{"id":684,"date":"2018-10-17T01:49:22","date_gmt":"2018-10-16T23:49:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=684"},"modified":"2021-06-14T01:53:03","modified_gmt":"2021-06-13T23:53:03","slug":"decision-coloniale-qui-decide-le-cas-du-maroc-annees-1909-1912-5-fin-les-enseignements-la-presse-avec-joseph-caillaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2018\/10\/17\/decision-coloniale-qui-decide-le-cas-du-maroc-annees-1909-1912-5-fin-les-enseignements-la-presse-avec-joseph-caillaux\/","title":{"rendered":"D\u00e9cision coloniale, qui d\u00e9cide ? Le cas du Maroc (ann\u00e9es 1909-1912) &#8211; 5 &#8211; Fin &#8211; Les enseignements, la presse, avec Joseph Caillaux"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>D\u00c9CISION COLONIALE, QUI D\u00c9CIDE ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Le CAS du MAROC des ann\u00e9es 1909-1912&nbsp;: avec Joseph Caillaux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>5 &#8211; Fin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les enseignements<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A travers cet \u00e9pisode colonial, et il y en a eu beaucoup, le lecteur aura d\u00e9j\u00e0 pu se faire une id\u00e9e pr\u00e9cise du fonctionnement d\u2019un des gouvernements de la R\u00e9publique fran\u00e7aise, sous la Troisi\u00e8me R\u00e9publique, quelques ann\u00e9es seulement avant la d\u00e9flagration mondiale des ann\u00e9es 1914-1918, la fa\u00e7on dont les affaires les plus graves \u00e9taient concr\u00e8tement trait\u00e9es, mais tout autant la fa\u00e7on dont la France officielle, celles de l\u2019\u00e9lite politique et de sa presse, abordait et traitait les probl\u00e8mes coloniaux.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un mot sur la presse et sur son r\u00f4le<\/strong><strong>&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tout d\u2019abord, et une fois de plus, comment ne pas noter que l\u2019histoire coloniale et postcoloniale souffre encore d\u2019une grave carence d\u2019analyse de la presse et de son r\u00f4le dans le domaine colonial.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les quelques lignes que Caillaux lui consacre dans ses M\u00e9moires en montre pourtant le r\u00f4le et l\u2019importance.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A propos de Briand&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;\u2026&nbsp;<em>Ce qu\u2019il me faut expliquer de suite c\u2019est comment le pr\u00e9sident du Conseil de 1909 parvint \u00e0 mettre sur pied l\u2019extraordinaire combinaison qu\u2019il avait, selon toutes probabilit\u00e9s, m\u00e9dit\u00e9e depuis longtemps, comment il arriva \u00e0 cartelliser la presse de Paris<\/em>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il fut servi par les circonstances dont sa merveilleuse habilet\u00e9 sut tirer un parti prodigieux. J\u2019ai montr\u00e9 dans un&nbsp; manuscrit qui me fut&nbsp; d\u00e9rob\u00e9 et dans des productions diverses, l\u2019orientation que les ma\u00eetres des grands organes avaient tendance \u00e0 donner depuis 1905 ou 1906 \u00e0 leurs feuilles. J\u2019ai indiqu\u00e9 pour quelles raisons ces puissants seigneurs faisaient de plus en plus grise mine aux gauches.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est \u00e0 l\u2019heure actuelle\u2026., un lieu commun pour les hommes politiques de constater l\u2019effacement, dans les grandes villes du monde et surtout \u00e0 Paris, des journaux de parti devant les grands journaux d\u2019information. Le grand journal d\u2019information, qui tire \u00e0 plusieurs centaines de mille exemplaires, repr\u00e9sente une grosse affaire. C\u2019est une vaste firme \u00e9tay\u00e9e sur des millions. Ceux qui la dirigent ou qui la soutiennent appartiennent n\u00e9cessairement aux classes riches, toujours dispos\u00e9es en France, \u00e0 se rebeller quand leurs int\u00e9r\u00eats sont en cause\u2026. Que leur importait la dissolution des congr\u00e9gations, la s\u00e9paration de l\u2019Eglise et de l\u2019Etat&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tout changea du jour o\u00f9 cette partie de leur programme \u00e9tant \u00e9puis\u00e9, au moins momentan\u00e9ment, les partis de gauche se prirent \u00e0 aborder les r\u00e9formes sociales et o\u00f9 se profila \u00e0 l\u2019horizon l\u2019ombre de l\u2019imp\u00f4t sur le revenu\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019avais tent\u00e9 de me rapprocher du plus consid\u00e9rable des directeurs de journaux, de M.Brunau-Varilla, \u00ab&nbsp;principal actionnaire&nbsp;\u00bb du&nbsp;<\/em><\/strong><strong>Matin.