{"id":325,"date":"2019-07-08T01:00:34","date_gmt":"2019-07-07T23:00:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=325"},"modified":"2021-06-10T01:05:27","modified_gmt":"2021-06-09T23:05:27","slug":"france-et-algerie-labsurde-colonial-a-lombre-dalbert-camus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2019\/07\/08\/france-et-algerie-labsurde-colonial-a-lombre-dalbert-camus\/","title":{"rendered":"France et Alg\u00e9rie &#8211; L&rsquo; \u00ab absurde \u00bb colonial &#8211; A l&rsquo;ombre d&rsquo;Albert Camus"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>France et Alg\u00e9rie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>L\u2019\u00ab&nbsp;<em>absurde&nbsp;<\/em>\u00bb colonial&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>A l\u2019ombre d\u2019Albert Camus<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong><strong>France et Alg\u00e9rie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>L\u2019\u00ab&nbsp;<em>absurde&nbsp;<\/em>\u00bb colonial&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>A l\u2019ombre d\u2019Albert Camus<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;J\u2019ai lu avec beaucoup d\u2019int\u00e9r\u00eat les pages que Monsieur Bajolet, ancien ambassadeur \u00e0 Alger,&nbsp; de 2006 \u00e0 2008, a consacr\u00e9es \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie dans le livre \u00ab&nbsp;<em>Le soleil ne se l\u00e8ve plus \u00e0 l\u2019Est&nbsp;\u00bb.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le diplomate avait eu une premi\u00e8re exp\u00e9rience de ce pays en qualit\u00e9 de premier secr\u00e9taire d\u2019ambassade entre 1975 et 1978.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette lecture soul\u00e8ve un certain nombre de bonnes questions, en m\u00eame temps qu\u2019elle laisse beaucoup d\u2019entre&nbsp; elles sans r\u00e9ponses :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Lors de notre entretien du 7 novembre 2006, Jacques Chirac, pourtant tr\u00e8s populaire en Alg\u00e9rie, ne m\u2019avait pas fait un tableau encourageant des relations franco-alg\u00e9riennes&nbsp;: \u00ab&nbsp;Elles sont foiroteuses, m\u2019avait-il dit. Le peuple est beaucoup plus francophile que les dirigeants, qui sous-estiment ce sentiment. Je l\u2019ai senti quand je suis all\u00e9 en Alg\u00e9rie. Il y a des signes qui ne trompent pas.&nbsp;\u00bb (p,328)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Ma longue histoire avec l\u2019Alg\u00e9rie<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Jacques Chirac avait raison. Trente ans plus t\u00f4t, lors de mon premier s\u00e9jour en Alg\u00e9rie, j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par la gentillesse des Alg\u00e9riens, qui m\u2019accueillaient chez eux en famille dans toutes les r\u00e9gions du pays. Certains d\u2019entre eux avaient pris les armes contre la France entre 1954 et 1962. Ils avaient peut-\u00eatre tu\u00e9 des Fran\u00e7ais, sans doute aussi perdu des proches. Ils avaient d\u00e9fendu leurs libert\u00e9s. Mais ils n\u2019en voulaient pas \u00e0 la France et encore moins aux Fran\u00e7ais. J\u2019avais sillonn\u00e9 ce magnifique pays dans tous les sens. Jamais je ne vis de haine dans les regards ni entendis le moindre propos revanchard. (p,329)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Contraste saisissant avec les relations officielles qui, elles, \u00e9taient glaciales, voire inexistantes. L\u2019ambassadeur Guy de Commines, n\u2019\u00e9tait jamais re\u00e7u par le pr\u00e9sident de l\u2019\u00e9poque, Houari Boumediene\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Celui-ci ne voyait pas plus le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, \u00e0 l\u2019\u00e9poque Abdelaziz Bouteflika, qui ne passait quasiment jamais \u00e0 son bureau. Le malheureux de Commines devait se rabattre sur les fonctionnaires du minist\u00e8re.