{"id":3138,"date":"2023-07-27T14:20:10","date_gmt":"2023-07-27T12:20:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=3138"},"modified":"2024-01-04T14:22:39","modified_gmt":"2024-01-04T13:22:39","slug":"2eme-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2023\/07\/27\/2eme-partie\/","title":{"rendered":"2\u00e8me partie"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Conclusions&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;<\/strong><strong><em>Ah&nbsp;! il fallait pas, il fallait pas qu\u2019il y aille<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Ah&nbsp;! il ne fallait pas, il fallait pas y aller<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Mais il a fallu, il a fallu qu\u2019il y aille<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Mais il a fallu, il a fallu y aller&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Telle pourrait \u00eatre la formule et le refrain les plus ramass\u00e9s de mes r\u00e9flexions sur la colonisation fran\u00e7aise&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ainsi que le disait la chanson militaire bien trouss\u00e9e, intitul\u00e9e&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Le tambour miniature&nbsp;\u00bb&nbsp;!<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&amp;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019ouverture au monde<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aucun historien africain s\u00e9rieux ne viendra contester, je pense, le fait que la colonisation fran\u00e7aise a marqu\u00e9 l\u2019Afrique de l\u2019ouest par son ouverture au monde.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Richard-Molard avait relev\u00e9 qu\u2019un des handicaps majeurs de cette r\u00e9gion d\u2019Afrique \u00e9tait son \u00ab&nbsp;<em>trop plein de continentalit\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il ne fallut pas vingt ans pour que la nouvelle Afrique s\u2019ouvre vers la c\u00f4te atlantique, tourne en grande partie le dos \u00e0 son \u00e9conomie continentale, tourn\u00e9e vers le d\u00e9sert, le bassin du Niger, une \u00e9conomie de traite assez an\u00e9mique, gr\u00e2ce \u00e0: quelques ports, quelques lignes de chemin de fer, quelques milliers de kilom\u00e8tres de routes, quelques lignes de navigation sur les fleuves S\u00e9n\u00e9gal et Niger, et sur la lagune de C\u00f4te d\u2019Ivoire, et la construction d\u2019un r\u00e9seau de lignes t\u00e9l\u00e9graphiques. Ces derni\u00e8res avaient, sans doute, et en partie, rendu obsol\u00e8te l\u2019usage du tam-tam pour communiquer.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La r\u00e9orientation des circuits d\u2019\u00e9changes humains et \u00e9conomiques fut une vraie r\u00e9volution, m\u00eame si elle ne toucha pas en profondeur, jusqu\u2019en 1914, le fonctionnement des soci\u00e9t\u00e9s africaines. Tout changea avec le travail forc\u00e9 que le colonisateur mit en place pour assurer les travaux d\u2019\u00e9quipement du pays, mais aussi pour fournir de la main d\u2019\u0153uvre \u00e0 des colons.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il convient toutefois de noter que l\u2019effectif des colons fut faible, sinon inexistant dans la plupart des colonies d\u2019Afrique occidentale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Aujourd\u2019hui, il est de bon ton de condamner le travail forc\u00e9, alors qu\u2019on s\u2019\u00e9tait f\u00e9licit\u00e9 d\u2019avoir supprim\u00e9 l\u2019esclavage, mais cette forme de travail n\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de celle qui \u00e9tait encore pratiqu\u00e9e dans les villages sous l\u2019autorit\u00e9 des chefs, et de notre vieille servitude communale de corv\u00e9es, un jour remplac\u00e9e par une taxe communale. Il y eut toutefois beaucoup d\u2019abus, qui furent condamnables, d\u2019autant plus quand cette exploitation humaine fut mise au service de certains int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La solution du travail forc\u00e9 est une des contradictions de la colonisation fran\u00e7aise, une de plus. On veut moderniser, on veut civiliser, mais comme on n\u2019en a pas les moyens, on revient \u00e0 une des vieilles et bonnes m\u00e9thodes du pays. En y ayant recours, la plupart des administrateurs n\u2019avaient sans doute pas l\u2019impression qu\u2019ils \u00ab&nbsp;<em>transgressaient&nbsp;<\/em>\u00bb une loi morale, d\u2019autant moins que la plupart d\u2019entre eux avaient en m\u00e9moire les pratiques de nos corv\u00e9es rurales.