Propagande postcoloniale contre propagande coloniale ? – 3

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Propagande postcoloniale contre propagande coloniale ?

Introduction (2)

          Indiquons dès le départ que mon propos et mes critiques ne portent que sur un des segments de l’histoire, la coloniale et la postcoloniale, et éventuellement sur la qualification des chercheurs concernés par ce segment de l’histoire, comparée à d’autres segments historiquement plus choyés par les chercheurs.

          Il conviendrait naturellement aussi de replacer ce débat dans le contexte plus large des discussions toujours en cours sur la définition de l’histoire : de quelle science s’agit-il ? S’il s’agit bien d’une science.

        Ajouterais-je que le défaut de transparence de ces thèses d’histoire met sérieusement en question leur « scientificité » ! Une sorte de secret de la confession pèse sur les rapports, les débats, et les votes.

        Je voudrais revenir successivement sur les raisons de mes critiques :

      – le danger d’une propagande efficace d’autoflagellation nationale qui n’a rien à voir avec ce qu’a été la propagande coloniale de cette période historique : les auteurs de ces ouvrages n’hésitent pas à relier leur interprétation idéologique des faits à l’état d’esprit des jeunes de nos banlieues,

       – les carences de méthode  de beaucoup des contributions soi-disant historiques sur ces sujets devenus de nos jours sensibles, compte tenu à la fois de la place qu’a prise chez nous une France venue de l’immigration et de l’activisme des chercheurs animés par des lobbys politico-idéologiques efficaces.

        S’agit-il bien d’une histoire « méthodique », telle celle recommandée par Sophie Dulucq, ou d’une histoire médiatique ou idéologique ?

          Nous ne reviendrons pas sur la longue critique de la thèse d’Elise Huillery que nous avons publiée sur ce blog, une thèse de type quantitatif dont la méthode se situe aux antipodes de celle qui fait l’objet des pages qui suivent, en rappelant que ces travaux étaient également marqués du coin de l’idéologie, en dépit de la composition de son jury de thèse, avec la   présence de Thomas Piketty et d’Esther Duflo.

      – et enfin la question que je me pose très souvent en lisant les romans historiques d’auteurs que j’apprécie, Jean d’Aillon, Jean-François Parot, Claude Michelet, Christian Signol, ou Robert Van Gullik, avec une mention particulière et récente pour Antoine Garrido et son livre « Le lecteur de cadavres » au temps de la Chine ancienne, un ouvrage sur lequel nous reviendrons : est-ce qu’un roman historique de qualité n’expose pas plus de rigueur et  de respect des sources que certains ouvrages d’histoire postcoloniale ?

            Modes idéologiques ou éditoriales, mémoires se substituant à l’histoire, intervention d’une nouvelle clé d’interprétation historique, l’inconscient collectif, le ça colonial que deux historiennes reconnues ont proposé dans les travaux du « modèle de propagande postcoloniale Blanchard and Co » comme nouvelle clé d’interprétation historique…

              Un historien médiatique de l’Algérie bien connu met en avant la « mémoire qui saigne » ? La sienne ?

             Jean Pierre Renaud   –  Tous droits réservés