2014: élections municipales et européennes -Appel à un consensus politique!

2014 : élections municipales et européennes

Appel à un consensus politique !

L’aveuglement d’une classe politique sans cap politique dans le monde, en Europe, et en France !

La France est déboussolée et il y a le feu dans la maison !

            C’est à se demander si notre personnel politique, qu’il soit de droite ou de gauche, a encore les pieds sur terre !

         Après le scandale Strauss-Kahn dont la gauche s’était enamourée, puis le scandale Cahuzac, le super-menteur national, on voit des sénateurs inviter en conférence le premier, et des députés écouter le second, en comédien muet !

         Comme si rien ne s’était passé !  Et comme si dans le cas de Cahuzac, la justice n’était pas saisie !

         Sans citer encore le cas de Guéant, ou l’ancienne et nouvelle affaire Tapie.

         On continue à enrôler à tour de bras de nouveaux pays dans l’Union Européenne, alors que dans la zone euro, les pays qui la constituent sont incapables de se doter d’une organisation démocratique, cohérente, et responsable.

         Si vous ajoutez à cela, la folie des grandeurs de la France, toujours prête à intervenir à l’étranger (voir Mali), toujours prête à mettre son grain de sel dans les affaires du monde, sans en avoir les moyens, la crise dans laquelle le pays se débat, le chômage des jeunes, les dettes cumulatives de l’Etat et de la Sécurité sociale, on en conclut, et à juste titre, que notre élite politique est folle.

         Comment s’étonner alors que les Françaises et les Français ne fassent plus confiance aux grands partis de gauche ou de droite, et qu’ils soient prêts à se laisser hypnotiser, l’année prochaine, aux élections municipales et européennes, par les mirages des extrêmes, de gauche ou droite ?

         Est-ce qu’il ne serait pas raisonnable que quelques hommes ou femmes politiques d’expérience, de droite ou de gauche, se réunissent en conclave pour proposer au pays un programme politique de consensus.

         De la nouvelle génération des Maire, Wauquier, NKM, Valls, Touraine, Filipetti … !

        Dans le passé on aurait parlé d’un programme minimum d’union nationale, sur les grands objectifs suivants :

         Une zone euro démocratique, politiquement et économiquement solidaire, la réduction des dettes, publique et sociale, le rétablissement de l’égalité des français devant le service public, qu’il s’agisse de nos campagnes ou de nos quartiers sensibles (emploi, santé, transport…), une réelle transparence sur l’’immigration et la bi-nationalité, un effort sur la sécurité publique, le choix d’une défense européenne…

        Arrêtons de laisser croire aux Français que leur pays dispose encore des moyens d’assurer tout à la fois la défense de la France, de l’Europe, ou de l’Afrique !

            Jean Pierre Renaud

Humeur Tique: Nouvelles d’un outre-mer français corrompu! Le rhum de France 2 et la « représentante spéciale » d’une Polynésie corrompue!

Humeur Tique : Nouvelles d’un Outre- Mer français corrompu !

Le rhum de France 2 et une chiraquienne grand teint au service d’une Polynésie corrompue !

 Le rhum de France 2, avec Pujadas !

               Sur France 2,  le 26 juin 2013, au journal de Vingt Heures de notre chaine « publique » – il convient de le rappeler –   le plaidoyer pro domo de quelques distillateurs de rhum antillais fonctionnant à l’ancienne, défendant la rente de situation qui leur est faite depuis longtemps par le contribuable : une des nombreuses niches fiscales de l’outre-mer français.

              Pour avoir le privilège de diffuser ce type de propagande sur France 2 pendant quelques minutes, et au prix de la minute de télévision, il faut que la cause du rhum dispose de l’appui toujours aussi efficace du lobby antillais.

           Girardin, la chiraquienne grand teint de l’outre-mer, nommée « représentante spéciale de la Polynésie française » par Flosse le corrompu !

 Comme quoi, la corruption politique continue entre Polynésie et métropole !

         Et compte tenu des relations financières actuelles entre la France et la Polynésie, c’est le contribuable français qui rémunère cette tout « représentante spéciale » !

Les emplois d’avenir: petite chronique préfectorale, un tribunal « populaire »!

Les emplois d’avenir

Petite chronique préfectorale à usage pédagogique !

