{"id":688,"date":"2018-10-17T01:57:00","date_gmt":"2018-10-16T23:57:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/?p=688"},"modified":"2021-06-14T02:01:00","modified_gmt":"2021-06-14T00:01:00","slug":"decision-coloniale-qui-decide-le-cas-du-maroc-annees-1909-1912-avec-joseph-caillaux-2-et-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eh-tique-media-tique.com\/index.php\/2018\/10\/17\/decision-coloniale-qui-decide-le-cas-du-maroc-annees-1909-1912-avec-joseph-caillaux-2-et-3\/","title":{"rendered":"D\u00e9cision coloniale, qui d\u00e9cide ? Le cas du Maroc (ann\u00e9es 1909-1912) avec Joseph Caillaux 2 et 3"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>DECISION COLONIALE, QUI DECIDE&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>Le CAS du MAROC des ann\u00e9es 1909-1912&nbsp;: avec Joseph Caillaux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>2<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les acteurs \u00e9trangers<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quatre puissances \u00e9taient v\u00e9ritablement int\u00e9ress\u00e9es par le dossier marocain, la France tout d\u2019abord, l\u2019Espagne et la Grande Bretagne, et plus r\u00e9cemment l\u2019Allemagne, avec l\u2019ambition affich\u00e9e du Kaiser, Guillaume II, de rattraper son \u00ab&nbsp;<em>retard colonial<\/em>&nbsp;\u00bb, notamment en Afrique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En Europe, et face \u00e0 l\u2019Allemagne, la France avait nou\u00e9 des relations d\u2019alliance avec la Russie, notamment sur le plan de la d\u00e9fense.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ses relations diplomatiques avec la Grande Bretagne restaient un brin ambigu\u00ebs, tant ce pays avait pour constante attitude internationale de vouloir conserver sa libert\u00e9 de man\u0153uvre jusqu\u2019au dernier moment.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il parait int\u00e9ressant de dire un mot de deux repr\u00e9sentants anglais et russe \u00e0 Paris&nbsp;: Sir Francis Bertie, ambassadeur de Grande Bretagne et Iswolski, ambassadeur de Russie.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sir Francis Bertie&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Il m\u2019amusait toujours de le voir. Je savourais son costume, ses allures. Le stick en bataille, la moustache au vent, le chapeau haut de forme camp\u00e9 de travers sur de beaux cheveux blancs boucl\u00e9s, il marchait la t\u00eate haute, alerte, juv\u00e9nile. Tenue tout \u00e0 fait soign\u00e9e\u2026 datant&nbsp;! Saucissonn\u00e9 dans des jaquettes ou dans des vestons trop ajust\u00e9s, portant la large cravate lavalli\u00e8re bleue \u00e0 pois bleus\u2026 pass\u00e9e de mode, il ressuscitait les personnages de Dickens et de Thackeray.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais, si l\u2019aspect de l\u2019homme faisait mes d\u00e9lices\u2026. Si, tout compte fait, j\u2019\u00e9prouvais une vive sympathie pour cet \u00e9chapp\u00e9 des romans qui avaient enchant\u00e9 ma jeunesse, je me sentais mal \u00e0 l\u2019aise vis-\u00e0-vis du diplomate.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u2026 &#8211; il \u00e9tait r\u00e9actionnaire comme trente-six gendarmes -\u2026 Cette mentalit\u00e9 je crois l\u2019avoir d\u00e9finie en appliquant \u00e0 sir Francis Bertie un sobriquet. Je le d\u00e9nommai \u00e0 part moi&nbsp;<\/em><\/strong><strong>The squire<em>, le hobereau pour parler fran\u00e7ais\u2026.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019eut \u00e9t\u00e9 perdre son temps que de lui montrer la transformation du monde, depuis cent ans&nbsp;; perdre son temps de lui indiquer les dangers pour l\u2019Europe, \u00e0 commencer pour la Grande Bretagne, d\u2019une conflagration qui pouvait ruiner, an\u00e9antir l\u2019ancien continent au profit des Am\u00e9riques\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s les paroles de bienvenue j\u2019\u00e9tale la carte de l\u2019Afrique, je montre les ambitions allemandes. Je demande&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019Angleterre consentira-t-elle \u00e0 ce que l\u2019Allemagne s\u2019approprie les \u00e9normes territoires qu\u2019elle convoite&nbsp;?