{"id":492,"date":"2020-09-22T00:21:36","date_gmt":"2020-09-21T22:21:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=492"},"modified":"2021-06-12T00:27:34","modified_gmt":"2021-06-11T22:27:34","slug":"les-raisins-verts-la-question-post-coloniale-yves-lacoste-troisieme-partie-les-conquetes-coloniales-chapitre-8-le-marocs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2020\/09\/22\/les-raisins-verts-la-question-post-coloniale-yves-lacoste-troisieme-partie-les-conquetes-coloniales-chapitre-8-le-marocs\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Les Raisins Verts\u00a0\u00bb La Question post-coloniale &#8211; Yves Lacoste- Troisi\u00e8me Partie Les conqu\u00eates coloniales &#8211; Chapitre 8 Le Marocs"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>\u00ab&nbsp;Les Raisins Verts&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Troisi\u00e8me Partie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Chapitre 8<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>\u00ab&nbsp;Le Maroc, la derni\u00e8re des conqu\u00eates coloniales&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>(p,373 \u00e0 397, soit 24 pages)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp; L\u2019objet de ce dernier chapitre est int\u00e9ressant, entre autres et principalement \u00e0 mes yeux, parce ce qu\u2019il pose la question de la d\u00e9finition de la g\u00e9opolitique, compte tenu de la place majeure qu\u2019a occup\u00e9 son environnement international&nbsp; de politique \u00e9trang\u00e8re.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comment comparer en effet des situations g\u00e9opolitiques aussi diff\u00e9rentes les unes des autres que celles du Maroc, de Madagascar ou du Bassin du Niger, entre Etats et tribus&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La lecture de ce chapitre fait naturellement apparaitre la force des liens qui attachent l\u2019auteur \u00e0 son pays natal.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Alors que la conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e par des militaires qui ne connaissaient<\/em>&nbsp;<em>rien des populations<\/em>&nbsp;<em>de cette partie du monde musulman et qui furent des ann\u00e9es durant laiss\u00e9s sans objectif par des gouvernements h\u00e9sitants, la conqu\u00eate de la Tunisie et plus encore celle du Maroc furent le fait d\u2019hommes d\u2019affaires qui \u00ab&nbsp;pr\u00e9paraient le terrain&nbsp;\u00bb et de militaires qui s\u2019int\u00e9ressaient d\u00e9sormais&nbsp; \u00e0 l\u2019histoire de ces pays, \u00e0 leurs organisations tribales et aux dispositifs de pouvoirs entre celles-ci et le souverain, qu\u2019il&nbsp; s\u2019agisse du bey de Tunis ou du sultan marocain. La conqu\u00eate de la Tunisie et surtout celle du Maroc fut&nbsp; soutenue indirectement par de grands groupes financiers et elles s\u2019inscrivaient dans des rivalit\u00e9s imp\u00e9rialistes \u00e9videntes.&nbsp; On est bien au \u00ab&nbsp;stade de l\u2019imp\u00e9rialisme&nbsp;\u00bb et la guerre mondiale menace. Celle-ci n\u2019\u00e9clate pas tant \u00e0 cause des probl\u00e8mes coloniaux qu\u2019en raison de rapports de force et surtout de prestige entre les Etats europ\u00e9ens regroup\u00e9s en deux grandes alliances antagoniques.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le Maroc fut la derni\u00e8re des conqu\u00eates coloniales. En effet, celle de l\u2019Ethiopie par les Italiens de Mussolini, entreprise difficile commenc\u00e9e en 1935 \u00e0 partir de l\u2019\u00c9rythr\u00e9e qu\u2019ils avaient annex\u00e9e \u00e0 la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle ne dura gu\u00e8re puisqu\u2019ils en furent chass\u00e9s par les Britanniques en 1941.