Les emplois d’avenir du président Hollande et les contrats emplois solidarité de Martrine Aubry : souvenirs d’un tribunal « populaire » (années 90)

 A juste titre, et compte tenu de la situation économique et de l’aggravation du chômage des jeunes, le gouvernement a pris deux mesures utiles, les emplois d’avenir et les contrats de génération, mais seront-elles efficaces ?

            Pour avoir eu dans un lointain passé professionnel, à la fois expérience et expertise en matière d’emploi et de formation, ce qui n’était pas très fréquent  dans la préfectorale des années 80, et avoir eu la responsabilité de mettre en route à Paris, pour le compte de l’Etat, les contrats emploi solidarité (sauf erreur) de Martine Aubry, alors ministre du travail, emplois d’avenir avant la lettre, et afin d’illustrer de façon anecdotique une certaine façon ministérielle et préfectorale de fonctionner, j’aimerais vous conter une petite histoire.

            La ministre nous imposait à la fois des objectifs de signature et des comptes rendus télégraphiques fréquents, alors qu’il n’était pas du tout facile de faire démarrer ces contrats, pour les raisons que je vais résumer, raisons qui sont aujourd’hui les mêmes que par le passé, c’est-à-dire la difficulté pour les associations, les fondations, ou les collectivités, d’engager des jeunes sans disposer des crédits complémentaires nécessaires, des tuteurs disponibles, et d’une structure pérenne.

            Les obstacles sont encore plus grands dans le milieu associatif alors que  beaucoup de structures souffrent de financements mal assurés, et j’imagine que dans la conjoncture actuelle, ces difficultés sont encore plus grandes.

            Ceci dit, il n’est pas de meilleure solution que l’articulation de ce type de mesure avec les entreprises, celles du marché économique, afin d’assurer une véritable insertion économique des jeunes, et c’est la leçon capitale que nous avions tirée de nos expériences.

            La mise en route des contrats de génération ne devrait pas soulever le même type d’obstacle étant donné que la mesure s’appuie sur un tuteur désigné, le senior dans l’emploi, et donc avec un emploi existant, s’il est naturellement maintenu, et dans une entreprise.

            Dans le cadre de mes responsabilités, j’avais cru devoir adresser un premier télégramme de bilan qui indiquait à la fin d’une des premières semaines les résultats obtenus en matière de signature de contrats.

                    Bilan : un seul et unique contrat signé.

                Convocation devant un tribunal « populaire » composé du préfet, du directeur de cabinet et du chef de cabinet, en présence d’un directeur et de mon chef de bureau.

                  Mon Dieu, quelle histoire ! Oser dire la vérité à un ministre !  On n’avait jamais vu cela ! Dans une belle mise en scène, comme au cinéma, de la part d’un préfet qui faisait beaucoup de cinéma !

              Alors, mesdames et messieurs de la préfectorale, gare à vos matricules si la mise en place difficile des nouveaux emplois d’avenir vous vaut algarades ou pressions !

Jean Pierre Renaud

Humeur Tique: Minc, ou l’élixir de jouvence du plagiat!

Humeur Tique : Plagiats et bons mots d’Alain Minc !

Ou Minc a enfin trouvé l’élixir de jouvence !

            Dernier en date, le livre qu’il a publié sur René Bousquet avec son interview dans « le Figaro et vous » du 13 juin 2013 :

          Question : «  Vous aviez déjà été condamné pour plagiat et contrefaçon en 2001, après avoir repris dans Spinoza…. Quelle différence y-a-t-il ?

           Sur Spinoza, j’ai fait une faute de jeunesse tardive que je reconnais pleinement… »

           A dire la vérité, cet homme- là est l’authentique symbole de l’élixir de jouvence !

          En 2001, il avait tout de même plus de cinquante ans et avait déjà publié une vingtaine d’ouvrages.

Humeur Tique: La bonne question! Pour les médias, fait divers ou fait marquant de barbarie, à Kampala et à Alep?

           Ces jours derniers dans quelques médias, deux informations présentées à la manière des faits divers :

            1 –  L’Ouganda veut instaurer la peine de mort pour les homosexuels.

            L’Ouganda, cet Etat homophobe par excellence, dans toutes ses pores et dans tous ses actes qui ne manifeste aucun respect pour l’être humain !                    

            La France ne devrait-elle pas retirer son ambassadeur de cet état homophobe, une décision qui aurait sans doute plus d’écho que la loi Taubira.