&nbsp;\u00bb (p,329)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;L\u2019Alg\u00e9rie, trente ans apr\u00e8s mon premier s\u00e9jour (p, 336)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lorsque je pris mes fonctions d\u2019ambassadeur \u00e0 Alger en d\u00e9cembre 2006, je fus imm\u00e9diatement frapp\u00e9 par la profondeur d\u2019un traumatisme que les \u00ab&nbsp;ann\u00e9es noires&nbsp;\u00bb, comme on les appelait pudiquement, avaient caus\u00e9 dans l\u2019ensemble de la population\u2026 La lutte fratricide qui avait d\u00e9chir\u00e9 les familles elles-m\u00eames, ce sang, ces horreurs, les soup\u00e7ons illustr\u00e9s par le questionnement du \u00ab&nbsp;qui tue qui&nbsp;?&nbsp;\u00bb, le peuple alg\u00e9rien n\u2019en voulait plus \u00e0 aucun prix.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ainsi, l\u2019Alg\u00e9rie que je retrouvais \u00e9tait en convalescence, ses blessures encore \u00e0 vif. Je d\u00e9barquais \u00e0 l\u2019a\u00e9roport tout neuf et pris l\u2019autoroute, elle aussi r\u00e9cente, qui le reliait \u00e0 la capitale&nbsp;: le pays avait d\u00e9velopp\u00e9 ses infrastructures. De part et d\u2019autre, je constatai l\u2019extension de la ville&nbsp;: la population avait doubl\u00e9 depuis mon premier s\u00e9jour. En revanche, \u00e0 Alger, du m\u00e9tro, il n\u2019y avait toujours que les bouches, construites depuis plusieurs d\u00e9cennies, sans doute pour faire patienter les Alg\u00e9rois.&nbsp;\u00bb (p,336)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur d\u00e9crit alors les ambigu\u00eft\u00e9s de la situation de l\u2019Alg\u00e9rie, la corruption, en n\u00e9gatif, et, en positif,&nbsp; les progr\u00e8s de l\u2019\u00e9ducation avec un taux d\u2019alphab\u00e9tisation de 96 % et plus de 1 million d\u2019\u00e9tudiants \u00e0 l\u2019universit\u00e9, alors qu\u2019en 1962 on ne comptait que huit cents \u00e9tudiants alg\u00e9riens.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>A ma surprise, la langue fran\u00e7aise, en d\u00e9pit de la violente campagne d\u2019arabisation de Boumediene puis de l\u2019influence des chaines de t\u00e9l\u00e9vision du Golfe, manifestait une r\u00e9silience remarquable\u2026. Je remarquai \u00e9galement la difficult\u00e9 que les Alg\u00e9riens continuaient d\u2019\u00e9prouver pour assumer un h\u00e9ritage autre que celui li\u00e9 \u00e0 la culture arabo-islamique.&nbsp;\u00bb (p,339<\/em>)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Comme c\u2019\u00e9tait le cas dans les ann\u00e9es 1970, les Alg\u00e9riens avaient tendance \u00e0 attribuer leurs retards et leurs \u00e9checs \u00e0 la France coloniale. La question de la m\u00e9moire restait aussi vivace qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque de Boumediene. Il y avait \u00e0 cela deux raisons&nbsp;; le groupe au pouvoir avait le sentiment que la France n\u2019\u00e9tait pas au bout&nbsp; du chemin&nbsp;; il avait besoin, pour conforter une l\u00e9gitimit\u00e9 discutable, de continuer \u00e0 s\u2019appuyer sur la geste fondatrice du FLN\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Les difficult\u00e9s que rencontr\u00e8rent les autorit\u00e9s alg\u00e9riennes de la p\u00e9riode postcoloniale pour gouverner leur pays trouvaient donc en partie leur origine dans une conception absolue de la colonisation de la part de la France qui contrastait avec l\u2019approche pleine de sagesse que Lyautey avait fait pr\u00e9valoir au Maroc. Le contexte, il est vrai, y \u00e9tait diff\u00e9rent&nbsp;: le Maroc disposait depuis plusieurs si\u00e8cles d\u2019un pouvoir monarchique d\u00e9j\u00e0 solidement \u00e9tabli, et la p\u00e9riode du protectorat y avait \u00e9t\u00e9 nettement plus courte (1912-1956).