&nbsp; &#8211; Mon cher, r\u00e9plique Bertie, l\u2019Angleterre laissera l\u2019Allemagne prendre toutes les colonies qu\u2019elle voudra pourvu que ce soient des colonies fran\u00e7aises.&nbsp;\u00bb Je rapporte textuellement la phrase, taill\u00e9e \u00e0 l\u2019aune du&nbsp;<\/em><\/strong><strong>squire<em>. Je veux la tenir pour une boutade.&nbsp;\u00bb (p137,138)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;La Russie, elle, avait une arm\u00e9e de terre magnifique sur le papier. Notre alli\u00e9e ferait sans nul doute honneur \u00e0 sa signature. Mais, \u00e9tait-elle pr\u00eate&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019eus pas besoin de convoquer le comte Iswolski ambassadeur de Russie pour lui poser la question. De lui-m\u00eame il frappa \u00e0 ma porte.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A la diff\u00e9rence de son coll\u00e8gue de Grande Bretagne, il n\u2019\u00e9tait rien moins que plaisant \u00e0 voir et \u00e0 entretenir. Son aspect, ses allures, son langage, tout en lui trahissait une superbe dont il fallait se maitriser pour ne pas s\u2019irriter.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De belle stature, ne perdant pas un pouce de sa taille, v\u00eatu avec la derni\u00e8re \u00e9l\u00e9gance, le monocle viss\u00e9 \u00e0 l\u2019\u0153il, il \u00e9tait le sp\u00e9cimen le plus accompli, presque la caricature, du haut fonctionnaire tsariste. Chez lui comme chez la plupart de ses pareils, la suffisance d\u00e9daigneuse, incommensurable&nbsp;! N\u2019\u00e9taient-ils pas les serviteurs d\u2019un grand souverain r\u00e9gissant un immense empire&nbsp;?&#8230;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le comte roulait sans doute ces pens\u00e9es dans sa t\u00eate, quand il entra il assit gravement sa morgue dans le fauteuil o\u00f9, quelques jours plus t\u00f4t, le&nbsp;<\/em><\/strong><strong>squire<em>&nbsp;avait camp\u00e9 sa d\u00e9sinvolture dans mon cabinet avec l\u2019attitude compass\u00e9e, avec la d\u00e9marche gourm\u00e9e qui seyaient \u2013 il l\u2019imaginait \u2013 au repr\u00e9sentant de l\u2019empereur de toutes les Russies.&nbsp; (p140)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u2026 \u00ab&nbsp;Il me faut, monsieur le pr\u00e9sident, vous avertir que, quelles que soient nos dispositions d\u2019esprit, nous ne sommes pas, \u00e0 l\u2019heure actuelle, en \u00e9tat de participer \u00e0 une guerre europ\u00e9enne.&nbsp;\u00bb&nbsp; (p,143)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce qui \u00e9tait effectivement le cas apr\u00e8s la mission&nbsp; du g\u00e9n\u00e9ral Dubail en Russie.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Parmi les comparses officiels ou secrets de cette histoire figurait une&nbsp; Mme M. de J\u2026, amie, confidente du ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res allemandes dont le r\u00e9cit ne r\u00e9v\u00e8le pas grand-chose, mais qui joua un r\u00f4le ambigu d\u2019interm\u00e9diaire dans toute l\u2019affaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>3<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les sc\u00e8nes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La situation internationale du Maroc avait fait d\u00e9j\u00e0 l\u2019objet d\u2019accords internationaux, en 1880, la Conf\u00e9rence de Madrid (huit signataires), en 1906, l\u2019acte d\u2019Alg\u00e9siras (7\/04\/1906), des accords qui avaient plac\u00e9 le Maroc sous le r\u00e9gime commercial de la porte ouverte sur le plan international, avec les initiatives continues de la France pour y installer un protectorat, comme elle l\u2019avait fait en Tunisie. Sur ses fronti\u00e8res, l\u2019arm\u00e9e d\u2019Alg\u00e9rie \u00e9tait \u00e0 la man\u0153uvre pour aider \u00e0 la pacification d\u2019un Maroc encore largement insoumis, gouvern\u00e9 par un sultan tout \u00e0 la fois v\u00e9nal et incomp\u00e9tent.