            2 – Alep et les rebelles anti Bachar el Assad : des djihadistes viennent d’assassiner un garçon de quatorze ans, sous prétexte de blasphème du Coran. 

                      Quelle différence entre ces rebelles et les suppôts d’Assad ?

Gallieni et Lyautey, ces inconnus! A Madagascar: la vie mondaine d’une société coloniale réduite à sa plus simple expression

Gallieni et Lyautey, ces inconnus !

Eclats de vie coloniale

Morceaux choisis

A Madagascar, avec Lyautey et le colonel Charbonnel

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La vie mondaine d’une société coloniale réduite à sa plus simple expression

      Un cadrage démographique utile et nécessaire

      En 1905, la population non malgache dont l’effectif avait augmenté après la conquête, comptait 16 500 personnes, dont 7 800 Français pour un peu plus de moitié réunionnais), 1 900 étrangers (dont 1 000 Mauriciens), 2 800 Indiens, 450 Chinois, 67 Arabes et 3 500 Africains.

      Ces seuls chiffres situent les enjeux d’une vie mondaine réduite à sa plus simple expression, d’autant plus que la population française était concentrée dans la capitale, et donnent une image plutôt très réduite de la société coloniale de l’époque.

            Le 2 janvier 1901, le colonel Lyautey est à Fianarantsoa, siège de son commandement supérieur du sud de Madagascar. Il écrivait à sa sœur :

            « Ouf ! Après ces deux jours de corvée.

En voici le détail :

         Le 31 décembre, au bal dix- neuf femmes, dix- sept françaises et deux indigènes, au moins quatre- vingt hommes. Je me tenais en grande tenue, entouré de mes officiers pour recevoir les invités… Tout était délicieusement orné d’une profusion de fleurs, de plantes. Un entrain étonnant, avec un tenue parfaite, quelques jolies femmes et quelques toilettes très bien.

       A minuit, j’ai mené tous les invités au buffet et j’ai porté le toast de la nouvelle année. A une heure le cotillon a commencé, étonnant comme objets. Jusque- là, ma dignité m’avait retenu mais au cotillon, j’ai dansé sans arrêter. Clôture à quatre heures du matin par une bataille de fleurs et un souper.
            Le 1er janvier, à 7 h.30, j’étais debout

      A 8 heures à la messe

      A 8 heures 30, en grande tenue, sabre, croix, tout le tremblement pour les réceptions qui ont commencé par les missions catholiques, dix jésuites, six frères, cinq sœurs, et tous leurs élèves qui ont rempli le jardin. Allocution, grandes effusions, des Pères, musique des élèves et défilé. Ensuite les missions protestantes, françaises, norvégiennes, anglaises : même cérémonial.

     A 10 heures, le corps des officiers présenté par le colonel Vallet

    A 10h 30, les fonctionnaires présentés par M. Besson, puis la Chambre de Commerce, les colons, les hauts fonctionnaires indigènes et leurs femmes. Après le déjeuner, mes sous-officiers sont venus prendre la café.

     A 3 heures, les confréries catholiques

     A 2 heures 30, les affranchis, anciens esclaves libérés, chants chœurs, cadeaux.

     A 3 heures, les notables protestants indigènes

     A 3 heures 30 le corps des sous-officiers de la garnison. A 4 heures, je montais avec mes officiers pour aller rendre officiellement ma visite au gouverneur de la province et au commandant d’armes.

     Enfin, à 5 heures, je rentrais chez moi et je me mettais en veston sans plus rien vouloir entendre ni dire.

     Cela faisait près de vingt-quatre heures sans interruption sur les jambes d’amabilités, de frais, d’allocutions. Ouf ! » (LSM/p, 52)

Commentaire : 

–       Le nombre d’Européens était très faible, et la Chambre de Commerce d’une importance minime.

–       Cette description montre bien l’omniprésence des missions à Fianarantsoa

–       Le public  de la réception n’atteste pas de la ségrégation qui existait à la même époque dans les colonies britanniques.

      A l’exemple de son « maître », le général Gallieni, le colonel Lyautey était toujours en mouvement, à la fois comme chef des opérations de pacification militaire et de pacification civile, c’est-à-dire de la mise en place d’une administration moderne, de la création de routes ou d’écoles, tout en contrôlant la mise en application des instructions données à ses subordonnés.