&nbsp;<em>J\u2019eus beau multiplier les pr\u00e9venances, les politesses, \u00e9couter patiemment, faire semblant d\u2019approuver les calembredaines que d\u00e9bitait ce curieux homme, sup\u00e9rieur dans la conduite de ses affaires\u2026 j\u2019aper\u00e7us que je me heurtais \u00e0 un mur\u2026.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Tout ce que vous voudrez\u2026 pourvu que vous renonciez \u00e0 l\u2019imp\u00f4t sur le revenu et \u00e0 toutes m\u00e9caniques du m\u00eame genre si parfaitement d\u00e9sobligeantes pour les multimillionnaires, surtout quand ils ont p\u00each\u00e9 leurs \u00e9cus dans la grande eau trouble du Panama.&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Car M. Bruneau-Varilla \u00e9tait un \u00ab\u00a0panamiste\u00a0\u00bb, tout comme son rival \u00e0 l\u2019\u00e9poque, son comp\u00e8re plus tard, M.Letellier propri\u00e9taire du\u00a0<\/em><\/strong><strong>Journal<em>.\u00a0\u00bb (p25,26,27) \u2026 ils avaient r\u00e9alis\u00e9 des fortunes colossales.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Menac\u00e9s de poursuites lorsque croula l\u2019entreprise&nbsp;; l\u2019un et l\u2019autre eurent l\u2019id\u00e9e de mettre \u00e0 l\u2019abri leurs personnes et leurs biens en s\u2019embarquant sur des vaisseaux de ligne du journalisme qu\u2019ils achet\u00e8rent, qu\u2019ils affr\u00e9t\u00e8rent \u00e0 grand frais\u2026.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lorsqu\u2019il se fut \u00e9coul\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s dix ann\u00e9es apr\u00e8s ces scandales, nos hommes jug\u00e8rent que la prescription leur \u00e9tait acquise. Ils s\u2019\u00e9mancip\u00e8rent. Letellier d\u00e9couvrit et exploita une nouvelle arme de b\u00e9n\u00e9fices. Il hospitalisa dans les colonnes du&nbsp;<\/em><\/strong><strong>Journal<em>&nbsp;des annonces sur la nature desquelles mieux vaut ne pas insister\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bruneau-Varilla poursuivit, lui, tout autres buts, des buts grandioses. Il aspirait \u00e0&nbsp;\u00ab&nbsp;r\u00e9gner sur la France&nbsp;\u00bb. Clemenceau qui le harcelait d\u2019\u00e9pigrammes, l\u2019appelait \u00ab&nbsp;l\u2019empereur&nbsp;\u00bb. Toutes choses remises au point, le principal actionnaire du&nbsp;<\/em><\/strong><strong>Matin<em>&nbsp;voulait donner vie \u00e0 de grands projets qu\u2019il roulait dans sa t\u00eate. Il entendait surtout que les gouvernements br\u00fblassent de l\u2019encens \u00e0 ses pieds et ne contrecarrassent aucune de ses id\u00e9es ma\u00eetresses \u2013 sous un masque r\u00e9publicain, il \u00e9tait un parfait r\u00e9actionnaire, r\u00e9actionnaire social \u2013 il va de soi. \u2013 Des origines de sa fortune il ne s\u2019embarrassait pas. \u00ab&nbsp; (p28,29)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Avec le Matin et le Petit Parisien<em>, \u00ab&nbsp;Briand se trouva commander aux deux plus puissants journaux d\u2019information. \u00ab&nbsp; (p,30)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Question&nbsp;: plus d\u2019un si\u00e8cle plus tard, les choses ont-elles r\u00e9ellement chang\u00e9&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Presse et opinion publique&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur \u00e9voque \u00e0 un moment donn\u00e9 l\u2019opinion publique&nbsp;;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A propos du Congo,&nbsp; Caillaux note \u00ab&nbsp;<em>L\u2019opinion est nerveuse<\/em>&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;e<em>lle regimbe&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;elle s\u2019insurge<\/em>&nbsp;\u00bb, (p,171), sans donner plus de pr\u00e9cision sur la source qui lui permet d\u2019affirmer qu\u2019il s\u2019agit bien de l\u2019\u00e9tat de l\u2019opinion publique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A propos de la n\u00e9gociation du trait\u00e9, Caillaux note&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u2026<em>l\u2019opinion est incertaine. Elle a \u00e9t\u00e9 offens\u00e9e par le geste d\u2019Agadir. Elle se demande si l\u2019Allemagne a re\u00e7u la le\u00e7on qu\u2019elle m\u00e9ritait.