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Quelle solution les bonnes \u00e2mes devaient-elles apporter pour financer les travaux collectifs, alors que l\u2019imp\u00f4t n\u2019existait pas, ou quasiment pas, et que, d\u00e8s 1900, la Chambre des D\u00e9put\u00e9s avait formellement exclu que la m\u00e9tropole subventionne les belles colonies dont elle s\u2019\u00e9tait dot\u00e9e?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;La r\u00e9ponse serait sans doute celle qui aurait aujourd\u2019hui ma faveur&nbsp;: il ne fallait pas y aller&nbsp;! Puisque la France n\u2019en avait pas les moyens, que l\u2019Afrique occidentale n\u2019\u00e9tait d\u00e9cidemment pas un nouvel \u00e9den, et qu\u2019au bout du compte, le motif qu\u2019a donn\u00e9 le grand historien Brunschwig pour expliquer la ru\u00e9e coloniale de la France, c&rsquo;est-\u00e0-dire donner un exutoire au nationalisme fran\u00e7ais apr\u00e8s la d\u00e9faite de 1870, y trouvait chaque jour ses limites. D\u2019autant plus qu\u2019il nous d\u00e9tournait de la fameuse&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;ligne bleue des Vosges<\/em>&nbsp;\u00bb, ch\u00e8re entre autres \u00e0 Clemenceau&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Une politique coloniale inexistante et une politique indig\u00e8ne impossible \u00e0 d\u00e9finir et \u00e0 appliquer<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour qui part \u00e0 la recherche de la politique coloniale de la France, au cours de la p\u00e9riode examin\u00e9e, court le risque de n\u2019en trouver aucune.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les d\u00e9bats de la Chambre des d\u00e9put\u00e9s qui ont entour\u00e9 les exp\u00e9ditions du Tonkin, en 1885, et de Madagascar, en 1895, ont \u00e9t\u00e9 on ne peut plus confus, anim\u00e9s souvent par des d\u00e9put\u00e9s qui n\u2019avaient aucune connaissance de l\u2019outre-mer, et n\u2019ont apport\u00e9 aucune clart\u00e9 sur le contenu de la politique coloniale fran\u00e7aise, au-del\u00e0 des grands mots.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Que voulait la Chambre&nbsp;? Personne ne le savait vraiment, alors qu\u2019elle h\u00e9sitait toujours entre une grande politique d\u2019assimilation, qui flattait son amour propre, alors qu\u2019elle \u00e9tait irr\u00e9alisable sur le terrain, et une politique d\u2019association, mais avec quel pouvoir local, puisqu\u2019en Afrique de l\u2019ouest, pour citer cet exemple, on avait refus\u00e9 toute coop\u00e9ration avec les grands souverains locaux qu\u2019\u00e9taient Ahmadou, Samory, ou Ti\u00e9ba.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A Madagascar, lorsqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 question de savoir si la France jouait le jeu de la monarchie, avec la formule du protectorat,&nbsp; ou \u00e9tablisse une nouvelle colonie \u00ab&nbsp;<em>r\u00e9publicaine<\/em>&nbsp;\u00bb, Gallieni imposa un choix r\u00e9publicain, le sien.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans la pratique, les affaires coloniales \u00e9taient entre les mains des sp\u00e9cialistes, les experts, souvent issus de la marine ou du grand commerce maritime des ports du Havre, de Bordeaux, ou de Marseille.