    Le 2 juillet 1901, il est à Fort Dauphin où il réunit la Chambre consultative, une institution tout nouvelle de représentation économique, mais dont l’assiette était alors tout à fait limitée.

    A ma sœur,

    4 juillet 1901, à Fort Dauphin,

     « …Le soir je donne un bal à la Résidence ; Charbonnel, Alglave, Grandidier, ont déménagé la maison qu’on arrive à bien orner. Conversat tient le buffet ; beaucoup de fleurs, l’éclatant bougainvillier domine ; on sort les dolmans, les bottines vernies et les gants blancs. Tout cela pour neuf dames, début froid, puis entrain croissant jusqu’à 2 heures du matin. C’est la première fois qu’on danse à Fort Dauphin. Le piano a été emprunté à la mission. … »

    5 juillet, Lyautey récidivait :

   «  Les contrastes continuent. Hier soir j’ai donné un bal. Buffets, souper, lanternes vénitiennes ; on a dansé jusqu’à 2 heures du matin. Bottines vernies, dolmans de grande tenue, gants blancs : sommes-nous bien les mêmes qui, il y a huit jours, en loques, gymnastiquions dans les rochers, attentifs aux embuscades et aux coups de sagaie ? Charme de cette vie ! Il faut, en Europe, évoquer les temps de Cyrano ou l’épopée impériale, pour retrouver cette combinaison constante du danger et de la fête, ce voisinage si proche de l’effort le plus rude et de la vie la plus policée.

    Je vous quitte pour aller faire un tennis avec de charmantes Fort-Dauphinoises. » (LSM/p131)

     Le 21 juillet, le général Gallieni arrivait à Tuléar sur un bateau de guerre, « l’Infernet », un beau croiseur de troisième classe, pour une des nombreuses inspections périodiques qu’il effectuait par la mer, tout autour de l’île.

      1er, 2, 3, 4, 5, et 6 août

      « Séjour du Général à Tuléar.

      Coup de feu, nuit de travail, secrétaires sur les dents. Toujours lui avec son activité électrisante. Re-Chambre consultative, la plupart des choses accordées, crédits ouverts.

Vin d’honneur, bal, dix dames. » (LSM/p,168)

    Bref commentaire : en dehors du travail, le bal traditionnel, mais avec un choix tout à fait réduit de danseuses.

     Il est évident que la vie mondaine des garnisons de cette époque était tout à fait limitée, de rares colons et commerçants, et avant tout des officiers et sous-officiers : une société coloniale lilliputienne.

    Est-il d’ailleurs possible de parler véritablement de vie mondaine et de société coloniale ?

Jean Pierre Renaud

Avertissement à mes lecteurs :

     Je publierai sur ce blog, avant le 14 juillet, une contribution des morceaux choisis de la série « Gallieni et Lyautey, ces inconnus », consacrée à la société coloniale féminine et en septembre, une dernière contribution consacrée aux relations métropole et colonies.

Humeur Tique: COM’ COM’ COM’ à toutes berzingues!

Humeur Tique : COM’ COM’ COM’ à toutes berzingues ! A pleine gomme ! Pour les brindezingues !

 Il existe une émission plutôt bien faite sur France 5 dont le titre est « Médias, le magazine. »

            Une émission intéressante, parce qu’elle décortique le fonctionnement des médias, leurs procédés, leurs dérives, et dans le cas de la com’, son déferlement chez la plupart des acteurs publics, ministres, présidents de conseils régionaux ou généraux, et maires, même de petites communes, tout cela naturellement aux frais des contribuables.

            Vous croyiez peut-être que la com’ des responsables et acteurs publics avait pour but de vous éclairer sur leur action, leur politique, leurs décisions, mais à voir les reportages tout à fait intéressants et impertinents de la journaliste Laetitia Krupa, on comprend vite que la mission première d’un ou d’une professionnelle de la com’ publique n’est pas celle que vous pensiez, mais d’une forme de censure, de la mise en cage du journaliste qui a l’impudence de poser les questions dérangeantes, qui fâchent.

Humeur Tique: Démocratie à l’UMP?