&nbsp;\u00bb (p172)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De m\u00eame \u00e9crit-il plus loin&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>La masse du public fran\u00e7ais comprend que, s\u2019il ne faut pas prendre au pied de la lettre les paroles de Maximilien Harden, adversaire passionn\u00e9 du Kaiser, l\u2019\u00e9chec de l\u2019Allemagne n\u2019en est pas moins patent.&nbsp;\u00bb (173)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comment prendre pour de l\u2019argent comptant historique ce type de propos&nbsp;? Je serais tent\u00e9 d\u2019\u00e9crire,&nbsp;<em>l\u2019opinion, le public, la masse&nbsp;<\/em>&nbsp;ont bon dos&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019\u00e9tat d\u2019esprit colonial des hommes de gouvernement&nbsp;? Imp\u00e9rialistes de tous les temps ou d\u2019une \u00e9poque d\u00e9termin\u00e9e&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A lire ce type de document, de t\u00e9moignage, il est frappant de constater l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit colonial qu\u2019un de leurs \u00e9minents repr\u00e9sentants exprime dans le langage m\u00eame qu\u2019il utilise&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A cette lecture, on en tire en effet la conclusion, qu\u2019en tout cas pour l\u2019Afrique, les gouvernements occidentaux en d\u00e9cidaient comme s\u2019il s\u2019\u00e9tait agi de terres sans ma\u00eetres, qu\u2019il s\u2019agisse du Maroc ou du Congo.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Caillaux note&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Le 4 novembre 1911 le trait\u00e9 est sign\u00e9. La paix est maintenue.&nbsp;<u>Le Maroc est \u00e0 la France. Nous ne perdons que des bribes de<\/u>&nbsp;<u>possessions, acquises<\/u>&nbsp;diplomatiquement de l\u2019Allemagne elle-m\u00eame moins de vingt ans auparavant (1895).<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Oublieuse de&nbsp;<u>la lourde ran\u00e7on<\/u>&nbsp;que nous avons pay\u00e9e \u00e0 l\u2019Angleterre pour avoir les mains libres dans l\u2019empire ch\u00e9rifien<\/em><\/strong><strong>\u2026&nbsp;\u00bb&nbsp;<em>(p,172)<\/em>&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Plus loin, \u00e0 propos de l\u2019Italie, Caillaux note encore&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Attentive \u00e0 l\u2019accroissement consid\u00e9rable de forces dont b\u00e9n\u00e9ficiait la France r\u00e9glant \u00e0&nbsp;<u>son avantage<\/u>&nbsp;la question marocaine, l\u2019Italie r\u00e9solut \u00e0 la fin de septembre 1911 de&nbsp;<u>s\u2019approprier<\/u>&nbsp;la Tripolitaine.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp; Nous avions d\u00e8s le 29 d\u00e9cembre 1900, \u00e9crit \u00e0 nos voisins notre&nbsp;<u>d\u00e9sint\u00e9ressement<\/u>&nbsp;sur Tripoli en \u00e9change de leur&nbsp;<u>d\u00e9sint\u00e9ressement<\/u>&nbsp;sur Fez. Nous \u00e9tions donc tenus non seulement \u00e0 ne pas nous opposer \u00e0 l\u2019entreprise italienne mais \u00e0 la consid\u00e9rer avec bienveillance. Le cabinet que je pr\u00e9sidais n\u2019y manqua pas.&nbsp;\u00bb (p,196<\/em><\/strong><strong>)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019ai soulign\u00e9 les quelques mots qui marquent la tonalit\u00e9 du langage de domination occidentale qui avait cours \u00e0&nbsp; l\u2019\u00e9poque consid\u00e9r\u00e9e.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>N\u2019\u00e9tant pas un historien professionnel, je n\u2019ai pas connaissance de recherches ou de travaux portant sur l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit, les mentalit\u00e9s des \u00ab&nbsp;imp\u00e9rialistes&nbsp;\u00bb \u00e0 chacune des \u00e9poques imp\u00e9rialistes qu\u2019a connues l\u2019histoire du monde, mais il s\u2019agit d\u2019un des points qui m\u2019ont le plus surpris dans la lecture des m\u00e9moires de Caillaux.