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les gauches fran\u00e7aises, les R\u00e9publicains et les Radicaux Socialistes avaient \u00e0 peu pr\u00e8s mis fin \u00e0 leur \u00ab&nbsp;<em>course au clocher<\/em>&nbsp;\u00bb, pour le partage de l\u2019Afrique, mais les troupes coloniales n\u2019avaient pas encore compl\u00e8tement termin\u00e9 leurs op\u00e9rations de pacification contre les r\u00e9sistances qu\u2019elles rencontraient notamment en C\u00f4te d\u2019Ivoire et sur les marges du Sahel.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les limites de la carte coloniale \u00e9taient \u00e0 peu pr\u00e8s fix\u00e9es. Des accords avaient \u00e9t\u00e9 pass\u00e9s avec les autres puissances coloniales, en appliquant la \u00ab&nbsp;<em>r\u00e8gle du jeu<\/em>&nbsp;\u00bb diplomatique tout \u00e0 fait formelle dite des reconnaissances de \u00ab&nbsp;<em>papiers<\/em>&nbsp;\u00bb, d\u2019apr\u00e8s lesquels, tel ou tel chef, ou roi, reconnaissant sa situation de \u00ab&nbsp;prot\u00e9g\u00e9&nbsp;\u00bb de telle ou telle puissance coloniale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un mot sur le Congo, un territoire immense que les occidentaux avaient encore beaucoup de mal \u00e0 conna\u00eetre et dont les superstructures coloniales \u00e9taient encore en voie d\u2019\u00e9tablissement, en tout cas du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il n\u2019en \u00e9tait pas de m\u00eame du Congo Belge qui connaissait d\u00e9j\u00e0 un d\u00e9veloppement foudroyant, facilit\u00e9 par la d\u00e9couverte d\u2019immenses gisements de minerai.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 dans une autre chronique le Congo Belge des ann\u00e9es 30 avec le concours du g\u00e9ographe Jacques Weuleursse dans son livre &nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Noirs et Blancs&nbsp;\u00bb.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La situation \u00e9conomique et financi\u00e8re du pays n\u2019\u00e9tait pas mauvaise. L\u2019\u00e9pargne fran\u00e7aise avait beaucoup contribu\u00e9 \u00e0 financer les infrastructures de la Russie, beaucoup plus d\u2019ailleurs que celles du domaine colonial, les fameux emprunts russes qui ruin\u00e8rent apr\u00e8s la guerre de 14-18 beaucoup de petits \u00e9pargnants, comme l\u2019avait fait avant guerre le scandale du Panama.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le pays sortait d\u2019une phase politique relativement violente n\u00e9e de l\u2019affaire Dreyfus et de la loi de S\u00e9paration de l\u2019\u00c9glise et de l\u2019\u00c9tat (1905), et de fa\u00e7on tout \u00e0 fait curieuse pour certains, avec une droite beaucoup plus soucieuse de la ligne bleue des Vosges que des c\u00f4tes marocaines ou congolaises, avec le souci num\u00e9ro Un de pouvoir affronter l\u2019Allemagne, si n\u00e9cessaire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A plusieurs reprises, il m\u2019est arriv\u00e9 d\u2019&nbsp;\u00e9crire que les conqu\u00eates coloniales de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique \u00e9taient le fruit d\u2019une alliance entre le sabre des troupes coloniales, et le goupillon de la franc-ma\u00e7onnerie, car pour la droite parlementaire, l\u2019objectif premier restait celui de la restitution de l\u2019Alsace Lorraine, une province qui parlait aux fran\u00e7ais, ce qi n\u2019\u00e9tait pas le cas des colonies en g\u00e9n\u00e9ral, ou du Congo en particulier, puisque dans le cas du Maroc, le Congo \u00e9tait devenu un enjeu du dossier marocain franco-allemand.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il serait honn\u00eate d\u2019y ajouter un troisi\u00e8me \u00ab&nbsp;<em>larron<\/em>&nbsp;\u00bb, les \u00c9glises chr\u00e9tiennes missionnaires en qu\u00eate d\u2019\u00e9vang\u00e9lisation des nouveaux peuples domin\u00e9s, dans certaines contr\u00e9es lointaines.