    Sur ce blog, le 25 novembre 2012, un « Humeur Tique » avec le même titre, à la suite des palinodies électorales Fillon – Copé, auquel il serait aujourd’hui possible de donner la réponse que donne Copé dans Le Monde du 4 juin 2013, page 10, un article intitulé :

    « Confusion et suspicion pour la primaire de l’UMP à Paris », avec une citation Copé : « A l’UMP, nous apprenons la démocratie, c’est assez nouveau »

La conquête coloniale du Mali (anciennement le Soudan Français (1880-1900)

La conquête coloniale du Mali (anciennement le Soudan Français)

Années 1880-1900

La Conquête du Soudan : années 1880-1900

Avant propos

        En 2006, j’ai publié un livre intitulé « Le vent des mots, le vent des maux, le vent du large » consacré aux recherches historiques que j’avais effectuées sur la façon dont fonctionnait concrètement le processus des conquêtes coloniales à travers l’évolution de la communication des mots par télégraphe ou câble, et celle des moyens de communication.

       Il s’agissait en quelque sorte de tenter de déterminer qui donnait véritablement les ordres et qui les exécutait, c’est-à-dire de décrire le fonctionnement du système nerveux et du système sanguin de la conquête militaire.

    Cette analyse montrait le rôle que les technologies nouvelles ont eu sur la conquête, rôle majeur ou négligeable, dans sa dimension artisanale en Afrique, ou nulle à Fachoda, et industrielle au Tonkin, ou à Madagascar.

       L’historien Brunschwig avait noté à juste titre qu’en l’absence du télégraphe, il n’y aurait pas eu de conquête coloniale en Afrique.

     Mon ambition était de vérifier la thèse d’après laquelle les conquêtes coloniales auraient le plus souvent résulté du « fait accompli » des exécutants sur le terrain colonial.

    Cette analyse mettait en évidence l’importance du concept de « liberté de commandement » dans le fonctionnement de l’action militaire, un principe théorique et pratique permanent qu’il était d’autant plus difficile de mettre en œuvre dans un contexte colonial.

     Ces recherches ont montré que le « fait accompli » colonial se « logeait » le plus souvent dans les instances ministérielles.

      Ajoutons que mon analyse ne confirmait pas la thèse défendue par deux historiens, MM Person et Kanya Forstner , d’après laquelle la conquête en question aurait été le « fait accompli » d’une clique d’officiers, qualifiés le plus souvent de « traineurs de sabre ».

    Dans le livre de référence, la deuxième partie était intitulée « La conquête du Soudan : une conquête en cachette » Titre 1 : Les caractéristiques du Soudan (page 79 à 107) – Titre 2 : Cap sur le Niger (page 119 à 161) – Titre 3 : Cap sur Tombouctou (page 183 à 249)

      Nous proposons aux lecteurs le texte de la conclusion qui a été consacrée dans ce livre à la conquête coloniale du Soudan, en gros le Mali d’aujourd’hui.

Conclusion générale du rôle de la communication et des communications dans la conquête du Soudan, au cours des années 1880-1894 (page 305 à 310)

      « Quelles conclusions tirer de notre analyse ?

  Tout au long du XIXème siècle, avec une accélération vers la fin du siècle, le monde connut de grands bouleversements techniques, une révolution dans les transports terrestres et maritimes, avec la vapeur, dans les communications avec l’électricité, le télégraphe et le câble, et dans l’armement avec le fusil à répétition et les canons aux obus de plus en plus performants, mais aussi l’invention de la quinine.

               Une nouvelle puissance formidable était conférée aux pays capables de mettre en œuvre ces différentes technologies, et l’historien Headrick avait raison de souligner que « Technology is power ».

               Les techniques sûrement, mais aussi le management militaire des conquêtes, sorte de technologie que l’on passe trop souvent sous silence, car les officiers européens savaient parfaitement utiliser les nouveaux outils de leur puissance.

               En Afrique de l’ouest, l’armée d’Ahmadou ne fit jamais le poids en raison des insuffisances de son commandement et de son armement, ce qui ne fut pas le cas de Samory et de ses généraux, de Samory lui-même qui fut incontestablement un grand chef de guerre au témoignage de ses adversaires français les plus objectifs.

               La faiblesse des Etats de l’Afrique de l’ouest en faisait des proies faciles pour les nouveaux prédateurs, perpétuant ainsi à leur façon le mouvement du monde de la grandeur et de la décadence des civilisations.