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La conqu\u00eate du Maroc apparait encore aujourd\u2019hui comme relativement facile, surtout compar\u00e9e \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie. Celle de la Tunisie, qui avait \u00e9t\u00e9 facile, fit croire aux dirigeants fran\u00e7ais qu\u2019il en serait de m\u00eame au Maroc, car l\u2019Empire ch\u00e9rifien \u00e9tait lourdement endett\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard des banques fran\u00e7aises et nombre de grands notables, come l\u2019avaient fait les Tunisiens, avaient demand\u00e9 la protection des ambassades europ\u00e9ennes. Ces derni\u00e8res \u00e9taient tomb\u00e9es d\u2019accord pour les laisser agir au Maroc, les Fran\u00e7ais pourraient sans doute avoir le soutien discret d\u2019un grand nombre de notables locaux.&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Commentaire&nbsp;:&nbsp;<\/u><\/strong><strong>l\u2019auteur \u00e9voque un des aspects majeurs de la g\u00e9opolitique coloniale, le r\u00f4le des banques dans la prise de contr\u00f4le de territoires qui valaient d\u2019\u00eatre convoit\u00e9s, l\u2019engrenage des emprunts, \u00e0 partir du moment o\u00f9 les pays emprunteurs disposaient d\u00e9j\u00e0 d\u2019un minimum de ressources \u00e9conomiques pour rembourser&nbsp;: il s\u2019agissait d\u2019un bon crit\u00e8re de distinction entre les territoires anglais et fran\u00e7ais.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette m\u00e9canique coloniale a fonctionn\u00e9 en M\u00e9diterran\u00e9e, notamment en Egypte, Tunisie et Maroc, et beaucoup en Chine, laquelle vit ses douanes prises en mains par les Anglais et les Fran\u00e7ais pour s\u2019assurer du remboursement des emprunts.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Un galop d\u2019essai, la conqu\u00eate de la Tunisie (p,374)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019auteur d\u00e9crit un deuxi\u00e8me proc\u00e9d\u00e9 utilis\u00e9 pour contr\u00f4ler un pays, ce qu\u2019il faut bien appeler la corruption, le m\u00e9lange des genres, des proc\u00e9d\u00e9s sans \u00e2ge, mettre la main sur les notables, sorte de protectorat avant la lettre, par le biais des consuls, encore faut-il que cette g\u00e9opolitique puisse \u00eatre mise en \u0153uvre dans un pays disposant d\u2019un Etat et de ressources \u00e0 exploiter.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Par ailleurs, la modernisation permit \u00e0 de nombreux hauts fonctionnaires de transformer en propri\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es les domaines ou biens de fonction dont ils avaient la jouissance passag\u00e8re. Pour ne pas avoir \u00e0 les restituer \u00e0 un successeur, ces notables se plac\u00e8rent sous la \u00ab&nbsp;protection&nbsp;\u00bb du repr\u00e9sentant d\u2019une puissance \u00e9trang\u00e8re, et celui-ci obtint l\u2019accord du bey en leur faveur, en \u00e9change de nouveaux pr\u00eats ou de d\u00e9lais de remboursement d\u2019emprunts pr\u00e9c\u00e9dents. Ainsi le syst\u00e8me du protectorat commen\u00e7a-t-il discr\u00e8tement \u00e0 titre individuel pour&nbsp;<u>la plupart des notables,<\/u>&nbsp;bien avant d\u2019\u00eatre instaur\u00e9 officiellement sur l\u2019Etat tunisien.&nbsp;\u00bb (p,375)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;<\/strong><strong><em>Le Maroc, un vieil empire selon le mod\u00e8le Khaldounien&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em><\/strong><strong><em>(p,375)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019auteur consacre ces pages \u00e0 un ancien historien trop m\u00e9connu du Maghreb, Ibn Kaldoun dont l\u2019apport le plus int\u00e9ressant est incontestablement le r\u00f4le des tribus.