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Quant \u00e0 la politique indig\u00e8ne, mieux vaut ne pas trop s\u2019interroger sur la connaissance qu\u2019en avaient les gouvernements de la R\u00e9publique, car ils laiss\u00e8rent leurs gouverneurs et administrateurs s\u2019en d\u00e9brouiller, avec les deux ou trois outils qu\u2019ils leur avaient procur\u00e9, les lois au gr\u00e9 des proconsuls qu\u2019\u00e9taient les gouverneurs, le code de l\u2019indig\u00e9nat pour simplifier et faciliter l\u2019administration des vastes territoires conquis, et le travail forc\u00e9 des indig\u00e8nes, seul capable, faute d\u2019\u00e9pargne locale suffisante, d\u2019assurer la r\u00e9alisation de grands \u00e9quipements, notamment le r\u00e9seau routier, une des ambitions de la r\u00e9publique coloniale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Une exception toutefois dans le dispositif, celle des quatre communes du S\u00e9n\u00e9gal, dont les habitants se virent reconna\u00eetre le statut de citoyens fran\u00e7ais gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019action d\u00e9termin\u00e9e du d\u00e9put\u00e9 Diagne pour soutenir l\u2019effort de guerre de Clemenceau.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La d\u00e9finition d\u2019une politique indig\u00e8ne \u00e9tait de toute fa\u00e7on une t\u00e2che impossible, tant \u00e9taient diff\u00e9rentes et vari\u00e9es les soci\u00e9t\u00e9s africaines de l\u2019Afrique de l\u2019ouest, tant en niveau de d\u00e9veloppement, qu\u2019en termes de m\u0153urs, de croyances, de culture.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quoi de commun entre les Peuls de Bandiagara, les Malink\u00e9s de Kankan, les Baoul\u00e9s ou les Gouros de C\u00f4te d\u2019Ivoire&nbsp;? Entre les ethnies islamis\u00e9es du bassin du Niger ou les ethnies f\u00e9tichistes de la for\u00eat tropicale&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;<em>Delavignette<\/em>&nbsp;notait&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;Le Gouvernement G\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Afrique Occidentale Fran\u00e7aise prom\u00e8ne ses administrateurs de l\u2019\u00e2ge de pierre \u00e0 l\u2019\u00e2ge du p\u00e9trole. Le danger, c\u2019est qu\u2019ils \u00e9tablissent une hi\u00e9rarchie entre les diff\u00e9rents pays et qu\u2019ils jugent ceux de l\u2019\u00e2ge du p\u00e9trole sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux de l\u2019\u00e2ge de pierre.&nbsp;\u00bb (p,70<\/em><\/strong><strong>)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et de noter plus loin&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Sur la C\u00f4te Occidentale d\u2019Afrique vous ne vous associerez avec des anthropophages que s\u2019ils assimilent un autre r\u00e9gime carn\u00e9, et au Sahel vous n\u2019assimilerez les Touareg et les Maures que si vous les fixez comme des s\u00e9dentaires \u2013 et s\u2019ils n\u2019en meurent pas. La r\u00e9alit\u00e9 \u00e9chappe aux cat\u00e9gories dans lesquelles nous pr\u00e9tendons l\u2019enfermer. Et ces cat\u00e9gories m\u00eames, qui paraissent claires et commodes, ne sont pas ou ne sont plus des m\u00e9thodes de connaissance. Elles immobilisent l\u2019esprit.&nbsp;\u00bb (<\/em>p,88)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Vaste programme&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019\u00e9tait dire la difficult\u00e9, sinon l\u2019impossibilit\u00e9 qu\u2019il y avait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 vouloir d\u00e9finir une politique indig\u00e8ne et conduire les noirs \u00e0 l\u2019assimilation propos\u00e9e par des r\u00eaveurs, des id\u00e9alistes, pour ne pas dire quelquefois des menteurs, car ce n\u2019\u00e9tait pas s\u00e9rieux.