               L’Afrique de l’ouest était mûre pour tomber entre les mains des puissances européennes, parce que l’Europe était devenue avide de terres nouvelles, qu’elle voulait considérer comme vierges, et de richesses supposées.

               Comment interpréter ces conquêtes, décidées ou entérinées le plus souvent par des gouvernements qui n’avaient ni connaissance, ni expérience des pays vers lesquels ils dirigeaient leurs bateaux et leurs troupes ?

               Les initiatives d’un Léopold II qui, par le biais d’une association créée de toutes pièces, lui fit attribuer un territoire gigantesque qu’il fit ensuite reconnaître comme un Etat indépendant, constitue le meilleur exemple de cette folie qui saisit alors les gouvernements d’Europe. Sauf à faire observer que le roi des Belges était alors un des rares chefs d’Etat qui avait une connaissance assez étendue de l’outre-mer !

              Mais revenons au cœur de notre sujet, le rôle qu’ont pu jouer la communication et les communications dans le cas concret de la conquête du Soudan.

        L’analyse a fait ressortir deux grandes périodes, la première période entre 1880-1888  et la deuxième période entre 1888 et 1894.

               Au cours de la première période qui correspond en gros à la construction des lignes de communication de tous ordres (des mots, des hommes, et de leurs approvisionnements) entre Kayes et Bamako, et à la consolidation des positions françaises sur le Niger, période qui s’acheva avec le deuxième commandement supérieur de Gallieni en 1888, la communication gouvernementale a été le plus souvent claire, même si elle connut quelques hésitations à partir de 1885, date à laquelle le commandement supérieur eut d’ailleurs la possibilité, à Bamako, de communiquer directement avec Saint Louis et Paris.

             Mais cette mise en relation directe ne changea pas sensiblement les conditions d’exercice du commandement et le fonctionnement de la chaîne de commandement ministre – gouverneur – commandant supérieur. Les instructions ministérielles étaient, pour l’essentiel, respectées, étant donné qu’on ne peut pas à partir des quelques cas particuliers, quelques opérations hors normes, telles que Goubanko, Kéniera, ou Niagassola, accuser les commandants supérieurs d’avoir outrepassé leurs instructions.

               Elle eut surtout pour effet de permettre au ministre de la Marine et des Colonies, et donc au gouvernement, d’être informé de ce qui se passait sur les rives du Sénégal et du Niger, et donc de pouvoir satisfaire la curiosité éventuelle des députés.

               L’observation est importante, étant donné que câble ou non, et télégraphe ou non, les colonnes du Soudan étaient inévitablement laissées à elles-mêmes, dans une logique décrite comme celle du coup parti, qui ouvrait en grand le champ possible des faits accomplis.

               Succès ou échec reposaient presque entièrement sur les épaules des officiers, chefs de colonnes, sur leur ligne de ravitaillement, leur logistique, l’armement dont ils disposaient, leur état de santé, et leur capacité de management sur des terres inconnues.

              L’ installation de lignes télégraphiques, et au moins autant, l’aménagement parallèle d’une ligne de transport entre Kayes et Bamako ont en revanche modifié les conditions du commandement sur le théâtre d’opérations local lui-même. Les combats de Niagassola, en 1885,  en ont fourni un exemple, une sorte de contre- exemple de l’épisode Rivière au Tonkin.

          Les autres technologies utilisées, celle de l’armement, de la santé, et du management, ont contribué au moins autant, sinon plus, au succès des colonnes françaises vers le Niger.

               La thèse d’après laquelle la conquête du Soudan aurait été le résultat de l’action d’une clique d’officiers, thèse défendue par les historiens Kanya Forstner et Person, nous semble donc excessive, en tout cas pour cette première période.

               La deuxième période allant de 1888 à 1894, date de la prise de Tombouctou, soulève des questions différentes, et elle correspond en gros au proconsulat d’Archinard.

               Alors que la France était à présent solidement installée sur les rives du Niger et qu’elle disposait des lignes de communication nécessaires à ses opérations, le constat a été fait d’un flottement incontestable de la communication gouvernementale et de la décision elle même. Le gouvernement donnait l’assurance au Parlement de sa volonté de mettre un terme à de nouvelles conquêtes territoriales, mais en même temps, il se contentait d’entériner les faits accomplis d’Archinard, après avoir fait mine de les désavouer.