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;En me r\u00e9f\u00e9rent au grand historien et sociologue maghr\u00e9bin Ibd Kaldoun (Tunis,1332- Le Caire, 1406), contemporain des&nbsp; M\u00e9rinides et dont l\u2019\u0153uvre a \u00e9t\u00e9 traduite sur ordre de Napol\u00e9on III, je crois utile d\u2019expliquer comment se formait et se disloquait un&nbsp; royaume marocain et plus largement un royaume maghr\u00e9bin. Cela permet de mieux comprendre comment s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e la conqu\u00eate coloniale, en particulier dans le cas du Maroc, d\u00e9nomm\u00e9 l\u2019empire ch\u00e9rifien.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comme dans l\u2019ensemble du Maghreb et du Machrek (sauf en Egypte), il s\u2019agissait d\u2019Etats fond\u00e9s sur des soci\u00e9t\u00e9s tribales o\u00f9 chaque homme \u00e9tait arm\u00e9, savait se battre et appartenait \u00e0 un groupe form\u00e9 par des liens de parent\u00e9, la tribu (ou la fraction de tribu). Celle-ci \u00e9tait un ensemble politique \u2013 en principe \u00e9galitaire \u2013 qui avait son territoire, le d\u00e9fendait et l\u2019exploitait de fa\u00e7on plus ou moins collective par l\u2019\u00e9levage et l\u2019agriculture. Elle entretenait avec les tribus voisines des relations parfois conflictuelles, en fait g\u00e9opolitiques. Celles-ci \u00e9taient un effet de la concurrence territoriale, mais aussi de la volont\u00e9&nbsp;d\u2019entretenir les relations politiques et la valeur guerri\u00e8re de ses membres. La tribu, groupe \u00e0 base largement familiale, \u00e9tait une sorte de machine politique et une machine de guerre (sans volont\u00e9 d\u2019exterminer les adversaires ni de capturer des esclaves\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tout pouvoir royal, au Maghreb et au Moyen Orient (\u00e0 l\u2019exception, il faut y insister de l\u2019Egypte) avait donc une base tribale, et celle-ci \u00e9tait le fait d\u2019une tribu qui en avait entrain\u00e9 d\u2019autres \u00e0 se rebeller contre un pouvoir royal. Ce dernier \u00e9tait lui-m\u00eame d\u2019abord celui d\u2019une tribu qui s\u2019\u00e9tait soulev\u00e9e et avait \u00e9t\u00e9 victorieuse gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019alliance d\u2019autres tribus. Le ralliement d\u2019un certain nombre de celles-ci \u00e9tait plus facile quand la tribu qui menait le mouvement pouvait se r\u00e9clamer d\u2019un innovateur religieux fondateur d\u2019un confr\u00e9rie hostile \u00e0 celle dont se r\u00e9clamait le pouvoir en place.&nbsp;\u00bb (p,377, 378)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Question&nbsp;:<\/u><\/strong><strong>&nbsp;Yves Lacoste aborde ici l\u2019un des points sensibles, et il y en&nbsp; a beaucoup d\u2019autres, pourquoi&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Parce qu\u2019il aurait utile et int\u00e9ressant qu\u2019il nous donne au moins un exemple du ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9crit qui met en cause un facteur g\u00e9opolitique majeur, celui de l\u2019Islam et des confr\u00e9ries particuli\u00e8rement puissantes du Maghreb, comme elles le furent et le sont encore en Afrique noire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est bien dommage car l\u2019auteur a publi\u00e9, dans le pass\u00e9, dans la revue qu\u2019il a fond\u00e9e, \u00ab&nbsp;H\u00e9rodote&nbsp;\u00bb, une analyse fort int\u00e9ressante sur les principaux courants de l\u2019Islam.