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les t\u00e9moignages auxquels nous avons fait appel pour mieux comprendre l\u2019\u00e9tat religieux et culturel de l\u2019Afrique ont permis de relever la somme des obstacles que la colonisation fran\u00e7aise aurait d\u00fb franchir pour avoir la pr\u00e9tention de construire d\u2019autres Frances noires, sur le mod\u00e8le de notre R\u00e9publique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Encore, un seul exemple, comment aurait-il \u00e9t\u00e9 possible d\u2019organiser des \u00e9lections, alors que la population n\u2019avait pas fait l\u2019objet d\u2019un recensement s\u00e9rieux, qu\u2019elle \u00e9tait illettr\u00e9e \u00e0 presque 100%, et que le concept d\u2019\u00e9lection \u00e9tait compl\u00e8tement \u00e9tranger au monde culturel et religieux du pays.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Alors tous les discours anachroniques que l\u2019on a l\u2019habitude d\u2019entendre aujourd\u2019hui sur cette R\u00e9publique coloniale qui n\u2019a pas tenu ses engagements de citoyennet\u00e9, de scolarisation, de d\u00e9veloppement \u00e9conomique, sonnent faux, \u00e0 partir du moment o\u00f9 l\u2019on prend le temps de se renseigner, de se documenter, pour pouvoir se former une opinion s\u00e9rieuse.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La vraie question n\u2019est pas celle du proc\u00e8s qu\u2019il est possible de faire \u00e0 la France \u00ab&nbsp;Coloniale&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Colonialiste&nbsp;\u00bb, au choix, pour avoir abus\u00e9, enfreint telle ou telle loi, ou telle ou telle promesse, mais celle d\u2019un r\u00eave \u00e9veill\u00e9 compl\u00e8tement fou, celui d\u2019une suppos\u00e9e civilisation denr\u00e9e d\u2019exportation, ou d\u2019une assimilation que les bons connaisseurs de l\u2019Afrique ont su rapidement impossible, et ce fut le cas d\u2019un bon africaniste comme Delafosse, comme nous l\u2019avons vu.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Et pour en terminer, j\u2019aimerais \u00e9voquer deux sujets, le premier, un instrument on ne peut plus familier aux bons petits Fran\u00e7ais d\u2019un pass\u00e9 encore r\u00e9cent, la charrue, le deuxi\u00e8me, une des philosophies d\u2019Asie, le tao.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La charrue<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pourquoi la charrue&nbsp;? Parce que cela fut un bon instrument de l\u2019approche de la soci\u00e9t\u00e9 rurale africaine, une bonne pierre de touche de leur capacit\u00e9 de r\u00e9sistance et de progr\u00e8s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>Labouret<\/em>, un de nos grands t\u00e9moins de l\u2019Afrique coloniale, a \u00e9crit un livre remarquable sur les \u00ab&nbsp;<em>Paysans d\u2019Afrique Occidentale<\/em>&nbsp;\u00bb, et \u00e0 la fin de cet ouvrage, il \u00e9voque longuement l\u2019emploi de la charrue, v\u00e9ritable instrument de progr\u00e8s&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;\u00ab&nbsp;En fait, il s\u2019agit d\u2019amener en quelques ann\u00e9es les s\u00e9dentaires africains, possesseurs de b\u0153ufs, mais ignorant l\u2019emploi de la roue, du stade de la culture au b\u00e2ton \u00e0 enfouir et \u00e0 la houe \u00e0 celui de la charrue. Cela suppose un dressage pr\u00e9alable des animaux, l\u2019achat d\u2019appareils nouveaux, leur emploi par les indig\u00e8nes qu\u2019il faut instruire \u00e0 les utiliser, par cons\u00e9quent un changement complet d\u2019habitudes et de techniques pour des populations enti\u00e8res. L\u2019exploitation du sol, bas\u00e9e aujourd\u2019hui sur le nomadisme agricole, pratiqu\u00e9 dans un parcours donn\u00e9, impose la culture extensive avec ses effets ordinaires&nbsp;: la possession p)lus ou moins pr\u00e9caire, l\u2019existence de droits particuliers que nous avons indiqu\u00e9s\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les b\u0153ufs \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9s par les habitants de ces pays comme une marque vivante de richesse, on imagine ais\u00e9ment la r\u00e9sistance ouverte ou sournoise, oppos\u00e9s \u00e0 l\u2019administration par les propri\u00e9taires de ces animaux, qui se refusent \u00e0 les livrer aux instructeurs agricoles, charg\u00e9s de les dresser<\/em><\/strong><strong>.