        Signe du pouvoir d’un petit nombre d’hommes politiques qui occupèrent successivement un sous secrétariat d’Etat aux Colonies de plus en plus puissant et autonome, avec la montée en force progressive et parallèle d’un groupe de parlementaires acquis à l’expansion coloniale, et sans doute des affinités maçonnes entre les décideurs politiques.

        Ce flottement des décideurs, dans un contexte institutionnel complexe du commandement sur le terrain, fut à l’origine des initiatives indisciplinées des commandants des canonnières, dont les conditions d’exercice de leur commandement étaient très comparables à celles des chefs de colonnes terrestres, avant que n’existent les lignes télégraphiques, au cours de la période 1880-1885.

               En 1893, le télégraphe s’arrêtait à Ségou, et le commandant de la flottille inscrivait toute initiative dans la même logique du coup parti que ses prédécesseurs des colonnes terrestres, Borgnis Desbordes ou Combes.

               Force est de constater que les officiers de marine ont fait preuve de beaucoup plus d’indiscipline que les officiers de l’infanterie de marine, pour les raisons que nous avons décrites, que l’on pourrait ramener au facteur Archinard, mais sans doute au moins autant par la facilité que leur donnait leur commandement, l’assurance et l’autonomie que leur donnait la flottille dont ils disposaient, son armement, et surtout la tentation du grand fleuve, de la découverte, sinon de la conquête, puisqu’il suffisait de larguer les amarres et de se laisser porter par le courant du fleuve.

               Au cours de cette période de conquête, ce fut beaucoup plus la problématique du commandement et sa déontologie, que celle des communications qui fut en jeu.

               Problématique du commandement : les ministres ayant toujours entériné les faits accomplis d’Archinard, avaient pris la responsabilité d’un processus de décision vicié, et lorsque Delcassé convainquit le gouvernement de ne pas renouveler le mandat d’Archinard et de nommer un gouverneur civil, il ne se donna ni les moyens, ni le temps, de gérer la transition dans de bonnes conditions, d’où les désastres de Tombouctou, et de Toubacao. 

               Déontologie du commandement des Archinard,  Bonnier, Jaime, Hourst, et Boiteux, qui incontestablement interprétaient les instructions, exploitaient une situation floue pour prendre les initiatives qui leur convenaient.

        Dans de telles conditions, est-ce qu’il est possible d’adopter la thèse de l’impérialisme militaire du Soudan défendue par les deux historiens cités plus haut ? Rien n’est moins sûr, parce après tout, il fallait que les ministres disent non, révoquent les officiers insubordonnés, et Archinard lui-même défendait cette thèse dans la fameuse note que nous avons citée.

               A partir du moment où le ministre entérinait un fait accompli, il l’assumait complètement.

               A la séance de la Chambre du 4 mars 1895, le député Le Hérissé stigmatisait la façon de procéder du gouvernement et corroborait l’analyse d’Archinard :

               « Si nos gouvernants avaient eu alors l’intention de ne pas marcher sur Tombouctou, si le sous secrétariat d’Etat avait eu la volonté de dire aux militaires du Soudan : vous n’irez pas plus loin ; il aurait pu télégraphier au colonel Combes : arrêtez vous, n’allez pas au-delà de Djenné et de Ségou.

               Au lieu de cela, au lieu de donner des ordres nets et précis, que fait le Gouvernement ?

               Il envoie au colonel supérieur, le 7 août 1893, une dépêche conçue dans des termes les plus vagues et les plus insignifiants :

               Soyez très prudents, n’écoutez les ouvertures que si elles vous paraissent sérieuses ;

               Dans le langage habituel du ministère des Colonies, cela signifiait : allez faites ce que vous pourrez ; réussissez, nous serons avec vous ; et si vous ne réussissez pas, nous vous blâmerons et vous désavouerons. »

               Il est difficile d’interpréter les initiatives d’Archinard et de ses officiers en considérant qu’elles traduisaient une forme d’impérialisme secondaire,  du type de celui que décrivait Headrick dans le cas des Indes. L’empire anglais des Indes avait la richesse nécessaire pour armer une marine et une armée, ce qui n’était pas du tout le cas du Sénégal. Le groupe de pression des maisons de commerce de Saint Louis avait de tout petits moyens, et il n’avait jamais réussi à peser sur la politique de conquête, alors qu’il préférait aux colonnes la paix des traités avec les grands chefs africains.