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Caillaux concluait&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Ainsi, tout \u00e9tait en bonne voie. Le haut-commandement avait \u00e9t\u00e9 organis\u00e9. La rigoureuse observation de la neutralit\u00e9 belge \u00e9tait prescrite. La violation des trait\u00e9s par l\u2019Allemagne n\u2019en \u00e9tait pas moins pr\u00e9vue et l\u2019\u00e9tat-major agen\u00e7ait, agencerait \u00e0 coup s\u00fbr nos plans en cons\u00e9quence. Enfin, l\u2019arm\u00e9e \u00e9tait \u00e0 la veille de poss\u00e9der les premiers \u00e9l\u00e9ments d\u2019une artillerie moderne.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ayant assur\u00e9 la paix du monde, acquis le Maroc pour la France, am\u00e9lior\u00e9 l\u2019institution militaire \u2013 le tout en sept mois, &#8211; le gouvernement de juin 1911 pouvait dispara\u00eetre.&nbsp;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019ai&nbsp; d\u00e9crit les phases diverses de l\u2019affaire d\u2019Agadir en pleine objectivit\u00e9. C\u2019est la m\u00eame objectivit\u00e9 que j\u2019ai apport\u00e9e \u00e0 mesurer les p\u00e9rils que faisaient courir \u00e0 la France les graves lacunes dans l\u2019organisation de sa D\u00e9fense nationale auxquels mes coll\u00e8gues et moi-m\u00eame m\u00eemes un terme.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je ne conserverai pas plus longtemps l\u2019enti\u00e8re s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 dont je ne me suis pas d\u00e9parti quant \u00e0 pr\u00e9sent. \u2026&nbsp;\u00bb (p,215)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les&nbsp; \u00ab&nbsp;ragots&nbsp;\u00bb&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Ils ne voulaient pas admettre, oublieux du trait\u00e9 de f\u00e9vrier 1909, qu\u2019un agr\u00e9ment quelconque, m\u00eame limit\u00e9 \u00e0 l\u2019Afrique, f\u00fbt pass\u00e9 avec nos voisins d\u2019outre-Rhin. Ils ne pouvaient surtout dig\u00e9rer la phrase que j\u2019avais prononc\u00e9e \u00e0 la tribune de la Chambre o\u00f9 je d\u00e9clarais que la France et l\u2019Allemagne \u00ab&nbsp;devaient \u00eatre d\u00e9sireuses de s\u2019accorder pour le plus grand profit de la civilisation dans le monde.&nbsp;\u00bb (p,216)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Fin d\u2019\u00e9vocation de la situation coloniale du Maroc et du fonctionnement politique de son \u00ab&nbsp;r\u00e8glement&nbsp;\u00bb au tout d\u00e9but du vingti\u00e8me si\u00e8cle.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Jean Pierre Renaud\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0&#8211;\u00a0\u00a0 Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00c9CISION COLONIALE, QUI D\u00c9CIDE ? Le CAS du MAROC des ann\u00e9es 1909-1912&nbsp;: avec Joseph Caillaux 5 &#8211; Fin &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les enseignements &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A travers cet \u00e9pisode colonial, et il y en a eu beaucoup, le lecteur aura d\u00e9j\u00e0 pu se faire une id\u00e9e pr\u00e9cise du fonctionnement d\u2019un des gouvernements de la R\u00e9publique fran\u00e7aise, sous la &hellip; <a href=\"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2018\/10\/17\/decision-coloniale-qui-decide-le-cas-du-maroc-annees-1909-1912-5-fin-les-enseignements-la-presse-avec-joseph-caillaux\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;D\u00e9cision coloniale, qui d\u00e9cide ? Le cas du Maroc (ann\u00e9es 1909-1912) &#8211; 5 &#8211; Fin &#8211; Les enseignements, la presse, avec Joseph Caillaux&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8,7,5,4],"tags":[249,833,834,273,837,838,832,836,835,606],"class_list":["post-684","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-colonies","category-communication","category-histoire","category-politique","tag-afrique","tag-briand","tag-bruneau-varilla","tag-colonies","tag-congo","tag-italie","tag-joseph-caillaux","tag-le-matin","tag-le-petit-parisien","tag-maroc"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/684","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=684"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/684\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":685,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/684\/revisions\/685"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=684"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=684"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=684"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}