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Et Labouret de conclure<\/em>&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Ces initiatives diverses ont contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9nover les m\u00e9thodes archa\u00efques de l\u2019agriculture et de l\u2019\u00e9levage, \u00e0 implanter dans l\u2019esprit des indig\u00e8nes des notions nouvelles. Ils semblent acquis d\u00e9sormais \u00e0 la technique de la charrue, mais ils ne pourront la mettre tous en \u0153uvre avant de longues ann\u00e9es.&nbsp;<\/em>\u00bb (page,240)<\/strong><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Delavignette,<\/em>&nbsp;\u00e9galement bon connaisseur du paysannat noir, partageait cet avis, et rappelait&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>En Guin\u00e9e, en 1913, le gouverneur Poiret \u2013 P\u00e8re de la charrue africaine \u2013 introduisit deux charrues. En 1938, l\u2019AOF en a plus de 30&nbsp;000 sans compter les herseuses et les semoirs. Et des b\u0153ufs sont dress\u00e9s. \u0152uvre plus remarquable qu\u2019il n\u2019y parait. Il est plus facile d\u2019apprendre \u00e0 un Noir \u00e0 conduire un camion qu\u2019\u00e0 pousser la charrue&nbsp;; c\u2019est que le b\u0153uf n\u2019est pas une m\u00e9canique et la vie rurale une affaire de robot.&nbsp;\u00bb (p.202)&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ces observations soulignent \u00e0 juste titre l\u2019importance des m\u0153urs et de la culture dans la compr\u00e9hension des comportements et des relations entre peuples de culture diff\u00e9rente, pour ne pas \u00e9voquer les croyances.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Dans son livre \u00ab&nbsp;<em>Tour du monde d\u2019un sceptique&nbsp;\u00bb (1926), Aldous Huxley<\/em>&nbsp;notait au cours de son voyage en Inde des traits de civilisation tr\u00e8s comparables&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A Jodhpur,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>L\u2019apr\u00e8s-midi touchait \u00e0 sa fin quand nous pass\u00e2mes en voiture devant le palais de Justice. Les affaires quotidiennes \u00e9taient exp\u00e9di\u00e9es et les balayeurs \u00e9taient \u00e0 l\u2019\u0153uvre, nettoyant tout pour le lendemain. Devant l\u2019une des portes du b\u00e2timent se trouvait une rang\u00e9e de corbeilles \u00e0 papier pleines \u00e0 ras bord&nbsp;; comme si c\u2019\u00e9tait des mangeoires, deux ou trois taureaux&nbsp; sacr\u00e9s s\u2019y approvisionnaient en mangeant lentement et majestueusement<\/em><em>.&nbsp;<\/em><\/strong><strong><em>Quand les paniers \u00e9taient vides, des mains obligeantes venaient les remplir d\u2019une nouvelle ration de papier d\u00e9chir\u00e9 et barbouill\u00e9. Les taureaux continuaient \u00e0 brouter&nbsp;: c\u2019\u00e9tait un festin litt\u00e9raire.<\/em><\/strong><strong>&nbsp;\u00bb (page 79)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Le tao<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pourquoi le tao&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tout d\u2019abord parce que je pense que la philosophie asiatique du tao rend assez bien compte du mouvement du monde, d\u2019un mouvement qui \u00e9chappe le plus souvent \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 de quiconque, religieuse, politique, ou culturelle, avec \u00e0 sa source le moteur de changement ou de progr\u00e8s, un autre \u00e2ge de modernit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est possible de disserter \u00e0 longueur de temps sur le colonialisme ou sur le capitalisme, ou sur le communisme qui a pour le moment disparu de la plan\u00e8te, car son expression chinoise ou vietnamienne est le bel habillage id\u00e9ologique d\u2019une nouvelle sorte de capitalisme.