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Au Maroc, souvenir des grandes dynasties et r\u00f4le des confr\u00e9ries&nbsp;\u00bb (p,379)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce syst\u00e8me, qui rend compte du mode de formation et de d\u00e9clin rapide de royaumes \u00e0 base tribale, a fonctionn\u00e9 sur l\u2019ensemble du Maghreb plus ou moins longtemps selon les r\u00e9gions. A partir du XVI\u00e8me si\u00e8cle, l\u2019afflux d\u2019or d\u2019Am\u00e9rique en Espagne, l\u2019essor de la piraterie en M\u00e9diterran\u00e9e et la riposte espagnole conduisent les corsaires d\u2019Alger et de Tunis \u00e0 faire appel \u00e0 l\u2019Empire ottoman. Ce grand Etat qui n\u2019est plus \u00e0 base tribale mais qui repose sur une administration d\u2019origine byzantine, \u00e9tablit pour plusieurs si\u00e8cles son pouvoir sur les tribus des r\u00e9gences d\u2019Alger et de Tunis. Le syst\u00e8me kaldounien cesse de fonctionner dans une grande partie du Maghreb, du moins en ce qui concerne les affaires importantes. Il n\u2019y a pas de nouvelle dynastie en Alg\u00e9rie depuis le XVI\u00e8me, mais une dynastie se cr\u00e9e en Tunisie au XVIII\u00e8me si\u00e8cle.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En revanche, le syst\u00e8me d\u00e9crit par Ibn Kaldoun continue de fonctionner au Maroc o\u00f9 des dynasties se sont succ\u00e9d\u00e9es jusqu\u2019au XX\u00e8me si\u00e8cle\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La derni\u00e8re dynastie qui s\u2019\u00e9tablit au Maroc et qui est toujours au pouvoir est celle des Alaouites (sans \u00eatre chiites, ces ch\u00e9rifs se r\u00e9clament d\u2019Ali, le gendre du proph\u00e8te). Ils sont eux aussi des Arabes arriv\u00e9s au XVI\u00e8me si\u00e8cle dans le Sud marocain qui se sont \u00e9tablis dans la grande oasis du Tafilalet\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>On pourrait dire que le syst\u00e8me kaldounien s\u2019est peu \u00e0 peu assoupi, puisque du XVI\u00e8me si\u00e8cle au d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle aucune tribu n\u2019a \u00e9t\u00e9 assez forte pour renverser la dynastie\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Les contrecoups de la conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie&nbsp;\u00bb&nbsp;(p,381)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce passage d\u00e9crit bien l\u2019engrenage financier avec emprunt et remboursement d\u2019emprunt, dans un territoire \u00e0 potentiel \u00e9conomique, qui conduit \u00e0 la d\u00e9pendance coloniale ou imp\u00e9riale, comme l\u2019on veut, une configuration g\u00e9opolitique dont l\u2019effectif a vari\u00e9 au cours du temps, mais dont ne faisaient alors pas partie, mise \u00e0 part l\u2019Indochine, les autres territoires cibl\u00e9s par les Fran\u00e7ais.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>&nbsp;\u00ab&nbsp;Le principe de la \u00ab&nbsp;porte ouverte&nbsp;\u00bb &nbsp;(p, 382)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019auteur en d\u00e9crit le m\u00e9canisme d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 la Conf\u00e9rence d\u2019Alg\u00e9siras (1906),&nbsp; puis la crise de 1908 avec l\u2019intervention, \u00e0 partir de l\u2019Alg\u00e9rie, du g\u00e9n\u00e9ral Lyautey, avec une nouvelle crise \u00e0 F\u00e8s en 1911.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;L\u2019instauration du Protectorat et l\u2019insurrection nationale de 1912&nbsp;\u00bb (p,384)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;A F\u00e8s assi\u00e9g\u00e9 par les tribus, le sultan fut trait\u00e9 comme quantit\u00e9 n\u00e9gligeable par les Fran\u00e7ais&nbsp;; il apprit indirectement l\u2019accord franco-allemand et par cons\u00e9quent l\u2019instauration imminente du protectorat fran\u00e7ais\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les \u00e9v\u00e9nements que l\u2019on a longtemps pass\u00e9 sous silence sont au contraire consid\u00e9r\u00e9s par l\u2019historien Daniel Rivet comme une v\u00e9ritable \u00ab&nbsp;insurrection nationale&nbsp;\u00bb. Il ne s\u2019agit pas, selon lui, de la