               Il existait dans l’exercice du commandement de l’époque une grande inertie, liée aux conditions de transmission des ordres et des comptes rendus, aux conditions de transport des hommes et de leurs approvisionnements. Succès ou échecs dépendaient beaucoup de la clarté et de la pertinence de la communication politique et militaire d’engagement de la campagne. Une fois le coup parti, les ministres n’avaient plus qu’à former le vœu que tout se passe bien. Nous revenons aux propos auxquels nous avons fait allusion dans notre introduction, ceux de lord Swinton : une fois les ordres donnés, Moltke pouvait partir pêcher à la ligne. Pendant la guerre 1914-1918, et la deuxième guerre mondiale,  les commandements continuèrent à être confrontés à ce type de situation.

               Les ministres de la Marine et des Colonies pouvaient d’autant plus aller pêcher à la ligne que la conquête du Soudan s’effectuait en cachette du Parlement et de la presse, ce qui ne fut pas du tout le cas de la conquête du Tonkin et de Madagascar. Les désastres de Tombouctou se produisirent au moment où les journaux, et cette fois l’opinion publique, étaient mobilisés par l’expédition de Madagascar.

               La conquête du Soudan qui allait s’achever, en 1898, par la défaite de Samory, fut également une conquête à petit prix ? Entre 1879 et 1899, la France y dépensera de l’ordre de 433 millions d’euros, alors que la seule expédition du Tonkin, en 1885,  coûtera la bagatelle de 1 600 millions euros.

               Et tout cela, dans quel but ? Pour faire cocorico à Tombouctou ou pour trouver un « Eldorado » qui n’y existait pas. Paul Doumer posa plus tard la bonne question : pourquoi étions – nous allés à Tombouctou ? »

           ( A la Chambre des Députés, le 13 novembre 1894, Gaston Doumergue avait déclaré: « Nous sommes allés à Tombouctou sans que personne ne sût pourquoi »)

               Il n’est pas besoin de présenter Paul Doumer, qui fut un homme politique important de la Troisième République, ministre, Président du Sénat (1927), Président de la République (1931), et Gouverneur Général de l’Indochine entre 1896 et 1902.

Et en qui concerne le titre choisi pour le livre en question :

« Le vent des mots, le vent des maux, le vent du large » (2006)

Le titre un peu énigmatique de ce livre tire sa source dans une anecdote citée par Roland Dorgelès lors de son séjour chez les Moïs d’Indochine :

« le vent des mots », l’installation des lignes télégraphiques par les troupes coloniales les inclinait à penser que c’était le vent qui portait les mots du nouveau télégraphe.

« le vent des maux », étant donné que la colonisation n’a pas été un long fleuve tranquille.

« le vent du large », parce qu’en définitive cet épisode de l’histoire de la France n’a peut être servi qu’à lui donner un peu plus le goût du large.

Jean Pierre Renaud

PS : ce livre a fait l’objet d’un prix de l’Académie des Sciences d’Outre Mer –  editionsjpr.com – prix port compris en métropole : 27 euros

Humeur Tique du Jour : La souveraineté de la France en Europe?

 La souveraineté de la France ? Quel beau sujet d’hypocrisie !

         Hollande vient de se faire morigéner par Barroso, président « ultra-libéral » de la Commission européenne.

       Le Figaro du 30 mai titrait en première page : «  Les 10 commandements de Bruxelles à Hollande »… « François Hollande a réagi en déclarant : « la Commission n’a pas à nous dicter ce que nous avons à faire ».

          Comment voulez-vous que les citoyens et même les responsables s’y retrouvent dans le charabia des pseudo-décisions qui constituent les « recommandations »  de la Commission européenne du 29 mai 2013. (http : europe.eu/rapid/press-release MEMO-13458-fr.htm)

         Dans cette affaire, quel est le média, quel est l’homme ou la femme politique, qui aura le courage de se prêter à un exercice critique institutionnel qui nous fera connaître, ministère par ministère, ce qui reste du pouvoir souverain de la France dans leurs attributions ?

       Ceci dit, les belles résolutions qui viennent d’être adoptées par le duo franco-allemand sur la gouvernance de la zone euro vont dans le bon sens, et l’observateur pourrait s’exclamer, enfin !