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019Afrique noire n\u2019existait pas \u00e0 la fin du dix -neuvi\u00e8me si\u00e8cle, on l\u2019ignorait, et on ne la connaissait pas. Comment \u00e9tait-il possible de croire qu\u2019elle pouvait \u00e9chapper au courant du monde moderne, fait \u00e0 la fois de curiosit\u00e9, de convoitise, mais avant tout d\u2019une toute nouvelle puissance technologique&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019Afrique noire ne risquait pas d\u2019\u00e9chapper \u00e0 cette nouvelle modernit\u00e9 ravageuse et puissante des nouvelles technologies qui offrait \u00e0 ses d\u00e9tenteurs, et dans tous les domaines, des bottes de sept lieues. Dans leurs premiers regards, certains africains ne s\u2019y sont d\u2019ailleurs pas tromp\u00e9s, en pensant rencontrer les fant\u00f4mes d\u2019un autre monde.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Alors, il est possible d\u2019accuser les puissances coloniales de tous les d\u00e9fauts de la terre, de tous les p\u00e9ch\u00e9s, mais le vrai probl\u00e8me est plut\u00f4t celui du p\u00e9ch\u00e9 de l\u2019ignorance des mondes noirs, d\u2019orgueil d\u2019une nation fran\u00e7aise, venue r\u00e9cemment \u00e0 la R\u00e9publique, dirig\u00e9e par une \u00e9lite aventureuse, qui s\u2019est voulue porteuse fantasmagorique d\u2019un nouvel ordre colonial \u00e0 la fran\u00e7aise, une France officielle qui r\u00eavait donc toute \u00e9veill\u00e9e, d\u2019une R\u00e9publique coloniale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le r\u00eave des&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;technocrates<\/em>&nbsp;\u00bb politiques de la Troisi\u00e8me&nbsp; R\u00e9publique, un r\u00eave dont se moquait bien le peuple fran\u00e7ais.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais en d\u00e9finitive, la colonisation n\u2019a pas eu que des effets n\u00e9gatifs en Afrique occidentale. Comme l\u2019a not\u00e9&nbsp;<em>Hamp\u00e2t\u00e9 B\u00e2,<\/em>&nbsp;elle a laiss\u00e9 une langue commune en h\u00e9ritage \u00e0 ses peuples, qui jusque- l\u00e0 n\u2019\u00e9taient pas en mesure de communiquer entre eux.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Elle a laiss\u00e9 aussi un autre h\u00e9ritage dont personne ne parle jamais, celui d\u2019une v\u00e9ritable encyclop\u00e9die \u00e9crite et illustr\u00e9e de l\u2019Afrique occidentale, dans ses \u00e2ges successifs, cette Afrique que les blancs ont d\u00e9couverte, d\u00e9crite, et souvent appr\u00e9ci\u00e9e.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Jean Pierre Renaud&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2 \u00ab&nbsp;Conclusions&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Ah&nbsp;! il fallait pas, il fallait pas qu\u2019il y aille Ah&nbsp;! il ne fallait pas, il fallait pas y aller Mais il a fallu, il a fallu qu\u2019il y aille Mais il a fallu, il a fallu y aller&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Telle pourrait \u00eatre la formule et le refrain les plus ramass\u00e9s de mes &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2023\/07\/27\/2eme-partie\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;2\u00e8me partie&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,8,7,6,5,10,4],"tags":[249,270,280],"class_list":["post-3138","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites","category-colonies","category-communication","category-culture","category-histoire","category-immigration","category-politique","tag-afrique","tag-france","tag-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3138","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3138"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3138\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3139,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3138\/revisions\/3139"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3138"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3138"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3138"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}