classique agitation des tribus lors des crises dynastiques, mais d\u2019un soul\u00e8vement national contre le passage sous l\u2019autorit\u00e9 d\u2019un Etat \u00e9tranger et chr\u00e9tien\u2026 Daniel Rivet ne parle sans doute pas assez des confr\u00e9ries, mais il montre bien les enjeux nationaux du soul\u00e8vement des tribus, notamment leur opposition du d\u00e9part du sultan pour Rabat. Cette ville n\u2019\u00e9tait plus une capitale depuis longtemps, \u00e0 la diff\u00e9rence de F\u00e8s, de Mekn\u00e8s, ou de Marrakech, mais c\u2019\u00e9tait une implantation sur la c\u00f4te atlantique qui permettait aux Fran\u00e7ais d\u2019assurer la protection du sultan\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;\u2026 \u00e0 la mi-mai 1912, Lyautey d\u00e9barquait \u00e0 Casablanca \u00bb (p385)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019auteur propose alors un r\u00e9sum\u00e9 historique du conflit, des<em>&nbsp;\u00ab&nbsp;M\u00e9thodes de Lyautey&nbsp;\u00bb,&nbsp;<\/em>qui fut dix ans au Maroc<em>&nbsp;:<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;Lyautey, qui sut s\u2019entourer de g\u00e9ographes, d\u2019historiens et d\u2019ethnologues, a compris les formes d\u2019organisation politique de la soci\u00e9t\u00e9 marocaine. Par ces intellectuels, il connait l\u2019\u0153uvre d\u2019Ibd Kaldoun, et on peut dire qu\u2019il va appliquer le mod\u00e8le kaldounien dans les rapports g\u00e9opolitiques entre le&nbsp;<\/em><\/strong><strong>bled maghzen<em>&nbsp;et le&nbsp;<\/em>bled siba<em>. L\u2019un et l\u2019autre sont constitu\u00e9s de tribus dont les relations d\u2019alliance ou de r\u00e9bellion avec le sultan changent au gr\u00e9 des circonstances\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;A la diff\u00e9rence de l\u2019Alg\u00e9rie o\u00f9 les occupants ont syst\u00e9matiquement cherch\u00e9 \u00e0 disloquer les structures tribales en r\u00e9duisant leurs territoires, Lyautey a cherch\u00e9 au Maroc \u00e0 maintenir les tribus qui pour beaucoup avaient conserv\u00e9 leurs terres, sauf celles qui \u00e9taient particuli\u00e8rement int\u00e9ressantes pour la colonisation, par exemple autour des villes\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;D\u00e8s le d\u00e9but du protectorat, des r\u00e9giments de tirailleurs marocains ont \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9s dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise avec des volontaires qui partirent en France d\u00e8s septembre 1914. Ces tribus du Moyen Atlas ont fourni une grande partie de l\u2019arm\u00e9e coloniale puis de l\u2019arm\u00e9e royale apr\u00e8s 1956. Encore aujourd\u2019hui les cadres de l\u2019arm\u00e9e marocaine viennent pour une bonne part de ces tribus.&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;La formation ou le renforcement d\u2019un f\u00e9odalisme marocain&nbsp;\u00bb(p,391)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;\u2026 L\u2019un des points forts de la politique de Lyautey est qu\u2019au d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle les milieux coloniaux s\u2019int\u00e9ressaient bien davantage aux ressources mini\u00e8res qu\u2019aux terres agricoles\u2026&nbsp;\u00bb (p391)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;La guerre du Rif et les contradictions coloniales&nbsp;\u00bb (p,392)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;\u2026 Fait \u00e9tonnant, il ne semble pas qu\u2019elle ait alors suscit\u00e9 dans&nbsp;<u>l\u2019opinion marocaine<\/u>&nbsp;une grande \u00e9motion\u2026&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Question&nbsp;:&nbsp;<\/u><\/strong><strong>sur quelle base d\u2019\u00e9valuation&nbsp;? Dans la presse marocaine&nbsp;? Quelle \u00e9tait-elle \u00e0 l\u2019\u00e9poque&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;La relative bri\u00e8vet\u00e9 du mouvement national et royal marocain.