<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour autant, ce legs, ou plut\u00f4t cette absence de legs, ne suffit pas \u00e0 excuser les \u00e9checs de l\u2019Alg\u00e9rie ind\u00e9pendante. L\u2019accaparement du pouvoir et des richesses par un petit groupe, la perte du sens de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, la pr\u00e9valence des int\u00e9r\u00eats particuliers \u00e0 tous les niveaux y ont leur part.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les Alg\u00e9riens, en tout cas les dirigeants au pouvoir lors de mon deuxi\u00e8me s\u00e9jour, dont certains \u00e9taient n\u00e9s fran\u00e7ais (\u00e0 commencer par le Pr\u00e9sident) tendaient \u00e0 regarder la France comme une sorte de m\u00e8re indigne, qui les avait maltrait\u00e9s et qu\u2019ils avaient rejet\u00e9e, tout en gardant pour elle un fonds d\u2019affection (souvent dissimul\u00e9), sans savoir, s\u2019ils souhaitaient la voir davantage pr\u00e9sente, mais dont ils exigeaient en tout cas une relation pr\u00e9f\u00e9rentielle, sinon quasi exclusive&nbsp;: la France les avait fait souffrir, et parce qu\u2019elle les avait fait souffrir, pendant si longtemps, elle leur devait plus.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La France ne pouvait et ne peut r\u00e9pondre \u00e0 leur attente, car, si, pour les Alg\u00e9riens, m\u00eame ceux qui lui sont les plus hostiles, elle reste la r\u00e9f\u00e9rence, il n\u2019en est pas de m\u00eame pour elle vis-\u00e0-vis de l\u2019Alg\u00e9rie&nbsp;: les Fran\u00e7ais ont tourn\u00e9 la page et, face aux enjeux mondiaux et europ\u00e9ens, l\u2019Alg\u00e9rie tient une place certes non n\u00e9gligeable dans leurs c\u0153urs et leurs esprits, mais relative. Du coup, les Alg\u00e9riens ressentent cette diff\u00e9rence de perception comme un humiliation suppl\u00e9mentaire, que certains d\u2019entre eux ne sont pas loin de croire d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La charge historique et \u00e9motionnelle des relations franco-alg\u00e9riennes demeure donc r\u00e9elle sur la rive sud de la M\u00e9diterran\u00e9e, du moins en attendant que les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations prennent la rel\u00e8ve.&nbsp;Dans ces conditions, le meilleur parti n\u2019est-il pas de faire un atout de cette dimension affective&nbsp;? Force est cependant de reconna\u00eetre que celle-ci a plut\u00f4t \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent un handicap. Depuis l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie, elle n\u2019a cess\u00e9 de soumettre les relations entre Paris et Alger des mouvements oscillatoires de grande ampleur.\u00bb (p,341, 342)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur relate alors les initiatives d\u2019ordre divers qu\u2019il prit ou fit pendre \u00e0 Chirac, Sarkozy, et Hollande, pour tenter d\u2019apaiser ce contentieux m\u00e9moriel, notamment la visite cordiale de Sarkozy en juillet 2007.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Le pr\u00e9sident Bouteflika<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pendant mon s\u00e9jour, j\u2019avais \u00e9tabli une relation chaleureuse avec Abdelaziz Bouteflika qui me recevait souvent pendant de longues heures\u2026 Lors de notre premier entretien, en d\u00e9cembre 2006, je lui fis part du message \u00ab&nbsp;d\u2019amiti\u00e9, d\u2019estime et d\u2019affection&nbsp;\u00bb que le pr\u00e9sident Chirac m\u2019avait charg\u00e9 de lui transmettre\u2026 &nbsp;\u00bb (p,349)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Avant de quitter Alger, en juillet 2008, j\u2019\u00e9crivis pour le Quai d\u2019Orsay une note de r\u00e9flexion. \u00ab&nbsp;L\u2019Alg\u00e9rie, constatais-je, est comme frapp\u00e9e d\u2019une sorte de mal\u00e9diction&nbsp;: elle a tous les atouts pour