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1911, la France n\u2019\u00e9tait pas pr\u00eate \u00e0 affronter l\u2019arm\u00e9e allemande, et c\u2019est un des \u00e9l\u00e9ments de justification importante que Caillaux fait valoir dans ses&nbsp;<em>M\u00e9moires&nbsp;<\/em>pour justifier sa politique avec l\u2019Allemagne, une politique que ses adversaires ont qualifi\u00e9e de pacifiste.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Je n\u2019avais pas besoin de causer longtemps avec le ministre de la Guerre M.Messimy, dont je veux dire tout de suite qu\u2019il fut un collaborateur admirable, pour constater qu\u2019il y avait deux lacunes on ne peut plus graves dans l\u2019\u00e9quipement de la d\u00e9fense nationale&nbsp;: le haut commandement n\u2019\u00e9tait pas organis\u00e9, nous n\u2019avions pas d\u2019artillerie lourde.&nbsp;\u00bb (p,123)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Caillaux inscrivait sa conception de la politique europ\u00e9enne dans un registre politique tout \u00e0 fait respectable, et sans doute encore tr\u00e8s pr\u00e9matur\u00e9 pour son \u00e9poque&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Je suis, j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9, je serai toujours, non seulement de par ma doctrine mais de par ma r\u00e9flexion, l\u2019adversaire d\u00e9termin\u00e9 des guerres europ\u00e9ennes que je juge monstrueuses dans le temps o\u00f9 nous sommes. L\u2019incidente qui cl\u00f4t ma phrase suffit \u00e0 indiquer que je n\u2019ob\u00e9is pas en me d\u00e9cidant ainsi \u00e0 une sentimentalit\u00e9 d\u00e9bile. Ceux qui savent ou qui sauront ma vie, ceux qui me liront, ceux m\u00eames qui ne me conna\u00eetraient que par les attaques de mes adversaires, accorderont que la pusillanimit\u00e9 n\u2019est pas pr\u00e9cis\u00e9ment mon fait\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il y avait chance, me disais-je, en rassemblant mes id\u00e9es, pour qu\u2019une grande guerre sonn\u00e2t le glas \u2013 le premier glas \u2013 de l\u2019ancien continent, chance pour que, r\u00e9parant peut-\u00eatre certaines des violences internationales du pass\u00e9, elle ne caus\u00e2t d\u2019autres g\u00e9n\u00e9ratrices de luttes nouvelles, chance pour que l\u2019Europe, s\u2019\u00e9puisant\u2026&nbsp;\u00bb . (<\/em><\/strong><strong>p 11,112)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; A la lecture de ses&nbsp;<em>M\u00e9moires<\/em>, son auteur donne effectivement, au-del\u00e0 de toute rh\u00e9torique, des arguments tr\u00e8s concrets de l\u2019impr\u00e9paration de la France sur le plan militaire, des arguments qui ont peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 valid\u00e9s par des sp\u00e9cialistes de l\u2019histoire militaire, mais je n\u2019en sais rien.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Le haut commandement, l\u2019artillerie lourde, et le concours ext\u00e9rieur<\/em><\/strong><strong>&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Ainsi j\u2019en viens \u00e0 constater dans ce mois de juillet 1911 que notre commandement n\u2019est pas organis\u00e9, que nous n\u2019avons pas d\u2019artillerie lourde, que nous ne pouvons compter sur aucun concours s\u00e9rieux de l\u2019ext\u00e9rieur&nbsp;\u00bb. (p,145)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La derni\u00e8re justification a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e plus haut, car les sp\u00e9cialistes estimaient qu\u2019il fallait encore au moins deux ans pour que l\u2019arm\u00e9e russe soit en \u00e9tat d\u2019apporter un concours s\u00e9rieux \u00e0 la France.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il n\u2019a sans doute pas suffi de remplacer le titulaire du haut commandement par Joffre, un g\u00e9n\u00e9ral issu de la matrice coloniale, car le Joffre en question renvoya dans leur foyer plusieurs dizaines de g\u00e9n\u00e9raux une fois la guerre engag\u00e9e.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Jean Pierre Renaud\u00a0\u00a0\u00a0&#8211;\u00a0 Tous droits r\u00e9serv\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DECISION COLONIALE, QUI DECIDE&nbsp;? 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