&nbsp;\u00bb (p394)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;La politique de Lyautey continua dans l\u2019ensemble d\u2019\u00eatre mise en \u0153uvre apr\u00e8s son d\u00e9part. Mais la p\u00e9n\u00e9tration des id\u00e9es nationalistes parmi les intellectuels marocains se faisait sentir dans les villes. Aussi, au sein des&nbsp;<u>sph\u00e8res coloniales<\/u>, apparut l\u2019id\u00e9e de soustraire les Berb\u00e8res des r\u00e9gions montagnardes \u00e0 l\u2019influence des milieux arabis\u00e9s.&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Question&nbsp;;&nbsp;<\/u><\/strong><strong>\u00ab&nbsp;<em><u>sph\u00e8res coloniales<\/u><\/em>&nbsp;\u00bb, les \u00ab&nbsp;sph\u00e8res coloniales&nbsp;\u00bb du pouvoir ou des pouvoirs&nbsp;? De qui et de quoi s\u2019agit-il&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019auteur d\u00e9crit en d\u00e9tail le r\u00f4le g\u00e9opolitique des tribus dans l\u2019histoire du Maroc, fond\u00e9&nbsp;<u>implicitement&nbsp;<\/u>sur la confusion entre un&nbsp;<u>pouvoir t<\/u>ribal et un&nbsp;<u>territoire<\/u>&nbsp;tribal<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019auteur conclut son analyse ainsi&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab Je crois que les Marocains ne gardent pas de l\u2019\u00e9poque coloniale un trop mauvais souvenir. Celle-ci a \u00e9t\u00e9 relativement courte et la lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance a \u00e9t\u00e9 br\u00e8ve. En revanche, pour les Alg\u00e9riens, c\u2019est une el&nbsp;longue et vieille histoire et leurs souvenirs de la guerre d\u2019ind\u00e9pendance sont tragiques. &nbsp;Mais c\u2019est avec la France que les relations de l\u2019Alg\u00e9rie sont les plus \u00e9troites et les plus nombreuses. La question post-coloniale en France, notamment dans les \u00ab&nbsp;grands ensembles&nbsp;\u00bb, est indissociable de tous ces \u00ab&nbsp;jeunes&nbsp;\u00bb fran\u00e7ais dont les grand-p\u00e8res sont venus, il ya bient\u00f4t cinquante ans, apr\u00e8s avoir combattu l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise.&nbsp;\u00bb (p,397)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Questions&nbsp;<\/u><\/strong><strong>: toujours les \u00ab&nbsp;<em>grands ensembles<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;? Toujours l\u2019Alg\u00e9rie&nbsp;? Une histoire par trop caricaturale&nbsp;? Et les ann\u00e9es noires des ann\u00e9es 1990&nbsp;? Et la nature et les dates des flux des&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;grands p\u00e8res<\/em>&nbsp;\u00bb qui sont venus en France ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pourquoi ne pas signaler \u00e0 nouveau que la plupart des discours tenus de nos jours par des groupes de pression de propagande post-coloniale, le plus souvent accusateurs de notre pays, se gardent bien de nous fournir des enqu\u00eates statistiques s\u00e9rieuses sur la m\u00e9moire coloniale en m\u00e9tropole et dans les anciennes colonies&nbsp;: Yves Lacoste a-t-il \u00e0 sa disposition une documentation statistique \u00e0 ce sujet&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Je confluerai cette analyse et ces questions en renvoyant le lecteur sur le livre&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;La colonisation fran\u00e7aise<\/em>&nbsp;\u00bb d\u2019Henri Brunschvig Chapitre VII \u00ab&nbsp;<em>Le Maroc et les interf\u00e9rences de politique \u00e9trang\u00e8re<\/em>&nbsp;\u00bb et sur la chronique que j\u2019ai publi\u00e9e le 17\/10\/2018 \u00e0 propos des M\u00e9moires de Joseph Caillaux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A l\u2019\u00e9poque des tensions internationales relatives \u00e0 la question marocaine, ce dernier \u00e9tait &nbsp;alors Pr\u00e9sident du Conseil.