r\u00e9ussir dont certains, comme la richesse du sous-sol, peuvent faire envie \u00e0 ses voisins. Mais, elle n\u2019arrive pas \u00e0 en tirer parti, car cette m\u00eame richesse est gaspill\u00e9e ou accapar\u00e9e, quasiment depuis l\u2019ind\u00e9pendance, par une nomenclature ind\u00e9boulonnable et qui se renouvelle par cooptation, tandis que le peuple, habitu\u00e9 aux (tr\u00e8s relatives) facilit\u00e9s de l\u2019Etat providence et \u00e9loign\u00e9 de la culture de l\u2019effort qui permettrait au pays de d\u00e9coller, n\u2019attend lui-m\u00eame que la distribution d\u2019une partie de la manne, qu\u2019on lui accorde chichement quand il faut.&nbsp;\u00bb (p,354)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Commentaire<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est toujours difficile de refaire l\u2019histoire, d\u2019autant plus pour un modeste acteur du terrain, officier SAS du contingent dans la belle vall\u00e9e de la Soummam, en 1959-1960, alors que ce sont les r\u00e9cits m\u00e9moriels, quelle que soit&nbsp;leur authenticit\u00e9, qui m\u00e8nent encore le bal.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Beaucoup d\u2019eau&nbsp; a coul\u00e9 sous les ponts depuis, et mes jugements sur ce beau pays que j\u2019ai&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;fr\u00e9quent\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb, et aim\u00e9 aussi, n\u2019ont pas vraiment chang\u00e9, en d\u00e9pit de la lecture de ce t\u00e9moignage diplomatique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La France a \u00e9t\u00e9 dans l\u2019incapacit\u00e9 de r\u00e9pondre au mieux et dans l\u2019honneur, aux l\u00e9gitimes revendications d\u2019ind\u00e9pendance de son peuple, et la fin du conflit, en 1962, avec les accords d\u2019Evian a \u00e9t\u00e9 un \u00e9chec de plus.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Etait-il possible d\u2019ouvrir une voie l\u00e9gitime avec les chefs des six willayas qui avaient une repr\u00e9sentativit\u00e9&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>l\u00e9gitime&nbsp;<\/em>\u00bb&nbsp;? Je n\u2019en sais rien. Est-ce que le cr\u00e9do d\u2019une arm\u00e9e fran\u00e7aise dite de pacification, d\u2019apr\u00e8s lequel la poursuite de l\u2019effort de d\u00e9mocratisation entrepris en Alg\u00e9rie \u00e9tait susceptible de d\u00e9boucher sur une autre Alg\u00e9rie ind\u00e9pendante, mais en \u00e9troite association avec la France&nbsp;? Je n\u2019en sais rien non plus.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Avant mon d\u00e9part, j\u2019avais moi-m\u00eame &nbsp;fait \u00e9lire les conseils municipaux des trois communes de ma SAS.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour la plupart des soldats du contingent qui foulaient pour la premi\u00e8re ou la derni\u00e8re fois (\u00ab&nbsp;la quille&nbsp;!&nbsp;\u00bb) le sol des djebels&nbsp;: 1) l\u2019Alg\u00e9rie n\u2019\u00e9tait pas la France, 2) ils faisaient ou avaient fait, en ce qui concerne ceux qui en \u00e9taient revenus vivants, tout simplement leur devoir au service de l\u2019Alg\u00e9rie&nbsp; et de la France.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De Gaulle mit fin \u00e0 ce conflit meurtrier dans des conditions discutables, mais existait-t-il alors une autre solution&nbsp;? Il mettait fin au mythe d\u2019une France coloniale, en tout cas de celle de la petite \u00e9lite politique, \u00e9conomique, ou religieuse qui caressait toujours, hypocritement ou non, et en d\u00e9pit de l\u2019\u00e9volution du monde, le r\u00eave colonial on ne peut plus ambigu, d\u2019une assimilation possible.