<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Dans les ann\u00e9es 1887-1889, Binger, en route vers Bobo Dioulasso, chez les Tiefos&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Personne n\u2019a vu de blanc dans ce pays<\/em>&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Enfin, en 1891, enfin, P\u00e9roz, en chemin vers Sikasso, si\u00e8ge de l\u2019empire du roi Ti\u00e9ba, sur la rive droite du Niger, notait que beaucoup des villages o\u00f9 il passait n\u2019avaient jamais vu de blanc.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Les premiers contacts \u00e9taient donc rares et ils suscit\u00e8rent, comme nous le verrons, une tr\u00e8s grande curiosit\u00e9 de la part des noirs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Mungo Park, un des premiers regards blancs sur les noirs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00ab&nbsp;Voyage dans l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019Afrique&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>(1795-1796)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A la fin du dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle, Mungo Park fut un des premiers explorateurs blancs de l\u2019Afrique Occidentale \u00e0 \u00e9crire et \u00e0 publier le r\u00e9cit des explorations qui le conduisirent jusqu\u2019au fleuve Niger.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous proposons aux lecteurs un court extrait des observations que faisait Mungo Park sur la curiosit\u00e9 que son passage chez les Maures du Kaarta, provoquait, mais en faisant remarquer que de tr\u00e8s nombreux r\u00e9cits d\u2019explorateurs ou d\u2019officiers soulignent au contraire, selon les lieux et les \u00e9poques une tradition g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e d\u2019hospitalit\u00e9 :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab&nbsp;Lorsque je fus dans ma cabane, les Maures s\u2019assembl\u00e8rent en foule pour me contempler. Leur curiosit\u00e9 \u00e9tait extr\u00eamement incommode. Il fallait me d\u00e9chausser pour leur montrer mes pieds. J\u2019\u00e9tais m\u00eame oblig\u00e9 d\u2019\u00f4ter ma veste et mon gilet, afin de leur faire voir comment je m\u2019habillais er me d\u00e9shabillais. Ils ne pouvaient des masser d\u2019admirer l\u2019invention des boutons&nbsp;; et depuis midi jusqu\u2019au soir je ne fis autre chose qu\u2019\u00f4ter de remettre mes habits, les boutonner et les d\u00e9boutonner, car ceux qui avaient d\u00e9j\u00e0 vu ces merveilles, insistaient pour que leurs amis jouissent du m\u00eame plaisir\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Pendant la nuit, les Maures tinrent continuellement des sentinelles \u00e0 ma porte. Ils entraient m\u00eame de temps en temps dans ma cabane \u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le 1er mars, la multitude revint dans ma cabane, et je fus tout aussi tracass\u00e9, tout aussi insult\u00e9 que la veille. Les enfants se rassembl\u00e8rent pour battre le cochon, et les hommes et les femmes pour tourmenter le chr\u00e9tien\u2026\u00a0\u00bb (page 1, La\u00a0<\/em><em>D\u00e9couverte&#8211;)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00a0\u00a0\u00a0 Jean Pierre Renaud\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre 1 L\u2019Afrique noire, cette inconnue&nbsp;! &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En 1880, v\u00e9ritable point de d\u00e9part des conqu\u00eates coloniales de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique, on ne sait pas beaucoup de choses sur l\u2019Afrique noire, presque rien. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L\u2019ignorance de l\u2019Afrique Un continent immense du nord au sud (plus de 7&nbsp;500 kilom\u00e8tres), avec au centre, centre ouest, la grande tache d\u00e9sertique du &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2023\/11\/21\/afrique-occidentale-francaise-regards-croises-des-blancs-et-des-noirs-1890-1920\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Afrique Occidentale Fran\u00e7aise\u00a0: Regards crois\u00e9s des blancs et des noirs (1890-1920)&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8,5],"tags":[249,273,280],"class_list":["post-3079","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-colonies","category-histoire","tag-afrique","tag-colonies","tag-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3079","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3079"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3079\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3080,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3079\/revisions\/3080"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3079"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3079"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3079"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}