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il donna sa version des faits dans le livre&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Mes M\u00e9moires<\/em>&nbsp;\u00bb Tome 2 \u00ab&nbsp;<em>Mes audaces. Agadir<\/em>\u2026&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans le fil des recherches que j\u2019ai effectu\u00e9es sur les processus de d\u00e9cision des conqu\u00eates coloniales, ces M\u00e9moires me donnaient l\u2019occasion de comprendre qui prenait la d\u00e9cision coloniale dans le cas du Maroc&nbsp;: la fa\u00e7on de raisonner de l\u2019auteur, telle qu\u2019elle \u00e9tait d\u00e9crite \u00e9tait tout \u00e0 fait surprenante, \u00e9tant donn\u00e9&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;1) qu\u2019il prenait une d\u00e9cision en consid\u00e9rant qu\u2019hors les Etats reconnus sur le plan international, les autres territoires \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme des biens sans ma\u00eetre,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>2) qu\u2019il avait tout pouvoir \u00e0 ce sujet, alors que la France \u00e9tait dans un r\u00e9gime parlementaire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le livre en question nous documente par ailleurs sur un personnage qui fit un beau parcours politique sous la Troisi\u00e8me R\u00e9publique, Andr\u00e9 Tardieu.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il sut alors pratiquer un remarquable m\u00e9lange des genres entre la presse, le Quai d\u2019Orsay, et le monde politique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>De nos jours, Andr\u00e9 Tardieu n\u2019aurait-il pas des h\u00e9ritiers qui ne disent pas leur nom&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jean Pierre Renaud\u00a0\u00a0&#8211;\u00a0\u00a0Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Les Raisins Verts&nbsp;\u00bb Troisi\u00e8me Partie Chapitre 8 \u00ab&nbsp;Le Maroc, la derni\u00e8re des conqu\u00eates coloniales&nbsp;\u00bb (p,373 \u00e0 397, soit 24 pages) &nbsp; L\u2019objet de ce dernier chapitre est int\u00e9ressant, entre autres et principalement \u00e0 mes yeux, parce ce qu\u2019il pose la question de la d\u00e9finition de la g\u00e9opolitique, compte tenu de la place majeure qu\u2019a occup\u00e9 &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2020\/09\/22\/les-raisins-verts-la-question-post-coloniale-yves-lacoste-troisieme-partie-les-conquetes-coloniales-chapitre-8-le-marocs\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;\u00ab\u00a0Les Raisins Verts\u00a0\u00bb La Question post-coloniale &#8211; Yves Lacoste- Troisi\u00e8me Partie Les conqu\u00eates coloniales &#8211; Chapitre 8 Le Marocs&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,8,7,6,5,10,4],"tags":[273,607,393,606,353],"class_list":["post-492","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites","category-colonies","category-communication","category-culture","category-histoire","category-immigration","category-politique","tag-colonies","tag-les-raisins-verts","tag-maghreb","tag-maroc","tag-yves-lacoste"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/492","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=492"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/492\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":493,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/492\/revisions\/493"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=492"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=492"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=492"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}