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans beaucoup de mes \u00e9crits, j\u2019ai eu l\u2019occasion d\u2019affirmer que la France, celle du peuple,&nbsp; n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>coloniale&nbsp;\u00bb<\/em>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie, la nomenclature FLN a toujours cru,1) que le p\u00e9trole suffirait \u00e0 calmer le jeu politique et social, et comme souvent dans les affaires internationales, 2) que la condamnation \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 d\u2019une France colonialiste, coupable de tous les p\u00e9ch\u00e9s du monde, \u00ab&nbsp;<em>l\u2019ennemi r\u00eav\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb suffirait \u00e9galement \u00e0 calmer le jeu.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour qui connait un peu l\u2019histoire, les r\u00e9gimes autoritaires en grande difficult\u00e9 ont toujours choisi de d\u00e9tourner l\u2019attention de leur peuple vers un ennemi h\u00e9r\u00e9ditaire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je dirais volontiers \u00e0 la jeunesse d\u2019Alg\u00e9rie qu\u2019il y a bien longtemps que la France, sauf dans quelques cas, a fait son deuil de leur pays, et qu\u2019elle a souvent de la peine \u00e0 comprendre leurs attentes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Avant de d\u00e9barquer en Alg\u00e9rie, j\u2019avais eu la chance de fr\u00e9quenter les livres d\u2019Albert Camus, enfant de l\u2019Alg\u00e9rie coloniale, et je ne pouvais manquer d\u2019y trouver le symbole de l\u2019absurdit\u00e9 coloniale, cette absurdit\u00e9 longuement d\u00e9crite dans ses \u0153uvres.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je dirais volontiers \u00e0 la jeunesse d\u2019Alg\u00e9rie, ne vous laissez pas bourrer le cr\u00e2ne&nbsp;! La jeunesse fran\u00e7aise, celle dont je fis partie, nourrissait les m\u00eames espoirs que ceux qui sont les v\u00f4tres hier et aujourd\u2019hui, sauf \u00e0 savoir s\u2019il ne s\u2019agissait pas du m\u00eame&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Mythe de Sisyphe<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Jean Pierre Renaud&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>France et Alg\u00e9rie L\u2019\u00ab&nbsp;absurde&nbsp;\u00bb colonial&nbsp;! A l\u2019ombre d\u2019Albert Camus &nbsp;France et Alg\u00e9rie L\u2019\u00ab&nbsp;absurde&nbsp;\u00bb colonial&nbsp;! A l\u2019ombre d\u2019Albert Camus &nbsp;J\u2019ai lu avec beaucoup d\u2019int\u00e9r\u00eat les pages que Monsieur Bajolet, ancien ambassadeur \u00e0 Alger,&nbsp; de 2006 \u00e0 2008, a consacr\u00e9es \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie dans le livre \u00ab&nbsp;Le soleil ne se l\u00e8ve plus \u00e0 l\u2019Est&nbsp;\u00bb. Le diplomate avait eu &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2019\/07\/08\/france-et-algerie-labsurde-colonial-a-lombre-dalbert-camus\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;France et Alg\u00e9rie &#8211; L&rsquo; \u00ab absurde \u00bb colonial &#8211; A l&rsquo;ombre d&rsquo;Albert Camus&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,8,6,11,5,4],"tags":[406,236,273,401,400,270],"class_list":["post-325","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites","category-colonies","category-culture","category-guerre","category-histoire","category-politique","tag-albert-camus","tag-algerie","tag-colonies","tag-evian","tag-fln","tag-france"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/325","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=325"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/325\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":327,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/325\/revisions\/327"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=325"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=325"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=325"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}